11 février 2026

Polémiques, pizzas et pépites musicales

Jour 2. Ce que l’on croyait être une journée classique s’est finalement avéré un véritable stress-test pour les Francofolies de Spa 2025. Du monde, du monde et encore du monde : c’est tout simplement la plus grosse affluence du festival. Mais avant d’attaquer la musique, petite pause pizza en ville (ceci est un message d’amour à la pâte fine, mozzarella fondue et basilic frais). En mode digestion, on parcourt le programme du jour… et on comprend vite que la journée va faire parler d’elle. Amirgate et la triste tentation du boycott Impossible de faire comme si de rien n’était : la polémique autour de la venue d’Amir a fait trembler la programmation. Certains artistes ont annulé ou pris position, transformant une scène musicale en tribune politique. De notre côté, on le dit franchement : on vient à un festival pour la musique, pas pour les conflits géopolitiques. Bien sûr que le monde va mal, en Palestine, en Ukraine, en Afrique, en Asie… mais doit-on vraiment ajouter un clivage culturel dans ce contexte déjà si tendu ? Le public, lui, a tranché : il était nombreux, calme et bienveillant devant la scène Proximus, protégée comme Fort Knox. Et Amir, lui, a répondu avec ce qu’il sait faire de mieux : de la musique et de l’amour. Du groove, des découvertes, et DJ Daddy K en figure paternelle Heureusement, cette journée était musicalement superbe. Sur la Baloise, on découvre Morpho, pépite bruxelloise qui brise les frontières musicales avec un mélange subtil de pop, électro et soul. Ambiance envoûtante, textes soignés, public conquis. On enchaîne avec une petite pause food-trucks (libanais, chinois, crêpes, frites… Spa ou les Nations Unies de la street food), un Ice Tea pêche à la main. Place ensuite à Léon, l’ex-membre du duo Delta qui se la joue solo. Et ça fonctionne ! Textes intimes, voix à vif, énergie maîtrisée… Léon nous emmène dans un voyage entre mélancolie et force. Mention spéciale à ses transitions d’une finesse rare. Puis c’est Orlane, qui confirme que la chanson belge francophone a de beaux jours devant elle. Influencée par Axelle Red ou Francis Cabrel, elle brille sur scène avec une élégance et une douceur qui désarment. Kenji, bermuda et bol d’air sur la grande scène Fanie et moi, toujours stratèges, prenons position devant la scène Pierre Rapsat pour Kenji Girac. Si on avait eu des doutes sur sa forme après ses récents pépins de santé, ils ont été vite dissipés : le mec déborde d’énergie, et en bermuda s’il vous plaît. Le public, rajeuni pour l’occasion, chante à l’unisson. Pendant que Fanie reste en poste (il faut bien des images !), je pars faire un tour vers les scènes secondaires, mais pas avant d’accorder 10 minutes à Diego, petit frère de Coline (du groupe Colt). Vu et revu, toujours aussi talentueux, il alterne entre pop, rap et électro avec une aisance impressionnante. 21 ans et déjà une maîtrise scénique bluffante. Amir : un concert, un message, un public Retour à la scène Proximus. Et là, Amir. Public tendu ? Pas du tout. Chaleureux, nombreux, réceptif. Amir enchaîne ses tubes, prend la parole, apaise, réunit. On est là pour partager, pas pour diviser. Et franchement ? Il l’a fait avec brio. Luidji : des ados au top, et des paroles par cœur On rejoint Fanie (ravitaillée en boisson), en attente de Luidji, le poète-rappeur du 95. C’est une découverte totale pour moi, et une révélation. Flow millimétré, présence scénique impeccable, et un public… incroyable. Les jeunes connaissent TOUTES les paroles. Même Fanie. Même moi (en playback discret, hein). Franchement, les ministères de l’Éducation devraient y penser : rap + programme scolaire = révolution cognitive ? Barbara Pravi en fond sonore… mais toujours puissante Pas de badge photo pour Barbara Pravi, alors on reste sur place, devant l’écran géant, qui diffuse son concert avec justesse et puissance. On entend, on vibre, on applaudit même sans la voir directement. Parfois, l’émotion passe très bien à travers un écran et une bonne sono. Dadju, Elfil et une montée de buzz La soirée se termine avec Dadju, qu’on ne présente plus. Généreux, entouré d’un groupe monstrueux de talent, il fait chavirer la foule belge. Et là, moment surréaliste : Elfil, youtubeuse en plein buzz, monte sur scène. D’abord tolérée, elle finit gentiment escortée dehors après avoir tenté un câlin interdit. Résultat : bracelet coupé, concert terminé pour elle, mais vidéo virale assurée. Et une leçon : ne sous-estimez jamais un garde du corps en mode papa ours. Fin de soirée, fin de batterie Minuit passé. Trop d’émotions, trop de notes, trop de photos à trier. Demain est un autre jour, mais celui-ci fut riche, contrasté, intense, avec cette sensation rare que la musique, même au milieu de tensions, peut tout recoller, ou au moins, tout faire vibrer.

Les Francos version luxembourgeoise dévoilent un programme très alléchant.

En France, Il y a La Rochelle, en Belgique, Spa, et chez nos voisins luxembourgeois, les Francofolies se sont établies à Esch-Sur-Alzette. Après ses deux grandes soeurs, c’est au tour de la cadette de dévoiler sa programmation complète pour sa 4ème édition qui se tiendra du 6 au 9 juin 2024. Du rap au métal en passant par l’électro et la pop, il y en aura pour tous les goûts ! Ninho, David Guetta, Shaka Ponk, Zaho de Sagazan, Lost Frequencies et bien d’autres artistes se produiront sur les différentes scènes du festival. Préparez-vous à un week-end de folie ! Rendez-vous sur www.francofolies.lu pour retrouver la programmation et la billetterie. EDITO – Loic Clairet, Directeur des Francofolies Esch/Alzette Un festival en pleine expansion, qui respecte notre public et nos valeurs Créer un festival de toute pièce est une aventure extraordinaire, mais semée d’embuches, d’obstacles, et de défis à relever. Lorsqu’on a lancé la première édition pendant la crise sanitaire en 2020, on a réuni toutes les énergies et toutes les expertises disponibles pour proposer au public un show extraordinaire destiné à…500 personnes. Et c’était une expérience incroyable pour les quelques chanceux qui ont pu vivre la musique d’une manière à la fois extrêmement intimiste et aussi vibrante qu’on puisse l’espérer devant une grande scène d’un festival. Aujourd’hui, alors que nous nous préparons à ouvrir notre quatrième édition, notre exigence est restée la même : une expérience unique, pensée pour le public avant tout, où chacun trouve sa place et peut vivre les choses en profondeur, mais avec une ambition et des propositions artistiques dignes des plus grands. Car c’est un fait, notre festival grandit. En 2022, 15 000 personnes ont franchi l’arche d’entrée des Francofolies Esch/Alzette au Parc du Gaalgebierg. Ils étaient 25 000 en 2023, et nous en attendons près de 40 000 cette année. A l’affiche, nous proposons plus de 40 artistes d’univers variés, tous francophones ou francophiles, qui performeront au Parc sur 3 scènes, et dans deux salles partenaires du festival, la Kulturfabrik et l’Escher Théâtre. Pour autant, hors de question de reculer sur le plan de nos engagements. La durabilité sociale, économique et environnementale de notre projet reste un objectif central qui guide nos choix et nos actions : cette année encore, nous allons renforcer notre approche écologique avec une vaisselle 100% réutilisable, une green team, des économies d’énergie et une communication raisonnée en matière d’impacts. Jeudi 6 juin : une déferlante de métal à la Kultufabrik Pour ouvrir les festivités/hostilités, les Francofolies Esch/Alzette braquent les projecteurs sur le métal francophone. Loin des clichés et des idées reçues, Deluge, Lysistrata et Igorrr s’imposeront en dignes représentants de cette scène riche et diverse et exploreront des styles du thrash au black métal en passant par le death métal et la musique traditionnelle des Balkans. Placée sous le signe de la puissance, de la mélodie et de l’énergie, cette soirée sera l’occasion pour les fans de la première heure ou pour les néophytes curieux, de découvrir la nouvelle génération de métalleux français et de prendre la mesure de la vitalité de cette scène. Vendredi 7 juin : un plateau rap hors du commun et unique dans le Grand Est. Il a fait exploser les records en remplissant deux stades de France en quelques heures, et prévoit moins de 10 dates en festival en 2024… le super poids lourd du rap Ninho sera le maitre des lieux au Parc du Gaalgebierg le vendredi 07. Il sera accompagné des fers de lance et des étoiles montantes du rap francophone : Tiakola avec son flow nonchalant et ses textes incisifs, mais aussi Luidji, La Fève, Luther, J9ueve, Baby Volcano et les Luxembourgeois Maale gars et Culture the Kid. Pierre Pauly, Programmateur des Francofolies Esch/Alzette : « Après les records de vente de Ninho, les dernières victoires de la musique ont remis un coup de projecteur sur le rap français. Qu’on se le dise, ce n’est plus un style musical de niche qui n’intéresse que les fans de musique urbaine. Le rap se positionne désormais sur le devant de la scène, et c’est une tendance de fond. Lors du lancement de Spotify en 2008, les artistes les plus écoutés en France étaient des artistes pop rock anglo-saxons, mais depuis bientôt 10 ans, les artistes français hip-hop dominent chaque année les classements français et s’exportent même au-delà des frontières hexagonales. C’est donc plus que naturellement et avec une réelle fierté que les Francofolies Esch/Alzette ont souhaité proposer à leur public un plateau digne de cet engouement international. » Samedi 8 juin : on saute, on danse, on crie, on rêve, on vibre ! La programmation du samedi s’étoffe avec des nouvelles annonces. La première aura fait l’effet d’une bombe, puisqu’à peine quelques jours après l’ouverture de la billetterie, Damien Saez était annoncé complet, dans un format intimiste en solo à l’Escher Théâtre.  Le public du Gaalgebierg pourra également découvrir ou redécouvrir Eloi, la jeune parisienne electro-clash et féministe punk qui s’inscrit avec talent dans ce que l’on appelle désormais « l’hyperpop ». Them Lights, a.k.a Sacha Hanlet, avec ses influences electronica pulsée au R’n’B soul en passant par la dark pop, ainsi que Nosi, et ses Dj sets chargés en émotions, complèteront la programmation du Parc avec leur touche luxembourgeoise pour notre plus grand plaisir.  Ils rejoindront Lost Frequencies, Meute, Zaho de Sagazan (qui portera dans ses bagages ses 4 victoires de la musique récemment acquises), Ascendant Vierge, Apashe with brass Orchestra, Ko Ko Mo, Bagarre, Black Lilys et un show à ne pas manquer pour la tournée d’adieu épique du groupe de rock français Shaka Ponk. Dimanche 9 juin : une journée de clôture exceptionnelle ! Lui aussi aura récemment joué les recordmans : David Guetta, tête d’affiche de cette quatrième édition, est entré dans l’histoire du stream ! Il devient le quatrième artiste le plus écouté sur la plateforme Spotify, aux côtés de Taylor Swift ou The Weeknd. Une première pour une star française ! Autant dire que sa venue au Luxembourg, dans la petite ville d’Esch sur Alzette,

D’avril à septembre, les notes vont swinger un peu partout.

2024 s’éveille à peine qu’il est déjà grand temps pour les amateurs de festivals de commencer à cocher les dates importantes dans leur calendrier car il se pourrait que cette année, encore plus que les précédentes, certains soient confrontés à des choix manichéens. Il n’est en effet pas rare de voir plusieurs festivals se « partager » un week-end, mais l’agencement du nouveau calendrier scolaire en Belgique, qui « limite » depuis peu la période de vacances d’été de début juillet à fin août (alors que précédemment il n’était pas rare de voir des étudiants libérés de leurs obligations dès le 20 juin et ne reprendre le chemin des amphithéâtres qu’à la mi-septembre), et, surtout, l’organisation des Jeux Olympiques à Paris (et quelques autres sites un peu partout en France) chamboule encore un peu plus un agenda qui pouvait déjà générer quelques prises de têtes chez certains. Quel est le rapport entre les JO et des festivals demanderont certains d’entre vous? Et bien la sécurité. De nombreux services publics (pompiers, police, services travaux des collectivités….) vont être à pied d’œuvre durant toute la période des jeux (du 26 juillet au 11 août). Sans oublier que les jeux paralympiques suivront rapidement (du 28 août au 08 septembre). Voilà quelques week-ends durant lesquels de nombreux élus de l’Hexagone ne pourront donc accepter d’événements majeurs sur leur territoire, et cela sans tenir compte des heures de récupération qui devront aussi être allouées dans la foulée. Les organisations sur terrain privé ne nécessitant pas de personnel des services publics (ils sont rares car la gestion du flux de public incombe en partie à la police) pourraient contourner ce problème avec des services de sécurité privés… mais ils sont tous (ou presque) occupés par ces JO et tout ce qui tourne autour. Ces paramètres évoqués juste ci-dessus expliquent pourquoi quelques week-ends, et deux particulier, ceux des 13-14 et 20-21 juillet, vont voir exploser le nombre de festivals organisés à ce moment. Hormis pour ceux d’entre-vous qui manient habilement le don d’ubiquité, l’heure des choix va donc sonner. Afin de ne pas vous retrouver le bec dans l’eau, ou pour le moins assez démuni face à une billetterie qui afficherait déjà complet, nous vous avons concocté un petit agenda avec les renseignements qui sont déjà disponibles, et ce concernant les festivals que nous connaissons. Il ne s’agit donc pas d’une bible ou d’un annuaire complet reprenant toutes les organisations musicales « estivales », mais juste de quelques pistes pour organiser votre agenda en fonction des événements que nous avons présélectionnés (vous verrez, certains très connus ne figurent pas dans cette liste). Pourquoi attendre juillet pour s’amuser ? Nous ne sommes pas les seuls à nous poser la question puisque certains organisateurs ont pris le pari d’entamer cette saison des festivals dès avril. Chez nous, les Nuits Botaniques sont devenues incontournables au fil des années (ce sera la 31e édition en 2024). Il est donc tout naturel de débuter cette présentation par ce festival un peu particulier puisqu’il s’étale du 24 avril au 05 mai. Bonne nouvelle pour ceux qui ne pourraient se déplacer, cet événement sera couvert par l’un des artisans de ce site, Fabian Braeckman. Vous pourrez donc retrouver des reportages sur ce festival sur notre webzine. Mais comme c’est quand même toujours mieux de vivre l’expérience en live, nous vous invitons à vous rendre sur le site du Botanique pour prendre connaissance de la programmation complète (et réserver vos places). Plusieurs lieux, une programmation assez hétéroclite, des artistes à découvrir … Pour ceux qui se rendraient en France fin avril, on aura aussi Le Printemps de Bourges (du 23 au 28)  avec des artistes d’un certains calibre – 24 : Mika / Kyo / Martin Solveig /  Santa / Zaho de Sagazan – 25 : Hoshi / Shaka Ponk / Matmatah / Oliva Ruiz – 26 : Silly Boy Blue / Luidji – Bon Entendeur / PLK … – 27 : Bekar / Niska …  – 28 : M.Pokora / NEJ) – Accès, 49 euros par jour (sauf le dimanche, 45) mais le 25 et le 27 sont déjà complets et les passes Week-ends sont aussi écoulés. Le temps de vous remettre de ces premières émotions musicales, on fait le pont jusqu’au 17 mai, jour initial de l’Inc’Rock festival (du 17 au 19 mai). Aucune info n’a encore filtré et c’est le mystère donc concernant l’affiche de cette nouvelle édition de l’événement qui se déroule à Incourt. Le week-end suivant, c’est à Anthisnes en province de Liège, que nous irons probablement déclencher quelques rafales à l’occasion des Anthisnoises, un festival de musiques celtiques très accueillant. La date est connue (du 24 au 26 mai) mais là aussi, le voile n’est pas tombé concernant les groupes qui se produiront. De mai, on passe à juin, avec les Francofolies d’Esch-Sur-Alzette au Luxembourg du 06 au 09. L’affiche complète n’est pas encore disponible, mais les amateurs de rap/hip-hop apprécieront le line-up du vendredi (Ninho, Tiakola, Luidji…), le samedi, on aura du très prisé avec Lost Frequencies, Zaho De Sagazan, Apashe et Shaka Ponk notamment. Quant au dimanche, il ne sera pas en reste avec David Guetta, l’Impératrice, Olivia Ruiz, Mentissa, Santa et Julien Granel. Le pass 3 jours est à 130 euros, les tickets journaliers à 56 ou 64 euros selon le jour. Pour le dernier week-end du mois, un choix cette fois géographique et musical s’impose puisque d’un côté nous aurons le rock consistant du Hellfest, et de l’autre la bande de Contact qui sera aux commandes du Feelgood à Aywaille, et tout ceci du 27 au 30 juin. Hellfest (Clisson en France) : un line-up de folie pour les amateurs du genre avec Megadeth, Metallica, Queens of the Stone age, Mass Hysteria, Lofofora … mais aussi  Foo Fighters, The Prodigy, The Dropkick Murphys, Bodycount ft Ice-T et Shaka Ponk qui pour sa tournée finale s’est concocté un beau calendrier. Petit bémol, tous les pass 4 jours ont été écoulés depuis un certain temps et il est quasi impossible de pouvoir encore trouver un ticket, même pour une seule