7 février 2026

Un dimanche résolument Pop à Ere.

Pour son jour de clôture, l’édition 2025 du festival Les Gens d’Ere avait misé sur le productif Pascal Obispo et le toujours très festif Cali, deux représentants significatifs de la pop rock francophone. Mais ils n’étaient pas les seuls à défendre ce style de musique pour cette dernière journée de l’événement. Lovelace, Léon, Rori et Amir peuvent en effet être rangés dans ce même rayon musical, même s’ils ne partiront sans doute pas tous en vacances ensemble… Nous nous garderons bien de prendre parti dans la polémique qui s’est développée depuis mi-juillet suite au passage d’Amir dans deux festivals de nos contrées, mais nous ne pouvons passer sous silence le climat qui s’est développé autour de cette contestation et surtout les mesures qui ont dû être prises pour garantir la liberté d’expression, mais aussi la sécurité de chacun. Le chanteur a été mis à l’écart, sous haute surveillance, une escorte policière l’accompagnant lors de ses déplacements et même lors de sa prestation. C’est sans doute dommage d’en arriver à ce point-là, mais il faut souligner que le concert s’est déroulé sans incident, que le service de sécurité est resté assez discret et non dérangeant (pour le public, mais aussi pour nous qui avions l’autorisation d’occuper le front stage) et que les artistes qui ne partagent pas l’engouement pour sa venue se sont exprimés, chacun à leur manière, de manière fort correcte. En résumé, l’esprit du Les Gens d’Ere a été respecté, donc merci à vous tous d’y avoir contribué. Cet aparté terminé, occupons-nous de notre quatuor disparate en suivant l’ordre chronologique de la journée. La première à se présenter devant le public est Lovelace, ce petit bout de femme qui s’est fait connaître notamment grâce à un duo détonnant avec le grand Saule sur « Petite gueule ».  Vous ne l’avez pas encore vue sur scène ? Vous n’étiez pas en festival cet été aux abords de chez nous alors, ou vous arrivez tard sur les sites, car Lovelace a fait les ouvertures de beaucoup de scènes.  C’est en effet l’artiste découverte du moment, la chenille qui devient papillon…. Les Francos de Esch (Lux), la fête de la musique à Arlon, LaSemo, Dour, les Francos de Spa et donc Les Gens d’Ere. Voilà un beau planning, et une belle carte de visite du coup. D’autant qu’il lui reste encore à prendre part au Brussels Dance Festival (14/08), au Bucolique Festival de Ferrières (17/08), aux Solidarités (24/08), à l’Hyperlien (20/9) avant de reprendre le chemin des salles avec le CC de Braine-L’alleud le 27/09 et le Botanique le 03/10 dans le cadre de Francofaune. Catégorisée plutôt électro-pop pour ses influences (Billie Eilish, 070 Shake et Babysolo33), Lovelace se distingue par son écriture introspective. Ses titres « Hey Bitch » et « Par ici BB » font en effet écho à des expériences personnelles. Le premier est un coup de gueule contre ces personnes qui provoquent une insécurité permanente en rue par leur comportement et leurs réflexions déplacées, le second une sorte d’exutoire pour aborder le sentiment des gens qui se rendent comptent que leur amour est à sens unique. Le suivant dans notre short-list est Léon, alias Benoit de Delta. Cette scène, il la connait pour l’avoir déjà foulé, mais encore jamais en solo. Or, depuis la mise en application de son nouveau projet, Léon fait tout (ou presque) seul.  Il compose, arrange, chante et se produit seul, usant de machines comme le loop qui permet de composer des boucles de sons. Son premier EP se nomme « Aïe » et vient de sortir, un mini album qu’il définit lui-même comme bipolaire car on y retrouve un tempo endiablé pour certains titres auxquels succèdent des balades beaucoup plus calmes. Léon – Benoit, mais où est le rapport se demande-t-on. Il y eut bien des papes qui ont porté ces patronymes, mais ici rien en rapport avec ce sujet. Léon est le deuxième prénom de Benoit Leclercq, mais aussi celui de son grand-père. Multi instrumentiste, Benoit, euh, pardon, Léon ferait bien la paire avec Lovelace côté écriture. Lui aussi va chercher dans son histoire, son vécu, ses attentes et déceptions le contenu de son œuvre. Le morceau à écouter absolument ? On irait naturellement vers « Sans Héritage » pour sa rythmique, son sujet (le choix d’avoir ou non des enfants et de l’assumer) et puis on s’y attache à force de l’entendre à la radio. La troisième à passer devant le public est une habituée du lieu. Enfin presque puisque Rori était déjà venue présenter ses premières créations en 2023. A l’époque, « Docteur » et « Ma place » étaient dans toutes les têtes. Il faut dire que l’album « Ma saison en enfer » est un bijou dont on ne se lasse de l’éclat.   Depuis, Rori a sorti d’autres titres, comme « Looser » ou « Jalousie » et son premier single « C’est la vie » qui était sorti en 2021, retrouve une nouvelle jeunesse à chaque saison de la série télévisée «Trentenaires ». Mais son actualité tient en deux mots : nouvel EP. « Miroir » sortira en effet le 19 septembre.  Omniprésente ces deux dernières saisons en festivals, la chanteuse hannutoise a un peu levé le pied ces derniers mois, peaufinant certainement ce nouveau bébé (je parle de l’EP). A Ere, c’était en effet sa première date belge de l’été. Elle était toutefois aux Francos d’Esch (Lux) et à Carbourg mon Amour (Fr). Premier festival de la saison en Wallonie disions-nous, pour Rori, mais pas le dernier. Elle sera en effet aux Solidarités (Namur) le 23 août. Décidément, on y retrouvera du beau monde au site Ecolys, avec Lovelace (sur ses terres), Léon et Rori dans le line-up. Le dernier du carré, Amir, sera, lui absent du festival namurois. Cheveux courts et sourire un peu crispé (on ne va pas vous refaire le récit des attaques dont il fait l’objet), c’est tout de blanc/écru vêtu qu’il apparait sur les planches. Qu’il semble bien loin ce temps où il se présentait, timide, devant les fauteuils du jury de The Voice. C’était en 2014. Amir allait atteindre la finale, mais terminer derrière Maximilien Philippe

Est-ce à Ere que Pascal Obispo a dit adieu au public belge ?

C’était dans l’air du temps, l’artiste ayant déjà abordé le sujet en début d’année, mais avec ses annonces à Colmar (29 juillet) et à Ere quarante-huit heures plus tôt, la nouvelle se matérialise : Pascal Obispo arrête la scène. Il ne dit pas qu’il va se retirer complètement de la vie publique et du monde de la musique, comme l’a fait un certain Jean-Jacques Goldman dès 2004. A vrai dire, la personnalité préférée des Français, JJG, n’a pas fait non plus table rase de son don pour la musique et surtout la composition puisqu’il a livré quelques ouvrages à des artistes de renom depuis lors (Patrick Fiori, Garou, Calogero, Sarah Brightman, …), mais il ne veut plus de projecteurs braqués sur lui, et n’entend plus reprendre de carrière solo. Pascal Obispo, lui, compte bien continuer à composer aussi, mais à chanter également. En fait, c’est le principe même des tournées qu’il remet en cause. Lassitude d’une part, soucis physique d’une autre, il faut dire que le premier hit de monsieur Obispo date de 1992 avec « Plus que tout au monde », rapidement suivi de « Tu vas me manquer ». Ces deux titres sont d’ailleurs absents d’une set-list où il a fallu faire des choix, tant le catalogue des tubes de Pascal Obispo est fourni, surtout si l’on ajoute aux titres interprétés par l’artiste ceux composés pour d’autres, et ceux issus de la comédie musicale « Les dix commandements ». Ainsi, « L’envie d’aimer » a réussi l’examen de passage, mais « Millésime » pas. Mais revenons sur le déroulement de la journée. Pascal Obispo est assurément la tête d’affiche du festival Les Gens d’Ere, et donc le chanteur la plus attendu du dimanche. Tout de blanc vêtu, l’artiste sort de sa loge entre deux averses. Nous sommes à quelques minutes de son show, le dernier sur nos terres apprendra-t-on un peu plus tard. Monsieur Obispo est étonnement détendu, plus que lors de certaines autres prestations nous semble-t-il. Il prendra même la pose pour un instantané avec quatre policiers. Sans doute l’un des derniers clichés d’avant concert sur le sol belge… Le début du concert, nous n’y assisterons pas, pour deux raisons. La première, c’est que notre créneau de prises de vues est prévu en fin de show. Avant cela, interdiction de se rendre en avant-scène. Et vous imaginez bien que sur la plaine, il n’y a plus beaucoup de places donnant vue sur l’estrade. La seconde… dame nature qui va déchaîner les éléments. Une première averse sévère de presque cinquante minutes avait déjà opéré une offensive un peu plus tôt en soirée, mais là, ce sont des cordes qui s’abattent sur Ere. La plupart des spectateurs, courageux, affrontent ces conditions climatiques désastreuses. Pour nous, qui avons encore le choix, la solution désignée est d’aller trouver refuge temporairement sous le chapiteau. Quelques minutes plus tard, la pluie cesse. Notre matériel photo, ainsi protégé, est prêt à reprendre du service, et l’ami Pascal approche tout doucement de la dernière partie de son spectacle. Il attrape un chapeau de cow-boy et entonne les premières notes de « Appelle-moi Johnny ». C’est le signal de départ pour nous. Les photographes entrent dans le front pour immortaliser la performance de Pascal Obispo. Entre deux morceaux, Pascal s’exprime, s’adressant de manière solennelle au public. Ce n’est pas son premier message de la soirée mais celui-ci va « claquer dans l’air comme un coup de révolver » (hommage à Cali dans son « Elle m’a dit »). « Nous voici réunis pour mon dernier concert en Belgique. J’ai encore une prestation en France après-demain, puis j’arrête…. ». Certains comprennent dernier concert de la tournée des trente ans, mais à Colmar, Pascal Obispo précisera encore son propos. Non, il ne parle pas de la tournée mais des concerts en général. Pascal Obispo confiera à la presse ressentir une certaine lassitude à l’idée de repartir en tournée : « Je ne me vois pas refaire toujours la même tournée, avec les mêmes chansons. Ça ne m’embête pas, mais je ne me vois pas repartir dans deux ans et refaire pareil.«  Celui qui s’était maquillé en Joker pour une prestation aux Solidarités ne ferme toutefois pas définitivement la porte puisqu’il annonce qu’avec une très bonne idée, sa décision pourrait changer de camp: « Si je dois refaire une tournée, il faudra que je trouve un concept fort, sinon non. » En attendant, nous profitons de ces dernières minutes du chanteur, compositeur, musicien sur les planches du Les Gens D’Ere d’autant qu’il s’attaque à l’un des titres phares du taulier, « Allumez le feu » dont la parolière n’est autre qu’une complice habituelle de Pascal Obispo, la distinguée Zazie. L’ambiance est au top. Pascal peut clore ce chapitre de sa carrière avec un titre que d’autres interprèteront peut-être plus tard en pensant à lui, « Fan ». Retrouvez les clichés (validés) du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Joseph Kamel, quand simplicité rime avec efficacité.

Né en Egypte, Joseph Kamel migre vers la France à l’âge de 13 ans. A ce moment, il est déjà atteint du virus de la musique, pratiquant l’oud (un instrument à cordes pincées originaire du Moyen-Orient) depuis ses 8 ans et s’intéressant rapidement à la MAO (musique assistée par ordinateur) mais aussi à la guitare. De ses paroles même, l’organisation du spectacle de fin d’année de son école l’intéressait alors plus que ses études. Il est à ce moment musicien, mais s’attarde de plus en plus au jeu de l’écriture. Il est d’ailleurs l’une des pièces maîtresses du succès de Pierre Garnier puisque le tube « Ceux qu’on était » fut écrit par son interprète actuel et … Joseph Kamel, peu de temps avant le départ de Pierre pour la Star Ac’. Cela c’était en 2023, mais Joseph Kamel a attiré les spots du succès un peu plus tôt déjà, grâce à une autre émission télévisée, The Artist. Joseph Kamel, malgré une discrétion et une retenue hors pairs, s’y illustre au fil des étapes. Il n’y remportera pas le trophée mais s’y forgera un nom. Nous sommes en 2021. Le public de l’émission l’a remarqué, et apprécié, mais le programme n’a toutefois pas l’aura de The Voice. Joseph Kamel n’est donc pas propulsé directement sous le feu des projecteurs à grands coups de marketing. Par contre, il se trouve un parrain artistique de choix en la personne de Julien Doré qui l’invite sur sa tournée 2022. Le discret Joseph sort de l’ombre encore un peu plus. Il est donc temps de fournir au public un support sous la forme d’un premier album intitulé « Miroirs ». On y retrouve des collaborations avec Julien Doré, évidemment, mais aussi Mentissa, une autre étoile montante de la scène francophone. Avec cet album, Joseph Kamel investit les ondes radios au point d’être intronisé dans la troupe des « Enfoirés ». « Tu vis », « Beau », « Ton regard » et surtout « Celui qui part » sont autant de titres qui font mouche. Hors des planches, s’il ne passe pas inaperçu par sa taille (2,00 m), Joseph Kamel ne montre aucun signe extérieur de « starisation ». Il se balade calmement, le bonnet sur la tête, regard bas, toujours habillé dans un style classique (tee-shirt pantalon). Sur scène, on voit que l’homme (il a désormais 28 ans) a pris de l’assurance depuis son premier passage télévisé. Sa voix est toujours aussi prenante, ce qui ne gâche rien, mais sa gestuelle, ses messages à l’assistance et ses déplacements montrent qu’il a désormais fait des planches une seconde résidence. Vous l’avez manqué aux Les Gens d’Ere et à Ronquières, ou vous l’avez apprécié et vous en voulez plus ? Joseph Kamel repassera par la Belgique en juin 2026, en salle cette fois. Ce sera le 05/06/26 au Cirque Royal. Ne tardez pas à prendre votre sésame car Joseph Kamel compte de nombreux fans et sa communauté ne cesse de grandir. Rien ne dit que la salle n’affichera pas complet bien avant la date du concert … Retrouvez les clichés (validés) du festival sur la page FB – ReMarck Photos.  

Les Gens d’Ere en mode international.

Le festival lié au petit village d’Ere grandit progressivement, au moment même où beaucoup d’autres événements doivent jeter l’éponge. Il faut dire que les coûts liés aux assurances, aux locations de matériel mais surtout à la venue des artistes (cachets, mais aussi tous les frais annexes comme la prise en charge, le logement, les désidératas de certains…) explosent. A Ere, les organisateurs ont su garder la barre stable, preuve en est la réussite de cette nouvelle édition. Ils ont même passé un cap en attirant des artistes internationaux venus d’horizons un peu plus éloignés qu’à l’habitude. On avait déjà vu (et entendu) de nombreux Français (Zazie, Black M, Kyo, Matmatah …) et quelques Suisses (Mosimann notamment), mais cette fois, si nos presque voisins Helvètes nous ont « prêté » Léman, on a aussi pu assister aux performances d’un rappeur canadien, Fredz, et d’une star anglaise  mondialement connue puisqu’elle a fait partie du girl band le plus renommé, les Spice Girls. Alors, comment Les Gens d’Ere ont-ils pu attirer, en exclusivité nationale qui plus est, Mel C ? « L’agent de Mel C s’occupe aussi d’Henri PFR (l’un des habitués du festival). Il nous a proposé cette opportunité. Au départ, elle devait se produire lors de deux dates dans nos contrées, l’autre étant à Tomorrowland, mais les calendriers de l’artiste et du célèbre festival house ne s’accordaient pas, donc nous avons finalement une exclu » commente Gwen Vanzeveren, le président du Les Gens d’Ere. Mel C n’est pas venue avec ses comparses des Spice Girls, vous vous en doutez, même si certains rêvent de voir, même pour un soir, la reformation du groupe, mais bien avec son concept actuel, madame étant désormais un DJ de renom qui a sa résidence au Pacha d’Ibiza, comme un certain David Guetta ou Robin Schulz. A vrai dire, nous n’avions pas été visionner sur internet les vidéos de ses sets. Nous étions donc curieux. Nous n’avons pas été déçus d’avoir attendu la fin de soirée (même si cela nous coûtera quelques minutes à la sortie du parking) car Mel C a assuré le show. Tout d’abord au niveau du choix des morceaux. On est fan. C’est électro, parfois un peu techno, mais sans hard style. Elle y glisse quelques remixes de morceaux pop des 90’s et 2000’s dont elle connait par cœur les paroles. Les enchaînements sont fluides, et à 51 ans, l’artiste est très bien conservée, ce qui ne gâche rien. Elle peut en effet se permettre un short court, modèle running, avec un top sportif. Vous saupoudrez le tout d’un jeu de lumières assez intéressant et vous êtes à deux doigts de vous imaginer au bord de l’océan, sur la plage d’une célèbre discothèque de l’île aux plaisirs. Seule différence notable : le prix des cocktails. A Ibiza, c’est hors de budget ! La page internationale du vendredi étant tournée, il restait celle du dimanche. Double cette fois, comme expliqué ci-dessus. Le premier non frontalier à prendre le micro est Léman, un artiste franco-suisse (mais qui se présente lui-même comme Suisse, étant originaire de Genève) mêlant rock, électro, métal et rap. Il se dit influencé par des groupes comme AC/DC et Radiohead, mais aussi Orelsan et Stromae. On retrouve d’ailleurs un peu de l’écriture malicieuse de ces deux derniers cités dans certains morceaux de Léman. On vous conseille vivement JVQTSM. Sa plume acide est délicieuse. En voici un extrait « Sur ta tombe, quelques fleursUn peu fanées, elles vont te plaireMême si je t’ai dans mon cœurJ’te préfère six pieds sous terreC’est ni tout noir, ni tout blancC’est pas gentil d’être méchantOn ira tous au paradisMême moi, mon ami » L’artiste peut se montrer engagé comme dans son premier titre « Les plus bornés », qui pourrait se lire autant que s’écouter tant le texte est prenant, mais peut aussi, à l’inverse, apparaître très détaché. Il a en effet proposé un cover de « La danse des canards » en adaptant le tempo. Et oui, avec Léman, on peut passer par toutes les émotions, tous les styles. L’homme aborde des sujets de société, mais aussi des problèmes plus personnels comme l’alcoolisme d’un membre proche de sa famille dans « On attend ». A découvrir. Et si vous voulez encore quelques points de comparaison, Léman aurait aimé pouvoir travailler avec Daniel Balavoine, Johnny Hallyday et Jeff Buckley. Vous voulez voir par vous-mêmes ? Pas de problème, Léman, accompagné de Cyril et Estelle, ses musiciens, sera aux Solidarités (Namur) ce 23 août. On termine ce volet international avec l’artiste qui a effectué le plus long déplacement (en théorie) puisqu’il vient du Canada (Montréal – Québec). C’est d’ailleurs un beau clin d’œil qu’il fera au public en reprenant « Parce qu’on vient de loin » de Corneille.  Frédéric Carrier, alias Fredz, est encore jeune (23 ans) mais cela fait déjà 7 ans qu’il a été repéré par K.Maro, l’interprète de « Femme like U »  mais surtout fondateur des labels East 47th Agency et Winema Brands. Frédéric expliquera d’ailleurs en interview que lors de sa première rencontre avec K.Maro, il ne savait pas qui c’était. C’est sa maman, après l’entretien, qui lui a révélé qui se trouvait en face de lui. Désormais, Fredz dispose de trois albums dans sa discographie. « Personne ne touche le ciel » (2020), « Astronaute » (2022) et « Demain il fera beau » (2024). Ayant débuté durant « les années Covid », Fredz fait partie des artistes qui ont dû compter sur les réseaux sociaux pour se faire connaitre. Cela lui a plutôt bien réussi puisqu’il compte des millions de streams et qu’il est largement diffusé sur Tik Tok et Spotify. Son écriture est puissante. Voici un extrait de « Mauvais rêve », l’un des titres porteurs de son dernier opus. « 3 heures du mat, j’écris mes chagrins sur des avions de papierComme ça, si moi je reste embarré mes mots pourront peut-être s’évaderAllez leur dire que si y’a du bruit dans la cage d’escalierC’est moi qui chante toute ma vie ce couplet en décalé, ça faitNoir gris rouge c’est les couleurs de ma peineY’a un monstre, y’a un monstreQui s’est caché dans ma têteIl faut pas qu’il touche

Pour un été ensoleillé, destination Cali…

Ne rêvez pas trop, on ne vous emmène pas en Colombie ! Cali est bien la troisième ville la plus peuplée de ce pays sud-américain, capitale du département de Valle del Cauca, mais c’est aussi le nom de scène de Bruno Caliciuri, un auteur-compositeur-interprète et écrivain français né le 28 juin 1968 à Perpignan. Et oui pardi, Perpignan c’est dans le sud. Ce sud, Cali l’apprécie et le défend bec et ongles, lui qui n’a jamais occulté ses origines méditerranéennes (son grand père était Italien, le reste de sa famille Espagnol, et plus précisément Catalan). Mais Cali a toujours trouvé du plaisir à venir se produire en Belgique, ce pays dont il possède des faux papiers (c’est lui qui le dit). D’ordinaire, les artistes qui se produisent en festival viennent pour défendre un nouvel album, que celui-ci vienne de paraître ou qu’il soit en passe de sortir dans les bacs (si l’on peut encore utiliser cette expression). Avec Cali, ce n’est pas nécessairement le cas. Contrairement à Pascal Obispo qui a annoncé son intention de mettre un terme aux représentations scéniques, tout en voulant perdurer dans son œuvre créative, Cali prend véritablement vie sur les planches, même s’il n’a aucun support à promouvoir. La rencontre avec le public, c’est ça son kif. Un concert de Cali, cela se vit, cela se danse, cela se chante, cela se transpire. C’est le cas de beaucoup de prestations, heureusement, mais ici, l’artiste donne véritablement de sa personne, se blessant d’ailleurs à plusieurs reprises au cours de ses prestations (et notamment aux Solidarités quand le festival se déroulait encore à la Citadelle). Ce dimanche, en arrivant dans les backstages, Cali paraissait fatigué et un peu malade. « En Belgique, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours envie de faire la fête » commentera-t-il en arrivant. « J’aurais peut-être dû lever un peu le pied hier… » renchérira-t-il sourire au coin des lèvres. La plupart des chanteurs/chanteuses auraient opté, dans ces circonstances, pour un repos réparateur à l’hôtel jusqu’à quelques minutes du show. Mais Cali n’est pas fait de ce bois-là. Monsieur Cali tient à saluer toutes les personnes présentes (organisateurs, bénévoles, journalistes, photographes, service de sécurité et techniciens) et à accueillir personnellement ses invités. C’est en effet une sorte de carte blanche qui était proposée à l’artiste par les organisateurs de Les Gens d’Ere. Finalement, Bruno aura envoyé quatre cartons d’invitation et comme l’homme est très apprécié, ses hôtes n’ont pas refusé. On retrouvera ainsi sur les planches, à ses côtés, Antoine Delie, Noé Preszow et la charmante Charles (nous n’avons pas l’identité du 4e convive).   Durant tout l’après-midi, Cali a donc enchainé les conversations, interviews et séances photos tout en gardant sa bonne humeur légendaire. Mais allait-il pouvoir assurer en soirée alors qu’une pluie battante s’invitait sur le site du festival ? En quelques secondes à peine, nous sommes rassurés. Cali est énergique, souriant et motivé. Et comme son show se déroule sous le chapiteau, l’ondée passagère laisse place au rayonnant Cali. Ceux qui ont déjà participé à l’un de ses concerts savent que l’homme n’hésite jamais à descendre dans la foule, ou plutôt sur la foule, porté à bout de bras par une assistance qui reprend en chœur les refrains de ses plus grands succès, mais aussi un titre de U2 qui s’immisce intelligemment dans le set, tel un mashup radiophonique. Avec Cali, la folie est à porté de doigts. Nous ne sommes plus à Ere, où il pleut, nous sommes à Caliland, sous un soleil bienveillant. Cali grimace, joue de la guitare, saute, embrasse (objectifs et invités) et danse même un slow avec une fan avant de faire monter le public sur scène. Cali n’a pas sorti de nouvel album studio cette année (le dernier album est une compile, 20 ans d’amour parfait, sorti en 2024), mais il a marqué les esprits de ceux qui l’ont (re)vu en concert. Il n’a certes pas la voix ni l’aura de Johnny, mais il en a le sens du spectacle et de l’humilité. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.  

Lemon Straw et Puggy apportent la touche anglo-saxonne à Ere.

Les organisateurs du festival Les Gens d’Ere n’ont jamais caché leur attrait pour la langue française et la promotion des artistes locaux, essayant au maximum de mettre en avant les artistes défendant la langue de Molière, qui plus est s’ils sont issus de la Wallonie Picarde. Mais le festival se veut aussi ouvert à différents styles musicaux et différentes cultures, ce pourquoi l’affiche ressemble souvent à une sorte de rubik’s cube où chaque choisit sa couleur musicale ou sa ligne de style, les plus « gourmands » pouvant même s’offrir le menu complet puisque les deux scènes principales jouent en alternance. Un groupe néerlandophone, issu du nord du pays, a d’ailleurs été invité pour clôturer cette édition, les Truttes. Nous n’avons malheureusement pas de clichés à vous proposer, notre retour s’effectuant juste avant l’affluence liée à la sortie de la prestation de Pascal Obispo. Mais la langue la plus usitée en musique reste, vous l’imaginez bien, l’anglais (bien que l’espagnol touche énormément de populations également) pour son universalité et ses sonorités rock notamment. Ykons et Aucklane, qui se sont produits vendredi et dont nous vous avons déjà parlé dernièrement, produisent d’ailleurs leurs compositions dans la langue de Shakespeare. A ce propos, une partie du public attend d’ailleurs que Renaud (Godard) et sa bande tentent une expérience en français… ça, c’est dit. Revenons à nos sheep (moutons) avec deux groupes anglophones qui ont plus de points communs qu’il pourrait y apparaître à première vue, Puggy et Lemon Straw. -Tous deux sortent donc leurs compos en anglais. -Ils sont composés de plusieurs musiciens mais leur leader est charismatique, Matthew Irons pour Puggy, Giani Sabia pour Lemon Straw. -Ces chanteurs leaders ne sont nullement exubérants, que ce soit sur scène ou dans leur vie privée. -Le style musical s’apparente à de la pop-rock où l’orchestration s’équilibre parfaitement avec la voix du ou des chanteurs (les musiciens peuvent intervenir dans les chœurs). -Les deux groupes se sont formés avant 2010 et ont donc plus de 15 ans d’existence (2004/2005 pour Puggy, 2008 pour Lemon Straw). -Ils sont actuellement en tournée des festivals avec de nouveaux singles (ils étaient d’ailleurs tous les deux au Baudet’stival). Pour Puggy, ils sont regroupés dans l’EP « Radio Kitchen », pour Lemon Straw, il y a notamment « Jump » et « Mystery Train » -Leur nouvel album devrait sortir très bientôt (octobre 2025). Puggy a en effet confirmé que c’est durant ce mois d’octobre que sortirait enfin cet opus attendu depuis tant de saisons (« Colours » date de 2016) et la soirée de présentation de « Jump », nom du nouvel album de Lemon Straw, est programmée au 17 du même mois (à Saint-Ghislain). -Leur prochaine salle bruxelloise est déjà bookée. Pour Puggy, ce sera le 28/11/2025 à Forest National, pour Lemon Straw, il faudra attendre le 03 octobre …2026 à l’Ancienne Belgique. Côté news, on notera que le batteur habituel de Lemon Straw, Martin, s’est blessé au bras droit fin juin. C’est Jean Prat qui le remplace pour cette tournée d’été. Le nom du groupe ne semble pas si évident à retenir non plus, Bruno, le présentateur officiel de l’événement ayant annoncé Lemon street. On le rassure, cela arrive à tous, ou presque, de bafouiller à un moment donné, et Giani, attentif, a vite corrigé l’erreur. Voici quelques clichés de la prestation de ces deux groupes aux Les Gens d’Ere mais vous pouvez retrouver toutes les photos du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Pour la déconne, demandez Poulycroc et Julien Granel.

Figure bien connue de Wallonie Picarde, le groupe Poulycroc a effectué plusieurs passages, déjà, par Ere. Mais cela faisait dix ans que le collectif ambianceur n’avait plus effectué un crochet par le festival Les Gens d’Ere. Ce vendredi 25 juillet était donc attendu par les festivaliers, mais aussi par les nombreux membres du groupe qui trépignaient d’impatience de (re)rencontrer leur public. D’entrée de jeu, le ton est donné avec une BO aux sonorités de Star Wars (la Guerre des Etoiles chère à Georges Lucas) mais dont les paroles ont, vous vous en doutez, été modifiées. Au point de clôturer cette intro par le célèbre « Que la force soit avec vous », ou plutôt ici « Que la farce soit avec vous ». Rentrent alors sur scène un nombre impressionnant d’artistes (sont-ils douze, treize ou quinze ?). Cela court, danse, saute, chante… un peu partout. Difficile de porter son attention sur une personne en particulier. Certains se distinguent évidemment par leur carrure, leurs spécificités vestimentaires (et oui, l’un des chanteur portait un kilt), leur énergie (on a trouvé la version humaine du marsupilami), mais tous sont auréolés d’orange. Au programme, tous les titres les plus festifs du répertoire francophone, mais aussi des incontournables en italien, anglais et même espagnol. Entre le Grand Jojo et Annie Cordy, difficile de choisir, alors Poulycroc met le paquet pour enchaîner le maximum de refrains.  Ils ne s’arrêtent jamais ! On peut même vous dire qu’en backstage, c’est Petit Papa Noël version chorale d’été qui a été filmé pour les réseaux sociaux. Et oui, c’est délicieusement décalé avec Poulycroc. A nos combattants orange la force du nombre, mais Julien Granel combat, lui, la morosité sans compagnon d’arme. C’est en effet seul qu’il se présente sur les planches. Seul avec ses synthés. Mais par contre pas seul dans la tête. On dirait même qu’ils sont très nombreux sous cette tignasse colorée. Il faut dire que Julien est tombé en admiration de la folie de Mika dès ses 12 ans, découvrant ensuite Queen, David Bowie, Elton John et Prince avant de s’intéresser à des compositions plus électro comme celles de Jamiroquai. S’il peut paraître en marge de la société actuelle, ou tout du moins décalé, de par sa liberté créatrice mais aussi le style peu académique de ses tenues, que l’on pourrait qualifier de kitch, Julien Granel n’en demeure pas moins un réel talent qui a montré des prédispositions dès le plus jeune âge, récoltant au passage un premier prix de conservatoire. Et oui, cette bête de scène qui se lâche à chaque prestation maîtrise drôlement son sujet, en fait. Et pourtant, lorsque les projecteurs sont éteints, l’homme reste fidèle à son personnage, abordable, jovial et disponible. Si Vincent, le responsable de l’accueil des artistes pour le festival, n’est pas peu fier d’avoir pu repérer Julien Granel au bon moment, c’est qu’il faut assister à de nombreuses prestations, multipliant les déplacements jusqu’à la capitale (c’est là que se trouvent la majorité des salles de spectacles) pour tomber sur une telle perle. Good job Vince. Mais revenons au phénomène Granel. Son titre « Plus fort » a tourné en boucle pendant des mois. « Tant qu’on jouePeu importe de gagnerLa vieC’est additionner les annéesEt tant pisY aura des jours sans des galèresDes soiréesQui f’ront venir le soleil en pleine nuitJe t’aimeAutant le dire comme le monde n’attend pasDis-leur que l’avenirSe fera pas sans moi Des couleursIl en faudra Laisse passer la tempête on est plus fort que çaPlus rien nous arrête on est plus fort que çaLaisse passer la tempête on est plus fort que çaPlus rien nous arrête on est plus fort que çaPlus fort Plus fort » Nous ne sommes pas sur une recherche métaphysique ou un plaidoyer particulier, mais juste sur un morceau festif qui dit qu’il faut profiter du moment présent et que même si nous connaissons des périodes sombres, il y aura aussi du bon, qu’il faut se battre et y croire. C’est simple, répétitif, mais c’est le principe de la pop british qui plaît tant à l’artiste et à beaucoup d’entre nous, avouons-le. Côté ambiance, c’était donc top. Pour les photos, on ne peut pas dire que la tâche fut aisée pour nous, car les spots saturés, cela grille les clichés. On a quand même pu vous ramener quelques moments capturés de cette prestation mémorable. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Coline BLF, Elia Rose, Hoshi, les femmes s’imposent au Plein Ere le samedi.

Si l’affiche du samedi au Les Gens d’Ere était majoritairement masculine avec Joseph Kamel, Kowari, Julien Granel, Puggy, Henri PFR et Thomas H, seul le premier cité était programmé sur la scène extérieure dénommée Plein Ere. Tous les autres se produisaient à l’intérieur du Chapitô. On peut donc dire que ce sont ces dames qui ont pris le pouvoir sur la plaine ce samedi-là. Trois femmes aux univers, à la personnalité et aux destins bien différents. La plus connue est évidemment Mathilde Gerner, alias Hoshi, qui multiplie les hits depuis 2018 et cette « Marinière » aux jeux de mots si plaisants.  Depuis, le message est plus grave, souvent, axé sur les problèmes qui la touchent comme dans « Amour Censure » ou « Mauvais Rêve », parfois un peu plus léger à l’instar de ce « Puis t’as dansé avec moi », mais c’est aussi la moins accessible des trois dames du jour. Sa notoriété joue certainement un rôle, mais on a déjà côtoyé des artistes aussi (re)connus qui sont beaucoup plus ouverts, plus abordables… Qu’à cela ne tienne, on vous propose ici les deux seuls clichés pris, de loin, de très loin, car nous avons eu la désagréable surprise d’être informés au début du concert que les photographes pouvaient se trouver une place dans la foule mais que le « front » leur était interdit. En soi, ce n’est pas un problème, c’est juste le timing qui est peu approprié. Venir bousculer un public qui attend parfois depuis des heures pour prendre une photo qu’un fan du premier rang aura de meilleure qualité avec son GSM, très peu pour nous. Coline BLF, namuroise de 25 ans, est la plus jeune, et peut-être la moins connue à ce stade de sa carrière. Il faut dire qu’elle fait encore office de jeune pousse sur la scène puisque son premier EP « Blue Nostalgia » n’est sorti qu’en 2022. C’est encore frais. Et pourtant, la demoiselle est une artiste depuis bien plus longtemps, mais dans la vidéo. Elle est en effet vidéaste pour ses propres montages, mais également au sein d’une association écologique car Coline a des convictions qu’elle défend dès qu’elle en a l’occasion. Voici d’ailleurs un extrait de sa présentation sur « Court-Circuit » : « Engagée pour la justice sociale et environnementale, elle mène différents combats et promeut un mode de vie épanoui et en phase avec les enjeux de notre époque ». C’est donc à Coline BLF qu’a été confiée la tâche d’ouvrir les festivités du samedi sur le coup de 14h45. Sur les premiers accords, la plaine est presque vide, aie, que se passe-t-il ? Mais voici que plusieurs dizaines de festivaliers arrivent vers les barrières. Il fallait juste attendre que le service de sécurité donne son accord pour l’ouverture des portes. Le concert peut vraiment débuter. Coline et ses acolytes, dont le bassiste Sam Mansart, que l’on retrouvera le lendemain avec Lovelace, peuvent notamment interpréter « A la folie », ce titre entraînant qui rappelle un peu certains morceaux de Claire Laffut ou encore « Luna » planant à souhait. The last but not least, Elia Rose, la locale de l’étape puisqu’elle est née à Tournai, à quelques encablures à peine du festival, d’un papa italien et d’une maman anglaise. Rapidement Elia (c’est son vrai prénom) s’oriente vers la musique, et le chant en particulier, participant dès ses 15 ans à l’émission télévisée « Pour la gloire » dont elle atteint la finale. Dix ans plus tard, c’est à The Voice Belgique qu’elle pose son micro, jusqu’en huitièmes de finale. Point commun de ces deux prestations ? Elia y a repris une chanson de Vanessa Paradis. La voie semble toute tracée, et pourtant il faut attendre 2019 pour entendre le premier single « Colors » et plus encore (mars 2023) pour le premier album « I love it ». C’est seulement à partir de ce moment que la carrière scénique d’Elia Rose prend un sérieux coup d’accélérateur. Elle multiplie les apparitions en festivals, mais aussi en salle, s’offrant notamment la première partie de l’un des derniers concerts de Hyphen Hyphen en Belgique, celui à l’OM (Seraing). Elia Rose se distingue par son charisme, sa bonne humeur, ses mises en scène décalées (il lui arrive de porter un masque de licorne). A Ere, elle était accompagnée de danseuses, un concept assez récent mais qui devrait perdurer tant leur connexion artistique est belle à voir. Et évidemment, on ne saurait occulter la présence de son guitariste Lorenzo Di Maio car c’est une référence dans son domaine, principalement en jazz où il a reçu plusieurs prix et joué notamment avec Sal La Rocca (ex Vaya Con Dios), Fabrice Alleman ou encore Eric Legnini et Ben Wendel. Un musicien exceptionnel, mais aussi un compagnon fidèle. Il se chuchote d’ailleurs qu’un mariage serait à l’ordre du jour… Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Kowari, l’astre inattendu qui capte l’attention, Aucklane, le soleil noir qui prend la lumière.

Le samedi, au Chapitô, l’ouverture du bal était confiée à Kowari, un duo liégeois au style musical peu diffusé habituellement en festival. Le groupe définit en effet son œuvre comme du néo classique électronique. On ne vous cache pas que nous avions déjà des repères car ce duo, constitué de Damien Chierici au violon et Louan Kempenaers au clavier, n’est pas novice sur les scènes, que ce soit sur ce concept de Kowari ou dans d’autres formations. En pratique, les paroles s’effacent pour laisse place à de l’instrumental (il y a bien quelques sons vocaux, mais pas de véritable trame lyrique) essentiellement basé sur deux approches, le classique représenté par les cordes et l’aspect électronique des synthétiseurs/claviers, le tout dans un savant mélange qui propulse l’assistance dans une galaxie parallèle. Mais d’où sort ce concept ? En fait, leur première collaboration remonte à la bande originale d’un court métrage. Les deux artistes, qui se connaissaient mais n’avaient encore jamais envisagé de composer ensemble, se sont trouvés des affinités musicales et surtout une envie de proposer une nouvelle approche, certes déjà très présente dans le monde du cinéma mais peu sur scène, mêlant ces deux univers en live. L’idée était née. Restait à trouver un nom. Kowari a été choisi surtout pour sa résonance sonore. Mais le terme existe. Il désigne en effet un petit marsupial carnivore d’Australie. Rien à voir donc avec notre duo de musiciens émérites. Se produire en début d’après-midi, dans un chapiteau alors qu’il fait un temps excellent dehors, en proposant une musique pas vraiment commerciale au sein d’un festival invitant des stars que certains attendent de pied ferme n’était pas gagné d’avance. Et pourtant, Kowari a envouté le public qui était présent sur le site à ce moment grâce à une prestation aboutie. Il faut dire que Louan connaissait déjà un peu l’endroit pour y être venu la veille. Non pas en touriste éclaireur, ni en festivalier, mais bien en tant que musicien accompagnant Aucklane, un autre groupe liégeois. Là, Louan n’est nullement pianiste, mais bien bassiste, proposant ses riffs sur des mélodies plutôt rock où la voix, cette fois, occupe une place importante. Cette voix, c’est celle de Charlotte Maquet qui foule les planches depuis quelques années, mais vient étonnement de sortir son premier album (seulement) début 2025 sous le nom de « Good Girl/Bad Seed ». Invitée pour frapper les trois coups de cette version 2025 de Les Gens d’Ere, Charlotte, alias Aucklane, s’est déplacée pour l’occasion avec un autre musicien assez connu puisqu’il s’agit de Guillaume Vierset, guitariste de Typh Barrow mais aussi du groupe Sharko. Avec un tel niveau sur scène, vous imaginez bien que la prestation fut de qualité. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

La revanche d’Ykons, le marathon de Mister Cover.

Les plus attentifs, mais aussi les habitués, auront remarqué que deux groupes déjà présents en 2024 faisaient partie de l’affiche du vendredi de ce Les Gens d’Ere 2025. Ces groupes sont Mister Cover et Ykons, deux monstres de scène qui savent mettre une ambiance torride et qui n’ont jamais déçu, même si les expériences précédentes du collectif liégeois réservèrent quelques surprises dont le band garde un souvenir assez précis comme l’explique Renaud Godard, leur chanteur emblématique et sympathique. « La première fois, nous avons joué sous un soleil de plomb, un deuxième fois sous une drache nationale. En 2024, la technique nous a lâchés et nous avons terminé a cappella. Ce fut un beau moment de partage avec le public, mais c’était sport et pas vraiment ce que nous comptions leur offrir comme performance. J’espère que cette fois … » Comme Rocky, Ykons est remonté sur le ring, matérialisé par la scène extérieure, celle là même où un câble avait rendu l’âme l’an dernier, pour prendre sa revanche. Finalement, pour les spectateurs, ce fut double dose de bonheur car si la performance de la saison 2024 est inoubliable par cette adaptation de fait en version acoustique, celle de 2025 a montré un Renaud survolté prêt à fendre le public pour prendre un bain de foule bien mérité. Mais aussi une surprise de dernière minute avec un remix d’un titre bien connu du groupe proposé par Calumny. « On a entendu la version quelques heures avant notre prestation, dans la voiture. On a de suite pris la décision qu’il fallait que le duo la propose durant notre set. On a enlevé un morceau de la liste pour inclure ce remix et ils ont mis le feu ». Avec ses comparses habituels, Yann Vanchaze, Dave Modave et Patrick Loffet, ainsi que Louis Jassogne à la batterie (qui remplace Bernard Delvenne depuis l’an dernier), Renaud a livré une prestation haute en couleurs. Sans brûler les étapes (les membres du groupe préfèrent tous garder un travail fixe, les prestations artistiques étant un plus), Ykons gravit les échelons de la notoriété et place Herve sur la carte de la scène musicale belge, mais aussi internationale, le groupe étant désormais diffusé en France, avec une ligne de conduite bien définie : Ykons se donne toujours à 100% sur scène. Pas de pluie (elle a gardé ses forces pour se déchaîner en fin de festival, durant la prestation de Pascal Obispo notamment), pas de soleil de plomb (il était présent, mais juste assez pour ne pas être dérangeant) et pas d’entrave technique, on peut dire que cette fois tous les astres étaient alignés (c’était notre petite référence à Cloud Nine, l’album qui cartonne). On parle astre, on parle nuage, on va donc se tourner naturellement vers Dieu. Je ne compte pas aborder ici la théologie ni lancer une guerre de religions, non, mais Dieu est bien le nom de famille du chanteur de Mister Cover (ce qui donne d’ailleurs le jeu de mots lié à son deuxième groupe, Oh mon Dieu). Nicolas et son band (Simona, Christophe, Marie, … ) sont désormais des habitués du festival. Les mauvaises langues disent même que c’est toujours le premier nom couché sur l’affiche. Il faut dire que le show proposé est toujours rythmé et que le public s’amuse, quelle que soit la tranche d’âges prise en compte. En alliant l’actuel à l’ancien, le rock, la pop, le festif, la tendresse (et oui, il y eut un slow avec Reality, la musique de la Boum interprétée initialement par Richard Sanderson), à plusieurs voix, il y en a pour tous les goûts. Côté performance, on soulignera l’endurance et le cardio de toute la troupe car leur show durera 3 heures. Et oui, 180 minutes de covers endiablées, ce n’est pas donné à tous. D’autant que de nombreux membres du groupe étaient déjà sur le site en début d’après-midi, avant l’ouverture au public, pour répéter quelques chorégraphies avec les danseuses/danseurs de 2Mad. Mister Cover multiplie en effet les apparitions dans les festivals et soirées, mais sa date aux Les Gens d’Ere est toujours particulière à plus d’un titre. Cette fois, le show était une sorte de test grandeur nature pour le concert que le band proposera à l’Ancienne Belgique le 27 mars 2026. Si vous voulez passer une soirée d’ambiance folle, et même vous essayer au karaoké sans avoir tous les regards braqués sur vous, vous savez quoi faire… Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Les Gens d’Ere, un festival humain.

Ce 28 juillet sur le coup de 03 heures du matin, le village d’Ere a retrouvé une quiétude qu’il avait abandonnée temporairement depuis jeudi. Cette commune rurale de la périphérie tournaisienne, habituellement très calme (elle compte 544 habitants), sort en effet de sa sérénité habituelle tous les ans à pareille époque pour accueillir de nombreux festivaliers en quête de musique, mais aussi d’amusement. Pour cette édition 2025, la neuvième au compteur en mode festival mais l’événement existe depuis bien plus longtemps, ils étaient encore plus de 30 000 sur le site (chiffre cumulé sur les 4 jours). On peut parler d’une réussite, d’autant qu’aucun trouble majeur n’est à relever. Il y eut bien une file assez imposante à la sortie des parkings, provocant parfois une attente de plusieurs minutes, mais c’est logique quand plusieurs milliers de personnes décident de reprendre la route au même moment… Le point positif, c’est que l’organisation met à disposition de nombreuses places à quelques mètres à peine de l’entrée du site. Ces organisateurs ont d’ailleurs ravi la plupart des familles en proposant un espace dédié aux bambins encore plus développé, en multipliant l’offre de toilettes (et oui, cela peut avoir une certaine importance) et en plaçant une troisième scène, beaucoup plus cosy, réservée à des activités musicales pour les plus jeunes.  Pour ce qui est de l’affiche de cette édition, elle n’a absolument pas déçu non plus. Ni par la qualité des prestations proposées, ni par l’investissement humain de la plupart des chanteurs/chanteuses et musiciens présents. Les festivaliers auront eu droit au « repêchage » d’Ykons, qui avait dû faire face à des soucis techniques en 2024, à un set d’une artiste mondialement connue désormais résidente à Ibiza (Mel C, ex Spice Girl), à la folie des Poulycroc et de Julien Granel, à l’énergie débordante de Cali, venu accompagné, mais aussi au dernier concert sur notre territoire de Pascal Obispo, l’artiste ayant confirmé prendre une retraite partielle (il continuera à sortir des albums, mais désire prendre du recul avec les tournées). Nous allons évidemment aborder toutes ces prestations très bientôt, avec des images, vous vous en doutez, mais aussi quelques anecdotes car Les Gens d’Ere est un festival hors du commun pour le public, mais aussi pour toutes les personnes transitant par les backstages. C’est en effet l’un des derniers endroits où chanteu(r/se)s, musiciens, bénévoles, ingénieurs, agents et même représentants de labels peuvent échanger librement. Cette dimension humaine, on la retrouve aussi au niveau des bénévoles, sans qui cet événement ne pourrait avoir cette qualité et cette longévité. Des organisateurs au présentateur, Bruno, en passant par le service de sécurité et chaque bénévole, quel que soit son poste, chacun participe activement à la réussite de ce festival qui s’est forgé une belle place dans le calendrier estival. On se retrouve donc très vite, dans d’autres d’articles, pour la présentation des concerts. Retrouvez les clichés (validés) du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Baudet’stival et Les Gens d’Ere, pourquoi choisir ?

Comme nous vous l’avons expliqué précédemment (voir notre interview du directeur adjoint du Cabaret vert), la période des fêtes de fin d’année est souvent propice aux annonces, bonnes ou mauvaises, liées aux festivals de l’été. Voici peu, les festivals Scène-Sur-Sambre, Feelgood et Essonnes-en-scène ont annoncé leur retrait définitif du calendrier suite à des problèmes de trésorerie (ou de sponsoring, mais au final, cela ne change rien à la donne). Et nous n’avons vu aucun signal sortir du côté d’Incourt où la suppression en dernière minute de deux des trois jours de l’édition 2024 semblait sonner le glas pour ce sympathique festival qui ouvrait généralement la saison par chez nous. Mais le ciel n’est pas resté sombre si longtemps puisque depuis lors, des annonces d’artistes fleurissent ci et là concernant leur participation à des événements estivaux. Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur deux festivals qui ont de nombreux points communs, mais pas que… histoire que vous puissiez commencer à affiner votre calendrier des vacances. Débutons par les similitudes, les deux événements du jour sont des festivals à taille humaine où il fait bon se promener en famille. Ils ont en effet, de par leur situation géographique et l’emplacement de leur structure, une jauge de public restreinte (un peu plus de 20 000 pour l’un, plus près des 30 000 pour l’autre). Un élément à prendre en compte dans le contexte actuel où certains méga festivals amortissent leurs coûts grâce aux économies d’échelles mais que ce soit à Bertrix ou à Ere, on ne compte pas changer son fusil d’épaule, cette ambiance « cosy » familiale convient très bien aux organisateurs et à leurs publics. Chacun dispose de deux scènes, mais les approches de ces deux espaces sont sensiblement différentes. A Bertrix, on distingue clairement une scène principale où se produisent les têtes d’affiche et une B-stage destinée aux découvertes et artistes locaux. A Ere, c’est moins marqué car certaines des plus belles prestations ont lieu dans le chapitô, qui pourrait être assimilée à une scène bis par sa capacité limitée (on pense notamment aux shows de Santa et Doria D qui avaient enflammé les planches). Côté prix des pass, on reste dans la même tranche puisque il vous en coûtera 110 euros pour trois jours à Bertrix (la 1ère vague des tickets à 100 euros étant sold-out) et 100 euros à Ere pour le même type d’accès (là aussi, les early tickets à 91 euros ont été victimes de leur succès, 1000 places ayant trouvé acquéreur en 24 minutes !). Nous sommes loin des sommes astronomiques sollicitées sur certains sites prisés. L’approche du ticketing pour les jeunes est par contre différente. A Bertrix, les enfants de moins de 5 ans ne paient pas, ceux entre 5 et 9 ans ont un pass à 50 euros et au-delà, rien de prévu donc probablement le prix d’un pass adulte (j’avoue que nous n’avions jamais porté attention à cette spécificité). A Ere, les kids (2021-2014) paient 21 euros, les ados (2013-2007) 41 euros. Vous pesez le pour et le contre de chacun ? Au fait, ce n’est pas vraiment nécessaire car les deux festivals sont distants de plus de 200 kms par la route, soit plus de deux heure quinze minutes pour aller de l’un à l’autre… D’autant que ce n’est pas vraiment utile d’effectuer ce trajet, le Baudet’stival se déroulant du 11 au 13 juillet, alors que le Les Gens d’Ere occupera lui le week-end du 25 au 27 juillet. A vous de voir selon vos disponibilités, votre moyen de transport et vos goûts musicaux car à l’heure actuelle, seul le groupe belge Puggy est commun aux deux affiche, même si l’on miserait bien une petite pièce sur le passage de monsieur Dieu à Ere, que ce soit avec Mister Cover ou Oh mon Dieu ! l’artiste étant un habitué des lieux. Choisir c’est renoncer consacre une citation bien connue, c’est pourquoi nous irons (du moins nous l’espérons) sur ces deux événements dont nous vous compilons quelques informations pratiques. Baudet’stival : Du 11 au 13 juillet 2025 Localisation : Place des 3 Fers à Bertrix (c’est du dur donc pas de soucis avec les chaussures et vêtements en cas de pluie…) – Province du Luxembourg. Parking : pas vraiment prévu à l’entrée du site, mais c’est une petite ville disposant de quelques parkings publics et des navettes sont mises en place pour vous y (re)conduire. 12e édition – l’édition 2024 a drainé 20 000 personnes. Vendredi : Puggy – Mister Cover … Samedi : Kendji – Eddy de Pretto … Dimanche : Vitaa… Site : https://www.baudetstival.be/fr/ mais il n’est pas encore mis à jour version 2025. Pour le ticketing : https://www.ticketmaster.be/artist/baudet-stival-billets/958152?language=fr-be Les Gens d’Ere : Du 25 au 27 juillet 2025 Localisation : village d’Ere (Wallonie Picarde), à 10 minutes environ en voiture de Tournai – Province du Hainaut. Parking : deux grands parkings (et un camping) juste à côté du site mais leur accessibilité dépend des conditions climatiques (ce sont des champs dont l’un est en pente) – prévoir des vêtements et chaussures adaptées en cas de pluie/boue. 9e édition – l’édition 2024 a drainé 30 000 personnes. Vendredi : Mélanie C (ex Spice Girls) en version DJ … Samedi : Hoshi – Puggy … Dimanche : Pascal Obispo – Cali – Amir … Site : https://www.lesgensdere.be/ Comme vous le voyez, il y a déjà du beau monde sur les affiches, alors pourquoi choisir ?