7 février 2026

Michel Polnareff

…a donné rendez-vous à son public à Forest National pour un concert alternant fulgurances géniales et moments plus douloureux, pour ce qui risque sans doute d’être un dernier salut à son public Michel Ponareff , un nom illustre de la chanson française et du rock français ! Pianiste hors pair et mélodiste de renom, l’artiste était en concert à Forest National vendredi dernier, dans cette salle mythique où en 1975 dû à des problèmes techniques il démarra son concert avec un megaphone. De 1966 à 1990, Polnareff a sorti une série d’albums devenus aujourd’hui des classiques et qui contiennent quelques pures pépites. Son jeu de piano exceptionnel et sa voix reconnaissable entre mille a marqué plus de trois décennies d’admirateurs laissant dans le patrimoine collectif musical une trace indélébile. En 1975 j’étais présent dans la salle, et nous avons vécu un grand moment malgré les soucis techniques et logistiques qui ont fait de ce concert un concert mythique. Plus de trente ans plus tard, en 2007, à l’annonce de son grand retour sur scène, lors de son passage à Forest National le français m’avait scotché par son jeu de piano formidable et des orchestrations superbes portées par un band terrible dans lequel officiait l’excellent guitariste Tony MacAlpine. Vocalement Michel était au top, et le show fut grandiose. Un très très grand souvenir. En 2016, sa prestation toujours à Forest National fut convaincante, sans toutefois atteindre le niveau magistral de la tournée de 2007. L’artiste a néanmoins ravi ses fans et y a donné un concert de grande qualité. Que fallait-il donc attendre de cette tournée 2023? Annoncée comme une tournée piano-voix en scène centrale, elle se solde finalement par un show électrique plus conventionnel, l’Amiralétant accompagné par de très talentueux musiciens anglais. Pourquoi ce revirement de situation? Je n’en sais pas plus à ce sujet, mais au vu du concert de ce 30 juin je vous livre dans les prochaines lignes de cet article quelques éléments de réponse qui n’engagent que moi.  La scène est centrale, et Michel Polnareff prend place sur celle ci soutenu par deux gardes du corps. Il est évident que l’homme n’est plus aussi fringant que lors de la dernière tournée et semble assez affaibli. Il attaque avec Love me Please Love Me dont il chante volontairement les premières phrases dans une tessiture grave, interrompt la chanson égratignant au passage le journal Le Soir qui a osé écrire  » qu’il ne sait plus monter « , avant de conclure ce petit speech revanchard par un  » le soir bonsoir !  » dédaigneux, et de reprendre le cours du morceau dans sa tessiture classique. J’avoue après ce début atypique avoir eu peur que le concert ne se résume en un règlement de compte entre Michel et les médias mais heureusement la suite sera plus conventionnelle et convaincante. Donc pas de concert piano-voix, mais un très bon band anglais qui l’accompagne et redonne un coup de jeune à ses compos. Et ça pourrait s’expliquer par le fait que même si Michel Polnareff est toujours capable de jolies prouesses vocales, il économise sa voix en début de spectacle et sur certains titres. Il prolonge aussi certaines notes en déstructurant ses classiques (ce qui peut perturber l’auditeur habité par les superbes versions originales), et surtout, il ne joue plus du piano que d’une seule main, l’autre étant constamment posée sur le piano donnant l’impression qu’il s’y agrippe. Et voir Polnareff sur scène sans jouir de son jeu de piano virtuose à deux mains c’est terriblement frustrant !  Il me semble alors évident qu’un piano-voix aurait sans doute été compliqué et que le choix d’un band en soutien est sans doute plus judicieux. L’artiste a 79 ans et sort de gros problèmes de santé, ceci pouvant sans doute expliquer cela. Mais ne boudons pas notre plaisir, malgré tout Polnareff a ravi ses fans (5.600 personnes d’après la sécurité) tellement heureux de réentendre ces chefs d’oeuvre que sont Lettre à France, Le Bal des Lazes ( la plus belle version du concert selon moi), La Mouche, Qui a Tué Grand Maman, La Poupée qui fait Non, Sous quelle étoile suis- je né ?, Dans la rue, L’Amour avec toi, Coucou Me Revoilou ( en version instrumentale),La Folie des Grandeurs, Y a qu’un ch’veu, On Ira Tous Au Paradis, Tam Tam Tam, Tout Tout pour ma Chérie, Goodbye Marilou , une kyrielle de hits intemporels. Un gros bémol à mon sens est cette scène centrale qui reste désespérément fixe, et qui oblige donc les spectateurs d’une moitié de salle à vivre tout le concert face au dos de leur idôle ! Une scène tournante (ndlr. vérifications faites, elle a tourné… après le concert) aurait été bienvenue afin que chacun puisse profiter du show de manière optimale et n’aurait pas vraiment fait exploser le budget de la production. A moins que d’autres critères qui me sont inconnus n’aient justifié ce choix peu réjouissant pour ceux qui étaient placés du mauvais côté. J’imagine leur déception. Nous avons donc eu droit à un Michel Polnareff qui est resté collé à son piano et ne s’est jamais levé pour venir en bord de scène comme en 2016, mais qui semblait heureux d’être là et n’aura eu de cesse que de remercier son public à maintes reprises. Au terme de nonante minutes de show, je quitte donc la salle partagé entre le plaisir d’avoir vu l’artiste une fois de plus, mais aussi envahi par un confus sentiment de tristesse de le sentir diminué. Car même si cette tournée n’est pas annoncée comme la dernière, elle ressemble tout de même beaucoup à un dernier salut au public, une dernière fulgurance artistique de celui qui reste et restera un des derniers géants du rock français. Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman Article partagé en collaboration avec Branchés Culture.com. Retrouvez l’article original via ce lien : https://branchesculture.com/2023/07/08/michel-polnareff-a-donne-rendez-vous-a-son-public-a-forest-national-pour-un-concert-alternant-fulgurances-geniales-et-moments-plus-douloureux-pour-ce-qui-risque-sans-doute-detre-un-dernier-salut-a/

Tenacious D Fait Vibrer Forest National avec un Show Délirant

Ce n’est rien de moins que « The Greatest Band in The World » : Jack Black et Kyle Gass, connus sous le nom de Tenacious D, ont fait leur grand retour sur la scène européenne. Le duo explosif s’est produit le 13 juin dernier au Forest National de Bruxelles, offrant une performance pluridisciplinaire hallucinante qui restera gravée dans les mémoires. Remontons dans le temps pour comprendre l’ascension fulgurante de ces deux compères. C’est en 1994 que Jack Black et Kyle Gass fondent Tenacious D, et très vite, ils se font remarquer grâce à leur apparition dans la série télévisée éponyme. Leur premier album éponyme, enregistré avec Dave Grohl des Foo Fighters, voit le jour en 2001 et est aujourd’hui certifié disque de platine. L’année 2006 marque un tournant majeur pour Tenacious D, avec la sortie du film « Tenacious D in the Pick of Destiny » et de l’album du même nom. Puis, en 2012, leur album « Rize of The Fenix » est nommé aux Grammy Awards dans la catégorie « Best Comedy Album ». Mais ce n’est pas tout, car en 2014, le duo remporte le Grammy du « Best Metal Performance » grâce à leur reprise de « The Last In Line » de Ronnie James Dio. En novembre 2018, Tenacious D frappe à nouveau fort avec la sortie du film d’animation « Tenacious D in Post-Apocalypto », dessiné par Jack Black et doublé par Black et Gass. En parallèle, le groupe sort l’album « Post-Apocalypto », une création géniale qui vient enrichir leur catalogue déjà fabuleux, ainsi qu’un roman graphique. En 2020, Tenacious D avait déjà offert une fête mémorable à leurs fans dans un Forest National archi-complet. Armés de leurs guitares, de leur humour décapant et de leurs mélodies diablement efficaces, Jack Black et Kyle Gass sont revenus en force le 13 juin dernier à Forest National ! La soirée a commencé en beauté avec la performance de Steel Beans, un groupe de rock blues originaire d’Everett, Washington. Dirigé par Jeremy DeBardi, qui joue simultanément de la guitare et de la batterie, Steel Beans a su enflammer le public avec son talent et son charisme. Grâce au soutien de leurs fans, ils ont même pu financer leur première tournée sur la côte ouest. Leur vidéo de la chanson « Molotov Cocktail Lounge » a récemment fait sensation sur les réseaux sociaux. Puis, à 20h40, l’incontournable duo déjanté est monté sur scène. Jack Black et Kyle Gass ont pris le temps de régler leurs guitares avant de lancer un show d’extravagance qui a fait vibrer le public. Leurs mimiques ont provoqué des moments de pur délire, tandis que le bassiste, le guitariste, le batteur et même un robot accompagnaient la performance sur scène. Avec une foule de 8000 personnes, composée à 80% de fans venus du nord du pays et à 75% d’hommes, l’ambiance était électrique. Les spectateurs belges ont participé activement en faisant des holas, en accompagnant vocalement les chansons et en montrant un enthousiasme à la hauteur de leur réputation. Jack Black a même avoué avoir une préférence pour ce public, ainsi que pour la gastronomie et les bières belges. La scène était grandiose, avec un décor imposant et la présence d’un robot, ajoutant une dimension comique et sensationnelle au spectacle. Tout était réuni pour enchanter un public de connaisseurs et de curieux, y compris votre humble serviteur photographe, qui ne pouvait manquer de partager ce moment inoubliable avec vous. Ne manquez pas la prochaine visite de ce groupe américain chaleureux, qui mélange savamment les sonorités de ZZ Top avec une énergie rock débordante. Tenacious D est véritablement l’un des joyaux de la scène musicale actuelle, et leur concert au Forest National en est une preuve éclatante.