7 février 2026

Un dimanche résolument Pop à Ere.

Pour son jour de clôture, l’édition 2025 du festival Les Gens d’Ere avait misé sur le productif Pascal Obispo et le toujours très festif Cali, deux représentants significatifs de la pop rock francophone. Mais ils n’étaient pas les seuls à défendre ce style de musique pour cette dernière journée de l’événement. Lovelace, Léon, Rori et Amir peuvent en effet être rangés dans ce même rayon musical, même s’ils ne partiront sans doute pas tous en vacances ensemble… Nous nous garderons bien de prendre parti dans la polémique qui s’est développée depuis mi-juillet suite au passage d’Amir dans deux festivals de nos contrées, mais nous ne pouvons passer sous silence le climat qui s’est développé autour de cette contestation et surtout les mesures qui ont dû être prises pour garantir la liberté d’expression, mais aussi la sécurité de chacun. Le chanteur a été mis à l’écart, sous haute surveillance, une escorte policière l’accompagnant lors de ses déplacements et même lors de sa prestation. C’est sans doute dommage d’en arriver à ce point-là, mais il faut souligner que le concert s’est déroulé sans incident, que le service de sécurité est resté assez discret et non dérangeant (pour le public, mais aussi pour nous qui avions l’autorisation d’occuper le front stage) et que les artistes qui ne partagent pas l’engouement pour sa venue se sont exprimés, chacun à leur manière, de manière fort correcte. En résumé, l’esprit du Les Gens d’Ere a été respecté, donc merci à vous tous d’y avoir contribué. Cet aparté terminé, occupons-nous de notre quatuor disparate en suivant l’ordre chronologique de la journée. La première à se présenter devant le public est Lovelace, ce petit bout de femme qui s’est fait connaître notamment grâce à un duo détonnant avec le grand Saule sur « Petite gueule ».  Vous ne l’avez pas encore vue sur scène ? Vous n’étiez pas en festival cet été aux abords de chez nous alors, ou vous arrivez tard sur les sites, car Lovelace a fait les ouvertures de beaucoup de scènes.  C’est en effet l’artiste découverte du moment, la chenille qui devient papillon…. Les Francos de Esch (Lux), la fête de la musique à Arlon, LaSemo, Dour, les Francos de Spa et donc Les Gens d’Ere. Voilà un beau planning, et une belle carte de visite du coup. D’autant qu’il lui reste encore à prendre part au Brussels Dance Festival (14/08), au Bucolique Festival de Ferrières (17/08), aux Solidarités (24/08), à l’Hyperlien (20/9) avant de reprendre le chemin des salles avec le CC de Braine-L’alleud le 27/09 et le Botanique le 03/10 dans le cadre de Francofaune. Catégorisée plutôt électro-pop pour ses influences (Billie Eilish, 070 Shake et Babysolo33), Lovelace se distingue par son écriture introspective. Ses titres « Hey Bitch » et « Par ici BB » font en effet écho à des expériences personnelles. Le premier est un coup de gueule contre ces personnes qui provoquent une insécurité permanente en rue par leur comportement et leurs réflexions déplacées, le second une sorte d’exutoire pour aborder le sentiment des gens qui se rendent comptent que leur amour est à sens unique. Le suivant dans notre short-list est Léon, alias Benoit de Delta. Cette scène, il la connait pour l’avoir déjà foulé, mais encore jamais en solo. Or, depuis la mise en application de son nouveau projet, Léon fait tout (ou presque) seul.  Il compose, arrange, chante et se produit seul, usant de machines comme le loop qui permet de composer des boucles de sons. Son premier EP se nomme « Aïe » et vient de sortir, un mini album qu’il définit lui-même comme bipolaire car on y retrouve un tempo endiablé pour certains titres auxquels succèdent des balades beaucoup plus calmes. Léon – Benoit, mais où est le rapport se demande-t-on. Il y eut bien des papes qui ont porté ces patronymes, mais ici rien en rapport avec ce sujet. Léon est le deuxième prénom de Benoit Leclercq, mais aussi celui de son grand-père. Multi instrumentiste, Benoit, euh, pardon, Léon ferait bien la paire avec Lovelace côté écriture. Lui aussi va chercher dans son histoire, son vécu, ses attentes et déceptions le contenu de son œuvre. Le morceau à écouter absolument ? On irait naturellement vers « Sans Héritage » pour sa rythmique, son sujet (le choix d’avoir ou non des enfants et de l’assumer) et puis on s’y attache à force de l’entendre à la radio. La troisième à passer devant le public est une habituée du lieu. Enfin presque puisque Rori était déjà venue présenter ses premières créations en 2023. A l’époque, « Docteur » et « Ma place » étaient dans toutes les têtes. Il faut dire que l’album « Ma saison en enfer » est un bijou dont on ne se lasse de l’éclat.   Depuis, Rori a sorti d’autres titres, comme « Looser » ou « Jalousie » et son premier single « C’est la vie » qui était sorti en 2021, retrouve une nouvelle jeunesse à chaque saison de la série télévisée «Trentenaires ». Mais son actualité tient en deux mots : nouvel EP. « Miroir » sortira en effet le 19 septembre.  Omniprésente ces deux dernières saisons en festivals, la chanteuse hannutoise a un peu levé le pied ces derniers mois, peaufinant certainement ce nouveau bébé (je parle de l’EP). A Ere, c’était en effet sa première date belge de l’été. Elle était toutefois aux Francos d’Esch (Lux) et à Carbourg mon Amour (Fr). Premier festival de la saison en Wallonie disions-nous, pour Rori, mais pas le dernier. Elle sera en effet aux Solidarités (Namur) le 23 août. Décidément, on y retrouvera du beau monde au site Ecolys, avec Lovelace (sur ses terres), Léon et Rori dans le line-up. Le dernier du carré, Amir, sera, lui absent du festival namurois. Cheveux courts et sourire un peu crispé (on ne va pas vous refaire le récit des attaques dont il fait l’objet), c’est tout de blanc/écru vêtu qu’il apparait sur les planches. Qu’il semble bien loin ce temps où il se présentait, timide, devant les fauteuils du jury de The Voice. C’était en 2014. Amir allait atteindre la finale, mais terminer derrière Maximilien Philippe

Polémiques, pizzas et pépites musicales

Jour 2. Ce que l’on croyait être une journée classique s’est finalement avéré un véritable stress-test pour les Francofolies de Spa 2025. Du monde, du monde et encore du monde : c’est tout simplement la plus grosse affluence du festival. Mais avant d’attaquer la musique, petite pause pizza en ville (ceci est un message d’amour à la pâte fine, mozzarella fondue et basilic frais). En mode digestion, on parcourt le programme du jour… et on comprend vite que la journée va faire parler d’elle. Amirgate et la triste tentation du boycott Impossible de faire comme si de rien n’était : la polémique autour de la venue d’Amir a fait trembler la programmation. Certains artistes ont annulé ou pris position, transformant une scène musicale en tribune politique. De notre côté, on le dit franchement : on vient à un festival pour la musique, pas pour les conflits géopolitiques. Bien sûr que le monde va mal, en Palestine, en Ukraine, en Afrique, en Asie… mais doit-on vraiment ajouter un clivage culturel dans ce contexte déjà si tendu ? Le public, lui, a tranché : il était nombreux, calme et bienveillant devant la scène Proximus, protégée comme Fort Knox. Et Amir, lui, a répondu avec ce qu’il sait faire de mieux : de la musique et de l’amour. Du groove, des découvertes, et DJ Daddy K en figure paternelle Heureusement, cette journée était musicalement superbe. Sur la Baloise, on découvre Morpho, pépite bruxelloise qui brise les frontières musicales avec un mélange subtil de pop, électro et soul. Ambiance envoûtante, textes soignés, public conquis. On enchaîne avec une petite pause food-trucks (libanais, chinois, crêpes, frites… Spa ou les Nations Unies de la street food), un Ice Tea pêche à la main. Place ensuite à Léon, l’ex-membre du duo Delta qui se la joue solo. Et ça fonctionne ! Textes intimes, voix à vif, énergie maîtrisée… Léon nous emmène dans un voyage entre mélancolie et force. Mention spéciale à ses transitions d’une finesse rare. Puis c’est Orlane, qui confirme que la chanson belge francophone a de beaux jours devant elle. Influencée par Axelle Red ou Francis Cabrel, elle brille sur scène avec une élégance et une douceur qui désarment. Kenji, bermuda et bol d’air sur la grande scène Fanie et moi, toujours stratèges, prenons position devant la scène Pierre Rapsat pour Kenji Girac. Si on avait eu des doutes sur sa forme après ses récents pépins de santé, ils ont été vite dissipés : le mec déborde d’énergie, et en bermuda s’il vous plaît. Le public, rajeuni pour l’occasion, chante à l’unisson. Pendant que Fanie reste en poste (il faut bien des images !), je pars faire un tour vers les scènes secondaires, mais pas avant d’accorder 10 minutes à Diego, petit frère de Coline (du groupe Colt). Vu et revu, toujours aussi talentueux, il alterne entre pop, rap et électro avec une aisance impressionnante. 21 ans et déjà une maîtrise scénique bluffante. Amir : un concert, un message, un public Retour à la scène Proximus. Et là, Amir. Public tendu ? Pas du tout. Chaleureux, nombreux, réceptif. Amir enchaîne ses tubes, prend la parole, apaise, réunit. On est là pour partager, pas pour diviser. Et franchement ? Il l’a fait avec brio. Luidji : des ados au top, et des paroles par cœur On rejoint Fanie (ravitaillée en boisson), en attente de Luidji, le poète-rappeur du 95. C’est une découverte totale pour moi, et une révélation. Flow millimétré, présence scénique impeccable, et un public… incroyable. Les jeunes connaissent TOUTES les paroles. Même Fanie. Même moi (en playback discret, hein). Franchement, les ministères de l’Éducation devraient y penser : rap + programme scolaire = révolution cognitive ? Barbara Pravi en fond sonore… mais toujours puissante Pas de badge photo pour Barbara Pravi, alors on reste sur place, devant l’écran géant, qui diffuse son concert avec justesse et puissance. On entend, on vibre, on applaudit même sans la voir directement. Parfois, l’émotion passe très bien à travers un écran et une bonne sono. Dadju, Elfil et une montée de buzz La soirée se termine avec Dadju, qu’on ne présente plus. Généreux, entouré d’un groupe monstrueux de talent, il fait chavirer la foule belge. Et là, moment surréaliste : Elfil, youtubeuse en plein buzz, monte sur scène. D’abord tolérée, elle finit gentiment escortée dehors après avoir tenté un câlin interdit. Résultat : bracelet coupé, concert terminé pour elle, mais vidéo virale assurée. Et une leçon : ne sous-estimez jamais un garde du corps en mode papa ours. Fin de soirée, fin de batterie Minuit passé. Trop d’émotions, trop de notes, trop de photos à trier. Demain est un autre jour, mais celui-ci fut riche, contrasté, intense, avec cette sensation rare que la musique, même au milieu de tensions, peut tout recoller, ou au moins, tout faire vibrer.

Baudet’stival et Les Gens d’Ere, pourquoi choisir ?

Comme nous vous l’avons expliqué précédemment (voir notre interview du directeur adjoint du Cabaret vert), la période des fêtes de fin d’année est souvent propice aux annonces, bonnes ou mauvaises, liées aux festivals de l’été. Voici peu, les festivals Scène-Sur-Sambre, Feelgood et Essonnes-en-scène ont annoncé leur retrait définitif du calendrier suite à des problèmes de trésorerie (ou de sponsoring, mais au final, cela ne change rien à la donne). Et nous n’avons vu aucun signal sortir du côté d’Incourt où la suppression en dernière minute de deux des trois jours de l’édition 2024 semblait sonner le glas pour ce sympathique festival qui ouvrait généralement la saison par chez nous. Mais le ciel n’est pas resté sombre si longtemps puisque depuis lors, des annonces d’artistes fleurissent ci et là concernant leur participation à des événements estivaux. Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur deux festivals qui ont de nombreux points communs, mais pas que… histoire que vous puissiez commencer à affiner votre calendrier des vacances. Débutons par les similitudes, les deux événements du jour sont des festivals à taille humaine où il fait bon se promener en famille. Ils ont en effet, de par leur situation géographique et l’emplacement de leur structure, une jauge de public restreinte (un peu plus de 20 000 pour l’un, plus près des 30 000 pour l’autre). Un élément à prendre en compte dans le contexte actuel où certains méga festivals amortissent leurs coûts grâce aux économies d’échelles mais que ce soit à Bertrix ou à Ere, on ne compte pas changer son fusil d’épaule, cette ambiance « cosy » familiale convient très bien aux organisateurs et à leurs publics. Chacun dispose de deux scènes, mais les approches de ces deux espaces sont sensiblement différentes. A Bertrix, on distingue clairement une scène principale où se produisent les têtes d’affiche et une B-stage destinée aux découvertes et artistes locaux. A Ere, c’est moins marqué car certaines des plus belles prestations ont lieu dans le chapitô, qui pourrait être assimilée à une scène bis par sa capacité limitée (on pense notamment aux shows de Santa et Doria D qui avaient enflammé les planches). Côté prix des pass, on reste dans la même tranche puisque il vous en coûtera 110 euros pour trois jours à Bertrix (la 1ère vague des tickets à 100 euros étant sold-out) et 100 euros à Ere pour le même type d’accès (là aussi, les early tickets à 91 euros ont été victimes de leur succès, 1000 places ayant trouvé acquéreur en 24 minutes !). Nous sommes loin des sommes astronomiques sollicitées sur certains sites prisés. L’approche du ticketing pour les jeunes est par contre différente. A Bertrix, les enfants de moins de 5 ans ne paient pas, ceux entre 5 et 9 ans ont un pass à 50 euros et au-delà, rien de prévu donc probablement le prix d’un pass adulte (j’avoue que nous n’avions jamais porté attention à cette spécificité). A Ere, les kids (2021-2014) paient 21 euros, les ados (2013-2007) 41 euros. Vous pesez le pour et le contre de chacun ? Au fait, ce n’est pas vraiment nécessaire car les deux festivals sont distants de plus de 200 kms par la route, soit plus de deux heure quinze minutes pour aller de l’un à l’autre… D’autant que ce n’est pas vraiment utile d’effectuer ce trajet, le Baudet’stival se déroulant du 11 au 13 juillet, alors que le Les Gens d’Ere occupera lui le week-end du 25 au 27 juillet. A vous de voir selon vos disponibilités, votre moyen de transport et vos goûts musicaux car à l’heure actuelle, seul le groupe belge Puggy est commun aux deux affiche, même si l’on miserait bien une petite pièce sur le passage de monsieur Dieu à Ere, que ce soit avec Mister Cover ou Oh mon Dieu ! l’artiste étant un habitué des lieux. Choisir c’est renoncer consacre une citation bien connue, c’est pourquoi nous irons (du moins nous l’espérons) sur ces deux événements dont nous vous compilons quelques informations pratiques. Baudet’stival : Du 11 au 13 juillet 2025 Localisation : Place des 3 Fers à Bertrix (c’est du dur donc pas de soucis avec les chaussures et vêtements en cas de pluie…) – Province du Luxembourg. Parking : pas vraiment prévu à l’entrée du site, mais c’est une petite ville disposant de quelques parkings publics et des navettes sont mises en place pour vous y (re)conduire. 12e édition – l’édition 2024 a drainé 20 000 personnes. Vendredi : Puggy – Mister Cover … Samedi : Kendji – Eddy de Pretto … Dimanche : Vitaa… Site : https://www.baudetstival.be/fr/ mais il n’est pas encore mis à jour version 2025. Pour le ticketing : https://www.ticketmaster.be/artist/baudet-stival-billets/958152?language=fr-be Les Gens d’Ere : Du 25 au 27 juillet 2025 Localisation : village d’Ere (Wallonie Picarde), à 10 minutes environ en voiture de Tournai – Province du Hainaut. Parking : deux grands parkings (et un camping) juste à côté du site mais leur accessibilité dépend des conditions climatiques (ce sont des champs dont l’un est en pente) – prévoir des vêtements et chaussures adaptées en cas de pluie/boue. 9e édition – l’édition 2024 a drainé 30 000 personnes. Vendredi : Mélanie C (ex Spice Girls) en version DJ … Samedi : Hoshi – Puggy … Dimanche : Pascal Obispo – Cali – Amir … Site : https://www.lesgensdere.be/ Comme vous le voyez, il y a déjà du beau monde sur les affiches, alors pourquoi choisir ?

Ouf, les festivaliers bertrigeois sont passés à travers les gouttes… 

Le succès de foule du samedi (voir nos articles précédents) annonçait un dimanche particulièrement attendu au Baudet’stival, surtout par les fans d’Amir et de Matt Pokora, deux artistes qui n’ont pas leur pareil pour enflammer les scènes, l’un par sa jovialité et ses textes poignants, l’autre grâce notamment à des scénographies remarquables. Il faut dire que l’homme est un excellent danseur qui n’hésite pas à s’entourer des meilleurs pour ses chorégraphies. Mais peu avant midi, une nouvelle inquiétante est annoncée sur les ondes, le festival des Ardentes, du côté de Liège, annule sa dernière journée à cause des conditions climatiques précaires. La pluie, le vent, mais surtout les orages remettent en question la tenue des événements en plein air. Ainsi, les parcs bruxellois sont interdits au public. Il n’en faut pas plus pour que les organisateurs et instances administratives aux quatre coins du pays ne se réunissent pour envisager divers scénarios (ou scénarii pour les adeptes du français appliqué). C’est aussi le cas, vous l’imaginez, à Bertrix, où la jeune Marion Duplicy vient d’entamer sa performance sur la scène annexe devant un parterre déjà garni. Il faut dire que la toute jeune demoiselle ne met pas une note à côté lors de ses reprises de grands standards. La pluie s’invite toutefois au concert, et avec elle le personnel de sécurité du site, mais aussi la police. Il faut évacuer la place. La décision est en effet tombée, le festival est …postposé à 18h00. Une décision similaire sera d’ailleurs prise à LaSemo. Si quelques spectateurs se montrent réticents, ne comprenant pas de suite l’information, tout se passe finalement dans le calme car il y a tout de même du positif dans cette annonce : sauf retournement de situation (climatique), les artistes les plus attendus pourront bien se produire ce dimanche sur la Place des Trois Fers. Commence alors une attente qui parait longue pour les personnes qui cherchent à s’abriter des averses qui s’abattent désormais sur la région mais sans s’éloigner trop de l’entrée car l’objectif de certain(e)s est évidemment de se retrouver au plus près de leur(s) artiste(s) préféré. Et quoi de mieux que le très prisé premier rang pour cela ? C’est finalement sur le coup de 16h45 que les premiers festivaliers peuvent réintégrer le site, permettant ainsi au public de ne pas avoir à se presser inutilement devant l’entrée et aux plus impatients de (re)venir s’installer aux avant-postes. Opération réussie de ce côté donc. Mais ce que vous n’imaginez peut-être pas, c’est tout le travail de coordination qui doit être réalisé pendant ce temps par l’équipe d’organisation et les équipes techniques du festival. En effet, près de quatre heures se sont envolées et l’on conçoit difficilement de pouvoir simplement déplacer tout le line-up de cette période. Cela voudrait dire d’entamer la dernière performance vers 04 heures du matin, lundi ! Le voisinage, le personnel engagé et/ou volontaire, et les artistes ne pourraient accepter cela. C’est donc là que Mathieu Rossignol et son équipe entrent en scène. Enfin, c’est juste pour l’expression car, en fait, il y a une multitude de détails à régler au fil des heures sur un tel festival donc on ne vient pas subitement les réveiller d’un long sommeil. Mais là, il faut prendre des décisions radicales, souvent en concertation avec les différents intervenants, certes, en très peu de temps, et surtout en imaginant les répercussions qu’elles pourraient avoir. Et l’un de ces décisions porte sur le nouveau planning des concerts. Passent ainsi à la trappe Pierre Lizée (qui était déjà sur le site avant l’évacuation), Fily Leela, Minor Minor et Marion Duplicy, qui n’était pas dans des conditions optimales lors de sa première apparition pré-tempête. Ces artistes auront toutefois un accès prioritaire pour performer sur l’édition 2024, s’ils le désirent. Tout comme Suasion qui aurait dû se produire sur la scène principale après avoir remporté le vote du jury pour le concours « découvertes ». Autre petite particularité : pour permettre aux équipes techniques de pouvoir enchaîner les plateaux, ML, alias Maria-Laetitia, la chanteuse du groupe Sonnfjord, a accepté de « glisser » de la scène principale à la scène annexe. Ces détails relationnels et techniques réglés, il est grand temps d’ouvrir officiellement le bal… euh, le dernier jour du festival, avec une artiste très touchante et extrêmement sympathique, Mentissa. Propulsée par le programme tv The Voice France, la jeune demoiselle a une voix exceptionnelle qui s’unit à merveille aux paroles des chansons composées pour elle notamment par son ex-coach, Vianney. Son album « La vingtaine » cartonne et elle aussi puisqu’en quelques mois à peine, elle a déjà remporté la Victoire de la révélation féminine de l’année et l’NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année. Avec Pierre De Maere, Angèle et Stromae, elle fait partie de cette génération belge qui s’exporte brillamment outre-quiévrain. Balance, Mama Mia, Et Bam, Paris-Bruxelles… les titres s’enchaînent, le public chante, le soleil est de retour, que demander de plus. On en viendrait presqu’à oublier toutes les péripéties des heures précédentes, mais c’est ça aussi la force d’un(e) artiste, nous emmener loin de nos tracas. Filons vers cette scène B où la chanteuse de Sonnfjord se produit sous le patronyme de ML, les initiales de son prénom en fait, pour un projet en français cette fois. Sa voix se pose sur des morceaux calmes comme « Un peu plus haut », mais personnellement, j’opte toujours pour « Nuit noire » et son refrain entraînant qui mériterait peut-être un peu plus de visibilité sur certaines radios… On reste dans des textes touchants en français avec le pétillant Amir qui fait exploser une bulle d’énergie dès son entrée sur les planches. « Viens on fait la fête ce soir, ça vaut la peine, juste pour voir… ». C’est de circonstance, mais c’est surtout la chanson de l’année 2023 sur TF1. Un trophée dont Amir est le double tenant du titre puisqu’il y une saison, c’était « Rétine » qui trustait le fauteuil rouge. Toujours aussi cool/apprêté dans ses tenues, un peu à la Christophe Maé, le franco-israélien ravit toute l’assemblée, comme à son habitude devrait-on dire.

Une journée mémorable malgré les imprévus météorologiques

Le Baudet’Stival, l’un des festivals les plus attendus de l’été, particulièrement cette année pour ses 10 ans, a tenu sa troisième journée sur la Place des Trois Fers à Bertrix. Malgré, les prévisions météorologiques incertaines, une réunion improvisée et une ouverture des portes post posées suite aux orages, les festivaliers ont su garder le sourire et profiter pleinement de cet événement tant attendu. Dès le début d’après-midi, l’ouverture rassurante du site a apaisé les fans qui avaient campé depuis la nuit pour être aux premiers rangs de la Grande Scène. Les festivaliers se sont posé les mêmes questions : comment faire face aux intempéries et comment protéger nos précieux appareils photo pour capturer des moments inoubliables ? Heureusement, le soleil a fait une apparition surprise, gratifiant les participants de ses rayons chaleureux et permettant à tous de parfaire leur bronzage entamé depuis deux jours. Malgré les imprévus, les organisateurs ont fait preuve d’ingéniosité en modifiant le thème de la réunion hebdomadaire, en annulant certains concerts et en réorganisant les horaires pour maintenir certains autres à partir de 18 heures. Les 6000 festivaliers ont donc dû faire preuve de patience, mais leur enthousiasme était palpable, car ils savaient que le meilleur était à venir. À 16 h 45, les portes se sont réouvertes et les plus sportifs se sont lancés dans un sprint de 200 mètres pour obtenir une place près des barrières. Une petite attente jusque 18 h, le moment que choisi Mentissa, la jeune artiste de Denderleeuw, pour faire son entrée sur scène. Agée de seulement 24 ans, la protégée de Vianney a enchanté le public avec ses succès tels que « Et Bam » et des titres issus de son album « La Vingtaine ». Le talent de Mentissa et l’étendue de son répertoire ont suscité l’admiration. Son engagement avec le public a créé une atmosphère magique. Le temps de préparer la scène des décors pour la deuxième attente de la soirée épargnée par la pluie. Le souriant Amir a pris le relais sur scène. Dès son premier sourire, il a provoqué une hystérie générale parmi la gente féminine présente. Amir a offert un spectacle énergique, se trémoussant et dansant avec enthousiasme. Des titres tels que « Rétine », « Longtemps », « On dirait » et « Carrousel » ont conquis le public venu en masse. L’émotion était contagieuse, et Amir a laissé une impression indélébile à tous ceux qui ont eu la chance d’assister à sa performance. Et pour clôturer en beauté cette journée mémorable, M Pokora, maître de la danse et de la chanson populaire, a offert un spectacle spectaculaire. Avec 20 années de présence sur la scène musicale et une multitude de hits à son actif, M Pokora a démontré toute l’étendue de son talent de danseur et de chanteur. Accompagné d’un groupe de danseurs exceptionnels, il a enflammé la scène avec des performances chorégraphiées à la perfection. Les titres tels que « Juste une photo de toi », « Elle me contrôle », « On est là » et « Qui on est » ont fait vibrer le public, qui a participé activement à cette grande célébration musicale. Malgré les imprévus, le Baudet’Stival a su rester fidèle à sa réputation en offrant une expérience inoubliable à tous les festivaliers présents. Les organisateurs ont fait preuve d’une grande ingéniosité pour trouver rapidement des solutions et garantir le bon déroulement de l’événement. L’accueil chaleureux, la disponibilité et la sympathie qui ont régné tout au long du festival sont à saluer. Plus de 200 bénévoles ont contribué au succès de cette édition, et leur dévouement a été essentiel pour maintenir l’ambiance festive malgré les obstacles. Le Baudet’Stival 2023 restera gravé dans les mémoires comme un événement majeur de l’été. Les festivaliers ont vécu des moments de bonheur et d’émotion, partageant leur passion pour la musique dans une atmosphère conviviale et dynamique. Tous attendent déjà avec impatience la prochaine édition du festival, qui promet d’être tout aussi exceptionnelle.

De A comme Amir au S de Suarez, les artistes ont illuminé la plaine du Feelgood vendredi et samedi.

Alors, oui, je vous vois venir, le festival sponsorisée par Radio Contact durait 4 et non 2 jours. Mais on a déjà évoqué la journée initiale dans un post précédent et la programmation du dimanche est si spécifique qu’elle méritera un reportage à elle seule. Revenons donc à nos moutons, ou plutôt à nos dauphins, si l’on s’en réfère au symbole de la radio chère à Gaëtan Bartosz, Mlle Luna, David Antoine ou encore Maria Del Rio, qui ont tous rendu visite à leurs auditeurs à l’occasion de ce dernier festival de l’été. Et pour bien entamer le week-end, c’est la gagnante du concours Radio Contact, Manon Hansay, qui ouvre le bal, avec en prime un cover de la regrettée Amy Winehouse, disparue voici déjà 11 ans. Juste le temps de profiter encore un peu du soleil que se présente déjà sur scène l’un des chanteurs les plus attendus par ces demoiselles, Amir. Toujours aussi souriant, pétillant et sympathique, l’ancien candidat de The Voice (France) a livré un show qui n’a déçu personne. Au contraire, il a fait l’unanimité. En mode décontracté, Amir, qui avait fait choix de passer tout le week-end en région liégeoise avec sa famille, a surfé entre ses tubes sans tomber une seule fois de sa planche. C’est clair, ce genre de prestation est validée. Il fallait un fameux showman pour tenir le niveau après une si belle entrée en matière. Et de ce côté, Mustii est assurément l’homme de la situation. Toujours aussi impliqué physiquement et vocalement dans sa prestation, l’artiste aux multiples facettes (il peut passer de Shakespaere au rôle de Patrick Dils dans la fiction d’Yves Régnier en un tour de baguette magique) ne s’est pas fait prier pour jouer une nouvelle fois avec un public conquis. Thomas (et oui, c’est son prénom) est une nouvelle fois descendu dans l’arène et au moins l’une des spectatrices gardera un souvenir impérissable de cette soirée, une partie du show ayant été filmé avec son GSM par Mustii lui-même. Pour avoir entendu quelques conversations dans les files menant aux foodtrucks, on peut vous confirmer que la plupart des gens ayant vus un tel spectacle s’en souviennent. Pffff, il est temps de reprendre quelques forces car ce qui suit n’est pas de tout repos non plus, avec le rock français du groupe Kyo. Là, on attaque un autre style de musique, mais qui fait également recette car qui ne connait pas les paroles du Chemin cette ballade saccadée sur laquelle le petit accent de Sita faisait des ravages? Puis sont arrivés Le Graal, Dernière danse, Contact (tient donc, ça nous rappelle le nom d’un radio)… Benoit et son band enchaînent les sonorités percutantes pour le plus grand bonheur des puristes. Après ces trois « machines » de guerre, c’était au tour de l’inusable Plastic Bertrand de venir faire planer le public. Je vous avoue que j’ai opté pour un retour prématuré au gîte histoire de pouvoir trier les clichés et vous aurez donc droit à une photo supplémentaire de Kyo à la place. Après quelques heures de repos, on remet le couvert, et bien plus tôt cette fois puisque c’est sur le coup de 14h25 que Manon Hansay reprend le micro. Et c’est devant une assistance déjà bien formée que la jeune femme lance la journée, le fan club de Patrick Bruel ayant investi les lieux dès l’ouverture pour être aux premières loges. Mais avant Patrick et sa prestation tant attendue, c’est notamment Rori qui va défendre ses titres, dont le très prenant « Docteur » cartonne actuellement sur toutes les radios. Un peu déstabilisée par le décalage horaire (elle était de retour du Canada, où elle s’était produit sur le même festival que Bruel…), Rori va toutefois ravir les festivaliers qui ne cessent d’affluer sur le site. Et oui, autant le dire de suite, ce samedi c’est sold out. Et tant qu’à parler du Canada, où se trouvaient encore Rori et Patrick Bruel 48h plus tôt, on accueille une résidente du pays qui a la feuille d’érable comme symbole, avec Naya Ali qui, selon sa story, a profité d’un long vol en avion avant de faire connaissance avec notre réseau ferroviaire (3 trains pour rejoindre Aywaille). Qu’à cela ne tienne, la rappeuse a super bien fait le taf comme on dit par ici. Du rap canadien, on passe à la pop française, ou plutôt belge avec la révélation de l’année, Doria D, qui est probablement l’artiste qui a foulé le plus de scènes de festivals dans notre pays cette saison. Il faut dire de « Dépendance » a fait le buzz, que sa reprise de « Jeune et con » de Damien Saez est une merveille (on double d’ailleurs le plaisir avec une intro guitare/voix calme avant de se rapprocher de l’original, plus rock). Mais personnellement, c’est « Sur ma tombe » qui m’a définitivement conquis. C’est rythmé, dansant à souhait, et il suffit de l’entendre une fois pour que ce tube reste en tête. Les heures passent ainsi, dans la joie et l’allégresse, et pour peaufiner encore un peu l’ambiance avant l’arrivée du maestro tant attendu, c’est à Suarez qu’est confiée la baguette de chef d’orchestre. Il n’en fallait pas plus à Marc Pinilla pour qu’il se sente pousser des ailes, traversant la foule avant d’escalader l’échafaudage de la régie. Et oui, qu’attendiez-vous de quelqu’un qui vous demande de faire un pas en avant en étant « Au bord du gouffre« ? Ne vous inquiétez pas, il n’éprouve « Ni rancoeur ni colère« . Juste l’envie de faire swinger la foule. Et c’est chose faite avec brio. Avec ses musiciens malgaches (dont l’incontournable Dada), Marc se met l’assistance dans la poche, permettant même à une festivalière de venir le rejoindre sur scène pour un morceau. Suarez est dans la place, tout baigne. C’est emprunté à Ménélik (notamment), mais je trouvais que ça sonnait bien. Après cet intermède rythmé, il est temps de faire place au grand homme (en référence à son titre, évidemment) , celui pour qui certaines (et certains, mais il y avait quand même beaucoup de