7 février 2026

Bertrix, c’est pas Marseille bébé, mais ça y ressemble presque…

Le deuxième jour du Baudet’stival se voulait résolument urbain dans sa programmation, du moins sur la scène principale. Pari réussi semble-t-il vu l’affluence enregistrée et surtout l’ambiance dégagée. A l’applaudimètre, les machines que sont Rag’n’Bone Man et Koba LaD ont évidemment fait mouche, mais les deux prestations les plus marquantes sont assurément celles des virevoltants 47 Ter et d’Alonzo qui semble en jambes pour s’offrir le stade Vélodrome. Nous reviendrons un peu plus tard sur les shows offerts par ces artistes car nous débutons ce petit feed-back de la journée par la scène « Contruisons demain », appelée aussi scène 2 ou découverte. La première à prendre le micro est Léa Pochet. Artiste régionale ou presque puisqu’issue des environs de Florenville, Léa présente un univers assez sombre, décliné en pop / rock / folk aux accents francophones. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, son dernier single « Destin » est un bel exemple de son travail actuel. C’est ensuite au tour d’ODC de prendre place sur les planches. De deux (Léa étant accompagnée de son claviériste), on passe à quatre, même si deux personnages sortent effectivement du lot. L’un des musiciens, chanteur à ses heures, ne passe en effet pas inaperçu avec son look non genré, ses cheveux teints et ses nombreux piercings. Mais le personnage central du band reste Célia, un petit bout de femme à la voix très puissante dotée d’une présence scénique remarquable. Elle est très belle et sait jouer sur cette corde. Ne tombez dans les clichés de la femme fatale qui mène tout le monde à la baguette ou au contraire de la femme objet, Célia assume sa féminité mais se considère comme un membre indissociable du band. Formé en 2017 dans la région parisienne, ODC a pris du galon, et surtout un coup de projecteur, en 2021 en signant avec Blood Blast Distribution. Depuis, les tournées s’enchaînent et le public se déchaine. A découvrir. On reste dans le rock, mais un peu plus « british » avec The Rackers. Si le groupe provient bien de Belgique, c’est en effet dans la culture musicale anglo-saxonne, et essentiellement des 90’s et début 2000 que ses membres puisent leur inspiration. On y décèle des arômes d’Oasis avec une pointe de Franz Ferdinand et une pincée d’Arctic Monkeys. Même scène, autre ambiance avec Maya Nashoba, une artiste belge (aux racines turques) qui n’a pas peur d’étaler ses hantises et ses doutes en musique, comme une forme de thérapie artistique. « J’ai composé ces morceaux en 2019, alors que j’étais au plus mal. Je traversais alors une forme de dépression » nous glisse subtilement celle dont l’apparence physique fait immédiatement penser à la Sinead O’Connor de 1994. Même visage angélique et surtout coupe de cheveux identique. Mais le parallèle s’arrête là, du moins espérons-le, vu la fin tragique de la chanteuse irlandaise. Une autre belle découverte pour nous, avouons-le car c’est subtil, mélodieux et très bien écrit. Vient alors l’enfant du pays… tout proche, Florent Brack. Vainqueur de l’émission « The Voice Belgium » en 2015, Florent a pris le temps de se forger un univers, et appris à poser sa voix à la British and Irish Modern Music à Brighton. Fort de son expérience scolaire, mais aussi sur scène, où il a, nous rapporte-t-on, déjà dû faire face à quelques impondérables (NDLR : Florent, pense à protéger tes doigts), Florent vient de sortir son premier album « Faces », opus qu’il défend désormais bec et ongles avec brio. Et pourtant, il y eut bien un petit stress de dernière minute ce samedi puisqu’au moment de débuter son show, aucun son ne sortait du micro ! Un présentateur en chauffeur de salle improvisé, un ingénieur du son à la rescousse et quelques minutes suffiront finalement à rétablir une situation mal embarquée. Heureusement d’ailleurs, car dès les premières notes, le public est venu remplir la place de ce second espace. Nous pensions, à tort visiblement, que la plupart des spectateurs du jour étaient à tendance rap, prêts à passer la journée devant les barrières de la scène où les cadors du genre se produisaient, mais l’Ardennais a su les détourner du chemin obscur (référence à I AM), du moins le temps de son set. Ce menu, déjà copieux, était servi avec une performance de Matho et Xal en guise de pousse-café, mais nous étions déjà rassasié et avons donc fait l’impasse sur ce met gourmand. Par contre, notre pérégrination ne s’est pas arrêtée en si bon chemin pour la cause, à côté de la scène B (ou 2, c’est selon) se trouve la Place des Trois Fers et son accompagnement de stars.  La première n’est autre que l’animateur vedette du 6/9 de Tipik, Gaetan Bartosz, transfuge de la rentrée dernière (passé du giron RTL avec Radio Contact au fief RTBF) et présentateur, pour la première fois, au Baudet. Un novice donc, comme Oney, groupe formé à l’initiative de l’Arlonnais Noé Remy, rappeur solo à la base qui a vu le rejoindre des musiciens d’horizons divers comme Pierre Thollembeck (Clavier), féru de musiques électro, Félix Schipman (batterie),William Odobescu (guitare), résolument rock, et Charles Wilmet, un saxophoniste actif dans un band de reggae. Le tout donne un mélange détonnant, mais harmonieux. Et pour sa première grande scène, Noé ne se démonte nullement. Une belle surprise. Arrivent alors deux jeunes pousses toutes fraichement sorties du tourbillon médiatique de la Star’Ac, Julien et Axel. Sans réelle mise en scène ni accompagnement live, difficile de pouvoir se faire une idée de leur potentiel. On peut juste relever que les capacités vocales sont réelles et que Julien ose déjà se frotter à Brel. Mais voilà que grimpent sur scène de vrais habitués des planches, les 47 Ter. Pierre-Paul, Blaise et Lopes n’en sont effectivement pas à leurs débuts. Le trio multiplie les prestations depuis quelques années, et frappe toujours juste. Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil dans l’assemblée pour se rendre compte qu’une grosse partie du public est là pour le sympathique trio de Paname. Rap, chant, danse … tous les ingrédients sont présents. Accompagnez cela

Du 12 au 14 juillet, la Place des Trois Fers vibrera de toutes parts.

Vu les conditions climatiques de ces dernières semaines, et les annulations d’événements en cascades, on aurait tendance à oublier que nous sommes en été, et plus précisément dans la période des festivals musicaux tant attendus par beaucoup d’entre vous, du moins dans le sud du pays car au nord, le Grasspop a su tenir son rang entre les gouttes, malgré quelques désagréments pour les campeurs, et Werchter est en pleine ébullition actuellement. Mais pour le week-end de la fête nationale de nos voisins hexagonaux, nous effectuerons un léger déplacement vers le sud, histoire de poser pour 3 jours notre sac photo à Bertrix, en province du Luxembourg, pour le plus grand événement musical de la région, le désormais incontournable Baudet’stival. Pour l’occasion, la place du village, celle des Trois Fers, sera comme de coutume fermée à la circulation car c’est bien là, au cœur de l’entité bertrigeoise, que vont se succéder, du 12 au 14 juillet, de nombreux artistes connus ou émergents, francophones mais aussi anglophones, en solo ou en groupe, plutôt urbain, rock ou pop … vous l’aurez compris, il y en aura pour tous, car c’est l’un des atouts de ce festival qui malgré l’importance du public drainé a su garder un esprit familial. Un autre point important, l’événement se déroulant dans le centre-ville, tout est bétonné. Les habitués de festivals comprendront rapidement pourquoi j’évoque ce point de détail. Pour les aspects pratiques, on reprend quasi les mêmes ingrédients que les années précédentes à savoir un paiement des boissons et nourriture via un système de bracelet électronique rechargeable à l’aide de votre gsm ou des bornes (principe du cashless), la présence de plusieurs foodtrucks et commerces locaux pour vous sustenter ainsi que des parkings de délestage autour du site à partir desquels sont organisés (pour certains seulement) des parcours de navettes. Pour tous ces aspects pratiques, visitez le site www.baudetstival.be, tout y est détaillé. Côté artistes, on garde aussi le même principe que ces dernières éditions, à savoir deux scènes, la principale sur la place même, l’autre, intitulée « Nous construisons demain », à quelques mètres à peine. Les deux scènes étant très proches donc, le principe de l’alternance est de mise afin que les sons ne se mélangent pas, ce qui vous permet aussi, parfois (pas si le site est full malheureusement) de pouvoir apprécier tous les shows sans en manquer une seule miette. C’est bien beau tout cela, mais qui va venir fouler les planches de ces scènes ? Pour plus de lisibilité, nous dénommerons ici la scène principale la scène 1. Par extension, l’autre sera la scène 2. Programme du vendredi 12 (ouverture des portes à 16h00) Scène 2 : 17h00 Øde (Tremplin) 18h00 Emy Sakura (Tremplin) 19h10 Steffi Pacson (Tremplin) 20h40 Lumière 22h15 Minor Minor 00h15 Black Orchid Tribe Scène 1 : 17h30 Suasion 18h30 Fugu Mango 19h40 Ykons 21h15 Typh Barrow 22h45 Christophe Willem 01h00 Calumny Vous aurez remarqué que l’on évoque pour les trois premiers artistes de la scène « découverte » une mention Tremplin. Le principe est le même que ces dernières sessions, le vainqueur aura la chance de pouvoir se produire en ouverture de la scène principale dimanche. Voici (encore) l’une des caractéristiques de cette organisation conviviale, le festival n’a pas la mémoire courte avec ses artistes, et ceux-ci le lui rendent bien. Il n’est pas rare, en effet, de voir que l’un ou l’autre artiste proposé une saison revienne (rapidement) à l’affiche. Ce sera notamment le cas de Suasion, Ykons et Black Orchid Tribe, trois groupes qui avaient enchanté le public lors de leurs prestations. On salue aussi l’arrivée dans le line-up de l’une des plus belles voix de notre pays, Typh Barrow, qui réservera finalement l’exclusivité de sa prestation sur notre territoire au Baudet (elle était initialement prévue à l’Inc’Rock mais la météo en a décidé autrement). Autre artiste très attendu car aussi victime des conditions climatiques de ces dernières semaines (il devait, lui, se produire au FeelGood), l’inimitable Christophe Willem. Et pour ceux qui peuvent se libérer dans la soirée, Fugu Mango est un pur moment de détente musical, direction les tropiques. (PS : on croise les doigts pour que le groupe propose sa reprise de « Golden Brown », c’est excellent). Programme du samedi 13 (ouverture des portes à 13h30) Scène 2 : 14h30 Léa Pochet (Tremplin) 15h30 ODC (Tremplin) 17h00 The Rackers (Tremplin) 18h30 Maya Nashoba 20h10 Florent Brack 21h50 Matho et Xal 00h20 A!den Scène 1 : 15h00 Oney 16h00 Julien et Axel (Star’Ac) 17h30 – 47 Ter 19h10 Koba La D 20h50 Alonzo 22h50 Rag’n’Bone Man 01h00 Dj Pops Pour cette deuxième journée, on se tourne plus vers l’urbain et la soul, du moins au niveau de la scène principale où nous sommes particulièrement impatient d’assister au concert de Rag’n’Bone Man, l’interprète de l’une des plus belles chansons de ces dernières années (Human). Impressionnant par son physique (nombreux tatouages sur le visage, notamment sous les yeux) mais surtout par sa voix (baryton), Rory Charles Graham, de son vrai nom, est le coup de maître de la programmation 2024. Mais d’autres artistes de cette journée sont très attendus comme les rappeurs Koba La D et Alonzo. Pour notre part, nous sommes toujours heureux de voir les 47 Ter qui ne manquent jamais d’énergie (positive) et curieux de voir Maya Nashoba sur scène car son clip « L’appel du loup » est très prometteur. Programme du dimanche 14 (ouverture des portes à 12h30) Scène 2 : 14h00 Zoé Josephine 15h20 Gabriel Seize 16h40 Marion ft Nationale 3 18h10 Fily Leela 20h30 The Flints 23h00 Nice Idée Scène 1 : 14h40 Gagnant Tremplin (voir plus haut) 16h00 Doria D 17h20 Colt 19h00 Claudio Capéo 21h30 Bigflo et Oli 23h45 Daddy K Pour ce dernier jour de festival, on mélange un peu tous les genres, surtout sur la scène « Construisons demain ». Pour ceux qui n’envisagent pas de rester absolument collés aux premiers rangs de l’espace principal (on sait que Bigflo et Oli sont attendus), nous vous encourageons à aller jeter une oreille du côté de cet espace « bis » qui pourrait vous réserver

Solidarités 2023

Nouveau Lieu, Mêmes Vibrations Les Solidarités, festival emblématique organisé habituellement à la citadelle de Namur, ont amorcé un chapitre captivant en investissant le site Ecolys de Suarlée, en raison des travaux en cours à la citadelle. Malgré ce changement d’emplacement, plus de 57 000 festivaliers ont répondu à l’appel pour vivre trois jours de célébrations enjouées. Un festival mémorable ponctué de découvertes musicales, de moments intenses et de réjouissances avant la rentrée scolaire. Lorsque le festival Solidarités a dû quitter son habitat traditionnel à la citadelle de Namur en raison des travaux de rénovation, une nouvelle aventure a commencé au site Ecolys de Suarlée. Un nouveau chapitre s’est ouvert pour ce festival bien-aimé, qui a réussi à captiver les cœurs et à créer des souvenirs indélébiles malgré ce changement de décor. Pendant trois jours, les festivaliers ont été plongés dans un univers où la musique, la convivialité et la joie de vivre ensemble ont été les maîtres-mots. Côté musical, le festival a rassemblé une constellation d’artistes qui ont illuminé les scènes de leur talent. Des noms tels qu’Onha, Rive, Gabrielle Verleyen, Benjamin Vndredi, Mentissa, Bérode, Aloise Sauvage, Camille Lellouche, Juyci, Zazie, The Magician, Rori, Léo Fifty Five, Suzane, Chilla, 47TER, Lujipeka, Big Flo et Oli, Kid Francescoli, Elia Rose, Adé, Emilie Simon, Tamino, Alice Martin, Stephan Eicher et Louise Attaque ont créé des instants de pure magie musicale. Le public a été transporté par des performances vibrantes et généreuses, où la symbiose entre les artistes et leurs fans a créé une atmosphère unique de partage et de connexion. Vous pouvez retrouver les articles de Remark sous l’onglet Solidarités https://test.confestmag.be/category/festivals/solidarites/ En parallèle des prestations musicales, le nouvel espace « LA CASA » s’est avéré être le point de convergence des retrouvailles, de la camaraderie et de l’expression citoyenne. Le festival a su maintenir sa réputation de proposer une programmation diversifiée en proposant une myriade d’activités : conférences enrichissantes, spectacles pour les plus jeunes, activités ludiques et même des plongées captivantes dans la culture urbaine en plein essor. La mise en avant du monde associatif a également été une partie intégrante de l’événement, illustrant l’engagement profond des Solidarités envers les causes sociales. Un autre aspect qui a marqué cette édition a été le choix exceptionnel de Food Trucks, offrant une variété de choix culinaires. Cependant, la disposition de ces stands a parfois créé des encombrements entre les scènes, soulignant ainsi la nécessité d’une meilleure organisation pour l’avenir. Bien sûr, tout changement apporte son lot de défis. La mobilité et l’accessibilité ont été des enjeux, mais ces problèmes sont loin d’être uniques aux Solidarités. Des efforts sont nécessaires pour gérer efficacement les flux de personnes et assurer une expérience fluide pour tous. L’équipe des Solidarités n’a pas manqué de noter les points à améliorer en vue de la prochaine édition. Ils tiennent à exprimer leur gratitude envers le public pour sa présence, sa patience et sa compréhension face aux défis rencontrés. En clôturant cette édition mémorable, les Solidarités ont déjà annoncé les dates de leur 10e édition, fixées aux 23, 24 et 25 août 2024. Ce festival iconique continuera d’inspirer, de divertir et de rassembler, avec l’engagement de créer encore de nombreux moments magiques et inoubliables pour les festivaliers à venir. retrouvez ici les artistes

Un autel rue de la Paix.

Certains d’entre vous fredonnent sans doute un air bien connu de Zazie en lisant ce titre. C’est un peu, avouons-le, le but recherché. Mais les paroles de la chanson évoquent un hôtel et non un autel. Ce n’est pas une erreur… ou plutôt si, mais volontaire, et vous comprendrez pourquoi en vous plongeant dans cet article. Maintenant que votre curiosité a été piquée au vif. Plongeons nous ensemble dans cette troisième (et dernière) journée de l’édition 2023 du Les Gens d’Ere, un festival qui prend de l’ampleur au fil des ans, mais qui a le bon goût de grandir progressivement, à pas feutrés. Le premier à prendre le micro ce dimanche est Antoine Armedan. Auteur compositeur interprète belge, amoureux des mots et des mélodies, celui qui représente visuellement le beau-fils idéal, a entamé voici quelques mois une tournée particulière uniquement en train et à vélo, baptisée « Zéro carbone sous les comètes« . Au total, plus de 150 concerts sont prévus, devant environ 8000 personnes. Soit l’équivalent de Forest National. A quelques dates de son objectif (son pari prendra fin le 22 septembre), celui qui défend son nouvel album, Des plumes sous les comètes, tient toujours la forme, comme l’atteste sa prestation, dans laquelle s’est glissé un titre de circonstance « Danser sous la pluie », même si ce premier concert de la journée se déroule, lui, sous chapiteau. On quitte le cocon de douceur tissé par l’artiste vert (surnom donné pour son implication dans la protection de la planète) pour aller se confronter au rock pur de Goodbye Fortune Tellers. Les guitares électriques sont de sortie pour le trio bruxellois. Laura et ses Simon (l’un étant chanteur et guitariste, l’autre batteur) prennent véritablement possession de la scène pour faire monter le thermomètre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, nous vous renvoyons notamment au clip de City Lights qui synthétise assez bien le style affiché par le groupe. Mais en live, c’est encore mieux. Même confrontés à quelques soucis techniques (très passagers, rassurez-vous), les musiciens/chanteurs ne se démontent jamais, assurant quoi qu’il arrive un show percutant. Et pourtant, une reprise de France Gall est programmée au line-up. Cela vous étonne ? Non, c’est une version rock, évidemment, plus proche de celle de Arcade Fire, de « Poupée de cire, poupée de son« . Pour ceux qui sont près à effectuer un grand écart, musical et culturel, voire générationnel, la suite non logique du programme se compose d’un groupe apprécié des plus petits, je parle des Déménageurs. J’avoue que là, nous sommes un peu dans l’inconnu, mais les enfants, parents, et enseignants connaissent paroles et chorégraphies imagées. C’est frais, et c’est un signe très visible qu’à Ere, toutes les tranches d’âges sont les bienvenues. Lili (Marie-Rose Mayele) au chant et aux danses, Nelson (Perry Rose) à la guitare (et au tuba), Stoul (Thierry Hercod) à la vielle à roue, flûtes et banjo et Georges (Jonathan De Neck) à l’accordéon diatonique vous invitent à leur toute dernière tournée, avec toujours la même énergie et le même enthousiasme, car oui, le groupe formé voici déjà une vingtaine d’années par Yves Barbieux remplit ses dernières salles (ici un chapiteau en l’occurrence). Si les plus jeunes sont bien au sec, c’est sur la scène « plein Ere » qu’arrive Colt, accompagné des premières gouttes de la journée. Le duo formé par Coline et Antoine s’est entouré pour cette tournée de musiciens et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça sonne bien. Le français remplace progressivement l’anglais dans le répertoire du jeune groupe dont les notes pop folk sont portées par la superbe voix puissante, mais toute en nuances, d’une chanteuse chez qui l’on décèle de nombreuses années de pratique vocale intensive (Coline a pratiqué le chant lyrique et joué dans plusieurs comédies musicales). Pour ceux qui n’auraient pas encore eu le privilège de les voir en live, jetez un coup d’œil (et tendez l’oreille) sur les clips de Insomnies et Ramenez-moi. Retour sous la protection de la bâche du chapitô pour les rythmes tropicaux de Fugu Mango. Créé à Bruxelles en 2013, le groupe FùGù Mango est un concentré d’indie pop, de beats afro et de dance music. Habitué des scènes de festivals, le band de Vincent Lontie apporte toujours ce rayon de soleil qui nous transporte au bord d’un lagon aux eaux cristallines. Et oui, vous en conviendrez, on en a bien besoin ces derniers jours (rires). Quoi qu’il en soit, j’adhère à ces percussions enivrantes, cette « soul » chaloupée afro caribéenne et ces harmonies posées qui en un clignement d’œil nous font traverser l’atlantique comme sur Blue Sunrise ou Mango Chicks. On revient un peu plus près, dans l’Hexagone, et plus précisément dans les Yvelines, pour retrouver les 47 Ter, un trio de rap formé en 2017 par Pierre-Paul, Blaise et Lopes. Si leur développement fut un peu retardé par une pandémie sanitaire (oui, ce covid qui nous a privés de tant de concerts), la sortie de leur titre « On avait dit » leur donne accès aux ondes radios. Leur style mêlant funk et rap, en français, sans agressivité ni termes orduriers gratuits, est désormais reconnu par une belle communauté de fans. Il faut dire que le groupe sait utiliser les supports mis à sa disposition. Un logo reconnaissable, une ligne de merchandising complète, un jeu scénique travaillé… Les adeptes sont soignés aux petits oignons. Et la communauté répond présente puisque la date de l’Olympia (le 06/10/23) affiche complet depuis plus de deux mois déjà. Leur concert à Ere était donc attendu de pied ferme. Avec comme cerise sur le gâteau, une demande en mariage ! Et oui, une vraie demande, en live, sur scène, durant la prestation du groupe. Et madame a répondu oui (d’où le terme autel du titre, pour ceux qui suivent). Après tant d’émotions, retrouvons un géant au grand cœur avec le passage tout aussi attendu de Saule. Sans en avoir l’air, Baptiste, de son prénom à l’état civil, est une machine à hits. Qui n’a jamais entendu Dusty Men ?  Ce duo en franglais avec Charlie Winston

Les SOLIDARITES 2023

l  Premiers noms  BIGFLO & OLI – LOUISE ATTAQUE – TAMINO – ZAZIECAMILLE LELLOUCHE – 47TER – THE MAGICIAN – ADÉ – MENTISSA – SUZANE – RORI…Après l’énorme succès des PASS SOLIDAIRES, tous vendus en moins d’une semaine, il est temps pour nous d’annoncer les premiers noms qui seront à l’affiche de cette 9e édition des Solidarités. Cette édition ouvrira une nouvelle page de l’histoire de ce grand événement familial en déménageant ses quartiers sur le site d’Ecolys dans les hauteurs de Namur. Outre une affiche particulièrement qualitative et volontairement hétéroclite, ce ne sont pas moins d’une centaine d’activités diverses et variées qui (re) prendront vie : débats, concerts, spectacles pour enfants, activités ludiques, découverte de la culture urbaine, mise en valeur du monde associatif… sans compter les nombreux projets construits et élaborés en réponse à l’actualité.  Ce véritable kaléidoscope grandeur nature fait que Les Solidarités sont bien plus qu’un festival ! ­ Vendredi25/08 Mentissa « J’avais envie de raconter le monde qui m’entoure. Ça avait du sens d’appeler mon album La Vingtaine, parce que j’ai 23 ans et que ma vingtaine va durer encore un petit temps. » Finaliste de la saison 10 de The Voice, Mentissa Aziza a explosé en 2021 avec le single Et Bam écrit par son coach Vianney. Sur son premier album générationnel paru en novembre 2022, la jeune femme séduit par son sens de l’observation, sa voix qu’elle module avec une rare aisance et une vulnérabilité qui la rend encore plus sincère. Après Angèle, Charles, Doria D et RORI, un nouvelle jeune étoile belge à haute valeur ajoutée. Camille LelloucheEXCLUComédienne, humoriste, chanteuse… Camille Lellouche a choisi de ne pas choisir et elle excelle dans tout ce qu’elle entreprend.  Mais Je T’aime, son duo avec Grand Corps Malade, a obtenu la Victoire de la Musique dans la catégorie « Meilleure Chanson Originale de l’année » en 2022 tandis que son premier album solo A vient d’être réédité avec de nombreux inédits. Oscillant entre chanson française dans sa tradition la plus classique et pop urbaine, Camille Lellouche se lance dans sa première grosse tournée en 2023 avec une escale obligée aux Solidarités. ZAZIE EXCLUVoguant entre colère et lâcher prise, entre un piano/voix épuré et des chansons manifestes évoquant la féminité, le mouvement Black Lives Matters ou le dépassement de soi, Zazie signe un magnifique retour avec Aile-P, onzième album aérien où il n’y a rien à jeter. Trente ans après l’acte fondateur Je, Tu, Ils, Zazie avance plus zen et libre que jamais. « Je ressens beaucoup de gratitude à être toujours là », confie-t-elle. « C’est le signe que les gens m’ont laissée cette grâce à faire des diversions dans mon parcours pour éviter de m’ennuyer ou de tourner en rond. » The MagicianPrestidigitateur du dancefloor, Stefan Fasano, alias The Magician, distille ses bonnes vibes aux quatre coins de la planète électro. Présent sur tous les fronts avec des dj sets, ses propres productions (Club Fever paru fin 2022), des remixes pour les grands noms de la scène internationale, des nouvelles signatures sur son label Potion Records ou des mixtapes toujours inventives (Mégamagic Tape, la dernière en date, sortie pile-poil pour le passage à l’an neuf), The Magician n’en oublie pas moins ses racines namuroises. Sa prestation aux Solidarités s’annonce déjà comme le rendez-vous festif immanquable de cette édition. Samedi26/08 RoriSon single Docteur a été l’une des chansons francophones belges les plus écoutées en Belgique avec plus de trois millions de streams et sa prestation au Théâtre de Verdure lors de la dernière édition des Solidarités n’a laissé que de bons souvenirs. RORI poursuit sur sa lancée en ce début d’année avec le single Ma Place et un nouvel EP Ma Saison en Enfer sur laquelle elle redéfinit les codes d’une chanson pop à la fois moderne, féminine et tonique. Suzane Après avoir été révélée avec Toï Toïqui lui a valu une Victoire dans la catégorie « Révélation Scène » en 2020, Suzane nous est revenue avec Caméo, un second album parfaitement à son image : moderne, générationnel, imprévisible et engagé. Taillées pour la scène, ses nouvelles chansons continuent à éveiller les consciences mais donnent aussi envie de danser. Suzane y rappelle son militantisme féministe, sa bienveillance et son refus de tout compromis. 47TerEXCLUOriginaire de Bailly, dans les Yvelines, le trio hip-hop 47Ter publiait un nouveau son en décembre dernier qui s’intitulait Rendez-Vous L’Année Prochaine. Pierre-Paul (chant), Blaise (percussions) et Miguel (piano, guitare) ont tenu leur promesse. Ils annoncent en effet pour ce printemps un troisième album, après les succès de Légende(2021) et de L’Adresse qu’ils étaient venus présenter aux Solidarités en 2019. Sur scène comme sur disque, 47Ter se caractérise par son ouverture à la pop et par l’utilisation d’instruments live. Bigflo & Oli A leurs débuts, Bigflo & Oli chantaient leur désir d’entrer dans La Cour des Grands et signaient une prestation mémorable au Théâtre de Verdure lors de l’édition 2015 des Solidarités. Le binôme fraternel de Toulouse a muté aujourd’hui en véritable phénomène de société. Comme Orelsan, Stromae et Lomepal, ils ont acquis ce rare privilège de plaire aux fans de hip-hop sans déplaire aux parents. Profondeur et auto-dérision dans le propos, musicalité dans le micro, absence d’ego… Les frangins cassent les codes, cultivent leur différence et transforment chacune de leur prestation en grosse célébration. Dimanche27/08 Adé Après huit ans d’un parcours flamboyant, Therapie Taxi faisait ses adieux en octobre 2022. Depuis cette séparation, la chanteuse et auteure Adé(laïde) Chabannes de Balsac a écrit des chansons pour Benjamin Biolay, Louane ou encore Nolwenn Leroy. Mais la grande surprise est venue de Et Alors?, son premier album solo paru en 2022 qui bénéficie de la collaboration d’Egil « Ziggy » Franzen et de Romain Descampe (Puggy). Adé y mélange avec une rare originalité chanson française, pop et country/americana. Un cocktail aux arômes organiques qu’elle servira à l’heure de l’apéro aux Solidarités.  Tamino EXCLUFragile, sincère, intense…. Les qualificatifs ne manquent pas pour cerner Sahar (« juste avant l’aurore » en arabe), deuxième album de Tamino paru l’automne dernier. A la croisée des cultures occidentale et orientale, l’auteur/compositeur flamand d’origine égyptienne pose sa voix d’ange sur des chansons solaires. Surnommé le Jeff Buckley belge par nos voisins français qui l’ont adopté comme Angèle (avec qui il a enregistré le duo Sunflower), Tamino suspend le temps à chacune de ses apparitions live. Emotion