Le métal à la sauce enfantine, Aldebert en est devenu un maître étoilé.

L’an dernier, Helmut Lotti était venu présenter son projet « Hellmut goes Metal » au festival des Solidarités. Lors de l’annonce de ce concert, certains étaient perplexes, l’homme étant plus aguerri au chant lyrique et drainant habituellement un public averti ayant, disons, une certaine tranche d’âges. Le jour J, le Gantois avait mis tout le monde d’accord en proposant un show à la hauteur de son défi. L’attitude, l’encadrement musical, les lights et surtout la voix étaient au rendez-vous pour le bonheur des festivaliers comblés. Cette année, changement de créneau horaire puisqu’on va s’intéresser au premier concert de l’édition 2025 de ces Solidarités, programmé le vendredi à 15h00, modification significative de l’assistance, l’artiste concerné ayant jusqu’ici un répertoire apprécié à sa juste valeur par les plus jeunes, mais avec l’ambition de garder cette attitude métal en point de mire. What ! Du métal pour les enfants ? Et oui, nos mini-nous sont aussi éclectiques dans leurs goûts musicaux que leurs versions adultes. Guillaume Aldebert l’a bien compris depuis des années, proposant non seulement des supports audio de qualité où l’humour et l’ironie font bon ménage, mais accompagnant surtout ses tournées de spectacles toujours plus percutants et visuellement attractifs. On est loin du cercle de bambins attentifs autour d’Henri Dès. Avec Aldebert, ça gigote, ça chante, et désormais on adopte des gestes « rock ». A cette heure, en ouverture de festival, qu’allait-il y avoir comme public ? La réponse est sans appel, vous étiez très très très nombreux au rendez-vous. Pour éviter les quelques soucis rencontrés aux entrées l’an dernier, les organisateurs avaient en effet misé sur une ouverture anticipée du site. Bonne idée visiblement car le mot en vogue aux caisses cette fois était fluidité et sur la plaine, on parlait plutôt amusement. Le festival des Solidarités ne se « limite » en effet pas à l’aspect concerts, même s’il revêt une importance non négligeable, mais tient à s’ériger en espace d’ouverture familial. De nombreux stands d’associations, des activités sportives, avec notamment l’implication de l’association de Mbo Mpenza, et un coin dédié à la culture urbaine avaient de quoi occuper le nombreux festivaliers déjà à pied d’œuvre en ce vendredi après-midi. Sur le coup de 15h00, c’est donc devant la scène P&V (et oui, sans les sponsors, plus de festivités) que de nombreuses familles se dirigent. A premier coup d’œil nous sommes saisis. Le décor est stupéfiant. Une immense tête d’enfant trône en fond. Mais pas n’importe quel enfant : il porte une casquette avec le logo H stylisé façon Hellfest, avec deux cornes rouges, et ses yeux sont lumineux. Son corps est prolongé par deux mains qui serviront durant le show de promontoire pour les musiciens car oui, il y a quatre musiciens à l’attitude rock évidemment. Un guitariste, un claviériste, un bassiste et l’indémodable batteur. Au-dessus des mains, deux écrans sur lesquels sont projetés des images. On comprend pourquoi Aldebert est la tête d’affiche de la première édition du Hellfest kids. D’autant que pour la composition de son opus « Helledebert Enfantillages 666 » l’artiste n’a pas fait dans le détail en obtenant des collaborations avec Yarol Poupaud, les frères Cavalera, -M-, Mouss Kelai (du groupe Mass Hysteria), Fétus (du groupe Ultra Vomit) et l’indécente Laura Laune, entre autres. Dans ce tableau, presque trop beau, Aldebert rentre comme sur des roulettes, vêtu d’un jeans noir, d’un tee-shirt noir surmonté d’une veste en jeans sans manches où l’on remarque de nombreux logos de groupes mondialement connus (Alice Cooper – Pantera – Slipknot …) et de baskets qui sont, petite touche kitch, effectivement munies de roulettes dans le talon. Vous imaginez bien que les enfants ont adoré un tel spectacle, l’artiste ne ménageant pas plus qu’à son habitude son énergie, venant régulièrement au contact du public et multipliant les sauts, mais quelques indices me laissent penser que les parents et les adultes qui avaient eu la bonne idée de venir aussi tôt ont également passé un concert vraiment agréable. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Le Cabaret Vert en mode Blue a brillé tel le soleil omniprésent sur toute cette édition.
Pour sa 19e édition, le désormais célèbre festival du Grand Est avait choisi le bleu comme couleur représentative. Ne vous inquiétez pas, les valeurs basiques de protection de l’environnement, de recyclage, circuit-court et tout ce qui définit l’essence même de l’événement depuis ses débuts restent d’actualité, mais l’organisation tenait à rappeler que l’eau, représentée ici par la Meuse qui traverse le site d’ailleurs, est aussi un élément essentiel à la vie. Au niveau du site, la team n’a pas effectué de grosses modifications par rapport à l’année dernière, l’entrée et l’emplacement des scènes ayant (presque) pleinement donné satisfaction en 2024. N’oublions pas que l’équipe du Cabaret Vert est soumise à de nombreuses contraintes liées à la protection des espèces végétales et à l’implantation même du secteur. A quoi bon prôner le respect de la nature si c’est pour la …dénaturer. Non, ici, on s’adapte. On fait avec, même si cela limite la capacité d’accueil du public sur un espace précis et qu’il en va de même pour le matériel pouvant être mis en place sur la scène concernée. Les habitués auront deviné que l’on parle ici de la Greenfloor, sorte d’oasis perdu dans un coin de forêt, de l’autre côté du fleuve. Pas de modification de ce côté-là donc, ni sur l’espace principal réservé désormais à Zanzibar, la main stage (qui se trouvait initialement sur l’ancien terrain de rugby). Par contre, Razorback, l’espace métal qui avait pris cher les deux dernières années avec les pluies, promettant un beau bain de boue aux fanas du genre, a été déplacé sur l’ancien stade, soit en lieu et place de la défunte scène Iluminations, passée à la trappe. Ce n’est un secret pour personnes, les festivals doivent se battre pour survivre. La moindre économie est donc la bienvenue. Pour cela, plusieurs solutions. Obtenir un contrat de sponsoring avec des trademarks. Le Cabaret Vert n’en veut pas, préférant donner la priorité aux producteurs du coin. Rogner sur la qualité. Il n’en n’est pas question. Tant d’efforts et d’énergie déployés pour s’ériger en événement référence de la région ne peuvent ainsi être mis aux oubliettes. A Charleville-Mézières, on a préféré diminuer légèrement l’offre, sans toucher aux services ni à la qualité, et ce sans non plus augmenter outre mesure le ticket d’entrée (ce qui était aussi une possibilité). Une scène en moins, sur 4 jours, c’est une économie sur les cachets d’une vingtaine d’artistes, les frais d’accueil de ces personnes et de leur entourage, les frais liés à l’acheminement de tout ce monde, ainsi que tout ce qui est lié au montage, à l’aménagement en son et lumières, au gardiennage et au démontage de cette scène. Certains se plaindront évidemment d’une « offre » moins alléchante en nombre de concerts, mais avec la version actuelle de quatre espaces (Zanzibar, Razorback, Greenfloor et n’oublions pas Zion), il y a de quoi rassasier les plus affamés des amateurs de musique. D’autant que le Cabaret Vert n’est pas qu’un espace dédié aux concerts. Il s’agit d’un festival multi arts. Ainsi, le cinéma (l’Idéal) propose des projections thématiques et les amateurs de BD retrouvent chaque saison leur Eden. Un espace qui leur est entièrement dédié avec 70 auteurs près à dédicacer leurs œuvres, une librairie, une exposition et un service de garde livres. Cela peut paraître anodin pour ceux qui sont braqués sur l’aspect musical du festival, mais soyez assurés que les premiers à faire la file dès le matin se dirigeront en courant vers l’espace BD, sac à dos, voire valises, remplis de planches qui deviendront uniques grâce au dessin, à la dédicace ou au cachet particulier qui sera apposé dessus. Pour y être passé à quelques occasions cette année encore, je peux vous assurer qu’il y avait de quoi ravir les amateurs. Et nous soulignerons également la disponibilité et la bienveillance de tous les auteurs qui malgré la chaleur ambiante de ces jours d’août se sont appliqués bien souvent le sourire aux lèvres. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt nos scènes musicales. Certains avaient peur de perdre du choix avec la disparition de l’espace Illuminations. Et bien voici quelques chiffres pour vous représenter l’offre proposée sur ces 4 jours. 83 groupes musicaux dont 37 issus de l’étranger. On dénombre 16 pays différents. Outre la France, évidemment, on notera la forte colonie britannique (12) mais aussi américaine (4) emmenée notamment par Queens of the Stone Age, Vampire Weekend, Brigitte Calls me Baby et le très attendu Will Smith. Mais des artistes sont venus d’Irlande (3), d’Italie (1), d’Ecosse (2), d’Australie (1), d’Allemagne (2), de Pologne (1), de Jamaïque (3), de Norvège (2), des Pays-Bas (2), du Pays de Galle (1), de Suisse (1), du Brésil (1) et de Belgique, avec la jeune Dina Ayada. Si cela ce n’est pas un voyage autour du monde à moindres frais ! On se demanderait juste où sont nos voisins Luxembourgeois et Espagnols. Nous allons bien évidemment revenir sur certains de ces artistes dans nos articles. J’ai bien dit certains et non tous. Vous comprenez qu’il nous est matériellement impossible de couvrir tous les concerts, certains étant d’ailleurs programmés en même temps ou avec un si léger décalage qu’il n’était pas physiquement possible de courir d’une scène à l’autre. Ce fut d’ailleurs l’un des dilemmes du « week-end » pour certains festivaliers : Théodora ou Sean Paul. La jeune star montante se produisait en effet sur le Greenfloor quelques minutes à peine après l’entame du show de la vedette Jamaïcaine aux plus de 10 millions d’albums vendus. Autre contrainte pour nous, vous commencez à le savoir maintenant, les accès et validations des photos. Pour ces raisons donc, nous occulterons (pas toujours volontairement) certains artistes. Mais on vous rapporte quand même du bon, du très bon. Et pas que dans le connu. Non, l’un des points forts du Cabaret Vert est de nous permettre de découvrir des artistes qui ne se produisent pas (encore) régulièrement dans nos contrées. On saluera aussi la capacité de réaction de l’organisation qui a dû faire face à deux annulations de dernière
Festivals en péril : quand la musique devient un luxe pour les organisateurs

photo Marck Robert Chaque été, des milliers de festivaliers se pressent pour vibrer au rythme de leurs artistes préférés. Mais derrière les lumières et la musique se cachent des réalités beaucoup moins festives. En Belgique comme en France, de nombreux organisateurs de festivals sont aujourd’hui confrontés à une crise financière sans précédent. Le premier défi est d’ordre économique : les cachets de certains artistes ont explosé ces dernières années. La pression pour attirer les têtes d’affiche capables de remplir les scènes pousse les budgets à des sommets souvent insoutenables. À cela s’ajoutent les coûts logistiques, de sécurité, de personnel et de production, qui continuent d’augmenter. Mais le problème ne se limite pas aux revenus des artistes. Les subventions publiques, vitales pour de nombreux événements, se font rares ou restent insuffisantes. Les organismes culturels, qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux, peinent à répondre à la demande, laissant les organisateurs jongler avec des budgets serrés et des imprévus toujours plus fréquents. Résultat : certains festivals emblématiques sont menacés d’annulation, tandis que d’autres doivent réduire leur programmation ou revoir à la hausse le prix des billets. Pour les amateurs de musique et de culture, c’est une perte qui se fait sentir immédiatement, mais pour les organisateurs, c’est une véritable bataille pour la survie. Il est crucial de comprendre que derrière chaque événement réussi se cache une équation financière complexe. Les solutions existent : un soutien accru des institutions, une meilleure répartition des cachets, et une communication transparente avec le public sur les coûts réels d’organisation. Mais pour l’instant, la situation reste tendue. Alors que la musique continue de rassembler, il devient urgent de se mobiliser pour soutenir ceux qui la rendent possible. Car sans festivals, c’est toute une partie de la vie culturelle qui s’éteint, et avec elle, la magie de l’expérience collective. Festivals en crise : entre cachets astronomiques et subventions insuffisantes Les festivals belges et français, symboles de la richesse culturelle estivale, traversent une tempête économique sans précédent. Entre les cachets faramineux des artistes et des subventions publiques en baisse, l’équation financière devient de plus en plus complexe. Cachets : des montants qui explosent Ces sommes colossales, bien que justifiées par la renommée des artistes, pèsent lourdement sur les budgets des festivals, souvent contraints de revoir leur programmation ou d’augmenter les prix des billets pour compenser. Subventions publiques : un soutien en déclin Ces chiffres illustrent un déséquilibre dans le financement public, avec des régions moins soutenues malgré une offre culturelle riche et diversifiée. Une situation financière préoccupante Ces données soulignent la fragilité économique du secteur, où les marges sont de plus en plus réduites. Vers une solidarité renforcée Face à cette crise, une mobilisation collective s’avère essentielle : Conclusion Les festivals sont le reflet de notre identité culturelle. Leur pérennité dépend d’un soutien financier adapté et d’une prise de conscience collective. Il est temps d’agir pour préserver ces événements qui, au-delà du divertissement, incarnent notre patrimoine vivant.
Vitaa, le phénix de l’urbain féminin se pose à Bertrix.

Charlotte (son prénom officiel, mais aussi le nom de son dernier album) a trois carrières… au moins. Dans un univers où les chanteuses ne font généralement pas de vieux os, l’urbain, Vitaa est l’une des seules figures stables, et ce depuis une vingtaine d’années. On pourrait même étendre un peu la période puisque ses premières collaborations avec Dadoo datent de 2001. Mais c’est en 2006 que le grand public la découvre grâce au duo percutant avec Diam’s dans « Confessions nocturnes », un titre qui est tellement marquant qu’il fut le sujet d’une parodie de Michaël Youn (« Mauvaise foi nocturne »). Profitant de cette vague, Vitaa sort son premier album solo, « A fleur de toi » et surfe ainsi sur le succès, trustant directement la première place des ventes en France avec plus de 60 000 exemplaires vendus sur la première semaine. En 2009, elle sort son deuxième album et quelques mois plus tard, elle se retrouve en première partie des trois concerts sur le sol français de Rihanna. Rien que ça madame… Ensuite, calme plat jusque fin 2013 où l’on voit apparaître son troisième opus qui contient notamment un duo avec Gims, encore appelé Maître à l’époque, « Game Over ». Une rencontre pas anodine du tout puisque Vitaa quitte son label des débuts pour celui monté récemment par Maître Gims (Monstre Marin Corporation). On lui reconnait alors une tendance à bercer vers un univers plus pop dès le 4e album. En 2017, son cinquième album, J4M contient plusieurs collaborations intéressantes. On y retrouve Jul, la patte de Stromae et un titre ensoleillé interprété avec Claudio Capéo (Un peu de rêve). Mais c’est sur la réédition qu’apparaît un duo qui va devenir marquant, « Je te le donne » avec Slimane, un autre coach rencontré à l’édition belge de The Voice. On connait tous la suite, l’album et la tournée « VersuS » cartonnent. En 2021, petite parenthèse qui propulse Vitaa dans un nouvel univers, l’album « Sorore » avec Amel Bent et Camelia Jordana. Pour enfin arriver à ce « Charlotte », dernier album sorti pour l’instant, en mode solo. Comme vous le voyez, Vitaa ne cesse de relever les défis, apparaissant là où l’on ne l’attend pas nécessairement. Cela c’est pour sa carrière, car derrière l’artiste se dessine également une femme coquette qui sait prendre soin de son apparence et ce malgré une vie familiale où Charlotte élève pas moins de trois enfants. Ce sont toutes ces versions, réunies en une seule enveloppe humaine, qui se sont présentées sur les planches du Baudet’stival le 13 juillet. Elle était attendue, elle n’a pas déçu, montant sur scène dans une tenue digne des ensembles portés dans les soirées niçoises. Face à elle, une place des 3 Fers pleine à craquer et deux ventilateurs géants. Vu la canicule du jour, ce n’est pas du luxe, d’autant qu’ils servent aussi à donner du mouvement à cette chevelure que Christophe Gillard, présentateur de Notélé, n’hésitera pas à comparer à la crinière d’une lionne (on concède que les lionnes n’en n’ont pas, ce sont les mâles qui se différencient ainsi… mais c’était pour l’image lié à son tempérament). Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Le Cabaret Vert 2025: H – 48

💙CABARET VERT 2025 C’EST PARTI, SOUS UN SOLEIL RADIEUX !☀️ Cette année, le Cabaret Vert s’ouvrira (c’est ce jeudi 14 août que résonneront les premiers sons) sous un ciel bleu éclatant et des températures parfaites pour vibrer, chanter, lire, débattre… et danser jusqu’au bout de la nuit ! Sortez les lunettes de soleil, la crème solaire, et préparez-vous à un week-end mémorable. 🎶 Programmation musicale Objectifs : Enflammer Zanzibar, retourner Greenfloor, chiller à Zion Club et tout casser à Razorback ! Retrouvez Queens of the Stone Age, Booba, Sean Paul, Bigflo & Oli, Idles, et des pépites venues du monde entier. Rock, punk, rap, électro, pop ou métal : il y en aura pour toutes les oreilles ! 📚 BD : Goldorak et Capitaine Flam’ en tête d’affiche ! Les bulles et les planches prennent vie avec des auteurs incontournables, des séances de dédicaces et des ateliers pour petits et grands. 🎥 Idéal Cinéma Une sélection audacieuse de films cultes, avant-premières et découvertes qui feront vibrer les cinéphiles. 🍻 Estaminet Entre deux concerts, détendez-vous à l’Estaminet autour de bières locales, de douceurs ardennaises et d’ambiances conviviales : Retrouvez les programmations de ces trois espaces, mais également des scènes musicales, sur le site www.cabaretvert.com 🕒 Infos pratiques Horaires d’ouverture : ➡️ HORAIRES D’OUVERTURE DU FESTIVAL : 📱 Suivez le direct : photos, annonces et surprises en live sur nos réseaux sociaux. Le Cabaret Vert n’attend plus que vous ! 🌿 Confestmag sera, vous l’aurez compris, encore une fois sur place et vous ramènera quelques articles et clichés de ce festival qui est devenu, au fil des années, l’événement de référence de cette région frontalière.
Un dimanche résolument Pop à Ere.

Pour son jour de clôture, l’édition 2025 du festival Les Gens d’Ere avait misé sur le productif Pascal Obispo et le toujours très festif Cali, deux représentants significatifs de la pop rock francophone. Mais ils n’étaient pas les seuls à défendre ce style de musique pour cette dernière journée de l’événement. Lovelace, Léon, Rori et Amir peuvent en effet être rangés dans ce même rayon musical, même s’ils ne partiront sans doute pas tous en vacances ensemble… Nous nous garderons bien de prendre parti dans la polémique qui s’est développée depuis mi-juillet suite au passage d’Amir dans deux festivals de nos contrées, mais nous ne pouvons passer sous silence le climat qui s’est développé autour de cette contestation et surtout les mesures qui ont dû être prises pour garantir la liberté d’expression, mais aussi la sécurité de chacun. Le chanteur a été mis à l’écart, sous haute surveillance, une escorte policière l’accompagnant lors de ses déplacements et même lors de sa prestation. C’est sans doute dommage d’en arriver à ce point-là, mais il faut souligner que le concert s’est déroulé sans incident, que le service de sécurité est resté assez discret et non dérangeant (pour le public, mais aussi pour nous qui avions l’autorisation d’occuper le front stage) et que les artistes qui ne partagent pas l’engouement pour sa venue se sont exprimés, chacun à leur manière, de manière fort correcte. En résumé, l’esprit du Les Gens d’Ere a été respecté, donc merci à vous tous d’y avoir contribué. Cet aparté terminé, occupons-nous de notre quatuor disparate en suivant l’ordre chronologique de la journée. La première à se présenter devant le public est Lovelace, ce petit bout de femme qui s’est fait connaître notamment grâce à un duo détonnant avec le grand Saule sur « Petite gueule ». Vous ne l’avez pas encore vue sur scène ? Vous n’étiez pas en festival cet été aux abords de chez nous alors, ou vous arrivez tard sur les sites, car Lovelace a fait les ouvertures de beaucoup de scènes. C’est en effet l’artiste découverte du moment, la chenille qui devient papillon…. Les Francos de Esch (Lux), la fête de la musique à Arlon, LaSemo, Dour, les Francos de Spa et donc Les Gens d’Ere. Voilà un beau planning, et une belle carte de visite du coup. D’autant qu’il lui reste encore à prendre part au Brussels Dance Festival (14/08), au Bucolique Festival de Ferrières (17/08), aux Solidarités (24/08), à l’Hyperlien (20/9) avant de reprendre le chemin des salles avec le CC de Braine-L’alleud le 27/09 et le Botanique le 03/10 dans le cadre de Francofaune. Catégorisée plutôt électro-pop pour ses influences (Billie Eilish, 070 Shake et Babysolo33), Lovelace se distingue par son écriture introspective. Ses titres « Hey Bitch » et « Par ici BB » font en effet écho à des expériences personnelles. Le premier est un coup de gueule contre ces personnes qui provoquent une insécurité permanente en rue par leur comportement et leurs réflexions déplacées, le second une sorte d’exutoire pour aborder le sentiment des gens qui se rendent comptent que leur amour est à sens unique. Le suivant dans notre short-list est Léon, alias Benoit de Delta. Cette scène, il la connait pour l’avoir déjà foulé, mais encore jamais en solo. Or, depuis la mise en application de son nouveau projet, Léon fait tout (ou presque) seul. Il compose, arrange, chante et se produit seul, usant de machines comme le loop qui permet de composer des boucles de sons. Son premier EP se nomme « Aïe » et vient de sortir, un mini album qu’il définit lui-même comme bipolaire car on y retrouve un tempo endiablé pour certains titres auxquels succèdent des balades beaucoup plus calmes. Léon – Benoit, mais où est le rapport se demande-t-on. Il y eut bien des papes qui ont porté ces patronymes, mais ici rien en rapport avec ce sujet. Léon est le deuxième prénom de Benoit Leclercq, mais aussi celui de son grand-père. Multi instrumentiste, Benoit, euh, pardon, Léon ferait bien la paire avec Lovelace côté écriture. Lui aussi va chercher dans son histoire, son vécu, ses attentes et déceptions le contenu de son œuvre. Le morceau à écouter absolument ? On irait naturellement vers « Sans Héritage » pour sa rythmique, son sujet (le choix d’avoir ou non des enfants et de l’assumer) et puis on s’y attache à force de l’entendre à la radio. La troisième à passer devant le public est une habituée du lieu. Enfin presque puisque Rori était déjà venue présenter ses premières créations en 2023. A l’époque, « Docteur » et « Ma place » étaient dans toutes les têtes. Il faut dire que l’album « Ma saison en enfer » est un bijou dont on ne se lasse de l’éclat. Depuis, Rori a sorti d’autres titres, comme « Looser » ou « Jalousie » et son premier single « C’est la vie » qui était sorti en 2021, retrouve une nouvelle jeunesse à chaque saison de la série télévisée «Trentenaires ». Mais son actualité tient en deux mots : nouvel EP. « Miroir » sortira en effet le 19 septembre. Omniprésente ces deux dernières saisons en festivals, la chanteuse hannutoise a un peu levé le pied ces derniers mois, peaufinant certainement ce nouveau bébé (je parle de l’EP). A Ere, c’était en effet sa première date belge de l’été. Elle était toutefois aux Francos d’Esch (Lux) et à Carbourg mon Amour (Fr). Premier festival de la saison en Wallonie disions-nous, pour Rori, mais pas le dernier. Elle sera en effet aux Solidarités (Namur) le 23 août. Décidément, on y retrouvera du beau monde au site Ecolys, avec Lovelace (sur ses terres), Léon et Rori dans le line-up. Le dernier du carré, Amir, sera, lui absent du festival namurois. Cheveux courts et sourire un peu crispé (on ne va pas vous refaire le récit des attaques dont il fait l’objet), c’est tout de blanc/écru vêtu qu’il apparait sur les planches. Qu’il semble bien loin ce temps où il se présentait, timide, devant les fauteuils du jury de The Voice. C’était en 2014. Amir allait atteindre la finale, mais terminer derrière Maximilien Philippe
Est-ce à Ere que Pascal Obispo a dit adieu au public belge ?

C’était dans l’air du temps, l’artiste ayant déjà abordé le sujet en début d’année, mais avec ses annonces à Colmar (29 juillet) et à Ere quarante-huit heures plus tôt, la nouvelle se matérialise : Pascal Obispo arrête la scène. Il ne dit pas qu’il va se retirer complètement de la vie publique et du monde de la musique, comme l’a fait un certain Jean-Jacques Goldman dès 2004. A vrai dire, la personnalité préférée des Français, JJG, n’a pas fait non plus table rase de son don pour la musique et surtout la composition puisqu’il a livré quelques ouvrages à des artistes de renom depuis lors (Patrick Fiori, Garou, Calogero, Sarah Brightman, …), mais il ne veut plus de projecteurs braqués sur lui, et n’entend plus reprendre de carrière solo. Pascal Obispo, lui, compte bien continuer à composer aussi, mais à chanter également. En fait, c’est le principe même des tournées qu’il remet en cause. Lassitude d’une part, soucis physique d’une autre, il faut dire que le premier hit de monsieur Obispo date de 1992 avec « Plus que tout au monde », rapidement suivi de « Tu vas me manquer ». Ces deux titres sont d’ailleurs absents d’une set-list où il a fallu faire des choix, tant le catalogue des tubes de Pascal Obispo est fourni, surtout si l’on ajoute aux titres interprétés par l’artiste ceux composés pour d’autres, et ceux issus de la comédie musicale « Les dix commandements ». Ainsi, « L’envie d’aimer » a réussi l’examen de passage, mais « Millésime » pas. Mais revenons sur le déroulement de la journée. Pascal Obispo est assurément la tête d’affiche du festival Les Gens d’Ere, et donc le chanteur la plus attendu du dimanche. Tout de blanc vêtu, l’artiste sort de sa loge entre deux averses. Nous sommes à quelques minutes de son show, le dernier sur nos terres apprendra-t-on un peu plus tard. Monsieur Obispo est étonnement détendu, plus que lors de certaines autres prestations nous semble-t-il. Il prendra même la pose pour un instantané avec quatre policiers. Sans doute l’un des derniers clichés d’avant concert sur le sol belge… Le début du concert, nous n’y assisterons pas, pour deux raisons. La première, c’est que notre créneau de prises de vues est prévu en fin de show. Avant cela, interdiction de se rendre en avant-scène. Et vous imaginez bien que sur la plaine, il n’y a plus beaucoup de places donnant vue sur l’estrade. La seconde… dame nature qui va déchaîner les éléments. Une première averse sévère de presque cinquante minutes avait déjà opéré une offensive un peu plus tôt en soirée, mais là, ce sont des cordes qui s’abattent sur Ere. La plupart des spectateurs, courageux, affrontent ces conditions climatiques désastreuses. Pour nous, qui avons encore le choix, la solution désignée est d’aller trouver refuge temporairement sous le chapiteau. Quelques minutes plus tard, la pluie cesse. Notre matériel photo, ainsi protégé, est prêt à reprendre du service, et l’ami Pascal approche tout doucement de la dernière partie de son spectacle. Il attrape un chapeau de cow-boy et entonne les premières notes de « Appelle-moi Johnny ». C’est le signal de départ pour nous. Les photographes entrent dans le front pour immortaliser la performance de Pascal Obispo. Entre deux morceaux, Pascal s’exprime, s’adressant de manière solennelle au public. Ce n’est pas son premier message de la soirée mais celui-ci va « claquer dans l’air comme un coup de révolver » (hommage à Cali dans son « Elle m’a dit »). « Nous voici réunis pour mon dernier concert en Belgique. J’ai encore une prestation en France après-demain, puis j’arrête…. ». Certains comprennent dernier concert de la tournée des trente ans, mais à Colmar, Pascal Obispo précisera encore son propos. Non, il ne parle pas de la tournée mais des concerts en général. Pascal Obispo confiera à la presse ressentir une certaine lassitude à l’idée de repartir en tournée : « Je ne me vois pas refaire toujours la même tournée, avec les mêmes chansons. Ça ne m’embête pas, mais je ne me vois pas repartir dans deux ans et refaire pareil.« Celui qui s’était maquillé en Joker pour une prestation aux Solidarités ne ferme toutefois pas définitivement la porte puisqu’il annonce qu’avec une très bonne idée, sa décision pourrait changer de camp: « Si je dois refaire une tournée, il faudra que je trouve un concept fort, sinon non. » En attendant, nous profitons de ces dernières minutes du chanteur, compositeur, musicien sur les planches du Les Gens D’Ere d’autant qu’il s’attaque à l’un des titres phares du taulier, « Allumez le feu » dont la parolière n’est autre qu’une complice habituelle de Pascal Obispo, la distinguée Zazie. L’ambiance est au top. Pascal peut clore ce chapitre de sa carrière avec un titre que d’autres interprèteront peut-être plus tard en pensant à lui, « Fan ». Retrouvez les clichés (validés) du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Joseph Kamel, quand simplicité rime avec efficacité.

Né en Egypte, Joseph Kamel migre vers la France à l’âge de 13 ans. A ce moment, il est déjà atteint du virus de la musique, pratiquant l’oud (un instrument à cordes pincées originaire du Moyen-Orient) depuis ses 8 ans et s’intéressant rapidement à la MAO (musique assistée par ordinateur) mais aussi à la guitare. De ses paroles même, l’organisation du spectacle de fin d’année de son école l’intéressait alors plus que ses études. Il est à ce moment musicien, mais s’attarde de plus en plus au jeu de l’écriture. Il est d’ailleurs l’une des pièces maîtresses du succès de Pierre Garnier puisque le tube « Ceux qu’on était » fut écrit par son interprète actuel et … Joseph Kamel, peu de temps avant le départ de Pierre pour la Star Ac’. Cela c’était en 2023, mais Joseph Kamel a attiré les spots du succès un peu plus tôt déjà, grâce à une autre émission télévisée, The Artist. Joseph Kamel, malgré une discrétion et une retenue hors pairs, s’y illustre au fil des étapes. Il n’y remportera pas le trophée mais s’y forgera un nom. Nous sommes en 2021. Le public de l’émission l’a remarqué, et apprécié, mais le programme n’a toutefois pas l’aura de The Voice. Joseph Kamel n’est donc pas propulsé directement sous le feu des projecteurs à grands coups de marketing. Par contre, il se trouve un parrain artistique de choix en la personne de Julien Doré qui l’invite sur sa tournée 2022. Le discret Joseph sort de l’ombre encore un peu plus. Il est donc temps de fournir au public un support sous la forme d’un premier album intitulé « Miroirs ». On y retrouve des collaborations avec Julien Doré, évidemment, mais aussi Mentissa, une autre étoile montante de la scène francophone. Avec cet album, Joseph Kamel investit les ondes radios au point d’être intronisé dans la troupe des « Enfoirés ». « Tu vis », « Beau », « Ton regard » et surtout « Celui qui part » sont autant de titres qui font mouche. Hors des planches, s’il ne passe pas inaperçu par sa taille (2,00 m), Joseph Kamel ne montre aucun signe extérieur de « starisation ». Il se balade calmement, le bonnet sur la tête, regard bas, toujours habillé dans un style classique (tee-shirt pantalon). Sur scène, on voit que l’homme (il a désormais 28 ans) a pris de l’assurance depuis son premier passage télévisé. Sa voix est toujours aussi prenante, ce qui ne gâche rien, mais sa gestuelle, ses messages à l’assistance et ses déplacements montrent qu’il a désormais fait des planches une seconde résidence. Vous l’avez manqué aux Les Gens d’Ere et à Ronquières, ou vous l’avez apprécié et vous en voulez plus ? Joseph Kamel repassera par la Belgique en juin 2026, en salle cette fois. Ce sera le 05/06/26 au Cirque Royal. Ne tardez pas à prendre votre sésame car Joseph Kamel compte de nombreux fans et sa communauté ne cesse de grandir. Rien ne dit que la salle n’affichera pas complet bien avant la date du concert … Retrouvez les clichés (validés) du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Les Gens d’Ere en mode international.

Le festival lié au petit village d’Ere grandit progressivement, au moment même où beaucoup d’autres événements doivent jeter l’éponge. Il faut dire que les coûts liés aux assurances, aux locations de matériel mais surtout à la venue des artistes (cachets, mais aussi tous les frais annexes comme la prise en charge, le logement, les désidératas de certains…) explosent. A Ere, les organisateurs ont su garder la barre stable, preuve en est la réussite de cette nouvelle édition. Ils ont même passé un cap en attirant des artistes internationaux venus d’horizons un peu plus éloignés qu’à l’habitude. On avait déjà vu (et entendu) de nombreux Français (Zazie, Black M, Kyo, Matmatah …) et quelques Suisses (Mosimann notamment), mais cette fois, si nos presque voisins Helvètes nous ont « prêté » Léman, on a aussi pu assister aux performances d’un rappeur canadien, Fredz, et d’une star anglaise mondialement connue puisqu’elle a fait partie du girl band le plus renommé, les Spice Girls. Alors, comment Les Gens d’Ere ont-ils pu attirer, en exclusivité nationale qui plus est, Mel C ? « L’agent de Mel C s’occupe aussi d’Henri PFR (l’un des habitués du festival). Il nous a proposé cette opportunité. Au départ, elle devait se produire lors de deux dates dans nos contrées, l’autre étant à Tomorrowland, mais les calendriers de l’artiste et du célèbre festival house ne s’accordaient pas, donc nous avons finalement une exclu » commente Gwen Vanzeveren, le président du Les Gens d’Ere. Mel C n’est pas venue avec ses comparses des Spice Girls, vous vous en doutez, même si certains rêvent de voir, même pour un soir, la reformation du groupe, mais bien avec son concept actuel, madame étant désormais un DJ de renom qui a sa résidence au Pacha d’Ibiza, comme un certain David Guetta ou Robin Schulz. A vrai dire, nous n’avions pas été visionner sur internet les vidéos de ses sets. Nous étions donc curieux. Nous n’avons pas été déçus d’avoir attendu la fin de soirée (même si cela nous coûtera quelques minutes à la sortie du parking) car Mel C a assuré le show. Tout d’abord au niveau du choix des morceaux. On est fan. C’est électro, parfois un peu techno, mais sans hard style. Elle y glisse quelques remixes de morceaux pop des 90’s et 2000’s dont elle connait par cœur les paroles. Les enchaînements sont fluides, et à 51 ans, l’artiste est très bien conservée, ce qui ne gâche rien. Elle peut en effet se permettre un short court, modèle running, avec un top sportif. Vous saupoudrez le tout d’un jeu de lumières assez intéressant et vous êtes à deux doigts de vous imaginer au bord de l’océan, sur la plage d’une célèbre discothèque de l’île aux plaisirs. Seule différence notable : le prix des cocktails. A Ibiza, c’est hors de budget ! La page internationale du vendredi étant tournée, il restait celle du dimanche. Double cette fois, comme expliqué ci-dessus. Le premier non frontalier à prendre le micro est Léman, un artiste franco-suisse (mais qui se présente lui-même comme Suisse, étant originaire de Genève) mêlant rock, électro, métal et rap. Il se dit influencé par des groupes comme AC/DC et Radiohead, mais aussi Orelsan et Stromae. On retrouve d’ailleurs un peu de l’écriture malicieuse de ces deux derniers cités dans certains morceaux de Léman. On vous conseille vivement JVQTSM. Sa plume acide est délicieuse. En voici un extrait « Sur ta tombe, quelques fleursUn peu fanées, elles vont te plaireMême si je t’ai dans mon cœurJ’te préfère six pieds sous terreC’est ni tout noir, ni tout blancC’est pas gentil d’être méchantOn ira tous au paradisMême moi, mon ami » L’artiste peut se montrer engagé comme dans son premier titre « Les plus bornés », qui pourrait se lire autant que s’écouter tant le texte est prenant, mais peut aussi, à l’inverse, apparaître très détaché. Il a en effet proposé un cover de « La danse des canards » en adaptant le tempo. Et oui, avec Léman, on peut passer par toutes les émotions, tous les styles. L’homme aborde des sujets de société, mais aussi des problèmes plus personnels comme l’alcoolisme d’un membre proche de sa famille dans « On attend ». A découvrir. Et si vous voulez encore quelques points de comparaison, Léman aurait aimé pouvoir travailler avec Daniel Balavoine, Johnny Hallyday et Jeff Buckley. Vous voulez voir par vous-mêmes ? Pas de problème, Léman, accompagné de Cyril et Estelle, ses musiciens, sera aux Solidarités (Namur) ce 23 août. On termine ce volet international avec l’artiste qui a effectué le plus long déplacement (en théorie) puisqu’il vient du Canada (Montréal – Québec). C’est d’ailleurs un beau clin d’œil qu’il fera au public en reprenant « Parce qu’on vient de loin » de Corneille. Frédéric Carrier, alias Fredz, est encore jeune (23 ans) mais cela fait déjà 7 ans qu’il a été repéré par K.Maro, l’interprète de « Femme like U » mais surtout fondateur des labels East 47th Agency et Winema Brands. Frédéric expliquera d’ailleurs en interview que lors de sa première rencontre avec K.Maro, il ne savait pas qui c’était. C’est sa maman, après l’entretien, qui lui a révélé qui se trouvait en face de lui. Désormais, Fredz dispose de trois albums dans sa discographie. « Personne ne touche le ciel » (2020), « Astronaute » (2022) et « Demain il fera beau » (2024). Ayant débuté durant « les années Covid », Fredz fait partie des artistes qui ont dû compter sur les réseaux sociaux pour se faire connaitre. Cela lui a plutôt bien réussi puisqu’il compte des millions de streams et qu’il est largement diffusé sur Tik Tok et Spotify. Son écriture est puissante. Voici un extrait de « Mauvais rêve », l’un des titres porteurs de son dernier opus. « 3 heures du mat, j’écris mes chagrins sur des avions de papierComme ça, si moi je reste embarré mes mots pourront peut-être s’évaderAllez leur dire que si y’a du bruit dans la cage d’escalierC’est moi qui chante toute ma vie ce couplet en décalé, ça faitNoir gris rouge c’est les couleurs de ma peineY’a un monstre, y’a un monstreQui s’est caché dans ma têteIl faut pas qu’il touche
Pour un été ensoleillé, destination Cali…

Ne rêvez pas trop, on ne vous emmène pas en Colombie ! Cali est bien la troisième ville la plus peuplée de ce pays sud-américain, capitale du département de Valle del Cauca, mais c’est aussi le nom de scène de Bruno Caliciuri, un auteur-compositeur-interprète et écrivain français né le 28 juin 1968 à Perpignan. Et oui pardi, Perpignan c’est dans le sud. Ce sud, Cali l’apprécie et le défend bec et ongles, lui qui n’a jamais occulté ses origines méditerranéennes (son grand père était Italien, le reste de sa famille Espagnol, et plus précisément Catalan). Mais Cali a toujours trouvé du plaisir à venir se produire en Belgique, ce pays dont il possède des faux papiers (c’est lui qui le dit). D’ordinaire, les artistes qui se produisent en festival viennent pour défendre un nouvel album, que celui-ci vienne de paraître ou qu’il soit en passe de sortir dans les bacs (si l’on peut encore utiliser cette expression). Avec Cali, ce n’est pas nécessairement le cas. Contrairement à Pascal Obispo qui a annoncé son intention de mettre un terme aux représentations scéniques, tout en voulant perdurer dans son œuvre créative, Cali prend véritablement vie sur les planches, même s’il n’a aucun support à promouvoir. La rencontre avec le public, c’est ça son kif. Un concert de Cali, cela se vit, cela se danse, cela se chante, cela se transpire. C’est le cas de beaucoup de prestations, heureusement, mais ici, l’artiste donne véritablement de sa personne, se blessant d’ailleurs à plusieurs reprises au cours de ses prestations (et notamment aux Solidarités quand le festival se déroulait encore à la Citadelle). Ce dimanche, en arrivant dans les backstages, Cali paraissait fatigué et un peu malade. « En Belgique, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours envie de faire la fête » commentera-t-il en arrivant. « J’aurais peut-être dû lever un peu le pied hier… » renchérira-t-il sourire au coin des lèvres. La plupart des chanteurs/chanteuses auraient opté, dans ces circonstances, pour un repos réparateur à l’hôtel jusqu’à quelques minutes du show. Mais Cali n’est pas fait de ce bois-là. Monsieur Cali tient à saluer toutes les personnes présentes (organisateurs, bénévoles, journalistes, photographes, service de sécurité et techniciens) et à accueillir personnellement ses invités. C’est en effet une sorte de carte blanche qui était proposée à l’artiste par les organisateurs de Les Gens d’Ere. Finalement, Bruno aura envoyé quatre cartons d’invitation et comme l’homme est très apprécié, ses hôtes n’ont pas refusé. On retrouvera ainsi sur les planches, à ses côtés, Antoine Delie, Noé Preszow et la charmante Charles (nous n’avons pas l’identité du 4e convive). Durant tout l’après-midi, Cali a donc enchainé les conversations, interviews et séances photos tout en gardant sa bonne humeur légendaire. Mais allait-il pouvoir assurer en soirée alors qu’une pluie battante s’invitait sur le site du festival ? En quelques secondes à peine, nous sommes rassurés. Cali est énergique, souriant et motivé. Et comme son show se déroule sous le chapiteau, l’ondée passagère laisse place au rayonnant Cali. Ceux qui ont déjà participé à l’un de ses concerts savent que l’homme n’hésite jamais à descendre dans la foule, ou plutôt sur la foule, porté à bout de bras par une assistance qui reprend en chœur les refrains de ses plus grands succès, mais aussi un titre de U2 qui s’immisce intelligemment dans le set, tel un mashup radiophonique. Avec Cali, la folie est à porté de doigts. Nous ne sommes plus à Ere, où il pleut, nous sommes à Caliland, sous un soleil bienveillant. Cali grimace, joue de la guitare, saute, embrasse (objectifs et invités) et danse même un slow avec une fan avant de faire monter le public sur scène. Cali n’a pas sorti de nouvel album studio cette année (le dernier album est une compile, 20 ans d’amour parfait, sorti en 2024), mais il a marqué les esprits de ceux qui l’ont (re)vu en concert. Il n’a certes pas la voix ni l’aura de Johnny, mais il en a le sens du spectacle et de l’humilité. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Lemon Straw et Puggy apportent la touche anglo-saxonne à Ere.
Les organisateurs du festival Les Gens d’Ere n’ont jamais caché leur attrait pour la langue française et la promotion des artistes locaux, essayant au maximum de mettre en avant les artistes défendant la langue de Molière, qui plus est s’ils sont issus de la Wallonie Picarde. Mais le festival se veut aussi ouvert à différents styles musicaux et différentes cultures, ce pourquoi l’affiche ressemble souvent à une sorte de rubik’s cube où chaque choisit sa couleur musicale ou sa ligne de style, les plus « gourmands » pouvant même s’offrir le menu complet puisque les deux scènes principales jouent en alternance. Un groupe néerlandophone, issu du nord du pays, a d’ailleurs été invité pour clôturer cette édition, les Truttes. Nous n’avons malheureusement pas de clichés à vous proposer, notre retour s’effectuant juste avant l’affluence liée à la sortie de la prestation de Pascal Obispo. Mais la langue la plus usitée en musique reste, vous l’imaginez bien, l’anglais (bien que l’espagnol touche énormément de populations également) pour son universalité et ses sonorités rock notamment. Ykons et Aucklane, qui se sont produits vendredi et dont nous vous avons déjà parlé dernièrement, produisent d’ailleurs leurs compositions dans la langue de Shakespeare. A ce propos, une partie du public attend d’ailleurs que Renaud (Godard) et sa bande tentent une expérience en français… ça, c’est dit. Revenons à nos sheep (moutons) avec deux groupes anglophones qui ont plus de points communs qu’il pourrait y apparaître à première vue, Puggy et Lemon Straw. -Tous deux sortent donc leurs compos en anglais. -Ils sont composés de plusieurs musiciens mais leur leader est charismatique, Matthew Irons pour Puggy, Giani Sabia pour Lemon Straw. -Ces chanteurs leaders ne sont nullement exubérants, que ce soit sur scène ou dans leur vie privée. -Le style musical s’apparente à de la pop-rock où l’orchestration s’équilibre parfaitement avec la voix du ou des chanteurs (les musiciens peuvent intervenir dans les chœurs). -Les deux groupes se sont formés avant 2010 et ont donc plus de 15 ans d’existence (2004/2005 pour Puggy, 2008 pour Lemon Straw). -Ils sont actuellement en tournée des festivals avec de nouveaux singles (ils étaient d’ailleurs tous les deux au Baudet’stival). Pour Puggy, ils sont regroupés dans l’EP « Radio Kitchen », pour Lemon Straw, il y a notamment « Jump » et « Mystery Train » -Leur nouvel album devrait sortir très bientôt (octobre 2025). Puggy a en effet confirmé que c’est durant ce mois d’octobre que sortirait enfin cet opus attendu depuis tant de saisons (« Colours » date de 2016) et la soirée de présentation de « Jump », nom du nouvel album de Lemon Straw, est programmée au 17 du même mois (à Saint-Ghislain). -Leur prochaine salle bruxelloise est déjà bookée. Pour Puggy, ce sera le 28/11/2025 à Forest National, pour Lemon Straw, il faudra attendre le 03 octobre …2026 à l’Ancienne Belgique. Côté news, on notera que le batteur habituel de Lemon Straw, Martin, s’est blessé au bras droit fin juin. C’est Jean Prat qui le remplace pour cette tournée d’été. Le nom du groupe ne semble pas si évident à retenir non plus, Bruno, le présentateur officiel de l’événement ayant annoncé Lemon street. On le rassure, cela arrive à tous, ou presque, de bafouiller à un moment donné, et Giani, attentif, a vite corrigé l’erreur. Voici quelques clichés de la prestation de ces deux groupes aux Les Gens d’Ere mais vous pouvez retrouver toutes les photos du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Pour la déconne, demandez Poulycroc et Julien Granel.

Figure bien connue de Wallonie Picarde, le groupe Poulycroc a effectué plusieurs passages, déjà, par Ere. Mais cela faisait dix ans que le collectif ambianceur n’avait plus effectué un crochet par le festival Les Gens d’Ere. Ce vendredi 25 juillet était donc attendu par les festivaliers, mais aussi par les nombreux membres du groupe qui trépignaient d’impatience de (re)rencontrer leur public. D’entrée de jeu, le ton est donné avec une BO aux sonorités de Star Wars (la Guerre des Etoiles chère à Georges Lucas) mais dont les paroles ont, vous vous en doutez, été modifiées. Au point de clôturer cette intro par le célèbre « Que la force soit avec vous », ou plutôt ici « Que la farce soit avec vous ». Rentrent alors sur scène un nombre impressionnant d’artistes (sont-ils douze, treize ou quinze ?). Cela court, danse, saute, chante… un peu partout. Difficile de porter son attention sur une personne en particulier. Certains se distinguent évidemment par leur carrure, leurs spécificités vestimentaires (et oui, l’un des chanteur portait un kilt), leur énergie (on a trouvé la version humaine du marsupilami), mais tous sont auréolés d’orange. Au programme, tous les titres les plus festifs du répertoire francophone, mais aussi des incontournables en italien, anglais et même espagnol. Entre le Grand Jojo et Annie Cordy, difficile de choisir, alors Poulycroc met le paquet pour enchaîner le maximum de refrains. Ils ne s’arrêtent jamais ! On peut même vous dire qu’en backstage, c’est Petit Papa Noël version chorale d’été qui a été filmé pour les réseaux sociaux. Et oui, c’est délicieusement décalé avec Poulycroc. A nos combattants orange la force du nombre, mais Julien Granel combat, lui, la morosité sans compagnon d’arme. C’est en effet seul qu’il se présente sur les planches. Seul avec ses synthés. Mais par contre pas seul dans la tête. On dirait même qu’ils sont très nombreux sous cette tignasse colorée. Il faut dire que Julien est tombé en admiration de la folie de Mika dès ses 12 ans, découvrant ensuite Queen, David Bowie, Elton John et Prince avant de s’intéresser à des compositions plus électro comme celles de Jamiroquai. S’il peut paraître en marge de la société actuelle, ou tout du moins décalé, de par sa liberté créatrice mais aussi le style peu académique de ses tenues, que l’on pourrait qualifier de kitch, Julien Granel n’en demeure pas moins un réel talent qui a montré des prédispositions dès le plus jeune âge, récoltant au passage un premier prix de conservatoire. Et oui, cette bête de scène qui se lâche à chaque prestation maîtrise drôlement son sujet, en fait. Et pourtant, lorsque les projecteurs sont éteints, l’homme reste fidèle à son personnage, abordable, jovial et disponible. Si Vincent, le responsable de l’accueil des artistes pour le festival, n’est pas peu fier d’avoir pu repérer Julien Granel au bon moment, c’est qu’il faut assister à de nombreuses prestations, multipliant les déplacements jusqu’à la capitale (c’est là que se trouvent la majorité des salles de spectacles) pour tomber sur une telle perle. Good job Vince. Mais revenons au phénomène Granel. Son titre « Plus fort » a tourné en boucle pendant des mois. « Tant qu’on jouePeu importe de gagnerLa vieC’est additionner les annéesEt tant pisY aura des jours sans des galèresDes soiréesQui f’ront venir le soleil en pleine nuitJe t’aimeAutant le dire comme le monde n’attend pasDis-leur que l’avenirSe fera pas sans moi Des couleursIl en faudra Laisse passer la tempête on est plus fort que çaPlus rien nous arrête on est plus fort que çaLaisse passer la tempête on est plus fort que çaPlus rien nous arrête on est plus fort que çaPlus fort Plus fort » Nous ne sommes pas sur une recherche métaphysique ou un plaidoyer particulier, mais juste sur un morceau festif qui dit qu’il faut profiter du moment présent et que même si nous connaissons des périodes sombres, il y aura aussi du bon, qu’il faut se battre et y croire. C’est simple, répétitif, mais c’est le principe de la pop british qui plaît tant à l’artiste et à beaucoup d’entre nous, avouons-le. Côté ambiance, c’était donc top. Pour les photos, on ne peut pas dire que la tâche fut aisée pour nous, car les spots saturés, cela grille les clichés. On a quand même pu vous ramener quelques moments capturés de cette prestation mémorable. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.