Liège, capitale d’un jour du rock symphonique.

Prenez un orchestre symphonique composé de cordes (violons, violoncelles, …), de cuivres et de percussions, ajoutez-y un trio à consonance résolument rock (basse, guitare et batterie), des chœurs puissants et des artistes vocaux (deux chanteuses et un chanteur) que vous mettez à disposition d’un étrange chef d’orchestre qui casse les codes habituels du genre et vous voilà avec la structure visible du Prime Orchestra. Le concept n’est certes pas tout nouveau, Prime Orchestra étant actif dans le milieu depuis 2014, mais ces précurseurs du genre « rock symphonique » ont la bonne idée de renouveler leur spectacle régulièrement, tout en conservant une qualité d’interprétation non négligeable. Sur cette dernière décennie, ce band d’origine ukrainienne a en effet proposé une vingtaine de shows divers pour plus de mille représentations dans la plupart des pays européens. C’est au Forum de Liège que le Rock Sympho Show IV entamait sa virée belge. Enfin, disons que la cité Ardente a eu cette fois la primeur, les autres villes de notre plat pays qui auront le privilège de pouvoir accueillir l’impressionnante formation classico-rock (Anvers, Bruges et Gand) devant patienter jusque début janvier 2026. Ceux qui ont déjà vu des vidéos ou assisté à un show précédent n’ont pas été surpris par l’agencement de l’espace scénique, mais les autres … peut-être. Ce sont en effet plus d’une trentaine d’artistes qui vont se produire devant le public, de concert comme le définit l’expression consacrée (soit en même temps). Et oui, vous ne rêvez pas, le Prime Orchestra voit grand. Presqu’autant d’ailleurs que les écrans qui apportent le support visuel à ce concert qui s’apparente du coup à un véritable show audio-visuel. Au programme, le nom l’annonce, il y aura du rock, mais « adapté » à la sauce classique. Pourquoi se priver du talent de tous ces musiciens, il est vrai ? Malgré une configuration proposant uniquement des places assises, le public va rapidement adhérer au concept alternant les morceaux instrumentaux adaptés par les sections symphoniques et les incontournables « anthems » du rock sur lesquels nos chanteu(se/r)s vont donner de la voix. Il faut dire que le chef d’orchestre est un personnage qui ne passe pas inaperçu. Même sans parler (les parties de présentation en français sont diffusées sous le principe d’une voix-off), on comprend de suite ses intentions et ses attentes. Le spectacle n’est certes pas complètement interactif, le public ne choisissant pas ses morceaux, mais l’assistance occupe un rôle non négligeable puisque c’est elle qui définit le degré d’ambiance. Et l’on peut vous dire qu’à Liège, malgré une date hivernale, le mercure a grimpé en flèche en à peine quelques minutes. Le cadre, vous l’avez donc puisque l’on vient de l’accrocher au mur. Mais cela ne vous avance pas plus sur le line-up proposé. On ne va pas vous énumérer tous les morceaux joués ce soir-là, mais je suppose que Scorpions, AC/DC, System Of a Down, Queen, Evanescence, Pink Floyd ou encore Kiss ne sont pas des termes totalement étrangers à votre vocable musical. Voici donc le genre de surprises qui vous attend si vous vous rendez un soir à l’une des représentations de ce Rock Sympho Show IV. Au fait, nous avons particulièrement apprécié l’interprétation et la mise en scène du morceau « Zombie » des Cranberries, l’énergie déployée sur « Personal Jesus » de Depeche Mode et cette ambiance prenante sur l’emblématique « Enter Sandman » de Metallica, mais la salle était aussi très heureuse de pouvoir chanter à tue-tête sur du Coldplay. Le bémol dans cette belle mélodie, c’est qu’il vous faudra désormais vous exiler temporairement chez nos voisins linguistiques du nord pour profiter des dernières représentations sur le territoire belge. A Anvers le 05/01/2026 (Stadsschouwburg), à Bruges le 06/01/2026 (Concertgebouw) et à Gand (Capitole) le 07/01/2026. Renseignements et billeteries accessibles via https://prime-orchestra.com/ ou les salles concernées. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.
Roch Voisine nous revient avec Hélène 35.

Comme son nom le laisse présager, cette tournée célèbre (déjà) les trente-cinq années de la sortie du méga tube planétaire « Hélène », cette balade qui a permis à Roch Voisine, un beau canadien qui était destiné à devenir hockeyeur professionnel mais qu’une blessure en fin d’adolescence va finalement conduire sur scène, de se frayer une belle place au hit-parade. Avec Hélène, Roch Voisine devient en effet le premier Canadien à atteindre le sommet du Top 50 (qu’il maintiendra durant 9 semaines), juste avant la déferlante des amateurs de sirop d’érable que sont Bryan Adams, Céline Dion ou encore Garou. Restait à savoir si le brun ténébreux allait tenir le cap avec d’autres titres, car à cette époque, il n’était pas rare d’entendre un artiste cartonner avec une chanson estivale, puis disparaître tout aussi vite quelques mois plus tard. Avec Roch Voisine, rien de tel. Les morceaux et les albums vont se succéder. Selon l’artiste, ce sont près de 300 chansons qui figurent sur sa liste, dont 250 ont été publiées. Il n’est donc pas étonnant de le voir encore remplir les salles plus de trois décennies plus tard. Certes, le public a pris quelques rides, mais il est toujours composé principalement de dames, fans de la première heure (NDLR : certaines avaient ressorti le tee-shirt de la tournée originale) qui n’ont jamais tourné le dos à cet homme qui « reste bien de sa personne » (dixit certaines des plus acharnées). Petit gilet sans manches noir, tee-shirt noir, jeans…noir. Le chanteur reste sobre. En fait, il ne change presque pas. Vous vous doutez bien que le titre tant attendu sera servi en dessert. Mais avant cela, de nombreux airs vont égayer la soirée du public. Pour l’occasion, l’auteur-compositeur-interprète, acteur et animateur de télévision canadien d’origine brayonne n’est pas venu seul. Deux guitaristes (Jeff Smallwood et Jason Lang), un bassiste (Jean-Sébastien Baciu), deux choristes, une batteuse (Emmanuelle Caplette) et un claviériste (Gabriel Betrand-Gagnon) ont fait le voyage pour proposer un show du meilleur acabit. Après trente minutes énergiques, Roch s’assied sur l’avant-scène, guitare à la main, pour un solo repris en chœur par l’assistance. Et oui, c’est l’une des nombreuses balades du spectacle, l’un de ces airs romantiques qui caractérisent le chanteur. Pendant qu’il s’installe, la salle entonne un « Joyeux anniversaire » un peu tardif. Et oui, c’était le 26 mars. Qu’à cela ne tienne, l’artiste semble apprécier, lançant en boutade « Merci de me rappeler ». Jason Lang et Jeff Smallwood viennent rejoindre leur boss pour une adaptation rythmée de « Ton idole » ; puis c’est Gabriel Betrand-Gagnon qui vient lui aussi participer au rassemblement sur cette avancée, histoire d’accompagner musicalement, à l’accordéon, « La promesse », un morceau que Roch Voisine a adapté pour cette date en mentionnant qu’il l’attendra… à Liège. Exit B-G au profit de Jean-Sébastien Baciu et de sa basse pour l’un des autres grands standards de l’ex hockeyeur, « Tant pis ». Le forum se mue alors en karaoké géant. On se croirait presque à un concert de Patriiiiiiick (Bruel), l’assistance couvrant la voix du chanteur. Finalement, les trois dames du groupe (deux choristes et une batteuse) se joignent à la troupe pour une ultime chanson sur cette avant-scène avant que Roch ne livre une anecdote aux accents bien québécois. Il va en effet raconter quel fut le moment où il a eu « la plus grosse chienne ». Ne vous offusquez pas, il s’agit là d’une expression d’outre atlantique signifiant juste qu’on a un immense trac. Comme ce jour où il a dû chanter une chanson de la diva devant Céline Dion herself. Le morceau choisi, « Et je t’aime encore » (paroles de JJ Goldman quand même) permet à Roch Voisine de prouver qu’il a encore un bel organe, et je parle ici de sa voix évidemment mesdames. Après « L’homme du nord », tout le monde se lève. Et oui, ça y est, elles craquent. Les voilà obligées de danser tout en reprenant telle une chorale les refrains de tous les airs proposés. Certaines sont même capables de chanter les couplets sans accrocs. Si « N’oubliez pas les paroles » était réservé aux chansons de Roch, on aurait là de fameuses candidates. On va un peu lever le pied côté récit de notre côté, laissant les fans découvrir le spectacle, d’autant que pour les retardataires, Roch Voisine organise une séance de rattrapage à Charleroi (le 09 avril au Palais des Beaux-Arts) et à Lille (le 10 avril au Grand Palais). Au programme, tous les titres décrit ci-dessus, plus Kissing Rain, Oochigeas, Tout me ramène à toi, Jean Johny Jean, Avant de partir, Darling et bien d’autres dont l’incontournable Hélène évidemment.
Machiavel

Machiavel a survolé le Forum de Liège et presque cinquante ans de carrière en cent vingt minutes de pur bonheur classic rock Après un Cirque Royal triomphal et une tournée qui se poursuit aux quatre coins de la Belgique, Machiavel s’est produit vendredi dernier au prestigieux Forum de Liège. Une date importante de la tournée, où le groupe a de nouveau fait montre de mille qualités en offrant une prestation mémorable. C’est un Forum bien garni, quasi sold out, qui attendait avec une grande impatience ses héros ce 7 avril. Et disons le tout de suite, Machiavel n’a pas déçu. Avec une setlist proche de celle du Cirque Royal, le groupe a tôt fait d’emballer son public charmé par son rock intemporel, sublimé par un son exceptionnel. Car il faut reconnaître que l’acoustique du Forum de Liège est purement excellente. Un peu en retenue sur les deux premiers titres, le temps de chauffer sa voix sans doute, Kevin Cools atteint rapidement son rythme de croisière et la foule lui emboîte le pas dès Over The Hill, suivi du titre Magical Mess tiré du nouvel album Phoenix, et déjà devenu un classique, comme en témoigne son accueil à l’applaudimètre. Le concert est lancé, l’ambiance ira crescendo et ne retombera plus. Certains titres seront magistralement interprété ce soir comme cette version émouvante de Cheerlessness chanté par Marc Ysaye et dédicacé à sa compagne, et en fin de set une version énorme d’ After the Crop qui m’a arraché une petite larme. Ce titre est une merveille. Comme c’était à prévoir, Rope Dancer chanté en hommage à Mario, et Fly ont soulevé le public comme à chaque fois, avant un rappel incendiaire où le duel de guitares entre Christophe Pons et Kevin Cools dans Lay Down sert de point d’orgue et de final épique à un show remarquable de bout en bout. Si vous désirez plus de détails sur le déroulement du show je vous renvoie à mon article sur le Cirque Royal paru précédemment dans nos colonnes. Cette fois, pour orienter un peu différemment le cours de cet article j’avais décidé de prendre la température auprès du public et de recueillir quelques réactions à chaud en demandant à plusieurs spectateurs ce qui leur avait plu dans le show, et ce qui d’après eux, pourrait encore être amélioré pour le futur. Tous les spectateurs interrogés témoignent unanimement d’un grand respect pour le nouveau frontman Kevin Cools dont ils trouvent la voix purement incroyable, et se rejoignent sur le fait que cette tournée est celle de la renaissance, et promet de bien belles aventures futures. Quand aux choses à améliorer, certains citent l’apport éventuel de projections en fond de scène durant le show, une setlist qui permettrait d’aller pêcher plus d’anciens titres remaniés, et quelques remarques amusantes sur le look en jeans de Kevin que certains trouvent trop sage et un peu terne, en comparaison avec celui plus excentrique de Mario. Ce ne sont bien entendu que des réactions toujours bienveillantes et prises sur le vif, émanant de fans qui étaient unanimement conquis par le concert auquel ils venaient d’assister. Après le concert le groupe a tenu comme à son habitude à venir rencontrer ses fans pour une sympathique séance de dédicaces, qui à chaque fois démontre à quel point Machiavelrespecte son public, qui le lui rend bien. Marc, Kevin, Christophe, Roland et Hervé ont encore frappé ! Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman – Wizfabphotos Retrouvez toutes les prochaines dates de Machiavel en concert sur le site du groupe icihttps://machiavel.be/ Article partagé en collaboration avec Branchés Culture.com. Retrouvez l’article original via ce lien : https://branchesculture.com/2023/04/10/machiavel-a-survole-le-forum-de-liege-et-presque-cinquante-ans-de-carriere-en-cent-vingt-minutes-de-pur-bonheur-classic-rock/ https://www.youtube.com/watch?v=rx_uJvpF9dE