La crise fait rage, mais le monde du spectacle ne jette pas l’éponge.

La dernière page de 2025 n’est pas encore tournée que certaines affiches du prochain millésime dévoilent déjà de beaux noms. Pourtant, en rues, la population belge gronde. L’avenir ne semble pas radieux avec le blocage de l’index sur les salaires et l’augmentation de la T.V.A. sur de nombreux « services » dont les spectacles. Il faudra sans doute revoir votre budget festival à la hausse donc, car outre le prix du ticket, l’offre de nourriture/boissons et les logements (camping compris) vont également être impactés. Mais dans un tel climat de tensions, nous avons d’autant plus besoin de ces petites bulles d’oxygène constituées par les moments d’évasion qu’un festival culturel peut apporter. Voici donc quelques pistes avec les artistes déjà annoncés histoire d’éclairer un peu votre chemin vers l’été malgré la noirceur actuelle. Notez qu’il s’agit bien d’une vue à un moment T. Il est normal que certaines affiches soient encore vides ou partiellement remplies seulement, plusieurs festivals cités ici se dérouleront seulement fin août, soit dans 9 mois… Luxembourg : -Francofolies de Esch/Alzette (12/06 au 14/06) L’édition luxembourgeoise des Francos est devenue une référence du paysage festivalier européen, et à ce titre, sa programmation est désormais très attendue. En voici déjà quelques traits : Vendredi 12 juin : Feu ! Chatterton – Macklemore – Miki. Samedi 13 juin : L2B – Niska – PLK. Dimanche 14 juin : Gims – Héléna. –LuxExpo Open-Air (01/07 au 14/07) Exit le concept de festival offrant plusieurs artistes sur une même journée pour la version opposée à savoir profiter d’une giga scène plusieurs soirs d’affilée avec des grosses pointures. Le hic, il vous faudra acheter un ticket pour chaque jour séparément, mais l’affiche est diablement alléchante avec : The Offspring le 01/07 Gorillaz le 05/07 Robbie Williams le 06/07 Jamiroquai le 07/07 Lenny Kravitz le 08/07 Katy Perry le 14/07 France : -Hellfest (18/06 au 21/06) La référence métal en termes de festival pour celui qui s’est établi à Clisson. Les amateurs du genre ne sont jamais déçu, au point que le sold-out est souvent atteint avant même la parution du line-up. Il faut dire que pour 2026 encore, cela a de la « gueule ». On ne va pas vous détailler les 180 artistes annoncés, mais juste quelques noms : Iron Maiden, Limp Bizkit, The Offspring, Deep Purple, Sabaton, Volbeat, Bad Omens, Alice Cooper, Megadeth, Ultra Vomit, Rise Again, Napalm Death, BRING ME THE HORIZON … –Main Square festival (3/07 au 05/07) Vendredi 03 juillet : Katy Perry – PAUL KALKBRENNER – Charlotte Cardin Samedi 04 juillet : L2B – ORELSAN – MARSHMELLO Dimanche 05 juillet : TWENTY ONE PILOTS – VALD x VLADIMIR CAUCHEMAR x TODIEFOR -Les Nuits secrètes (10 au 12/07) Pas encore de line-up annoncé mais c’est un peu le principe annoncé dans l’intitulé du festival. Quoi qu’il en soit, le festival a toujours fourni une affiche de qualité et on n’imagine pas qu’il en soit autrement en 2026. -Les Vieilles Charrues (16 au 19/07) Les soucis liés à l’emplacement du site et aux garanties demandées par les instances locales semblent bien éloignés quand on voit l’affiche déjà annoncée à pareille époque. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais perso, je trouve l’offre intéressante car très éclectique sans être dénuée de qualités. Jeudi 16 juillet : KATY PERRY – GIMS • JOSMAN • BIGA*RANX Vendredi 17 juillet : NICK CAVE & THE BAD SEEDS – VALD X VLADIMIR CAUCHEMAR X TODIEFOR – JEAN-LOUIS AUBERT • MOSIMANN • LUIZA Samedi 18 juillet : AYA NAKAMURA – MIKA • INTERPOL • NICO MORENO • HOUDI – DUB INC Dimanche 19 juillet : ORELSAN – VANESSA PARADIS • RILÈS • FEU! CHATTERTON • SUZANE • MIOSSEC • MAUREEN -Cabaret Vert (20 au 23/08) The Place to Be dans le Grand-Est/Nord à pareille époque, d’autant que cette édition marquera un anniversaire non négligeable : la 20e édition, et que l’équipe d’organisateurs foisonne d’idées pour améliorer le confort des festivaliers à chaque nouvelle session. Jeudi 20 août : Deftones – Body Count ft Ice-T Vendredi 21 août : Nick Cave and the Bad Seeds Dimanche 23 août : Gims – Josman -Rock-en-Seine (26 au 30/08) Le festival de la périphérie parisienne n’avait encore dévoilé que trois artistes au moment de rédiger le présent, frappant déjà fort avec deux exclusivités sur le territoire français, mais en soirée, 14 nouveaux noms sont tombés. Voici donc une belle idée déjà de l’affiche qui sera proposée. Mercredi 26 août : Tyler, The Creator – SOMBR – Miki – Ravyn Lenae … Vendredi 28 août : Nick Cave and the Bad Seeds – The Black Keys – Franz Ferdinand … Samedi 29 août : Deftones – Turnstile – Landmvrks – Lambrini Girls… Dimanche 30 août : The Cure – Interpol – Slowdive … Pays-Bas : –Pinkpop (19/06 au 21/06) Une affiche toujours alléchante chez nos voisins du nord qui s’offrent notamment Twenty One Pilots, The Cure et les Foo Fighters en têtes de proue, mais aussi les valeurs sûres que sont devenues Teddy Swims, Franz Ferdinand ou encore Yungblud. Nul doute que la billetterie est déjà prise d’assaut. VendrediTwenty One Pilots • Teddy Swims • Zara Larsson • Kingfishr • The Pretty Reckless • Roxy Dekker • The Beaches • The Plot in You • Sleep Theory • De Herfshane Band SamediThe Cure • Editors • Franz Ferdinand • IDLES • Lauren Spencer Smith • Sofi Tukker • Suzan & Freek • Alessi Rose • Giant Rooks • HEAVN • The Haunted Youth • Ski Aggu DimancheFoo Fighters • YUNGBLUD • DI-RECT • Royel Otis • Wet Leg • White Lies • BENTE • Dogstar • Fat Dog • Max McNown Belgique : -Les Nuits Botaniques (21 au 31/05) L’organisation a dévoilé ce 27 novembre les premiers noms des Nuits 2026, et l’affiche s’annonce déjà très belle. Iliona sera de la partie le 29 mai, entourée de la fine fleur de la pop alternative émergente, tandis que Shame mènera une journée indie estampillée Bota le 23. Le 24 mai, on passera à la crème de la pop et du rock francophones avec Solann, Flora Fishbach, Papooz, Léonie Pernet, Isaac, Blasé et la nouvelle sensation belge Camille
Francofolies de Spa 2026 : la vague monte !

Préparez vos lunettes de soleil et votre bonne humeur : du 20 au 26 juillet 2026, les Francofolies de Spa reviennent avec une édition résolument nouvelle vague. Pas de tsunami, mais un vrai vent de fraîcheur qui souffle sur la cité thermale, histoire de rajeunir la formule sans trahir l’esprit “Franco” qu’on aime tant. Une semaine complète de festivités Première surprise : le festival s’offre un format XXL ! Sept jours entiers de musique, de rires, de rencontres et, bien sûr, de chansons qui font vibrer les cœurs (et parfois les cordes vocales des festivaliers). Bref, une semaine pour bronzer au son des guitares et faire des vocalises sous la pluie — on reste en Belgique, ne rêvons pas trop. Le Casino, retour gagnant ! Les habitués vont adorer ce come-back : la grande salle du Casino de Spa retrouve son rôle de scène mythique. Du 20 au 23 juillet, place à des concerts en mode théâtre, ambiance feutrée, public limité à 1 000 privilégiés. Des artistes phares de la chanson française y livreront des moments rares, à savourer sans modération (mais avec billet, évidemment). Une Place Royale relookée Changement de décor du 24 au 26 juillet : la Place Royale garde son trône de cœur du festival, mais dans une version plus confortable. Capacité revue à la baisse, visibilité améliorée, et toujours les têtes d’affiche qu’on attend avec impatience. Les détenteurs de pass auront aussi accès au Village Francofou, pour prolonger la fête sans se prendre la tête. Le Village Francofou, génération remix Toujours fidèle au poste, mais dans une nouvelle configuration : le Village Francofou se sépare désormais de la Place Royale. Du 24 au 26 juillet, place à un joyeux mélange de concerts nostalgiques, de jeunes talents, de DJ sets endiablés et d’artistes confirmés. Bref, un menu musical équilibré, à prix doux, pensé pour réunir toutes les générations – de ceux qui ont connu Dutronc à ceux qui découvrent Juliette Armanet sur TikTok. Et parce que la musique appartient à tout le monde, le centre-ville de Spa vibrera lui aussi au son de concerts gratuits. De quoi élargir la fête à tout le monde, même à ceux qui préfèrent investir dans les cornets de frites plutôt que dans les pass. Une “nouvelle vague” pleine de promesses Bref, les Francofolies version 2026 s’annoncent comme un grand bain d’énergie, de découvertes et de convivialité. Pas besoin de bouée : il suffit de se laisser porter par le courant. Et évidemment, Confestmag sera de la partie pour vous faire vivre l’événement comme si vous y étiez — en articles, en stories et bientôt… en direct sur notre future webradio ! Alors, restez branchés, les amis : la vague Franco ne fait que commencer
Jour 4 – Dernier jour : une journée digne de son nom

Le mot « folies » n’aura sans doute jamais été aussi bien porté qu’en ce dimanche à Spa. Un ciel capricieux, un moral toujours au beau fixe, et un programme tout sauf tranquille pour conclure cette édition 2025 en beauté. On commence par un classique bien mérité : moules-frites dans le piétonnier, en compagnie de Fanie. Verdict ? « Excellent » selon ses dires — et je confirme. Pendant ce moment de réconfort culinaire, on entend Félancolie faire ses balances. Ce quatuor à l’univers rock alternatif un brin absurde (dans le bon sens) propose avec Terne Gris Bleu un voyage musical étonnant : ambiances psychédéliques, mélodies enjouées et cette sensation étrange de courir après un bonheur toujours un peu flou. David à la basse, Carlos à la batterie, Sarah au sax — une belle équipe. Pas de White Corbeau cette fois, la fatigue commence à peser, et on garde nos forces pour le reste de la journée (et le retour incertain sur Enghien). Direction la scène Proximus. Isaac, Edouard Van Praet et la danse sous la pluie On entame avec Isaac, révélé en 2023 avec son album Mood. Des morceaux bruts, sincères, et toujours aussi puissants en live. Ensuite, place à Edouard Van Praet, véritable ovni musical bruxellois qui nous livre les facéties de son album Mascarade. Rock anti-rock, énergie débordante, gestuelle désinvolte : le tout magnifiquement capté par mon objectif (merci le soleil revenu). Mais tout ne peut pas durer : Benni arrive à la Baloise, le ciel explose. Un orage intense de 30 minutes s’abat sur Spa. Gros dilemme : protéger le matos photo ou tenter l’impossible ? La raison l’emporte, hélas, pour une fois. Conférence de presse et têtes d’affiche croisées Le soleil revenu, on se rend à l’hôtel pour la conférence de presse de clôture. J’y croise Daran, visiblement à la recherche d’une chaise, Nicolas B en mode selfie avec ses fans, Céléna Sophia de passage, et Mustii, toujours aussi adulé. Le bilan ? Nicolas B remporte le Francoff de cette édition. Le festival s’est déroulé sans accroc (à l’exception de l’incident lors du passage d’Amir, bien géré par les autorités). Le public a changé : la nouvelle génération répond présent, et cela questionne l’identité du festival. Autre point : les artistes demandent toujours plus… et les pouvoirs publics toujours moins. Malgré tout, la magie opère grâce à 60 concerts gratuits et à des dizaines de commerces locaux qui profitent de l’événement. Rendez-vous pris entre le 23 et le 26 juillet 2026 (en fonction du calendrier F1, bien entendu). La dernière ligne droite : Terrenoire, Styleto, Sanson & co De retour à la Proximus, Terrenoire monte sur scène. Théo et Raphaël Herrerias racontent leur vie à coups de poésie urbaine et de mélodies viscérales. « Un chien sur le port », hymne bouleversant sur la maladie et la résilience, me touche particulièrement. Arrive ensuite l’inclassable Philippe Katerine, en pleine métamorphose. Reine d’Angleterre, empereur romain, provocateur à moitié nu… tout y passe. Fanie décroche un peu, moi j’admire le culot. On aime ou on déteste, mais on ne reste pas indifférent. Dernier détour à la Baloise pour découvrir Styleto. Gros coup de cœur de Fanie ! Proche du public, généreuse, Laure Gonnet (alias Styleto) rayonne. Elle signe des albums entre deux chansons, à 30 cm de nous. L’instant est précieux. Pour Stephan Eicher et Véronique Sanson, trop de monde, trop de VIP, trop compliqué pour les photos. Mais je réussis quelques clichés volés de loin. Les concerts de Mustii, Daran et Clara Luciani devront attendre une prochaine fois. La route nous appelle, les vacances commencent, et le matériel doit survivre. Dernier détour avec CélénaSophia (et une glace bien méritée) Mais avant de plier bagage, un dernier crochet s’impose. Direction le piétonnier, où CélénaSophia donne un ultime concert. On en profite pour savourer une dernière crème glacée, une tradition non écrite, mais désormais incontournable. Le goût sucré du cornet se mêle à celui des mélodies poétiques de ces deux sœurs de sang, de cœur et de scène, qui partagent leur musique avec sincérité depuis plus de 10 ans. Céléna et Sophia, autrices-compositrices-interprètes belges, mêlent chanson française, sonorités aériennes et rythmes entraînants. Une musique à la fois dansante et spontanée, qui insuffle un vent d’optimisme sur le festival, même dans ses toutes dernières minutes. Ce moment simple mais fort clôt notre aventure en douceur, avec des sourires et des frissons à la clé. Bilan : une édition 2025 intense et réussie Des découvertes, des valeurs sûres, quelques coups de gueule météo, des foules imprévisibles, de l’émotion, des imprévus, du bonheur, du vrai. Une édition comme on les aime, pleine de moments inattendus et de coups de cœur musicaux. Merci à toutes les équipes, à Fanie, et à ceux croisés dans les allées ou sur les scènes. Rendez-vous en 2026, avec peut-être Fanie toujours à mes côtés… si elle continue à accrocher à ce dur métier de storieuse. 😉
Charles, frites et scorpion gonflable

Aujourd’hui, c’était clairement la journée “tout est bon dans le cochon”. Comprendre : on peut entrer plus tôt sur le site, et donc profiter du calme avant la tempête sonore… et aussi de ce sandwich “campagnard” (qui n’a de rustique que le nom). Rien de mémorable côté papilles, mais heureusement les frites de fin de soirée ont rattrapé le coup. Honneur est sauf. Alex Burger, retour du cowboy québécois Surprise agréable : Alex Burger, revu après sa prestation à LaSemo, nous replonge dans son univers québécois-typique et délicieusement décalé. (Pour sa bio, go lire mon papier de LaSemo, on va pas radoter.) Juste : il faut le voir en live. Et moi, je vous promets que la prochaine fois qu’il revient, je ramène avec moi , les amateurs – enfin, symboliquement. Lovelace : deuxième chance, première claque Petite session Ice Tea quotidienne (pêche, of course) en mode contemplation, posés devant la scène Fontaine. On attend Lovelace, que j’avais bêtement zappée la semaine précédente. Erreur réparée. Jeune pousse bruxelloise, elle construit seule ses sons dans sa chambre-laboratoire. Le résultat ? Une pop alternative futuriste, saturée, robotique, douce et sincère. C’est aussi la voix féminine de Saule sur “Petite Gueule”. Aujourd’hui, elle a tenu sa scène avec générosité et intensité. Bonne pioche. Essyla : talent en croissance, concert en couleurs Direction Proximus pour Essyla, déjà croisée au Botanique. Elle monte encore en puissance : groovy, funky, belge et brillante, elle confirme son potentiel avec un show solide, bien entourée par Greg Chainis (guitare) et Louis Jassogne (batterie et yeux bleus – détail validé par Fanie). Fanie, justement, note déjà ses prochaines dates à l’OM et à la Rotonde du Botanique, le 11 décembre. On y sera. Kowari, remplacement de luxe Petite surprise du jour : Aliocha Schneider, malade, est remplacé au pied levé par Kowari. Aucun regret. Le duo violon-piano de Damien Chierici et Louan Kempenaers nous plonge dans un monde entre néo-classique, électro et cinéma sonore. Un bijou musical pour qui aime Max Richter, Nils Frahm ou Rone. Et une belle preuve que l’imprévu peut offrir de grands moments. Miki, scorpion et pop-électro acidulée Je pousse mes potes photographes à aller voir Miki, découverte que j’avais adorée au Botanique. Fanie accroche moins, mais moi, j’adore. Mikaela Duplay, alias Miki, mêle rap, électro, naïveté feinte et sensualité décalée. Mention spéciale à son énorme scorpion gonflable, qu’elle malmène joyeusement sur scène dans des positions… suggestives. Une performance pop barrée, assumée et brillante. Ben Mazué et Jérémy Frérot, les potes sur scène Pendant ce temps, Ben Mazué rejoue un set proche de celui vu à LaSemo, mais cette fois avec un invité de marque : Jérémy Frérot. Aperçu sur les écrans géants depuis la scène Proximus, on profite du duo en léger différé. Puis vient Frérot en solo, plus tard dans la soirée. L’ex-Fréro Delavega déroule ses balades pop-émotion, entre histoires de cœur, paternité et ruptures (coucou Laure Manaudou, coucou Shy’m ?). Un public féminin très présent, des bras tendus, et une virée au-dessus de la foule pour une poignée de groupies enthousiastes. L’échec photo du jour : Julien Doré Mission impossible : photographier Julien Doré. J’erre pendant trois chansons, arme mon 100-500mm, tente toutes les ruses… Échec total. Trop de monde, trop loin, trop de têtes devant. Le dilemme Charles / Colt, encore et toujours Comme à chaque édition, Charles nous pose un dilemme : rester ici ou courir voir Colt qu’on adore aussi ? Mais cette fois, la curiosité l’emporte. On reste pour Charles, et on ne regrette rien. Avec son projet “Sabotage”, elle se dévoile plus forte, plus brute, plus vivante. Toujours en anglais, toujours sincère, toujours cette énergie fragile mais puissante. Huitième concert pour moi, et toujours pas lassé. Bien au contraire. Henri PFR, Bakermat et la fatigue Avant de plier, on immortalise Henri PFR à la volée. Le DJ belge électrise la foule sur la grande scène. Derrière, Bakermat prend le relais à la Baloise, pendant qu’Oli Soquette met le feu à la Fontaine. Mais nous ? Épuisés. C’est qu’on doit replier les bagages demain matin, et rendre l’endroit de villégiature avant midi. Bilan du jour : une pépite, une claque, une frustration ✅ Découverte du jour : Kowari, magique et inattendu🎉 Coup de cœur : Charles, évidemment📸 Râteau photo : Julien Doré, mission KO🍟 Repas salvateur : frites en fin de soirée, comme un câlin au cœur On s’endort les yeux pleins d’images, les oreilles encore pleines de sons… et demain, c’est déjà le dernier jour des Francos 2025.
Polémiques, pizzas et pépites musicales

Jour 2. Ce que l’on croyait être une journée classique s’est finalement avéré un véritable stress-test pour les Francofolies de Spa 2025. Du monde, du monde et encore du monde : c’est tout simplement la plus grosse affluence du festival. Mais avant d’attaquer la musique, petite pause pizza en ville (ceci est un message d’amour à la pâte fine, mozzarella fondue et basilic frais). En mode digestion, on parcourt le programme du jour… et on comprend vite que la journée va faire parler d’elle. Amirgate et la triste tentation du boycott Impossible de faire comme si de rien n’était : la polémique autour de la venue d’Amir a fait trembler la programmation. Certains artistes ont annulé ou pris position, transformant une scène musicale en tribune politique. De notre côté, on le dit franchement : on vient à un festival pour la musique, pas pour les conflits géopolitiques. Bien sûr que le monde va mal, en Palestine, en Ukraine, en Afrique, en Asie… mais doit-on vraiment ajouter un clivage culturel dans ce contexte déjà si tendu ? Le public, lui, a tranché : il était nombreux, calme et bienveillant devant la scène Proximus, protégée comme Fort Knox. Et Amir, lui, a répondu avec ce qu’il sait faire de mieux : de la musique et de l’amour. Du groove, des découvertes, et DJ Daddy K en figure paternelle Heureusement, cette journée était musicalement superbe. Sur la Baloise, on découvre Morpho, pépite bruxelloise qui brise les frontières musicales avec un mélange subtil de pop, électro et soul. Ambiance envoûtante, textes soignés, public conquis. On enchaîne avec une petite pause food-trucks (libanais, chinois, crêpes, frites… Spa ou les Nations Unies de la street food), un Ice Tea pêche à la main. Place ensuite à Léon, l’ex-membre du duo Delta qui se la joue solo. Et ça fonctionne ! Textes intimes, voix à vif, énergie maîtrisée… Léon nous emmène dans un voyage entre mélancolie et force. Mention spéciale à ses transitions d’une finesse rare. Puis c’est Orlane, qui confirme que la chanson belge francophone a de beaux jours devant elle. Influencée par Axelle Red ou Francis Cabrel, elle brille sur scène avec une élégance et une douceur qui désarment. Kenji, bermuda et bol d’air sur la grande scène Fanie et moi, toujours stratèges, prenons position devant la scène Pierre Rapsat pour Kenji Girac. Si on avait eu des doutes sur sa forme après ses récents pépins de santé, ils ont été vite dissipés : le mec déborde d’énergie, et en bermuda s’il vous plaît. Le public, rajeuni pour l’occasion, chante à l’unisson. Pendant que Fanie reste en poste (il faut bien des images !), je pars faire un tour vers les scènes secondaires, mais pas avant d’accorder 10 minutes à Diego, petit frère de Coline (du groupe Colt). Vu et revu, toujours aussi talentueux, il alterne entre pop, rap et électro avec une aisance impressionnante. 21 ans et déjà une maîtrise scénique bluffante. Amir : un concert, un message, un public Retour à la scène Proximus. Et là, Amir. Public tendu ? Pas du tout. Chaleureux, nombreux, réceptif. Amir enchaîne ses tubes, prend la parole, apaise, réunit. On est là pour partager, pas pour diviser. Et franchement ? Il l’a fait avec brio. Luidji : des ados au top, et des paroles par cœur On rejoint Fanie (ravitaillée en boisson), en attente de Luidji, le poète-rappeur du 95. C’est une découverte totale pour moi, et une révélation. Flow millimétré, présence scénique impeccable, et un public… incroyable. Les jeunes connaissent TOUTES les paroles. Même Fanie. Même moi (en playback discret, hein). Franchement, les ministères de l’Éducation devraient y penser : rap + programme scolaire = révolution cognitive ? Barbara Pravi en fond sonore… mais toujours puissante Pas de badge photo pour Barbara Pravi, alors on reste sur place, devant l’écran géant, qui diffuse son concert avec justesse et puissance. On entend, on vibre, on applaudit même sans la voir directement. Parfois, l’émotion passe très bien à travers un écran et une bonne sono. Dadju, Elfil et une montée de buzz La soirée se termine avec Dadju, qu’on ne présente plus. Généreux, entouré d’un groupe monstrueux de talent, il fait chavirer la foule belge. Et là, moment surréaliste : Elfil, youtubeuse en plein buzz, monte sur scène. D’abord tolérée, elle finit gentiment escortée dehors après avoir tenté un câlin interdit. Résultat : bracelet coupé, concert terminé pour elle, mais vidéo virale assurée. Et une leçon : ne sous-estimez jamais un garde du corps en mode papa ours. Fin de soirée, fin de batterie Minuit passé. Trop d’émotions, trop de notes, trop de photos à trier. Demain est un autre jour, mais celui-ci fut riche, contrasté, intense, avec cette sensation rare que la musique, même au milieu de tensions, peut tout recoller, ou au moins, tout faire vibrer.
Une ouverture entre émotion, soleil et électro-poésie

Pour notre troisième escale festivalière de l’année, Fanie et moi avons pris la direction du sud de la Belgique, direction les Francofolies de Spa ! Après avoir survécu à un hamburger frites super bon et réussi à enfiler notre bracelet d’accréditation sans incident diplomatique, nous étions prêts pour quatre jours de musique, de découvertes, et de foule en liesse. Car oui, une semaine avant que les moteurs de Formule 1 ne rugissent sur le circuit de Francorchamps, c’est bien la musique qui monopolise le centre-ville de Spa. La ville entière est transformée en un véritable parc d’attractions musicales, où les scènes s’enchaînent comme les bières à la sortie d’un match de foot. Une ville, plusieurs scènes, une seule envie : vibrer Le cœur du festival bat évidemment à la scène Pierre Rapsat, majestueuse et centrale, en hommage à l’enfant du pays. À droite en entrant, on découvre la scène Baloise, suivie du Club Fontaine qui, entre deux concerts, fait le lien musical avec des DJ sets toujours bien sentis. En continuant vers la grande scène, la scène Proximus nous tend les bras. Et ce n’est pas tout : le piétonnier, transformé en scène à ciel ouvert, accueille les artistes du Franc’Off — une compétition de jeunes talents organisée tout au long de l’année. Autant dire qu’on marche beaucoup, qu’on écoute encore plus, et qu’on boit parfois un peu d’eau (euh beurk trop ferrugineuse, de l’ice tea et du Spa si on y pense. Le coup d’envoi : Premier concert que l’on a vu au piétonnier, première claque : SMR, fraîchement débarqué et qui sera (on fait un spoil !) sur le podium avec en pole position Nicolas B le Verviétois et Mado pour compléter ces du Franc’Off 2025, ils empocheront des euros offert par la Fédération Wallonie-Bruxelles & Play Right, divers prix comme une aide à la création son et lumière au centre culturel de Welkenraedt et programmation dans la salle Glacière de Spa et summum une place pour l’édition 2026. On rentre sur le coup de 16 h et on a 15 minutes pour s’installer à la Baloise. Découverte de « Nous Etions Une Armée » .Un début d’expérience prometteur pour ce projet à la croisée du post-punk, de l’électro minimaliste, et de la poésie urbaine. « Nous étions une Armée » donne le ton : parlé, hurlé, scandé – mais jamais forcé. Lubiana : douceur, kora et lumière On déambule ensuite vers la scène Proximus, où Lubiana, sa kora entre les bras et un sourire désarmant aux lèvres, conte l’histoire de ses racines. Sa voix, son charisme, et sa grâce laissent la foule suspendue. Elle nous embarque dans un voyage musical où se mêlent héritage africain, soul et pop. Une bulle de douceur dans un monde de décibels. Saule : énergie contagieuse et tubes fédérateurs Retour vers la plaine principale où Saule, alias Baptiste Lalieu, fait monter la température. Avec ses musiciens au taquet et son énergie de pile Duracell, il enchaîne morceaux récents et classiques, sous les chants d’un public dense, ou danse – selon votre sens du rythme. Ben l’Oncle Soul vs Superbus : le dilemme du soir Ben l’Oncle Soul nous fait du bien. De la soul funky, chaleureuse, vintage comme un bon vinyle. Il déroule un set généreux, ponctué de ses plus grands succès et de quelques surprises bien senties. Sa voix suave résonne dans tout le parc, et on se sent un peu amoureux de la vie. Mais difficile de ne pas jeter un œil du côté de Superbus, qui faisait sauter la Proximus avec son retour très attendu. Jennifer Ayache, infatigable, mène la danse et envoie tube sur tube, avec une version 2025 de Lola revisitée en collaboration avec Hoshi et Nicola Sirkis (ces derniers absent, mais présent dans les cœurs). Le public, en transe, n’a pas vu les années passer : douze ans après leur dernier passage à Spa, ils ont mis le feu comme au premier jour. IAM : Le poids des mots, le choc des générations Clou du spectacle : IAM, monument du rap français, foule la scène Pierre Rapsat. Si certains festivaliers ont appris leurs textes par cœur dans les années 90, d’autres les ont entendus via les playlists de leurs parents. Une osmose générationnelle s’opère. On rappe, on saute, on se remémore, on découvre. Et on s’assoit aussi, parce que la journée fut longue (clin d’œil à notre session « pique-nique par terre » façon fans d’Indochine). Le final céleste de -M- et Fatoumata Diawara Pas le temps de traîner : -M-, alias Mathieu Chedid, nous attend pour Lamomali, sa relecture lumineuse et métissée de l’Afrique musicale. Fatoumata Diawara illumine la scène de sa voix magistrale. Une performance artistique totale, presque spirituelle. Lubiana fait partie de cette aventure haute en couleur et pour le plaisir de nous Belges, pour un final tout en fusion. Une première journée haute en couleurs Du post-punk poétique à la soul funky, en passant par le rock vitaminé et les rythmes mandingues, le premier jour des Francofolies de Spa 2025 a tenu toutes ses promesses. Et comme on dit chez nous : « On va dormir, mais on va rêver en musique. » À demain, pour une nouvelle journée pleine de vibes, de sueur… et de frites. Pas beaucoup d’images, désolé photos prises du public on fera une release photos des réceptions validations.
Pluie d’artistes pour la clôture des Francos.

Bien que jour de fête nationale, ce n’était point relâche ce dimanche 21 juillet aux Francofolies de Spa. Le programme était encore copieux et les conditions climatiques orageuses. Nous avons d’ailleurs eu droit à notre célèbre « drache » nationale, pendant quelques minutes à peine, et ce durant le show d’Eddy de Pretto. Nous vous renvoyons d’ailleurs à notre article dédié à cet artiste, ainsi qu’à celui consacré aux concerts gratuits dans le piétonnier et les bars « en folie » pour nous consacrer ici aux autres prestations effectuées au Parc de 7 heures. En nous limitant ainsi, on doit tout de même vous parler de dix concerts. Enfin, on aurait dû mais n’ayant jamais reçu la validation des photos de l’un d’entre eux, il nous en reste neuf à vous présenter en images. Une fois n’est pas coutume, la chronologie va être bousculée. Ne cherchez donc pas de suite logique dans le programme de cette journée, sinon celle, géographique, des espaces scéniques. Avant toute chose, soulignons que cette édition 2024 fut une réussite tant au niveau qualitatif que quantitatif, et là je parle du nombre de festivaliers vu que l’événement a affiché deux sold-out, celui des pass 4 jours, mais aussi celui de la journée de vendredi. Ajoutez-y les nombreuses personnes venues spécifiquement les autres jours et c’est un grand ouf de soulagement côté organisation. Et oui, l’édition 2023 n’avait pas donné entière satisfaction au niveau ticketing. Cette parenthèse refermée, nous débutons notre visite du parc par la scène de la fontaine. Cet espace assez cosy accueille généralement des DJ, ce pourquoi il est un peu à l’écart de la dorsale des concerts. Besoin d’un petit coin détente hors de la foule ? Vous avez trouvé « the place to be » et lors de notre passage, c’était THDS aux manettes. Seul devant sa console, mais avec des instruments quand même car le personnage possède plusieurs cordes à son arc. Mélange de musiques ethniques et électroniques, saupoudré de touches de flûte par exemple, tout est possible avec le belgo-portugais. C’est inhabituel et agréable. A un jet de pierre de là, la scène Baloise offre quatre concerts ce jour. Nous n’en verrons que trois, et encore, partiellement, vu notre timing serré, dont un sans cliché validé à l’heure de rédaction du présent. Votre niveau en mathématique vous permet donc de comprendre que ce sont deux prestations que nous vous imageons sur cet espace. Débutons par le groupe namurois Glauque qui présente son album « Les gens passent, le temps reste ». Un débit et des punchlines empruntés au rap sur des musiques électros, cela reste de la trempe habituelle du groupe personnalisé par son porte micro, Louis Lemage. L’autre artiste se présentant sur ce podium est l’interprète d’ « Abdo », Morgan. Morgan Van der Ghinst, de son nom complet n’est pas un novice dans le showbiz puisqu’il était le beatmaker du collectif bruxellois 77. Début juin, il s’était produit seul à l’OM (Seraing) à l’occasion du showcase de Tipik, et nous n’avions pas vraiment été convaincus. La donne a fondamentalement changé depuis lors, semble-t-il. Est-ce la modification de l’ordre de sa set-list, le fait de se produire accompagné de musiciens ou tout simplement un jour sans en juin ? On n’aura pas le fin mot de l’histoire ce jour, mais la prestation des Francos était nettement plus intéressante. En débutant par son titre phare, Morgan s’est donné la pêche et a gardé un rythme élevé tout le long du spectacle. On n’a pas vu le temps passer, ce qui est toujours signe d’efficacité. On reprend notre sac, nos boitiers et notre gobelet réutilisable pour rejoindre la scène Proximus. Quatre artistes y sont programmés ce dimanche, mais vous avez déjà eu droit au compte-rendu du show très prenant offert par Eddy de Pretto. On remonte donc un peu dans le temps avec l’entrée en scène de David Numwami. Né au Rwanda à l’époque du génocide, David et sa famille fuient leur terre natale pour trouver refuge à Louvain-la-Neuve, ville universitaire où il va prendre goût pour la musique, et plus particulièrement le maniement de la guitare, dès l’âge de 5 ans. Son parcours va alors prendre forme, lentement, via quelques méandres comme le groupe Le Colisée dont il est le fondateur, ou l’accompagnement de Charlotte Gainsbourg et Sébastien Tellier. En 2020, il franchit le pas, sortant un titre en solo, « Le Fisc de l’amour ». L’aventure débute… En ce jour de fête nationale, c’est bien seul que David se produit. Sa voix douce rassure, ses textes sont des histoires bien travaillées. On y retrouverait presque des petits airs de Laurent Voulzy. A 15h00, le parc est loin d’être rempli, et comme le soleil tape du poing sur le crâne des festivaliers déjà présents, ceux-ci cherchent un peu d’ombre où ils peuvent, parfois à l’écart des scènes. Si le public ne vient pas à toi… vas au public. C’est ce que fait David Numwami en descendant de son estrade. Un beau moment de partage. Celui qui reprend le flambeau se nomme Noé Preszow (prononcez Prèchof, comme le nom de son deuxième album). Auteur – compositeur – interprète et musicien bruxellois, Noé connait une ascension fulgurante depuis 2020, moment où son premier single « A Nous » marque déjà les esprits. Depuis, il enchaîne les titres et les récompenses, tant en France que dans notre plat pays. Homme d’écriture, mais aussi de scène, vous risquez d’encore le voir sur les planches tout prochainement. Il se produira en effet aux Solidarités (Namur, le 23 août), au Cirque Royal (05/11/24), à la ferme du Biéreau (18/01/25) mais aussi à l’Elysée Montmartre et à l’Olympia. Et pour ceux qui étaient à Forest National pour le concert de Shaka Ponk, et bien oui, c’était Noé qui assurait la première partie du spectacle. Après tant de testostérone, il est temps de laisser place à une demoiselle. D’autant qu’elle a effectué un long voyage pour venir nous voir. Charlotte Cardin est en effet Québécoise (mais sa sphère de vie est désormais à Paris, c’est déjà un peu plus près). Avec son titre
Les Francos du jeudi en mode baroudeur.

Treize, le chiffre porte-bonheur… ou malheur selon vos affinités. Pour nous, pas question de superstition ici mais plutôt du nombre de prestations scéniques auxquelles nous avons pu participer, en tant que festivalier particulier. Particulier car nous avons, en tant que journaliste accrédité, le droit d’arpenter les allées des sites avec nos boîtiers (ce pourquoi nous pouvons, d’ailleurs, vous présenter des clichés de certains de ces concerts). Notre première « prise » sera un duo sur la scène Baloise, Lisette Lombé et Cloé du Trèfle. C’est assez particulier car la prestation part d’un slam à la diction appuyée de Lisette, que l’on confondrait presqu’avec un commentateur sportif lors de son introduction sur la « Remontada » tant son discours est descriptif. Puis vient un fond sonore sur lequel un minimum de paroles est répété inlassablement. C’est … particulier. Mais ce concept ne couvre pas tout le show, la dance va entrer en ligne de compte. Trop tard pour nous toutefois qui filons dans le piétonnier. Et oui, les Francos ce sont 4 scènes établies dans un parc, mais aussi une multitude de concerts hors du périmètre payant. A notre arrivée, c’est Zaïmoon qui débute sa prestation. Entre slam et rap, musique traditionnelle des pays de l’est et pop, dans des langues souvent incomprises (le Yiddish notamment), Zaïmoon et son acolyte surprennent l’assemblée. Le duo ne fait sans doute pas l’unanimité à la vue des têtes de certains, mais cela ne nous déplaît pas du tout. Nous retournons alors sur nos pas, car notre prochaine cible se produit sur la scène Proximus, soit dans l’enceinte du site. Cette chanteuse se nomme Solann. Fille de deux artistes aguerris, elle a su capter l’âme de ses origines arméniennes pour proposer un univers tout en douceur. Ayant sorti son premier single en mars 2023, elle est évidemment l’une des nouvelles du line-up. En sortant du site, nous longeons la terrasse d’un café où se produisent les membres du groupe Paradis Blanc. Le duo s’est spécialisé dans les reprises de Michel Berger et le concept plaît visiblement beaucoup car il n’y a plus une place disponible devant le commerce. Après une courte pause en salle de presse, nous prenons la direction de la scène Pierre Rapsat, située juste face à l’entrée de l’hôtel Van Der Valk. Quelques chambres ont d’ailleurs vue sur cet espace qui est considéré comme la mainstage du festival. La scène est très haute, ce qui ne nous facilite pas la tâche pour la prise de photos et n’agrée pas vraiment les spectateurs des premiers rangs. Mais un tel dispositif permet par contre aux visiteurs plus éloignés d’eux aussi pouvoir apprécier le spectacle dans sa quasi intégralité. Les premiers à inaugurer cette scène pour l’édition des 30 ans forment un duo qui a actuellement le vent en poupe puisqu’il s’agit de Coline et Antoine, alias Colt, qui se produiront en février à la Cigale, célèbre salle parisienne. C’est dynamique, rythmé, pétillant et c’est en français. Insomnies, Ramenez-moi, Esquive… chaque titre se laisse écouter avec délectation. C’est aussi le premier des six concerts signés des Francos, grâce à la participation de Muzic’ En Signes. Nous serions bien restés à profiter du spectacle tout le concert mais les Francos sont en perpétuelle ébullition et nous ne voudrions en perdre aucune miette (ou bulle, c’est selon). Notre petite escapade en ville nous amène devant la performance de Cactus et Mammuth. Disons que nous sommes un peu interloqués par les morceaux proposés. Cela parle de toilettes d’autoroute notamment. Personnellement, nous n’accrochons pas vraiment au style ni à la présentation donc nous en profitons pour grignoter un bout avant d’entamer la deuxième partie de journée, une soirée qui promet d’être bien remplie car toutes les scènes vont, désormais, tourner en continu. Nous débutons donc la fin d’après-midi avec une artiste à l’univers très très particulier, An Pierlé. Née à Deurne, près d’Anvers, An chante pourtant en anglais et en français. Elle a notamment repris « Il est 5h, Paris s’éveille » début des années 2000. Comme à son habitude, l’artiste aime se faire remarquer dès son entrée de scène, et c’est encore bien joué puisque son chapeau lampadaire attire d’office le regard et laisse toute l’assistance médusée. Cela mis à part, An Pierlé est solaire et très expressive dans sa gestuelle. Quelques ténors de la chanson française sont annoncés en gare de Spa, mais il nous reste encore quelques minutes pour faire un crochet par ce piétonnier qui réserve parfois de belles surprises. Cette fois, pas de réelle découvertes car nous connaissions déjà les deux derniers artistes du jour à s’y produire, et vous aussi certainement, mais une joie non dissimulée de retrouver d’abord Alice, alias Essyla, finaliste de The Voice Belgique en 2021, et le roi du lapsteel, Thomas Frank Hopper. Pour ces artistes, nous vous renvoyons à notre article paru précédemment évoquant les bienfaits des concerts gratuits. Si vous faites le compte, nous en sommes à 9. C’est bien, mais cela ne fait qu’environ 70% du chiffre annoncé en début de texte. Il nous reste en effet quatre concerts au programme. Et quel programme : Françis Cabrel, Puggy, Alain Chamfort et Christophe Maé. Si vous nous suivez régulièrement, vous aurez déjà pris connaissance de nos articles liés aux prestations des deux derniers cités, Alain Chamfort et Christophe Maé (à retrouver sur notre site, onglet festival, rubrique Francos de Spa ou cliquez simplement sur le nom de l’artiste ci dessus, le lien étant interactif). On débute donc notre sprint final avec l’une des références de la chanson française, Francis Cabrel. Poète des temps modernes, capable de déclarer sa flamme en musique, mais aussi de dénoncer une situation qu’il juge intolérable, l’ancien conseiller municipal d’Astaffort est l’une des références du paysage audio-visuel français. Dix-sept albums studio recelant notamment « Petite Marie », « Les Murs de poussière », « Je l’aime à mourir », « A l’encre de tes yeux », « la dame de Haute-Savoie », « Il faudra leur dire », « Sarbacane », « Corrida », « C’est écrit » ou encore « Octobre » … ce n’est pas rien. Il en ferait rougir des auteurs / compositeurs /
Eddy de Pretto signe un sans-faute aux Francos.

L’affiche était si fournie pour cette 30e année des Francofolies de Spa qu’il n’y avait pas assez place pour toutes les « grosses » pointures sur la scène Pierre Rapsat. Ainsi, des artistes confirmés comme Alain Chamfort ou Zazie se sont retrouvés sur des podiums « annexes », à savoir les scènes Baloise et Proximus. C’est justement sur cette scène du nom d’un célèbre opérateur téléphonique que nous avons assisté au meilleur show du week-end, celui d’un chanteur attachant et ô combien talentueux, Eddy de Pretto. Ne vous méprenez pas, nous ne sous-entendons aucunement que les autres artistes n’ont pas livré une prestation de qualité. Nous disons juste que cette performance de l’auteur – compositeur – interprète et acteur natif de Créteil était mémorable par sa mise en scène (une passerelle surélevée, projection d’images en fond, jeux de lumières saturées), le déferlement de dame nature (c’est le seul moment du festival durant lequel une pluie diluvienne s’est abattue sur le public), mais surtout l’implication de son acteur principal, visiblement ému par l’accueil qui lui a été réservé par l’assistance fournie. Et oui, malgré ces conditions climatiques épouvantables, difficile de trouver un petit espace donnant vue sur cette scène. Il faut dire que depuis la sortie de « La fête de trop », Eddy a gagné en confiance. Lui qui paraissait un peu réservé lors de ses premières sorties en festival a désormais dompté la scène et le public. Il est devenu un véritable chanteur populaire dont les titres sont connus et chantés à tue-tête par de nombreux inconditionnels qui n’auraient manqué son passage dans la cité thermale pour rien au monde. Son dernier album, Crash cœur, est, il vrai, un bijou qui se laisse écouter en boucle. C’est d’ailleurs sur un titre phare de ce dernier opus, Love’n’tendresse, qu’Eddy se retrouve désarmé face à tant d’amour de son public. Il se contiendra finalement, mais son côté humain est là, bien visible. Le « star système » ne l’a pas (encore) englouti. Et puis, cerise sur le gâteau, c’est l’un des artistes du festival les moins contraignants pour nous, photographes et journalistes, qui semblons être devenus un mal (nécessaire ?) pour beaucoup. Cela peut paraître ridicule, mais c’est aussi révélateur du personnage. Sa préoccupation principale est d’apporter un peu de joie et de détente à son public plutôt que de soigner son image de marque. Cela valait bien un petit clin d’œil particulier, n’est-ce pas ? Retrouvez les clichés sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Les concerts gratuits en ville et la traduction en langue des signes, les vraies bonnes idées des Francos.

Chaque année, pendant quelques jours, le centre-ville de Spa vibre aux sons des artistes invités par les Francofolies, l’un des festivals les plus remarquables du royaume, par sa longévité d’abord (le festival fête ses 30 ans d’existence), la qualité de sa programmation (avec Charles Gardier aux manettes, on n’en doutait pas), mais aussi ses astuces inclusives. La traduction de certains spectacles en langues des signes en est un exemple parfait. Pour la 21e édition consécutive, le festival a en effet proposé au public malentendant ou sourd de pouvoir lui aussi profiter des concerts dans les meilleures conditions possibles. Cette année, six prestations étaient accompagnées par des chansigneuses, et pas des moindres puisque l’on parle des shows de Colt, Christophe Maé, Zazie, Ykons, Hoshi et Louise Attaque. Cette fois, elles étaient quatre de l’association « Muzik’ en Signes » à se relayer pour cette tâche qui est tout de même éprouvante physiquement, vu le débit de certains morceaux. L’autre très bonne idée est d’avoir, depuis 2023, réintroduit les concerts gratuits en ville (concept qui avait été temporairement supprimé à une époque) car c’est un plus pour les artistes, pour les commerçants, mais aussi pour le public et on vous explique pourquoi. Les plus impactés par cette décision sont évidemment les commerçants du centre qui étaient pénalisés par l’implémentation complète des spectacles à l’intérieur du site. Le public ayant payé son accès restait sur place et quel était l’intérêt pour d’autres de venir en ville ? Avec les concerts gratuits du piétonnier et des bars en folies, une partie du public « festival » peut trouver une alternative à l’option stand-by au parc (pour manger en terrasse, flâner devant les boutiques ou simplement assister à un concert moins médiatique mais parfois tout aussi intéressant) et voilà une bonne raison pour des personnes qui seraient de passage ou qui n’auraient pas réussi à obtenir un pass (et oui, il y a eu du sold-out cette année) de venir également. Les commerçants et le public s’y retrouvent donc, comme les artistes finalement car plus de scènes découlent sur plus d’opportunités de se produire. Or c’est bien ce que recherchent la plupart des artistes moins (re)connus, une occasion de se mettre en lumière, de pouvoir proposer leur vision de leur art et de gagner, qui sait, quelques fans ou followers au passage. D’autant que dans ces artistes qui se sont produits lors de ces concerts gratuits, il y avait du très bon niveau. Le planning des scènes étant assez serré, nous n’avons pas pu prendre part à toutes les prestations, mais nos quelques excursions en ville nous ont valu de belles surprises comme le groupe Paradis Blanc qui, comme son nom le laisse présager, reprend les titres de Michel Berger Justwo, un duo à la ville comme à la scène qui reprend les hits du moment, Essyla, qui n’est pas vraiment une inconnue puisqu’il s’agit de l’une des finalistes de The Voice Belgique 2021 qui depuis déploie ses ailes en proposant notamment les titres « Let you go » et « Alone tonight », et Zaïmoon qui mélange slam, rap et chant avec un acolyte affublé d’une contrebasse. Il y a du français, des langues slaves et du yiddish. C’est détonant, étonnant et très spécial. L’une de nos plus belles découvertes reste toutefois Bleuroise. Seule en scène, la jeune demoiselle (25 ans) propose des textes qu’elle a elle-même écrits et qui touchent à ses sentiments et son vécu, nous dévoilant au fil des titres son hypersensibilité. Elle semble d’ailleurs assez émue lorsqu’elle dédicace « Cocktail Paradise » à cette personne, disparue, qui l’a encouragée à découvrir la scène pour combattre sa timidité. Ensuite, Bleuroise descend de l’estrade pour venir à la rencontre du public. Et oui, c’est cela aussi le piétonnier musical, un espace de rencontre où les barrières tombent. Mais celui qui a véritablement enflammé l’endroit est un spécialiste du jeu endiablé de guitares puisqu’il s’agit de Thomas Frank Hopper. Et oui, c’est étonnant de retrouver un tel artiste dans le piétonnier, mais qu’à cela ne tienne, le Brugeois se donne toujours au maximum lors de ses prestations, que ce soit devant 8000 personnes ou une assistance plus restreinte. Une vraie aubaine pour ceux qui étaient de passage à ce moment ou qui avaient coché l’endroit sur leur plan. En concurrence avec Puggy et Alain Chamfort (dans le parc), on redoutait une assistance clairsemée pour le sympathique et très expressif joueur de lapsteel, mais au contraire, le public était nombreux et enthousiaste. Il faut dire que Thomas et ses musiciens n’ont pas ménagé leurs efforts. Preuve que les concerts gratuits en ville et le festival « version parc » peuvent coexister pour le bien de tous. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Le charme façon « dandy » d’Alain Chamfort.

D’un naturel discret, Alain Le Govic, alias Chamfort, traverse les époques en y laissant des traces musicales remarquables. Né en 1949, il est de cette génération des dandys dont font partie Alain Souchon, Christophe ou encore Jacques Dutronc, qui est, en fait, le premier parrain artistique de l’interprète de « Bambou ». Repéré dans son groupe de l’époque, Alain Chamfort, qui ne porte pas encore ce nom de scène, intègre en effet le cercle fermé de Jacques Dutronc en participant notamment à l’enregistrement de son premier album publié en 1966. Alain y joue du piano pour les introductions de certains tubes intergénérationnels comme Les Play-boys, J’aime les filles, la fille du Père-Noël et même les Cactus. En 1968, il décide de tenter sa chance seul mais ses premiers 45 tours ne font pas recette. Il reprend alors ses collaborations en retournant temporairement à l’ombre d’autres comme la chanteuse Séverine qu’il accompagne comme choriste lorsqu’elle remporte l’Eurovision pour Monaco en 1971. Sa rencontre avec Claude François change un peu la donne. Avec le label Flèche, il devient Alain Chamfort et matérialise ses premiers succès commerciaux, ce qui va d’ailleurs, en raison d’une jalousie un peu marquée de l’artiste fétiche du label, provoquer la dégradation de leurs rapports. Il signe alors chez CBS tout en continuant à œuvrer en tant que choriste, notamment pour Véronique Sanson. Pour ses propres chansons, Alain Chamfort s’entoure de musiciens de qualité (qui formeront plus tard le groupe Toto) et d’un parolier non moins qualitatif, Serge Gainsbourg, qui ne sera pourtant pas l’auteur de son plus gros succès, Manureva. Le percutant Serge en a bien proposé une version, mais Alain Chamfort n’était pas convaincu par le texte et décide d’en réécrire les paroles sur le thème de la disparition en mer du navigateur Alain Colas et de son voilier Manureva. A partir de ce moment, la carrière de cet artiste qui a toujours marché entre ombres et lumières va prendre un élan significatif. Les titres Chasseur d’ivoire, Paradis, Bons baisers d’ici, Rendez-vous, Traces de toi, La Fièvre dans le sang, Souris puisque c’est grave, sont autant de succès, mais j’avoue que ma préférée reste Géant. On y retrouve toute la classe et l’humilité de cet homme qui ne fait jamais de vagues. Les albums s’empilent (L’Impermanence, sorti en 2024, est le 16e) alors qu’il combat pourtant depuis 2015 un cancer des os. Ce n’est qu’en 2019 qu’il révèle l’information sur son état de santé. Désormais, il est guéri complètement, annonce-t-il, et a pu reprendre ses tournées. Ce vendredi, c’est aux Francos de Spa que l’on a pu retrouver cet immense monsieur de la chanson française. Toujours aussi classe et distingué, il a livré un show à son image, intimiste mais convainquant. Retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Les Francos de Spa débutent sous les meilleurs auspices.

Ce jeudi marquait l’entame des festivités dans le centre de la cité spadoise pour les désormais incontournables Francofolies. Soleil radieux, public venu en masse, commerçants sur les charbons ardents, stocks gonflés à blocs, déviations et autres panneaux de signalisation en place… Et oui, si vous êtes incommodés par les événements culturels ou que vous deviez vous rendre dans le centre, il est clair que vous serez inexorablement impactés, mais prenez votre mal en patience, cela ne dure que 4 jours. Quatre jours de folie à vrai dire car il y en a pour tous les goûts, à l’intérieur du parc, mais aussi dans les rues adjacentes, des spectacles, de la nourriture, des boissons à gogo … c’est période de fiesta à Spa. Nous vous disions donc que de nombreux festivaliers étaient déjà sur le pied de guerre dès ce jeudi, et pour cause, les artistes proposés sont, pour certains, d’un calibre international, et pour d’autres des étoiles montantes qui ne demandent qu’à être découvertes pour briller de mille feux. Nous reviendrons un peu plus tard sur le descriptif de certains shows suivis particulièrement, mais vous imaginez bien que le rythme est soutenu et nos nuits bien courtes. Et encore, nous ne participons pas aux soirées DJs qui s’improvisent aux terrasses des commerces ou encore au Casino (celles-ci étant plus formelles). Mais nous profitons de quelques minutes dans notre emploi du temps pour vous partager un peu de l’ambiance de ce jeudi soir, le service de communication de Christophe Maé étant, à l’instar de son artiste, rempli d’énergie et très disponible. Du coup, nous avons obtenu l’autorisation de vous proposer trois clichés. Mais histoire de vous donner encore un peu plus l’eau à la bouche, nous pouvons vous dire que tous les chanteurs/chanteuses que nous avons eu la chance de pouvoir apercevoir en ce jour inaugural avaient la pêche. Christophe Maé fait évidemment partie du lot. Toujours souriant et habillé classe décontracté, il a tenu la foule dans sa main durant toute la prestation. Il faut dire que son répertoire est connu et retenu par beaucoup d’entre nous. Si vous voulez voir des artistes en action, vous savez donc où vous rendre. C’est dans le centre de Spa, cela s’appelle les Francofolies, et c’est jusqu’au 21 juillet inclus, avec des artistes comme Hoshi, Zazie, Pascal Obispo, Patrick Bruel, Gims… La liste serait trop longue à vous énumérer ici, mais vous trouverez tous les renseignements pratiques sur le site officiel du festival. A très bientôt.