11 février 2026

CABARET VERT : l’intégralité de la programmation musicale dévoilée.

Du bleu, du vert, du rose… Le tableau est complet, les couleurs débordent : la programmation 2025 du Cabaret Vert est désormais pleine et entière. Une quarantaine de nouveaux noms rejoignent la fête, ajoutant autant de sons, d’histoires et d’émotions à la fresque musicale qui se dessinera du 14 au 17 août dans les Ardennes.  Tous nouveaux, hyper chauds. Fidèle à l’esprit du festival, la suite du programme 2025 prévoit son lot d’artistes brûlants attendus le long de la Meuse. Remodelée cet été, la scène Razorback hurlera à la lune avec les shakers rockeurs Fat Dog, aussi remuants que sauvages, et les fulgurances post-punk des néerlandais Tramhaus. Côté dancehall, on affiche complet, propulsé par le boss Sean Paul et le prodige transalpin Kybba. Côté dancefloor, deux figures parmi les plus en vue de la scène électronique actuelle seront de la party à Charleville : le phénomène norvégien Alan Walker, couronné par ses tubes interstellaires (Faded, Alone…), et le surdoué français de la hard techno Trym.  Girls first ! Dans la playlist de l’été ardennais, on trouve aussi une armada d’indie girls bien décidées à dézinguer les citadelles du rock. Dans le sillage de la it-girl Suki Waterhouse, déjà annoncée cet hiver, s’invitent désormais l’adrénaline gouailleuse de Panic Shack, le glam show de CMAT, la sève juvénile californienne de The Linda Lindas, la colère jubilatoire (et contagieuse) des Lambrini Girls, et bien sûr, le rrriot punk de la Brésilienne Karen Dió, étoile montante planétaire du genre. Français, fais ce qu’il te plaît Retour de ce côté de l’océan, avec des personnalités frenchies hors normes qui viendront également assaisonner cette édition 2025. On prend de plein fouet la déflagration Eloi, une Francilienne qui boxe quelque part entre synthpop et électro-punk. On se laisse émouvoir par le performer mercurien Lucky Love. Et l’on suit les yeux fermés Adèle Castillon, dont les déambulations électroniques crèvent l’écran… et le cœur des festivaliers.  Rap en orbite sur le Greenfloor Têtes chercheuses, talents explosifs : le Greenfloor offrira un panorama des rookies rap, grand cru 2025. Citons la trap façon queen pour Le Juiice ou cosmopolite pour Dina Ayada, la new jazz du phéno JRK19, TH avec sa E-TRAP rocailleuse, le caméléon Ajna, l’ovni Jyeuhair, l’uppercut mumble rap de La Mano 1.9 ou encore l’univers sous haute influence rastafari de Jeune Lion. Et pour coopter cette nouvelle génération ? Le patriarche du rap hexagonal, Oxmo Puccino, dont la venue sur le Greenfloor sera forcément incontournable le dimanche, sous vos applaudissements.  L’affiche 2025 au grand complet Ces nouveaux appelés viennent grossir les rangs d’une édition 2025 qui s’annonce spectaculaire, avec 80 artistes dont Booba, MC Solaar, Will Smith, DJ Snake, Jamie xx, The Last Dinner Party, Zaho de Sagazan, Bigflo & Oli, Julien Doré, Idles, Vampire Weekend, Queens of the Stone Age, Landmvrks, Leprous, SDM, Theodora, Sammy Virji, VTSS, Genezio, Ven1, Horsegiirl, Kneecap, Wet Leg.  Audacieux, indépendant et durable depuis 2005 À Charleville-Mézières, les watts font aussi vibrer les bulles. Comme chaque année, le festival célébrera la bande dessinée avec séances de dédicaces, rencontres et remise de la 3ᵉ édition du Prix BD Cabaret Vert. Les passionnés du genre se mêleront aux amateurs de cinéma et de débat dans l’espace L’IDeal, pour une expérience toujours plus libre, curieuse et collective. Enfin, le festival promet de garder son cap éternel : prendre soin du monde autant que de son public. Cette année encore, il proposera aux festivaliers de mieux se déplacer, de consommer local et de produire moins de déchets…  Cabaret 2025 : le compte y est — et il est sacrément bon. Rendez-vous du 14 au 17 août 2025 dans les Ardennes. 

Le Cabaret Vert joue la carte de l’innovation.

En cette période où certains festivals commencent à annoncer les premiers noms de leur line-up 2025, des nouvelles moins réjouissantes fusent ci et là en provenance également du monde de la musique. La pandémie du Covid avait déjà marqué un fameux frein au développement de certains, mais là, les dépôts de bilans et annulations tombent en cascade. L’augmentation des coûts énergétiques, l’explosion du cachet sollicité par beaucoup d’artistes, le retrait de plus en plus marqué des pouvoirs communaux dû à l’austérité ambiante… les causes sont multiples, mais la conséquence est unanime, le calendrier des festivals va s’amincir fortement cet été. Sur quelques jours, nous venons en effet d’apprendre la mise en liquidation de l’ASBL en charge du festival Feelgood à Aywaille, l’annulation définitive de Scène-sur-Sambre, qui avait déjà dû mettre son édition 2024 entre parenthèses, et la fin du festival Essonne en scène car son plus gros support, le département, se doit de restreindre ses dépenses. Et dire que nous n’avons toujours reçu aucune nouvelle de certains autres événements ce qui ne laisse rien augurer de bon ! Heureusement, d’autres festivals comme les Ardentes, La Semo, Les Solidarités, Le Baudet’stival, Werchter Boutique et Rock Werchter, le Pinkpop, les Gens d’Ere … ont d’ores et déjà lancé les invitations pour l’été. Alors que les réveillons n’ont pas encore sonné leur glas, quelques noms ronflants sortent déjà du chapeau de certains organisateurs. Mais la plus grosse surprise vient sans doute de Charleville-Mézières où un certain Will Smith devrait venir clôturer une édition anniversaire (la première du festival date de 2005) que l’équipe du Cabaret Vert concocte avec soins depuis de nombreux mois. Nous avons voulu savoir comment cet événement annuel a, au fil des ans, pris une ampleur telle qu’il est désormais l’une des places fortes des Ardennes capable d’attirer des stars mondiales dans une région pourtant pas si connue hors de nos frontières. C’est le directeur adjoint du festival, Cédric Cheminaud, qui a accepté de répondre à nos questions, et ce malgré un planning assez chargé, car le Cabaret Vert n’est pas qu’un festival se déroulant sur 4 jours en août. C’est aussi toute une équipe oeuvrant au quotidien pour le site occupé à l’année et d’autres événements plus thématiques comme le club Razorback de ces 20 et 21 décembre. Cédric, 2024 a vu de nombreuses modifications apportées au site du festival, avec notamment une entrée pour le public versée de l’autre côté du lac et l’inversion des scènes Illumination et Zanzibar. Quels sont les retours et enseignements de ce nouvel agencement ? « Ce fut effectivement une année charnière car nous avions besoin d’un redéploiement des scènes mais en respectant au mieux l’environnement qui nous a été confié. Nous voulions en effet que ce lac prenne une place importante dans la circulation du public. Globalement, les retours, qu’ils soient du public ou des bénévoles, sont positifs donc je pense que nous avons relevé avec brio l’important défi que nous nous étions imposés.   « Le dimanche fut le point d’orgue avec une affluence record de 32000 spectateurs. Il n’y a eu aucun souci majeur mais nous avons remarqué que certains points pouvaient encore être améliorés, notamment concernant les déplacements entre les scènes. Il faut dire que les éléments météorologiques ne nous ont pas aidés, le samedi ayant fait face à d’importantes averses qui ont endommagé une partie du site. Nous avons tenté d’agir au mieux pour le confort du public mais ce n’était pas encore assez. Nous ne pouvons toutefois plus faire abstraction de la pluie et de la boue en espérant que l’on passe entre les gouttes car ces dernières années nous ont montré que les fortes pluies devaient désormais faire partie intégrante de la réflexion. » Vous avez pourtant toujours mis en œuvre des moyens pour préserver au mieux le site et le public comme en 2023 où vous aviez fait venir de nombreux camions citernes pour pomper l’eau excédentaire avant de placer des bâches en matière biodégradable, et en 2024 des camions ont également tenté de pomper le surplus ou de le couvrir de sciure mais le mal était déjà fait. « Si nous pouvions tout protéger comme en 2023, ce serait simple. Coûteux, certes, mais possible, toutefois, nous devons aussi tenir compte de nombreux paramètres liés aux spécificités de ce site naturel. Il ne nous est pas permis de tout bétonner ou de mettre de la terre ou du sable où l’on veut. Nous allons donc devoir : Concernant les scènes, Zanzibar au centre de la plaine principale est désormais acté ? « Oui, je trouve que la main stage a désormais trouvé sa place. Elle paraît même plus imposante là, trônant sans aucun édifice autour. Par contre, nous ne savions pas trop comment utiliser cette deuxième scène « mixte » qui n’arrivait pas à faire l’unanimité. Nous allons donc fusionner les scènes Razorback et Illuminations afin de créer un espace rock plus conforme au niveau des groupes et des performances proposés. Razorback était bien, et très appréciée des quadras et quinquagénaires notamment, mais elle était trop vite saturée au niveau du public. Il n’y aura donc plus que 4 espaces dont trois thématiques (urbain/rap – dance/reggae/dub – rock/metal) avec un Razorback XXL qui permettra aux métalleux de rencontrer plus d’adhérents encore ». L’entrée côté ville restera de mise aussi ? « C’est clair. A cet endroit, le public est beaucoup plus proche de la gare. Cet emplacement a sans doute contribué à l’essor récent de la mobilité douce avec une montée en puissance de l’utilisation des bus et trains. C’est une franche réussite qui nous encourage à persévérer dans cette voie avec l’aide des pouvoirs publics. Nous sommes dans une région semi-rurale où la voiture est presqu’obligatoire pour se déplacer en temps normaux. Mais avec les offres fournies en termes de services et de prix, beaucoup optent désormais pour laisser leur quatre roues au domicile, ce qui est un peu le but recherché ». Comment un festival comme le Cabaret Vert peut-il proposer chaque année une affiche aussi fournie en quantité et en qualité alors que de nombreux autres

Maureen met le feu au Cabaret Vert.

L’urbain s’était invité sur quasi tous les espaces du Cabaret Vert ce vendredi, la scène Razorback étant toutefois réservée aux rockeurs qui ne sont pas friands du rap dans toute forme que ce soit. Comme expliqué dans un article précédent, ce fut une journée particulière pour nous puisque six concerts nous fermaient leurs portes. En fait, matériellement nous aurions pu, pour certains d’entre eux, essayer de nous glisser dans la foule pour effectuer quelques clichés de loin, mais pourquoi prendre le risque d’abîmer le matériel et d’ennuyer des inconditionnels de ces artistes alors qu’ils ne veulent visiblement pas de médias multigenres, préférant réserver une exclusivité à d’autres (résolument orienté rap) ?  Autres médias pour ces artistes, et bien nous réserverons nos faveurs à d’autres artistes également. Le jeu va dans les deux sens. Exit donc SCH, Ninho, Luther, Kaaris, Vanille et Irène Drésel. Pour les prestations de nos « nationaux », Shay et Youssef Swatt’s, je vous renverrai vers « Le rap belge n’est pas mort » puisque cet article leur est entièrement consacré, leurs shows en valant bien la peine. Malgré cette belle liste d’artistes que nous ne présenterons pas dans ce résumé, il nous reste des cartouches et quelques beaux clichés à vous montrer. C’est bien la preuve que le Cabaret Vert est extrêmement riche autant en quantité qu’en qualité des prestations proposées. Et encore, nous avons dû faire des choix, parfois guidés par le temps imparti pour la prise de photos ou même les déplacements entre les scènes. Oui, Le Cabaret Vert est une grosse, très grosse structure qui offre de nombreuses alternatives musicales, mais aussi en bandes dessinées, espaces de débats, cinéma… Si tu ne trouves rien qui te plait au CV, c’est que tu es vraiment trop difficile ou ronchon (lol). Trêve de plaisanterie, il est temps de s’occuper un peu des six prestations que nous allons vous présenter ici. Lucie Antunes : « Sur scène quatre interprètes-performeu(r/se)s touchent à tout dont le talent ne se limite pas à la musique : mouvements, performance, danse, percussions, chant, cris, transe au milieu des batteries, des synthés, des vibraphones et des cloches tubulaires. La volonté d’abolir les distances, s’affranchir des rôles pour créer des frottements, des carambolages, des rencontres et fabriquer ainsi toujours plus de chaleur humaine ». Voilà une partie de la description proposée sur le site du festival, et c’est assez bien présenté. Côté style, cela oscille entre le human électro et l’électro expérimentale. En fait, on ne peut ranger cette prestation dans aucun tiroir tant elle sort des clichés de la musique. C’est un peu du tout… mais bien organisé. JolaGreen23 : « Brutal de prime abord, l’univers que dépeint JOLAGREEN23 est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Tout en nuances, chargés d’images et de références, les récits sombres et authentiques du rappeur de Bois-Colombes naissent systémiquement d’une impulsion, d’un élan spontané. Instinctif, Jorghen— de son prénom — l’a toujours été. Du haut de ses 22 ans, il croit fermement en sa bonne étoile et aux signaux que la vie lui envoie : sa « chance », telle qu’il la décrit, c’est un peu le fil conducteur de son parcours ». Encore une fois, c’est assez proche du personnage pour la description papier. Son nom a d’ailleurs été « construit » minutieusement : Jola pour la contraction de son prénom, Green est la couleur représentant la chance et 23 est un chiffre important au basket, le sport qu’il pratique encore (c’était le numéro de dossard d’un certain Jordan). Sur scène, c’est plutôt un duo que nous retrouvons. C’est rythmé et la complicité entre les deux protagonistes est évidente. La sauce prend rapidement avec le public et je ne parle pas que du concert. Assurément l’un des rappeurs à suivre prochainement. Houdi : Style provocateur, technique maîtrisée et abondance de punchlines, le rappeur masqué est dans la place ! Là, on vous avoue, nous ne nous sommes pas éternisés car visuellement, notre taf était vite plié. Avec Houdi, aucune expression ne transparaît. Il faut dire que la cagoule noire et les lunettes de ski au verre fumé aident bien… Avec Kerchak, on voit les yeux, quant à Vladimir Cauchemar, il nous réserve toujours un show fumant. Ici, rien de tel, sans doute pour que le public s’intéresse exclusivement aux paroles. Ah, j’allais oublier, l’artiste avait tout de même adapté sa performance pour l’occasion, il a enfilé un tee-shirt vert pour fêter son intronisation au palmarès du festival. C’était en effet son premier passage au Cabaret. Teezo Touchdown : Avec Aaron Lashane Thomas, on berce dans l’approche opposée à celle de Houdi. Le rappeur, chanteur, auteur-compositeur et producteur de disques américain est en effet un personnage assez excentrique dans ses tenues et son aptitude à tenir un public. Cette fois, pas de clous sur la tête ni de protections de foot US comme costume mais bien quelques accessoires que l’on ne s’attendrait pas à voir accordés ensemble. Bonnet noir, lunettes noires, singlet noir, short noir. Tout ceci est assez commun me direz-vous. Oui, mais le modèle des bottes est assez singulier, ses gants de gardien de but font tâche dans le décor et son micro est dissimulé au sein d’un immense bouquet de fleurs qu’il tiendra durant tout le show. On vous passe la liste des bijoux et bracelets de festivals qu’arbore fièrement notre homme pour s’intéresser à sa prestation, toute aussi désarçonnante. Il joue énormément avec le public, multiplie les déplacements, alterne les styles musicaux, entre pop et rap. Une prestation à voir pour vous faire une idée. Baby Queen « de son vrai nom Bella Latham, est une artiste émergente qui redéfinit la pop avec son style unique et ses paroles honnêtes. Née en Afrique du Sud et arrivée à Londres à 18ans, Baby Queen s’inspire d’une variété de genres musicaux, fusionnant pop contemporaine et indie alternative pour créer un son distinctif. Ses chansons abordent des sujets tels que la pression sociale, l’anxiété et les relations, offrant un message d’authenticité et d’acceptation de soi ». N’ayant pu effectuer qu’un bref passage sur la scène où elle jouait, nous nous baserons effectivement sur

Avec Nova Twins, tout va de paires …

Twins est le mot anglophone pour désigner des jumeaux, ce qui n’est pas vraiment le cas des membres du groupe, qui sont amies de longue dates et baignent dans le même milieu musical depuis des lustres, mais n’ont aucun réel lien de parenté. Mais le chiffre 2 est toutefois bien présent dans l’univers des Nova Twins. Il s’agit tout d’abord bien d’un duo, de rock anglais, formé en 2014 à Londres. Amy Love (chanteuse et guitariste) est d’origine iranienne et nigériane, Georgia South (bassiste) est, elle, d’origine jamaïcaine et australienne. Elles ont donc chacune une double filiation. Nova Twins est le second nom de leur band, qui s’est brièvement appelé, dans un premier temps, BRAATS. Et Supernova (sorti en 2022) est (seulement) leur deuxième album. Au Cabaret Vert, elles n’ont toutefois pas fait dans le détail en livrant un spectacle très bien ficelé, à la hauteur de leur titre de princesses du « punk urbain ». Présence scénique digne des meilleures (elles ont assuré la première partie de Skunk Anansie en 2017), jeu de guitares appliqué, et morceaux bien piquants (nous vous conseillons les clips de Taxi et Cleopatra), les Nova Twins ont tout pour p(l)aire. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Un show à l’américaine version Macklemore.

Le Cabaret Vert accueille régulièrement des stars internationales d’outre atlantique comme Wolfmother (Australie) et Black Eyed Peas (USA) l’an dernier ou encore Xavier Rudd (Australie) et Korn (USA) cette année. La programmation ardennaise balaye large donc en styles, mais aussi géographiquement parlant. Un choix, il faut l’avouer, souvent gagnant. Et ce fut d’ailleurs encore le cas avec le rappeur engagé Macklemore. Benjamin « Ben » Hammond Haggerty, né le 19 juin 1983 à Seattle (Washington), est un rappeur américain qui n’hésite effectivement pas à prendre position pour de nombreuses causes, et ce depuis sa plus tendre enfance. Lui qui vit dans une banlieue pour personnes assez aisées fréquente par contre une école où il prend rapidement conscience de la fracture ethnique qui frappe les Etats-Unis. Ce mélange de cultures le mène naturellement vers le hip-hop auquel il s’essaye dès ses 7 ans, créant ses propres compositions quelques années plus tard (il a alors 14 ans) influencé par la frange New-yorkaise (Wu-Tang Clan, Notorious B.I.G, Nas…). Et l’adolescent joint le geste à la parole puisqu’il prend également part à un programme centré sur le rap lors de son travail en centre de détention juvénile. En 2005, son premier album sort mais sans connaître de véritable succès. Par contre, sa rencontre avec Ryan Lewis, dès l’année suivante, va lui faire prendre un chemin bien plus éclairé. C’est en effet avec ce nouveau comparse qu’il va produire son premier hit mondial, Thrift Shop. Ensemble, le duo va sortir deux albums, The Heist (2012) et  This Unruly Mess I’ve Made (2016), avant que Benjamin ne reprenne le chemin des studios seul pour Gemini en 2017.  Depuis lors, Macklemore a sorti un 5e opus (le 3e en solo), simplement dénommé Ben (2023). Notons qu’avec un total de 12,8 MILLIONS DE STREAMS combinés à ce jour, Macklemore est l’un des artistes indépendants les plus populaires de tous les temps. Tantôt plus tourné vers le RNB ou la pop, le rappeur garde toutefois un débit de paroles impressionnant qui le rapproche parfois d’Eminem comme dans l’incontournable Can’t Hold Us. La culture américaine bien ancrée dans ses baskets, Macklemore propose un show complet où se mêlent joutes verbales, chorégraphies endiablées, changements de tenues et quelques surprises comme l’arrosage en règle du public à l’aide d’un fusil à eau. Un beau moment de détente, même si certains lui reprochent d’être trop loquace entre les morceaux, mais c’est l’essence même de l’artiste qui ressort, il l’a toujours prôné, sa musique est là pour transmettre un message, cela fait partie de son personnage public. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.   

Xavier Rudd vous berce aux sons du didgeridoo.

C’est un bien long voyage qu’a entrepris l’Australien Xavier Rudd pour venir se présenter au Cabaret Vert, lui qui vogue d’habitude entre ses terres natales (dans le comté de Victoria) et Vancouver (Canada) où se trouve le siège de son entreprise de gestion. Si l’on part dans les clichés cinématographiques d’une génération quarantenaire (Xavier est né en 1978), certains revoient l’image de Crocodile Dundee, d’autant qu’un aborigène, ami de l’acteur dans le film, joue effectivement de cet instrument dans le film. Et bien mesdemoiselles et mesdames, désolé de vous décevoir mais nous ne sommes pas vraiment sur la dégaine de Paul Hogan. Nous serions plutôt sur celle de Mitch Buchannon (version de David Hasselhoff, à l’époque). Clairement, on voit que l’homme s’entretient et qu’il prône la zen attitude. Nous l’avons d’ailleurs croisé à plusieurs reprises en début de journée errant dans les rues de Charleville-Mézière ou se baladant le long des espaces arborés, seul. Assez méconnu dans nos contrées, Xavier Rudd est une star dans ses pays d’origine et d’adoption. Il faut dire qu’il est un éminent représentant de la musique traditionnelle, habitué des festivals du genre comme le Falls Festival, le Woodford Folk Festival, le East Coast Blues & Roots Music Festival,  le Melbourne International Music Festival ou encore le Womadelaide. Son déclic, si l’on peut l’appeler ainsi, Xavier l’a eu vers ses 10 ans, en assistant au concert de Paul Simon (l’ancien partenaire de Art Garfunkel avec qui il interpréta « Sound of Silence » ou encore « Mrs. Robinson »). A partir de ce moment, Xavier Rudd apprend à jouer de plusieurs instruments, dont le célèbre didgeridoo auquel il s’essaye d’abord avec un tuyau d’aspirateur. Depuis, sa technique a bien évolué et il s’est plus que diversifié puisqu’il joue en plus de la guitare Weissenborn (comme un certain Thomas Frank Hopper), de la guitare électrique, de la guitare acoustique, du stomp box, de l’harmonica, du tambour aztèque, du djembé, des shakers, du banjo et des clochettes.   Les plus anciens ont connu Rémy Bricka, que l’on surnommait l’homme-orchestre, ici c’est tout aussi diversifié mais moins mobile. Rémy jouait en effet en se déplaçant, à l’instar d’une fanfare, alors que Xavier vient s’asseoir derrière un étale d’instruments pour sa prestation. Côté musique, le parallèle s’arrête là car Xavier Rudd propose une incartade sur la plage ensoleillée qui berce l’Australie, sur des paroles qui tendent à nous faire prendre conscience que malgré nos soucis personnels, la Terre tourne toujours, que le soleil brille, que la vie se perpétue… Pour ceux qui voudraient retrouver cette ambiance « cool » (ce n’est pas pour rien que l’homme est surfeur), sachez que l’artiste a déjà sorti 10 albums studios et 6 lives. Quand on vous disait qu’il est connu de l’autre côté du globe. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.    

Toutes les saisons au Cabaret Vert.

La récente chute des températures accompagnée de pluies assez intenses nous rappelle que nos contrées sont exposées à des conditions climatiques pour le moins vagabondes. En 24h, le mercure peut grimper ou plonger à sa guise, laissant parfois les organisateurs d’événements pantois car il n’est pas évident de pouvoir tout anticiper surtout lorsque l’infrastructure doit être réservée et montée plusieurs jours avant les festivités et qu’il n’existe pas vraiment de plan B ni pour la période choisie, ni pour l’endroit désigné. Le Cabaret Vert rentre exactement dans le cadre de notre description puisqu’il s’agit d’un festival se déroulant à une date annoncée environ un an à l’avance (plus d’une centaine d’artistes musicaux et près de septante dessinateurs, cela ne se trouve pas derrière la première pierre venue) et sur un site fixe (l’endroit est un site propre géré à l’année par l’organisation qui y a établi ses bureaux). Il est temps de croiser les doigts pour que dame nature soit votre alliée car à chacune de ses crises, vous pouvez être confronté à des soucis plus ou moins dérangeants pouvant même aller jusqu’à l’annulation pure et simple de l’événement (comme ce fut le cas notamment à Aywaille, où le terrain était devenu trop spongieux et impraticable pour recevoir le FeelGood festival). A Charleville-Mézières, nous n’en sommes pas arrivés à ce point, mais il faut dire qu’en 4 jours, nous avons connu des situations bien différentes. Aux chaleurs torrides et presqu’étouffantes des jeudi et vendredi ont succédé les pluies torrentielles du samedi qui ont rendu la journée du dimanche très… boueuse et humide. Il existe alors diverses attitudes qui peuvent être adoptées, allant de l’immobilisme attentiste à l’alarmisme précautionneux. Si le Cabaret Vert est connu pour son implication dans les projets écologiques et la transition vers le zéro déchet/rejet, son aptitude à rebondir n’est plus à démontrer non plus. En 2023, l’organisation avait fait venir plusieurs dizaines de camions pour pomper le surplus d’eau et avait surtout engrangé des frais pour poser une sorte de bâche biodégradable aux endroits les plus précaires vu que les semaines précédant le festival avaient été le théâtre de coulées incessantes d’eau de pluie. En ce début de festival, pas de problème de ce genre, le soleil étant bien présent. Mais le samedi, ce fut une autre histoire. Tout le monde a été rincé. Je parle du public évidemment (il s’agit d’un festival à ciel ouvert), des bénévoles, des photographes (certains y ont perdu une partie de leur matériel), de certains artistes (Hervé notamment a affronté les éléments, poussant quelques pointes sur l’avancée qui n’était pas protégée) mais surtout du sol qui n’a pas pu absorber de telles quantités en si peu de temps. Comment allait-on retrouver le site dimanche ? L’état général des plaines allait-il permettre l’ouverture du festival et le déroulement de tous les concerts (en 2023, Ronquières avait dû annuler certaines prestations car une des scènes n’était pas utilisable) ? Grâce à l’intervention de plusieurs machines (tracteurs et camions) et de nombreux volontaires, une partie du surplus d’eau a pu être pompée et de l’absorbant (naturel) déversé aux endroits critiques. Alors oui, l’ouverture a été retardée de 30 minutes, et oui, il restait de grosses flaques de boues, mais la sécurité des festivaliers étant assurée, le feu vert était donné pour les prestations du dimanche. Heureusement dirons-nous car dans les artistes du dimanche figuraient de sérieux prétendants au titre de prestation de la saison avec notamment les incontournables Shaka Ponk, mais aussi l’autre très grosse machine du métal français, Mass Hysteria. Trente ans de carrière, dix albums studios, six lives … même si Mouss Kelai est le seul membre fondateur encore en activité, on peut parler d’expérience avec MH. Sur scène, rien à dire, c’est top. Un brin provocateur évidemment, mais ils savent vous mettre une ambiance de feu, même dans la boue et l’herbe humide. Certains dépasseront encore les limites en balançant des gobelets de boue sur le service de sécurité et les journalistes présents en frontstage à ce moment, mais comment peut-on en vouloir à quelques écervelés qui manquent visiblement de connexions entre les rares neurones qui ne bercent pas encore dans l’alcool ? La boue, ce n’est pas dangereux hein ! Ok, mais il y a des pierres mélangées à ta boue, crétin. Soit, tournons la page de cet épisode pour en revenir à ce qui est plus intéressant, la capacité d’adaptation des organisateurs et de leurs bénévoles qui a donc permis aux artistes de proposer leur spectacle et aux festivaliers d’en profiter, certes avec les pieds dans la gadoue, mais avec, surtout, la tête dans les nuages. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.   

Resolve sort « Molotov » un single aussi explosif que les shows scéniques du groupe.

En prélude à la sortie de l’album HUMAN (Extended Cut), une édition enrichie de l’album éponyme sorti en 2023, le groupe de Metalcore français Resolve vient de publier un nouveau morceau détonnant intitulé Molotov. Pour l’album, « nouvelle mouture », il faudra encore attendre quelques jours (sortie prévue le 25 octobre), mais le clip du dernier single est disponible depuis le 04 septembre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est de la bombe. Ce n’est pas à diffuser entre toutes les oreilles, évidemment, mais pour les amateurs du genre, voilà un morceau qui représente bien l’univers et le dynamisme d’un groupe qui fut assurément l’une des très bonnes surprises de l’édition 2024 du Cabaret Vert. Si ses membres ne sont pas des inconnus (certains faisaient partie de Above The North, Anthony Diliberto étant lui le chanteur de Happening avant ce projet), le quatuor dans cette configuration est en effet assez nouveau (mars 2022, même si la première mouture date de 2016). Mais il ne lui faut pas bien longtemps pour atteindre les sommets dans sa discipline, le Hellfest étant déjà à leur menu en 2023. Après avoir vu le quatuor sur la scène Razorback à Charleville-Mézières ce 15 août, nous comprenons pourquoi leur ascension est fulgurante. Waouh, ça c’est du show ! Musicalement et visuellement, c’est du lourd. Du très lourd, saturé à souhait, avec des éclairages pesants mais qui vous emmènent dans un autre univers, digne d’une séance post apocalyptique. Vous avez manqué la prestation des Lyonnais dans les Ardennes ou vous en redemandez déjà ? Pas de problème, le groupe débute sa tournée post estivale ce 12 septembre. Plusieurs dates en France, mais aussi en Pologne, Tchéquie, Suisse, Royaume-Uni et Pays-Bas sont d’ores et déjà programmées. Et la Belgique dans tout cela ? Rassurez-vous, il y aura bien une escapade dans notre plat pays. Et on peut même parler de double dose puisque vous aurez deux chances d’obtenir un sésame, soit le 30/11 soit le 01/12. Cela se passe au Trix à Antwerpen, et ce seront des concerts « packages » puisque Resolve accompagnera ces jours-là trois groupes britanniques à l’esprit tout aussi trempé : Throw, Malevolence et While she Sleeps. Retrouvez les clichés du festival CV sur la page Facebook – ReMarck Photos.

La palme du jeu de lumières va à Justice.

Xavier de Rosnay et Gaspard Augé se sont associés en 2003 pour créer le groupe Justice, un duo de musique électronique français aux accents de Daft Punk. Certes, leurs styles musicaux ne sont pas exactement similaires, mais quand on pense duo, électro, originaire de l’Hexagone, assez discret mais très apprécié Outre Atlantique, les connexions sont plus évidentes avec les artistes casqués les plus connus de l’univers électro-pop. Des passerelles qui sont même humaines puisque l’un des artisants du succès de Justice n’est autre que Pedro Winter, manager de Daft Punk à l’époque des premiers pas de Justice. C’est en effet lui qui va permettre au duo de faire connaître leur remixe de « Never Be Alone » de Simian (qui deviendra « We Are Your Friends » dans la seconde version) en les signant notamment sur son label. Il faudra toutefois attendre 2007 pour écouter le premier album du groupe, Cross, sur lequel figure un titre qui va faire le tour du monde, D.A.N.C.E. Deux autres albums paraîtront en 2011 et 2016 puis c’est silence radio. Du moins au niveau des compositions musicales destinées aux clubs car la « patte » Justice est présente dans de nombreux films (notamment Hitman, Les Trolls ou encore John Wick : chapitre 4), courts-métrages, publicités, génériques de séries et de jeux vidéos. Et oui, Justice est le premier groupe français à intégrer la bande son d’une version de GTA, mais on l’entend aussi dans Assassin’s Creed 2, Gran Turismo 5, NBA 2K13… Un silence brisé en 2024 avec la sortie de leur quatrième opus, Hyperdrama. Et qui dit album dit tournée. Le duo était donc attendu de pieds fermes par le public du Cabaret Vert puisqu’il est originaire de Paris, à quelques encablures à peine de Charleville-Mézières. Pour l’occasion, le duo n’a absolument pas déçu les nombreux curieux et fans présents. Leur show est toujours aussi impressionnant, surtout du côté du jeu de lumières. C’est en effet l’une des spécificités de Justice, le groupe se déplace toujours avec son propre matériel vidéo/lumières car il tient à proposer un spectacle visuellement marquant. Retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos.   

Destroy Boys : du punk aux paroles dénonciatrices.

L’histoire débute en 2015 du côté de Sacramento. Alexia Roditis (voix perçante et guitare incisive) et Violet Mayugba (également guitariste) créent un groupe afin de jouer quelques morceaux ensemble, Alexia étant également batteur. Des groupes, en Californie, cela ne manque pas, surtout dans ce style de musique territorialement ancré à cet endroit, le punk. Mais les deux amies ont de la suite dans les idées, de l’énergie à revendre et des convictions à défendre. Rejointes par deux autres musiciens (des hommes cette fois), elles entament un série de concerts dans des garages qui font à chaque fois salle comble. Le groupe va sortir en quelques saisons trois albums (le quatrième, Funeral Soundtrack n°4, vient tout juste d’atterrir dans les bacs depuis le 09 août), modifier sensiblement sa composition (Alexia et Violet sont les seules membres « stables ») et se faire un nom qui va lui permettre d’effectuer des tournées à l’étranger (essentiellement en Grande-Bretagne) et de choisir leur label. C’est Hopeless Records qui reçoit les faveurs du groupe en vogue pour les libertés artistiques qui lui sont accordées, mais aussi pour la composition diversifiée et inclusive de l’équipe du label (Alexia se déclare non binaire). « Les hommes ont établi les règles, et ces règles foutent tout le monde en l’air. Avoir plus de femmes et de personnes non binaires dans les coulisses, où se trouve une grande partie du pouvoir, permettra, espérons-le, de réduire les abus dans l’industrie », soulignait Roditis lors d’un entretien avec des confrères. « Il est important d’avoir des femmes, des personnes queer, des personnes de couleur et des personnes handicapées dans tous les aspects de l’industrie de la musique, pour avoir ce soutien. » Ce point est extrêmement important pour les deux membres fondateurs de Destroy Boys car elles ont déjà été confrontées à des soucis assimilés à du harcèlement sexuel, que ce soit dans leur vie privée ou même scénique. Des comportements inappropriés qui n’empêchent pas le groupe de fournir des prestations toujours aussi explosives et remarquées sur scène, et de dénoncer haut et forts les dérives comportementalistes de certains. La maltraitance, la dépendance à l’alcool, l’intimidation croissante sur internet, le mal-être personnel sont autant de sujets qui reviennent dans les textes de groupe. Pour les avoir vues au Cabaret Vert, sur scène, c’est du rock brut, à la sauce américaine. Cela envoie du lourd. Nos deux comparses sont évidemment les personnes de référence du groupe, et elles ne se démontent pas. Quelques détails (que vous pourrez peut-être déceler sur les clichés) laissent transparaître qu’Alexia et Violet ne sont pas là pour jouer les poupées de salon, qu’elles s’en f… du genre, seul leur message et leur son doit laisser une empreinte. Pour les cœurs et oreilles bien ancrés. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Teddy est loin de perdre le contrôle.

Le jeudi 15 août, pour son jour inaugural de l’édition 2024, le Cabaret Vert a reçu un artiste qui ne laisse personne indifférent tant son look, sa jovialité mais encore plus sa voix, sont remarquables. Cet artiste se nomme Teddy Swims. Ce nom parle déjà à beaucoup d’entre vous, mais peut-être pas à tous. Jaten Collin Dimsdale, également connu sous le pseudonyme de Teddy Swims, est un auteur-compositeur-interprète américain qui s’est construit une communauté de followers dès 2019 en postant régulièrement des reprises sur la chaîne YouTube. Mais c’est avec un titre personnel, « Lose Control », qu’il va se faire connaître du grand public. Musique aux airs rétro et refrain percutant laissant toute la place à sa tessiture vocale sont les ingrédients principaux de ce tube qui le propulse sur le devant des scènes. Là, on découvre un personnage particulier, affichant de nombreux tatouages sur tout le corps, visage compris, qui font immédiatement penser à un autre artiste à la voix puissante, Rag’n Bone Man. Autre point commun entre ces deux géants de la chanson (l’un étant Anglais, l’autre Américain), leur accessibilité. Vis-à-vis du public, mais aussi des médias. L’un et l’autre ne se prennent en effet pas la tête sur des détails liés à leur look, ils sont humains et c’est une qualité qui se perd malheureusement. Sur internet, vous trouverez de nombreuses vidéos où Teddy Swims rejoint un chanteur de rue (cliquez ici ou ici) ou un jeune dans un pub qui veut reprendre l’une de ses chansons et qui improvise un duo (cliquez ici et ici). On ne dit pas qu’il n’y a pas une part de mise en scène dans ces morceaux choisis, car de nombreux artistes peuvent aussi jouer sur cette corde pour s’attirer les faveurs des fans, mais il suffit de voir le chanteur arriver sur les planches pour comprendre qu’il a tout de même une part « nature » qui reste préservée. Short en jeans dont la doublure des poches dépasse, chaussettes noires (sans chaussures), tee-shirt sans manche au logo du festival, lunettes de soleil et casquette visée sur le crâne. Nous sommes loin du costume trois pièces utilisé pour la finale de The Voice retransmise sur NBC. Dès son arrivée, l’artiste montre ses capacités vocales, mais ne s’interdit aucunement quelques pitreries en tirant la langue, effectuant l’une ou l’autre grimace ou en jouant avec ses musiciens. Tout ceci sans solliciter aucune validation des clichés. Cela signifie qu’il n’impose aucun contrôle de son image, ce qui devient de plus en plus rare. Avec d’autres, nous aurions effectué une sélection en jetant à la corbeille toutes les photos montrant un semblant de mimique ou grimace, mais ici, c’est tellement représentatif du personnage que nous ne pouvions nous résoudre à l’aseptiser ainsi. Bref, si vous avez l’occasion un jour de pouvoir assister à l’un de ses concerts, n’hésitez pas. D’autant que l’artiste maîtrise de nombreux registres : R&B, soul, country et pop. Non Teddy, tu as beau chanter que tu perds le contrôle, on ne te croit pas sur ce coup là. Tes titres « The Door » et « Devil in a dress » sont des bombes, mais musicales, et ce domaine, tu le maîtrise drôlement bien. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Hervé défie la mode, les clichés … et les conditions climatiques.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Hervé (tout simplement, pas Hervé Vilard ni Renard) est un artiste hors du commun. Il semble défier les codes mais aussi les temps. Celui qui court telle la trotteuse de votre montre, mais aussi celui qui dépend des conditions climatiques. Et oui, la langue française est tellement riche qu’elle offre de nombreuses possibilités avec ses doubles voire même triples sens, dont le chanteur se sert d’ailleurs particulièrement bien. Petit flash-back de quelques années, Hervé Le Sourd, avouez que cela commence déjà fort au niveau image avec un tel nom de famille pour un chanteur, rêve de devenir footballeur pro. Il entame toutefois, en parallèle à ses entraînements sportifs, l’apprentissage du piano et se passionne pour l’informatique, deux activités qui vont prendre finalement le pas sur le sport de haut niveau. Hervé n’en demeurera pas moins un supporter du FC Lorient, le club phare de la région natale de ses parents, mais il fait une croix sur ses aspirations de jouer en ligue 1 pour se consacrer à la musique. Après un passage dans le groupe Postaal (si le nom est à consonance néerlandophone, c’est bien avec un anglais qu’il composait le duo), il franchit la marche le menant au mode solo. Encore une singularité pour lui qui s’imaginait briller dans un sport collectif.   Comme Hervé ne fait rien vraiment comme les autres, c’est juste à l’aube de la pandémie du Covid qu’il prend son envol. Manque de bol pourrait-on dire, mais l’artiste a de la ressource et ne baisse pas les bras. Il s’enregistre dans son appartement en mode confinement pour un clip maison de la chanson « Si bien du mal ». Et c’est top. Hervé y apparait décontracté, style je croque la vie comme elle vient. Heureusement que le garçon dispose d’une bonne dose d’humour, de résilience et d’auto dérision car ses mésaventures sont, disons, régulières. Pour exemple, c’est lui qui a eu cette surprise de découvrir que son album CD avait été livré avec les chansons de Luis Fonsi, l’interprète de Despacito. Certains auraient déprimé, d’autres se seraient énervés sur les personnes en charge de la fabrication des albums. Il l’a peut-être fait, nous n’avons aucune information là-dessus, mais il a surtout tourné une petite vidéo dans sa voiture, en mode selfie, pour expliquer la situation à ses fans. Tout ceci pour en arriver à sa performance au Cabaret Vert. Que pourrait-il lui arriver dans un festival d’une telle ampleur, dans le nord de la France, au troisième jour de l’événement ? C’est là qu’entre en scène une invitée que peu d’organisateurs apprécient, la pluie. Et je ne vous parle pas d’une petite douche de fines gouttelettes, non, mais plutôt de la bonne drache nationale belge et ce sans discontinuer de longues heures durant. De telles conditions ont évidemment un impact sur les festivaliers, directement exposés à l’humidité, mais aussi à la boue qui remplace progressivement la bonne terre ferme et l’herbe qui couvraient les plaines du site, mais les déplacements des artistes sont aussi, la plupart du temps, limités, ceux-ci préférant rester sous le couvert du toit, évitant du coup de s’aventurer sur les avancées qui, elles, sortent du champ de protection de l’infrastructure. Je vous le donne en mille, Hervé n’est pas de cette trempe-là. Si le public se mouille, lui aussi ! Mais un sol humide devient… glissant, comme l’a appris le chanteur, qui a toutefois évité la chute au prix d’un beau rééquilibrage de dernière minute. L’histoire ne se termine pas là, car dans son entrain, Hervé perd une pièce de son micro. On lui en apporte un deuxième, puis un troisième car la technique semble elle aussi prendre l’eau. Il faut dire que nous sommes à ce moment confrontés à des conditions climatiques particulièrement peu propices au déroulement d’un show en plein air. Mais comme d’habitude, Hervé trouve une parade pour occuper le public, se saisissant d’une raclette et débutant le nettoyage des extrémités les plus exposées de la scène. L’image deviendra virale (on voit rarement l’artiste se charger d’une telle tâche en plein milieu du spectacle) et le public s’en amuse, improvisant une holà à chaque coup de raclette. Et oui, Hervé est un artiste d’un autre temps, celui où l’on n’avait pas besoin d’un staff de douze gardes du corps pour remplir la scène ni d’un assistant pour chaque tâche. Même sans ces « évolutions », Hervé est un artiste, un vrai mec de scène, proche de son public, capable de nouer un lien avec lui et de s’adapter à beaucoup de situations. Chapeau l’artiste. Bonne nouvelle pour les Belges, Hervé nous rendra visite le 27 octobre prochain. Cela se passera à l’Orangerie (Botanique) (places disponibles sur le site de la salle). Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.