7 février 2026

Coline BLF, Elia Rose, Hoshi, les femmes s’imposent au Plein Ere le samedi.

Si l’affiche du samedi au Les Gens d’Ere était majoritairement masculine avec Joseph Kamel, Kowari, Julien Granel, Puggy, Henri PFR et Thomas H, seul le premier cité était programmé sur la scène extérieure dénommée Plein Ere. Tous les autres se produisaient à l’intérieur du Chapitô. On peut donc dire que ce sont ces dames qui ont pris le pouvoir sur la plaine ce samedi-là. Trois femmes aux univers, à la personnalité et aux destins bien différents. La plus connue est évidemment Mathilde Gerner, alias Hoshi, qui multiplie les hits depuis 2018 et cette « Marinière » aux jeux de mots si plaisants.  Depuis, le message est plus grave, souvent, axé sur les problèmes qui la touchent comme dans « Amour Censure » ou « Mauvais Rêve », parfois un peu plus léger à l’instar de ce « Puis t’as dansé avec moi », mais c’est aussi la moins accessible des trois dames du jour. Sa notoriété joue certainement un rôle, mais on a déjà côtoyé des artistes aussi (re)connus qui sont beaucoup plus ouverts, plus abordables… Qu’à cela ne tienne, on vous propose ici les deux seuls clichés pris, de loin, de très loin, car nous avons eu la désagréable surprise d’être informés au début du concert que les photographes pouvaient se trouver une place dans la foule mais que le « front » leur était interdit. En soi, ce n’est pas un problème, c’est juste le timing qui est peu approprié. Venir bousculer un public qui attend parfois depuis des heures pour prendre une photo qu’un fan du premier rang aura de meilleure qualité avec son GSM, très peu pour nous. Coline BLF, namuroise de 25 ans, est la plus jeune, et peut-être la moins connue à ce stade de sa carrière. Il faut dire qu’elle fait encore office de jeune pousse sur la scène puisque son premier EP « Blue Nostalgia » n’est sorti qu’en 2022. C’est encore frais. Et pourtant, la demoiselle est une artiste depuis bien plus longtemps, mais dans la vidéo. Elle est en effet vidéaste pour ses propres montages, mais également au sein d’une association écologique car Coline a des convictions qu’elle défend dès qu’elle en a l’occasion. Voici d’ailleurs un extrait de sa présentation sur « Court-Circuit » : « Engagée pour la justice sociale et environnementale, elle mène différents combats et promeut un mode de vie épanoui et en phase avec les enjeux de notre époque ». C’est donc à Coline BLF qu’a été confiée la tâche d’ouvrir les festivités du samedi sur le coup de 14h45. Sur les premiers accords, la plaine est presque vide, aie, que se passe-t-il ? Mais voici que plusieurs dizaines de festivaliers arrivent vers les barrières. Il fallait juste attendre que le service de sécurité donne son accord pour l’ouverture des portes. Le concert peut vraiment débuter. Coline et ses acolytes, dont le bassiste Sam Mansart, que l’on retrouvera le lendemain avec Lovelace, peuvent notamment interpréter « A la folie », ce titre entraînant qui rappelle un peu certains morceaux de Claire Laffut ou encore « Luna » planant à souhait. The last but not least, Elia Rose, la locale de l’étape puisqu’elle est née à Tournai, à quelques encablures à peine du festival, d’un papa italien et d’une maman anglaise. Rapidement Elia (c’est son vrai prénom) s’oriente vers la musique, et le chant en particulier, participant dès ses 15 ans à l’émission télévisée « Pour la gloire » dont elle atteint la finale. Dix ans plus tard, c’est à The Voice Belgique qu’elle pose son micro, jusqu’en huitièmes de finale. Point commun de ces deux prestations ? Elia y a repris une chanson de Vanessa Paradis. La voie semble toute tracée, et pourtant il faut attendre 2019 pour entendre le premier single « Colors » et plus encore (mars 2023) pour le premier album « I love it ». C’est seulement à partir de ce moment que la carrière scénique d’Elia Rose prend un sérieux coup d’accélérateur. Elle multiplie les apparitions en festivals, mais aussi en salle, s’offrant notamment la première partie de l’un des derniers concerts de Hyphen Hyphen en Belgique, celui à l’OM (Seraing). Elia Rose se distingue par son charisme, sa bonne humeur, ses mises en scène décalées (il lui arrive de porter un masque de licorne). A Ere, elle était accompagnée de danseuses, un concept assez récent mais qui devrait perdurer tant leur connexion artistique est belle à voir. Et évidemment, on ne saurait occulter la présence de son guitariste Lorenzo Di Maio car c’est une référence dans son domaine, principalement en jazz où il a reçu plusieurs prix et joué notamment avec Sal La Rocca (ex Vaya Con Dios), Fabrice Alleman ou encore Eric Legnini et Ben Wendel. Un musicien exceptionnel, mais aussi un compagnon fidèle. Il se chuchote d’ailleurs qu’un mariage serait à l’ordre du jour… Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Kowari, l’astre inattendu qui capte l’attention, Aucklane, le soleil noir qui prend la lumière.

Le samedi, au Chapitô, l’ouverture du bal était confiée à Kowari, un duo liégeois au style musical peu diffusé habituellement en festival. Le groupe définit en effet son œuvre comme du néo classique électronique. On ne vous cache pas que nous avions déjà des repères car ce duo, constitué de Damien Chierici au violon et Louan Kempenaers au clavier, n’est pas novice sur les scènes, que ce soit sur ce concept de Kowari ou dans d’autres formations. En pratique, les paroles s’effacent pour laisse place à de l’instrumental (il y a bien quelques sons vocaux, mais pas de véritable trame lyrique) essentiellement basé sur deux approches, le classique représenté par les cordes et l’aspect électronique des synthétiseurs/claviers, le tout dans un savant mélange qui propulse l’assistance dans une galaxie parallèle. Mais d’où sort ce concept ? En fait, leur première collaboration remonte à la bande originale d’un court métrage. Les deux artistes, qui se connaissaient mais n’avaient encore jamais envisagé de composer ensemble, se sont trouvés des affinités musicales et surtout une envie de proposer une nouvelle approche, certes déjà très présente dans le monde du cinéma mais peu sur scène, mêlant ces deux univers en live. L’idée était née. Restait à trouver un nom. Kowari a été choisi surtout pour sa résonance sonore. Mais le terme existe. Il désigne en effet un petit marsupial carnivore d’Australie. Rien à voir donc avec notre duo de musiciens émérites. Se produire en début d’après-midi, dans un chapiteau alors qu’il fait un temps excellent dehors, en proposant une musique pas vraiment commerciale au sein d’un festival invitant des stars que certains attendent de pied ferme n’était pas gagné d’avance. Et pourtant, Kowari a envouté le public qui était présent sur le site à ce moment grâce à une prestation aboutie. Il faut dire que Louan connaissait déjà un peu l’endroit pour y être venu la veille. Non pas en touriste éclaireur, ni en festivalier, mais bien en tant que musicien accompagnant Aucklane, un autre groupe liégeois. Là, Louan n’est nullement pianiste, mais bien bassiste, proposant ses riffs sur des mélodies plutôt rock où la voix, cette fois, occupe une place importante. Cette voix, c’est celle de Charlotte Maquet qui foule les planches depuis quelques années, mais vient étonnement de sortir son premier album (seulement) début 2025 sous le nom de « Good Girl/Bad Seed ». Invitée pour frapper les trois coups de cette version 2025 de Les Gens d’Ere, Charlotte, alias Aucklane, s’est déplacée pour l’occasion avec un autre musicien assez connu puisqu’il s’agit de Guillaume Vierset, guitariste de Typh Barrow mais aussi du groupe Sharko. Avec un tel niveau sur scène, vous imaginez bien que la prestation fut de qualité. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

La revanche d’Ykons, le marathon de Mister Cover.

Les plus attentifs, mais aussi les habitués, auront remarqué que deux groupes déjà présents en 2024 faisaient partie de l’affiche du vendredi de ce Les Gens d’Ere 2025. Ces groupes sont Mister Cover et Ykons, deux monstres de scène qui savent mettre une ambiance torride et qui n’ont jamais déçu, même si les expériences précédentes du collectif liégeois réservèrent quelques surprises dont le band garde un souvenir assez précis comme l’explique Renaud Godard, leur chanteur emblématique et sympathique. « La première fois, nous avons joué sous un soleil de plomb, un deuxième fois sous une drache nationale. En 2024, la technique nous a lâchés et nous avons terminé a cappella. Ce fut un beau moment de partage avec le public, mais c’était sport et pas vraiment ce que nous comptions leur offrir comme performance. J’espère que cette fois … » Comme Rocky, Ykons est remonté sur le ring, matérialisé par la scène extérieure, celle là même où un câble avait rendu l’âme l’an dernier, pour prendre sa revanche. Finalement, pour les spectateurs, ce fut double dose de bonheur car si la performance de la saison 2024 est inoubliable par cette adaptation de fait en version acoustique, celle de 2025 a montré un Renaud survolté prêt à fendre le public pour prendre un bain de foule bien mérité. Mais aussi une surprise de dernière minute avec un remix d’un titre bien connu du groupe proposé par Calumny. « On a entendu la version quelques heures avant notre prestation, dans la voiture. On a de suite pris la décision qu’il fallait que le duo la propose durant notre set. On a enlevé un morceau de la liste pour inclure ce remix et ils ont mis le feu ». Avec ses comparses habituels, Yann Vanchaze, Dave Modave et Patrick Loffet, ainsi que Louis Jassogne à la batterie (qui remplace Bernard Delvenne depuis l’an dernier), Renaud a livré une prestation haute en couleurs. Sans brûler les étapes (les membres du groupe préfèrent tous garder un travail fixe, les prestations artistiques étant un plus), Ykons gravit les échelons de la notoriété et place Herve sur la carte de la scène musicale belge, mais aussi internationale, le groupe étant désormais diffusé en France, avec une ligne de conduite bien définie : Ykons se donne toujours à 100% sur scène. Pas de pluie (elle a gardé ses forces pour se déchaîner en fin de festival, durant la prestation de Pascal Obispo notamment), pas de soleil de plomb (il était présent, mais juste assez pour ne pas être dérangeant) et pas d’entrave technique, on peut dire que cette fois tous les astres étaient alignés (c’était notre petite référence à Cloud Nine, l’album qui cartonne). On parle astre, on parle nuage, on va donc se tourner naturellement vers Dieu. Je ne compte pas aborder ici la théologie ni lancer une guerre de religions, non, mais Dieu est bien le nom de famille du chanteur de Mister Cover (ce qui donne d’ailleurs le jeu de mots lié à son deuxième groupe, Oh mon Dieu). Nicolas et son band (Simona, Christophe, Marie, … ) sont désormais des habitués du festival. Les mauvaises langues disent même que c’est toujours le premier nom couché sur l’affiche. Il faut dire que le show proposé est toujours rythmé et que le public s’amuse, quelle que soit la tranche d’âges prise en compte. En alliant l’actuel à l’ancien, le rock, la pop, le festif, la tendresse (et oui, il y eut un slow avec Reality, la musique de la Boum interprétée initialement par Richard Sanderson), à plusieurs voix, il y en a pour tous les goûts. Côté performance, on soulignera l’endurance et le cardio de toute la troupe car leur show durera 3 heures. Et oui, 180 minutes de covers endiablées, ce n’est pas donné à tous. D’autant que de nombreux membres du groupe étaient déjà sur le site en début d’après-midi, avant l’ouverture au public, pour répéter quelques chorégraphies avec les danseuses/danseurs de 2Mad. Mister Cover multiplie en effet les apparitions dans les festivals et soirées, mais sa date aux Les Gens d’Ere est toujours particulière à plus d’un titre. Cette fois, le show était une sorte de test grandeur nature pour le concert que le band proposera à l’Ancienne Belgique le 27 mars 2026. Si vous voulez passer une soirée d’ambiance folle, et même vous essayer au karaoké sans avoir tous les regards braqués sur vous, vous savez quoi faire… Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Les Gens d’Ere, un festival humain.

Ce 28 juillet sur le coup de 03 heures du matin, le village d’Ere a retrouvé une quiétude qu’il avait abandonnée temporairement depuis jeudi. Cette commune rurale de la périphérie tournaisienne, habituellement très calme (elle compte 544 habitants), sort en effet de sa sérénité habituelle tous les ans à pareille époque pour accueillir de nombreux festivaliers en quête de musique, mais aussi d’amusement. Pour cette édition 2025, la neuvième au compteur en mode festival mais l’événement existe depuis bien plus longtemps, ils étaient encore plus de 30 000 sur le site (chiffre cumulé sur les 4 jours). On peut parler d’une réussite, d’autant qu’aucun trouble majeur n’est à relever. Il y eut bien une file assez imposante à la sortie des parkings, provocant parfois une attente de plusieurs minutes, mais c’est logique quand plusieurs milliers de personnes décident de reprendre la route au même moment… Le point positif, c’est que l’organisation met à disposition de nombreuses places à quelques mètres à peine de l’entrée du site. Ces organisateurs ont d’ailleurs ravi la plupart des familles en proposant un espace dédié aux bambins encore plus développé, en multipliant l’offre de toilettes (et oui, cela peut avoir une certaine importance) et en plaçant une troisième scène, beaucoup plus cosy, réservée à des activités musicales pour les plus jeunes.  Pour ce qui est de l’affiche de cette édition, elle n’a absolument pas déçu non plus. Ni par la qualité des prestations proposées, ni par l’investissement humain de la plupart des chanteurs/chanteuses et musiciens présents. Les festivaliers auront eu droit au « repêchage » d’Ykons, qui avait dû faire face à des soucis techniques en 2024, à un set d’une artiste mondialement connue désormais résidente à Ibiza (Mel C, ex Spice Girl), à la folie des Poulycroc et de Julien Granel, à l’énergie débordante de Cali, venu accompagné, mais aussi au dernier concert sur notre territoire de Pascal Obispo, l’artiste ayant confirmé prendre une retraite partielle (il continuera à sortir des albums, mais désire prendre du recul avec les tournées). Nous allons évidemment aborder toutes ces prestations très bientôt, avec des images, vous vous en doutez, mais aussi quelques anecdotes car Les Gens d’Ere est un festival hors du commun pour le public, mais aussi pour toutes les personnes transitant par les backstages. C’est en effet l’un des derniers endroits où chanteu(r/se)s, musiciens, bénévoles, ingénieurs, agents et même représentants de labels peuvent échanger librement. Cette dimension humaine, on la retrouve aussi au niveau des bénévoles, sans qui cet événement ne pourrait avoir cette qualité et cette longévité. Des organisateurs au présentateur, Bruno, en passant par le service de sécurité et chaque bénévole, quel que soit son poste, chacun participe activement à la réussite de ce festival qui s’est forgé une belle place dans le calendrier estival. On se retrouve donc très vite, dans d’autres d’articles, pour la présentation des concerts. Retrouvez les clichés (validés) du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Jour 4 – Dernier jour : une journée digne de son nom

Le mot « folies » n’aura sans doute jamais été aussi bien porté qu’en ce dimanche à Spa. Un ciel capricieux, un moral toujours au beau fixe, et un programme tout sauf tranquille pour conclure cette édition 2025 en beauté. On commence par un classique bien mérité : moules-frites dans le piétonnier, en compagnie de Fanie. Verdict ? « Excellent » selon ses dires — et je confirme. Pendant ce moment de réconfort culinaire, on entend Félancolie faire ses balances. Ce quatuor à l’univers rock alternatif un brin absurde (dans le bon sens) propose avec Terne Gris Bleu un voyage musical étonnant : ambiances psychédéliques, mélodies enjouées et cette sensation étrange de courir après un bonheur toujours un peu flou. David à la basse, Carlos à la batterie, Sarah au sax — une belle équipe. Pas de White Corbeau cette fois, la fatigue commence à peser, et on garde nos forces pour le reste de la journée (et le retour incertain sur Enghien). Direction la scène Proximus. Isaac, Edouard Van Praet et la danse sous la pluie On entame avec Isaac, révélé en 2023 avec son album Mood. Des morceaux bruts, sincères, et toujours aussi puissants en live. Ensuite, place à Edouard Van Praet, véritable ovni musical bruxellois qui nous livre les facéties de son album Mascarade. Rock anti-rock, énergie débordante, gestuelle désinvolte : le tout magnifiquement capté par mon objectif (merci le soleil revenu). Mais tout ne peut pas durer : Benni arrive à la Baloise, le ciel explose. Un orage intense de 30 minutes s’abat sur Spa. Gros dilemme : protéger le matos photo ou tenter l’impossible ? La raison l’emporte, hélas, pour une fois. Conférence de presse et têtes d’affiche croisées Le soleil revenu, on se rend à l’hôtel pour la conférence de presse de clôture. J’y croise Daran, visiblement à la recherche d’une chaise, Nicolas B en mode selfie avec ses fans, Céléna Sophia de passage, et Mustii, toujours aussi adulé. Le bilan ? Nicolas B remporte le Francoff de cette édition. Le festival s’est déroulé sans accroc (à l’exception de l’incident lors du passage d’Amir, bien géré par les autorités). Le public a changé : la nouvelle génération répond présent, et cela questionne l’identité du festival. Autre point : les artistes demandent toujours plus… et les pouvoirs publics toujours moins. Malgré tout, la magie opère grâce à 60 concerts gratuits et à des dizaines de commerces locaux qui profitent de l’événement. Rendez-vous pris entre le 23 et le 26 juillet 2026 (en fonction du calendrier F1, bien entendu). La dernière ligne droite : Terrenoire, Styleto, Sanson & co De retour à la Proximus, Terrenoire monte sur scène. Théo et Raphaël Herrerias racontent leur vie à coups de poésie urbaine et de mélodies viscérales. « Un chien sur le port », hymne bouleversant sur la maladie et la résilience, me touche particulièrement. Arrive ensuite l’inclassable Philippe Katerine, en pleine métamorphose. Reine d’Angleterre, empereur romain, provocateur à moitié nu… tout y passe. Fanie décroche un peu, moi j’admire le culot. On aime ou on déteste, mais on ne reste pas indifférent. Dernier détour à la Baloise pour découvrir Styleto. Gros coup de cœur de Fanie ! Proche du public, généreuse, Laure Gonnet (alias Styleto) rayonne. Elle signe des albums entre deux chansons, à 30 cm de nous. L’instant est précieux. Pour Stephan Eicher et Véronique Sanson, trop de monde, trop de VIP, trop compliqué pour les photos. Mais je réussis quelques clichés volés de loin. Les concerts de Mustii, Daran et Clara Luciani devront attendre une prochaine fois. La route nous appelle, les vacances commencent, et le matériel doit survivre. Dernier détour avec CélénaSophia (et une glace bien méritée) Mais avant de plier bagage, un dernier crochet s’impose. Direction le piétonnier, où CélénaSophia donne un ultime concert. On en profite pour savourer une dernière crème glacée, une tradition non écrite, mais désormais incontournable. Le goût sucré du cornet se mêle à celui des mélodies poétiques de ces deux sœurs de sang, de cœur et de scène, qui partagent leur musique avec sincérité depuis plus de 10 ans. Céléna et Sophia, autrices-compositrices-interprètes belges, mêlent chanson française, sonorités aériennes et rythmes entraînants. Une musique à la fois dansante et spontanée, qui insuffle un vent d’optimisme sur le festival, même dans ses toutes dernières minutes. Ce moment simple mais fort clôt notre aventure en douceur, avec des sourires et des frissons à la clé. Bilan : une édition 2025 intense et réussie Des découvertes, des valeurs sûres, quelques coups de gueule météo, des foules imprévisibles, de l’émotion, des imprévus, du bonheur, du vrai. Une édition comme on les aime, pleine de moments inattendus et de coups de cœur musicaux. Merci à toutes les équipes, à Fanie, et à ceux croisés dans les allées ou sur les scènes. Rendez-vous en 2026, avec peut-être Fanie toujours à mes côtés… si elle continue à accrocher à ce dur métier de storieuse. 😉

Charles, frites et scorpion gonflable

Aujourd’hui, c’était clairement la journée “tout est bon dans le cochon”. Comprendre : on peut entrer plus tôt sur le site, et donc profiter du calme avant la tempête sonore… et aussi de ce sandwich “campagnard” (qui n’a de rustique que le nom). Rien de mémorable côté papilles, mais heureusement les frites de fin de soirée ont rattrapé le coup. Honneur est sauf. Alex Burger, retour du cowboy québécois Surprise agréable : Alex Burger, revu après sa prestation à LaSemo, nous replonge dans son univers québécois-typique et délicieusement décalé. (Pour sa bio, go lire mon papier de LaSemo, on va pas radoter.) Juste : il faut le voir en live. Et moi, je vous promets que la prochaine fois qu’il revient, je ramène avec moi , les amateurs – enfin, symboliquement. Lovelace : deuxième chance, première claque Petite session Ice Tea quotidienne (pêche, of course) en mode contemplation, posés devant la scène Fontaine. On attend Lovelace, que j’avais bêtement zappée la semaine précédente. Erreur réparée. Jeune pousse bruxelloise, elle construit seule ses sons dans sa chambre-laboratoire. Le résultat ? Une pop alternative futuriste, saturée, robotique, douce et sincère. C’est aussi la voix féminine de Saule sur “Petite Gueule”. Aujourd’hui, elle a tenu sa scène avec générosité et intensité. Bonne pioche. Essyla : talent en croissance, concert en couleurs Direction Proximus pour Essyla, déjà croisée au Botanique. Elle monte encore en puissance : groovy, funky, belge et brillante, elle confirme son potentiel avec un show solide, bien entourée par Greg Chainis (guitare) et Louis Jassogne (batterie et yeux bleus – détail validé par Fanie). Fanie, justement, note déjà ses prochaines dates à l’OM et à la Rotonde du Botanique, le 11 décembre. On y sera. Kowari, remplacement de luxe Petite surprise du jour : Aliocha Schneider, malade, est remplacé au pied levé par Kowari. Aucun regret. Le duo violon-piano de Damien Chierici et Louan Kempenaers nous plonge dans un monde entre néo-classique, électro et cinéma sonore. Un bijou musical pour qui aime Max Richter, Nils Frahm ou Rone. Et une belle preuve que l’imprévu peut offrir de grands moments. Miki, scorpion et pop-électro acidulée Je pousse mes potes photographes à aller voir Miki, découverte que j’avais adorée au Botanique. Fanie accroche moins, mais moi, j’adore. Mikaela Duplay, alias Miki, mêle rap, électro, naïveté feinte et sensualité décalée. Mention spéciale à son énorme scorpion gonflable, qu’elle malmène joyeusement sur scène dans des positions… suggestives. Une performance pop barrée, assumée et brillante. Ben Mazué et Jérémy Frérot, les potes sur scène Pendant ce temps, Ben Mazué rejoue un set proche de celui vu à LaSemo, mais cette fois avec un invité de marque : Jérémy Frérot. Aperçu sur les écrans géants depuis la scène Proximus, on profite du duo en léger différé. Puis vient Frérot en solo, plus tard dans la soirée. L’ex-Fréro Delavega déroule ses balades pop-émotion, entre histoires de cœur, paternité et ruptures (coucou Laure Manaudou, coucou Shy’m ?). Un public féminin très présent, des bras tendus, et une virée au-dessus de la foule pour une poignée de groupies enthousiastes. L’échec photo du jour : Julien Doré Mission impossible : photographier Julien Doré. J’erre pendant trois chansons, arme mon 100-500mm, tente toutes les ruses… Échec total. Trop de monde, trop loin, trop de têtes devant. Le dilemme Charles / Colt, encore et toujours Comme à chaque édition, Charles nous pose un dilemme : rester ici ou courir voir Colt qu’on adore aussi ? Mais cette fois, la curiosité l’emporte. On reste pour Charles, et on ne regrette rien. Avec son projet “Sabotage”, elle se dévoile plus forte, plus brute, plus vivante. Toujours en anglais, toujours sincère, toujours cette énergie fragile mais puissante. Huitième concert pour moi, et toujours pas lassé. Bien au contraire. Henri PFR, Bakermat et la fatigue Avant de plier, on immortalise Henri PFR à la volée. Le DJ belge électrise la foule sur la grande scène. Derrière, Bakermat prend le relais à la Baloise, pendant qu’Oli Soquette met le feu à la Fontaine. Mais nous ? Épuisés. C’est qu’on doit replier les bagages demain matin, et rendre l’endroit de villégiature avant midi. Bilan du jour : une pépite, une claque, une frustration ✅ Découverte du jour : Kowari, magique et inattendu🎉 Coup de cœur : Charles, évidemment📸 Râteau photo : Julien Doré, mission KO🍟 Repas salvateur : frites en fin de soirée, comme un câlin au cœur On s’endort les yeux pleins d’images, les oreilles encore pleines de sons… et demain, c’est déjà le dernier jour des Francos 2025.

Polémiques, pizzas et pépites musicales

Jour 2. Ce que l’on croyait être une journée classique s’est finalement avéré un véritable stress-test pour les Francofolies de Spa 2025. Du monde, du monde et encore du monde : c’est tout simplement la plus grosse affluence du festival. Mais avant d’attaquer la musique, petite pause pizza en ville (ceci est un message d’amour à la pâte fine, mozzarella fondue et basilic frais). En mode digestion, on parcourt le programme du jour… et on comprend vite que la journée va faire parler d’elle. Amirgate et la triste tentation du boycott Impossible de faire comme si de rien n’était : la polémique autour de la venue d’Amir a fait trembler la programmation. Certains artistes ont annulé ou pris position, transformant une scène musicale en tribune politique. De notre côté, on le dit franchement : on vient à un festival pour la musique, pas pour les conflits géopolitiques. Bien sûr que le monde va mal, en Palestine, en Ukraine, en Afrique, en Asie… mais doit-on vraiment ajouter un clivage culturel dans ce contexte déjà si tendu ? Le public, lui, a tranché : il était nombreux, calme et bienveillant devant la scène Proximus, protégée comme Fort Knox. Et Amir, lui, a répondu avec ce qu’il sait faire de mieux : de la musique et de l’amour. Du groove, des découvertes, et DJ Daddy K en figure paternelle Heureusement, cette journée était musicalement superbe. Sur la Baloise, on découvre Morpho, pépite bruxelloise qui brise les frontières musicales avec un mélange subtil de pop, électro et soul. Ambiance envoûtante, textes soignés, public conquis. On enchaîne avec une petite pause food-trucks (libanais, chinois, crêpes, frites… Spa ou les Nations Unies de la street food), un Ice Tea pêche à la main. Place ensuite à Léon, l’ex-membre du duo Delta qui se la joue solo. Et ça fonctionne ! Textes intimes, voix à vif, énergie maîtrisée… Léon nous emmène dans un voyage entre mélancolie et force. Mention spéciale à ses transitions d’une finesse rare. Puis c’est Orlane, qui confirme que la chanson belge francophone a de beaux jours devant elle. Influencée par Axelle Red ou Francis Cabrel, elle brille sur scène avec une élégance et une douceur qui désarment. Kenji, bermuda et bol d’air sur la grande scène Fanie et moi, toujours stratèges, prenons position devant la scène Pierre Rapsat pour Kenji Girac. Si on avait eu des doutes sur sa forme après ses récents pépins de santé, ils ont été vite dissipés : le mec déborde d’énergie, et en bermuda s’il vous plaît. Le public, rajeuni pour l’occasion, chante à l’unisson. Pendant que Fanie reste en poste (il faut bien des images !), je pars faire un tour vers les scènes secondaires, mais pas avant d’accorder 10 minutes à Diego, petit frère de Coline (du groupe Colt). Vu et revu, toujours aussi talentueux, il alterne entre pop, rap et électro avec une aisance impressionnante. 21 ans et déjà une maîtrise scénique bluffante. Amir : un concert, un message, un public Retour à la scène Proximus. Et là, Amir. Public tendu ? Pas du tout. Chaleureux, nombreux, réceptif. Amir enchaîne ses tubes, prend la parole, apaise, réunit. On est là pour partager, pas pour diviser. Et franchement ? Il l’a fait avec brio. Luidji : des ados au top, et des paroles par cœur On rejoint Fanie (ravitaillée en boisson), en attente de Luidji, le poète-rappeur du 95. C’est une découverte totale pour moi, et une révélation. Flow millimétré, présence scénique impeccable, et un public… incroyable. Les jeunes connaissent TOUTES les paroles. Même Fanie. Même moi (en playback discret, hein). Franchement, les ministères de l’Éducation devraient y penser : rap + programme scolaire = révolution cognitive ? Barbara Pravi en fond sonore… mais toujours puissante Pas de badge photo pour Barbara Pravi, alors on reste sur place, devant l’écran géant, qui diffuse son concert avec justesse et puissance. On entend, on vibre, on applaudit même sans la voir directement. Parfois, l’émotion passe très bien à travers un écran et une bonne sono. Dadju, Elfil et une montée de buzz La soirée se termine avec Dadju, qu’on ne présente plus. Généreux, entouré d’un groupe monstrueux de talent, il fait chavirer la foule belge. Et là, moment surréaliste : Elfil, youtubeuse en plein buzz, monte sur scène. D’abord tolérée, elle finit gentiment escortée dehors après avoir tenté un câlin interdit. Résultat : bracelet coupé, concert terminé pour elle, mais vidéo virale assurée. Et une leçon : ne sous-estimez jamais un garde du corps en mode papa ours. Fin de soirée, fin de batterie Minuit passé. Trop d’émotions, trop de notes, trop de photos à trier. Demain est un autre jour, mais celui-ci fut riche, contrasté, intense, avec cette sensation rare que la musique, même au milieu de tensions, peut tout recoller, ou au moins, tout faire vibrer.

Une ouverture entre émotion, soleil et électro-poésie

Pour notre troisième escale festivalière de l’année, Fanie et moi avons pris la direction du sud de la Belgique, direction les Francofolies de Spa ! Après avoir survécu à un hamburger frites super bon et réussi à enfiler notre bracelet d’accréditation sans incident diplomatique, nous étions prêts pour quatre jours de musique, de découvertes, et de foule en liesse. Car oui, une semaine avant que les moteurs de Formule 1 ne rugissent sur le circuit de Francorchamps, c’est bien la musique qui monopolise le centre-ville de Spa. La ville entière est transformée en un véritable parc d’attractions musicales, où les scènes s’enchaînent comme les bières à la sortie d’un match de foot. Une ville, plusieurs scènes, une seule envie : vibrer Le cœur du festival bat évidemment à la scène Pierre Rapsat, majestueuse et centrale, en hommage à l’enfant du pays. À droite en entrant, on découvre la scène Baloise, suivie du Club Fontaine qui, entre deux concerts, fait le lien musical avec des DJ sets toujours bien sentis. En continuant vers la grande scène, la scène Proximus nous tend les bras. Et ce n’est pas tout : le piétonnier, transformé en scène à ciel ouvert, accueille les artistes du Franc’Off — une compétition de jeunes talents organisée tout au long de l’année. Autant dire qu’on marche beaucoup, qu’on écoute encore plus, et qu’on boit parfois un peu d’eau (euh beurk trop ferrugineuse, de l’ice tea et du Spa si on y pense. Le coup d’envoi : Premier concert que l’on a vu au piétonnier, première claque : SMR, fraîchement débarqué et qui sera (on fait un spoil !) sur le podium avec en pole position Nicolas B le Verviétois et Mado pour compléter ces du Franc’Off 2025, ils empocheront des euros offert par la Fédération Wallonie-Bruxelles & Play Right, divers prix comme une aide à la création son et lumière au centre culturel de Welkenraedt et programmation dans la salle Glacière de Spa et summum une place pour l’édition 2026. On rentre sur le coup de 16 h et on a 15 minutes pour s’installer à la Baloise. Découverte de « Nous Etions Une Armée  » .Un début d’expérience prometteur pour ce projet à la croisée du post-punk, de l’électro minimaliste, et de la poésie urbaine. « Nous étions une Armée » donne le ton : parlé, hurlé, scandé – mais jamais forcé. Lubiana : douceur, kora et lumière On déambule ensuite vers la scène Proximus, où Lubiana, sa kora entre les bras et un sourire désarmant aux lèvres, conte l’histoire de ses racines. Sa voix, son charisme, et sa grâce laissent la foule suspendue. Elle nous embarque dans un voyage musical où se mêlent héritage africain, soul et pop. Une bulle de douceur dans un monde de décibels. Saule : énergie contagieuse et tubes fédérateurs Retour vers la plaine principale où Saule, alias Baptiste Lalieu, fait monter la température. Avec ses musiciens au taquet et son énergie de pile Duracell, il enchaîne morceaux récents et classiques, sous les chants d’un public dense, ou danse – selon votre sens du rythme. Ben l’Oncle Soul vs Superbus : le dilemme du soir Ben l’Oncle Soul nous fait du bien. De la soul funky, chaleureuse, vintage comme un bon vinyle. Il déroule un set généreux, ponctué de ses plus grands succès et de quelques surprises bien senties. Sa voix suave résonne dans tout le parc, et on se sent un peu amoureux de la vie. Mais difficile de ne pas jeter un œil du côté de Superbus, qui faisait sauter la Proximus avec son retour très attendu. Jennifer Ayache, infatigable, mène la danse et envoie tube sur tube, avec une version 2025 de Lola revisitée en collaboration avec Hoshi et Nicola Sirkis (ces derniers absent, mais présent dans les cœurs). Le public, en transe, n’a pas vu les années passer : douze ans après leur dernier passage à Spa, ils ont mis le feu comme au premier jour. IAM : Le poids des mots, le choc des générations Clou du spectacle : IAM, monument du rap français, foule la scène Pierre Rapsat. Si certains festivaliers ont appris leurs textes par cœur dans les années 90, d’autres les ont entendus via les playlists de leurs parents. Une osmose générationnelle s’opère. On rappe, on saute, on se remémore, on découvre. Et on s’assoit aussi, parce que la journée fut longue (clin d’œil à notre session « pique-nique par terre » façon fans d’Indochine). Le final céleste de -M- et Fatoumata Diawara Pas le temps de traîner : -M-, alias Mathieu Chedid, nous attend pour Lamomali, sa relecture lumineuse et métissée de l’Afrique musicale. Fatoumata Diawara illumine la scène de sa voix magistrale. Une performance artistique totale, presque spirituelle. Lubiana fait partie de cette aventure haute en couleur et pour le plaisir de nous Belges, pour un final tout en fusion. Une première journée haute en couleurs Du post-punk poétique à la soul funky, en passant par le rock vitaminé et les rythmes mandingues, le premier jour des Francofolies de Spa 2025 a tenu toutes ses promesses. Et comme on dit chez nous : « On va dormir, mais on va rêver en musique. » À demain, pour une nouvelle journée pleine de vibes, de sueur… et de frites. Pas beaucoup d’images, désolé photos prises du public on fera une release photos des réceptions validations.

Les Estivales de Trolls & Légendes 2025 la fantasy fait la fête à Mons !

Envie de magie, de musique et d’aventure pour pimenter votre été ? Rendez-vous le samedi 2 août 2025 aux Anciens Abattoirs de Mons pour la 5ᵉ édition des Estivales de Trolls & Légendes, un événement gratuit, familial et 100 % convivial organisé par l’ASBL Trolls & Légendes et la Ville de Mons. Une journée festive et gratuite au cœur de l’été Les Estivales, c’est une version estivale et plus légère du célèbre festival Trolls & Légendes, né en 2005 à Mons dans la foulée de l’engouement pour Le Seigneur des Anneaux. Ce grand rendez-vous printanier – qui fêtera ses 20 ans en avril 2025 au Lotto Mons Expo – réunit chaque année des milliers de passionnés de fantasy autour de la littérature, des jeux, de l’artisanat, de la musique et du cosplay. Les Estivales, elles, offrent un condensé d’enchantement en plein air, dans une ambiance détendue et chaleureuse, ouverte à tous. Ce qui vous attend le 2 août De 10h à 19h, petits et grands pourront profiter gratuitement d’un programme riche et varié : Le tout dans un lieu atypique et inspirant : les Anciens Abattoirs de Mons, au 17 Rue de la Trouille. Infos pratiques 🗓️ Date : Samedi 2 août 2025⏰ Horaires : De 10h à 19h📌 Lieu : Anciens Abattoirs de Mons, 7000 Mons🎟️ Entrée : Gratuite – Ouvert à tous🌐 Site web : https://trollsetlegendes.be🔗 Événement : trolls.li/estivales2025 Et si vous aimez les trolls… Ne manquez pas la prochaine édition du festival Trolls & Légendes à Pâques 2026, le rendez-vous incontournable des fans de fantasy en Belgique ! Un univers magique vous y attend, entre expositions, concerts, auteurs, jeux, artisanat fantastique et bien plus encore.

Pour un show hors du commun, demandez Aime Simone !

Une coupe de cheveux tellement singulière, des bijoux et des tatouages en pagaille, une silhouette filiforme (oui, il a été mannequin, notamment pour Yves Saint Laurent) et une dégaine de loubard (pantalon à trous, veste sans manche ouverte sur son torse nu), Aime Simone ne passe pas inaperçu dans les ruelles de Bertrix. Ajoutez-y une paire de lunettes de soleil au design particulier (on dirait qu’elles sont portées à l’envers) et la capuche de sa veste bien vissée sur la tête, et vous devinez que l’on se retrouve là face à un artiste à la sensibilité exacerbée. Français, mais aux origines norvégiennes (sa maman est issue de ce pays nordique), Aime Simone choisit comme nom de scène les prénoms de ses grands-parents. Amateur de Nirvana, de post-funk mais aussi de hip-hop, c’est pourtant auprès d’un rockeur, Pete Doherty (leader des Libertines mais aussi connu pour avoir été le compagnon d’Amy Winehouse), qu’il se trouve un allié dans l’univers musical. Aime Simone n’a alors que 16 ou 17 ans lorsque lors d’un show de Doherty dans un club parisien, il la joue au culot, lançant son carnet d’écriture au guitariste anglais. Voilà un coup de poker qui aura des répercussions positives, mais pas dans l’immédiat, évidemment, Aime Simone doit encore s’épanouir et trouver sa voie. En 2017, Aime Simone déménage à Berlin, pour laisser libre court à sa vocation artistique. Il y trouvera également l’amour. Chemin faisant, il compose et l’un de ses morceaux est choisi pour la publicité de Leroy Merlin. Ce morceau, c’est le splendide « Shining light ». Rien ne dit que l’artiste n’aurait pas percé sans ce coup de projecteur mais force est de constater que cette mise en lumière va donner un bon coup d’accélérateur à sa carrière. Cette chanson recevra d’ailleurs le prix Coup de cœur de l’émission La Chanson de l’année 2023. Et Pete Doherty l’invite pour les premières parties de ses concerts. Nul n’est prophète en son pays dit le dicton ? Cette fois, si, Aime Simone est apprécié en France, mais aussi en Suisse et dans d’autres contrées car la langue qu’il met en avant dans ses compositions est bien l’anglais. Il n’était sans doute pas le plus attendu de ce samedi sur la Place des 3 Fers, Kendji Girac et Eddy de Pretto étant des chanteurs très appréciés, mais le spectacle proposé par Aime Simone fut admirable. Lui seul possède déjà une aura marquante, avec son look. Mais il sait surtout occuper la scène et les accessoires, notamment un podium incliné, qui sont mis à sa disposition. Micro avec support personnalisé, écran géant où les projections semblent prendre vie, gestuelle marquée… Chaque détail a son importance. On ne dit pas que toute l’assistance a adhéré complètement au projet, l’artiste ayant un univers assez particulier, mais il a de l’audace et assume pleinement ses choix, proposant du coup un show marquant qui aurait, semble-t-il, pu être encore plus mémorable. Nous étions en effet intrigués par la présence de trois grands miroirs en hauteur, mais dont nous n’avons pas vu l’utilité apparaître dans la mise en scène. Un membre de sa régie nous confiera qu’ils n’ont pu ajuster le placement de ces objets, faute de temps, sinon nous aurions été bluffés… Et bien nous voici curieux au point d’envisager de nous rendre le 11 février 2026 à l’Ancienne Belgique. Aime Simone s’y produira en effet pour une date exceptionnelle dans notre pays. A bon entendeur… Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Avec Eddy de Pretto, le Baudet s’offre une parenthèse poétique.

Hyper présent l’an dernier sur notre territoire avec plusieurs festivals, mais aussi un passage par le Cirque Royal et Forest National, Eddy de Pretto a réservé sa seule date belge de 2025 aux organisateurs de Bertrix. Une aubaine pour le Baudet car le chanteur parisien est un artiste qui propose toujours des prestations de qualité qui plaisent à un nombreux public. Il faut dire que ses textes sont des œuvres littéraires qui mettent en sons et images des sujets d’actualité qui lui tiennent à cœur. Découvert par le grand public fin 2017 avec notamment le titre « Kid », Eddy de Pretto n’a jamais déçu ses fans de la première heure. Artiste complet (il a pris de cours de chant, de technique vocale, de piano mais aussi de théâtre, débutant d’ailleurs sa carrière dans cet art), il a le don de créer un univers particulier, le monde d’Eddy. Pour la tournée « Crash Cœur », l’audio-visuel se joint au musical. Pourtant ce n’est pas l’écran géant où se projettent un film montrant son band ou des messages percutants, ni la bande sonore d’accompagnement qui marque les esprits mais bien cette passerelle surélevée d’où l’artiste déclame ses premiers morceaux, à peine découvert de la brume des fumigènes. D’un pas lent, presque peureux, il s’avance vers l’extrémité de cet échafaudage incomplet où il s’installe, assis, les pieds dans le vide. Le spectacle se déroule telle une pellicule cinématographique. Cette manière de faire est somme toute assez logique car Eddy de Pretto écrit ses chansons comme une sorte d’autobiographie à peine romancée. « Bateaux-Mouches » en est un exemple flagrant. L’élément nouveau de ce troisième album n’est donc pas l’actualité des sujets, ni la mise en scène du show, mais bien l’avènement de la pop, beaucoup plus présente. La musique est plus festive, plus entraînante à l’instar de ce « être biennn » ou « LOVE’n’TENDRESSE » qui ont certainement élargi encore un peu plus le cadre de ses fans.  Par contre, ce qui persiste, et c’est d’ailleurs ce qui le rend peut-être aussi sympathique, c’est l’humilité et l’accessibilité dont l’artiste fait preuve sur les planches, mais aussi en dehors de la scène. Poli et courtois, il a un mot gentil pour toutes les personnes croisées. Parfois, pressé par le temps ou l’impossibilité de pouvoir s’adresser à tous, un geste, un sourire suffisent. Les bénévoles, les privilégiés des backstage, mais aussi et surtout vous, le public, avez, semble-t-il, apprécié la pièce que monsieur de Pretto a joué sur la Place des 3 Fers. L’an dernier, à Spa, le public avait été conquis, mais aussi trempé, une pluie diluvienne s’abattant durant une bonne partie du concert. Cette fois, rien de tel. La journée fut chaude, sèche et divertissante. Que demander de plus ? Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

La Rockhal se mue en écrin de douceur grâce à Katie Melua.

De juin à début septembre, les festivals s’érigent en maîtres suprêmes des rassemblements musicaux, réunissant des dizaines d’artistes et des milliers de spectateurs. C’est la grande messe de l’été. Avec ses avantages (on découvre des artistes émergents, un seul déplacement pour plusieurs prestations, avec un prix de revient au show inférieur à la note qui consisterait à l’addition de tous les concerts proposés, on y emmène généralement toute la famille…) mais aussi ses inconvénients (pour avoir une place de choix, il faut souvent choisir une scène et y rester debout toute la journée, on dépend de la météo, le catering a un prix certain, voir les prestations devient une discipline sportive avec le nombre de GSM levés en l’air…). Face à une telle concurrence, beaucoup de salles en profitent pour faire relâche. Mais pas toutes. La Rockhal d’Esch-sur-Alzette proposait encore plusieurs concerts en juillet. Parmi ceux-ci, celui de Katie Melua, une chanteuse anglo-géorgienne à la voix d’ange qui connut un succès mondial début des années 2000. L’artiste n’a pas quitté le milieu musical entretemps, mais ses titres s’adressent désormais à un public plus confirmé. Katevan (son prénom originel, qui est également le nom d’un de ses albums) n’est en effet pas une usine à pop ni une égérie des réseaux sociaux, mais son talent est intact et s’exprime magnifiquement sur des compositions plus jazzy. Pour l’occasion, la Rockhal avait revêtu son habit de soirée, en mode places assises. Le complexe luxembourgeois a, il est vrai, l’opportunité de pouvoir proposer plusieurs salles et même plusieurs configurations pour certaines d’entre-elles. La venue de Katie Melua nécessitait bien l’ouverture du hall principal, mais afin de permettre au public de pouvoir apprécier au mieux le timbre de voix de cette artiste émouvante et sensible, on a sorti les sièges. On peut dire que l’idée a fait mouche, touchant ainsi une partie du public qui cherche une alternative aux bousculades de certains rassemblements. Chacun ayant une place numérotée, c’est dans le calme que chacun rejoint la salle. Et là, miracle, quasi aucun GSM n’est levé au-dessus des têtes. Le public local peut ainsi assister en toute quiétude à une prestation extraordinaire en profitant pleinement du show. La chanteuse s’avance sur scène dans une tenue blanche qui lui va à ravir. Il faut bien avouer que le poids des ans ne semble pas avoir d’emprise sur Katie Melua, toujours aussi charmante qu’à ses débuts en 2003. Bon, elle n’a plus ce petit air d’adolescente espiègle qu’elle affichait à l’époque, certes, mais sa silhouette est intacte et on lui prêterait désormais des faux airs d’une certaine Angelina. Dès les premières notes, nous sommes emportés dans un monde onirique où les conflits et les traces de la vie quotidienne s’effacent temporairement de notre esprit. Nous voici dans une parenthèse intemporelle relaxante. Le timbre de Katie Melua nous berce sur ce « A Love like that ». Entre les morceaux, l’artiste s’adresse au public, livrant quelques pans d’une vie qui n’a pas toujours été rose semble-t-il. Elle enchaîne avec « English Manner » puis directement « The Flood », l’un des titres les plus connus du grand public, et probablement l’un de ses plus beaux. L’orchestration est envoutante et ses variations de tons fabuleuses, sans compter que le morceau compte une cassure de style étonnante. Du pur travail d’orfèvre. Pas le temps de se remettre de ces émotions que les premières notes de « Nine million bicycles » nous ramènent en 2005. Et oui, le plus gros succès commercial de Katie Melua date d’il y a vingt ans (l’album s’était classé directement en tête des ventes au Royaume-Unis). Nous voici plongés dans une machine à remonter le temps. Le terme « plongée » est ici choisi en référence au record mondial détenu par Katie Melua. Le 1er octobre 2006, elle est en effet entrée dans le Livre Guinness des records  après avoir donné le concert le plus profond sous le niveau de la mer (à −303 mètres), une performance réalisée sur une plateforme pétrolière dans la mer du Nord. Ici, pas d’exploit exceptionnel, mais une prestation du genre à vous rappeler que la culture est un élément essentiel de notre monde et que voir de tels artistes sur scène est une vraie chance à saisir. Sans oublier le petit plus du soir, l’artiste « d’ouverture », Josh Island présenté sur son site personnel de cette manière : né au Royaume-Uni dans une famille néerlandaise et élevé entre l’Allemagne et le Luxembourg, son éducation internationale a suscité une profonde curiosité pour les personnes et les cultures, un sentiment qui court dans sa musique, qui transcende sans effort les frontières et les genres. Retrouvez les clichés du concert sur la page facebook – ReMarck Photos.