6 février 2026

Le malheur des uns… le bonheur de Revnoir.

Les festivals essayent de boucler leur programmation relativement tôt dans la saison, question d’organisation bien sûr, mais également pour éventuellement attirer des spectateurs qui viendraient pour l’un ou l’autre artiste en particulier. Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu. Au Cabaret Vert, on le sait même peut-être plus encore que dans d’autres événements, quelques grains de sable s’étant glissés dans la mécanique ces dernières saisons avec l’invitation impromptue de pluies abondantes endommageant certaines portions du site (2023 et 2024) ou l’annulation d’une tête d’affiche attendue comme Queens Of the Stone Age (2024) qui sera finalement de la partie cette saison. L’organisation a toujours rebondi, proposant les meilleures solutions possibles. Cette année, les conditions climatiques étaient clémentes à souhait, mais la réactivité de l’équipe a tout de même été testée, encore, avec la défection tardive notamment du groupe américain Upchuck, programmé le 15 août sur la scène Razorback. Trouver un groupe métal de qualité, en quelques heures, pour se produire un jour férié est évidemment un défi de taille, relevé haut la main par l’équipe programmation établie à Charleville-Mézières. L’heureux élu se nomme Revnoir. Un quatuor de metalcore français qui a été formé en septembre 2023. Un groupe très jeune donc, mais constitué de musiciens qui sont loin d’être novices. Trois membres étaient auparavant dans le groupe Merge, tandis que Robin Leneutre était, lui, guitariste pour le groupe Alaska. Leur musique mélange le rock, le métal et la dark electro, créant ainsi un son à la fois lourd et mélodique, peut-on lire dans certaines publications qui relèvent également que leur premier EP, « Revenant », sorti en mai 2024, a été très bien accueilli par le public, le groupe n’ayant pas connu de difficulté à remplir les salles de sa première tournée. Sur scène, Maxime Rodriguez-Medallo, Julien Ho-Tong, Kaz Nakazawa et Robin Leneutre font un job excellent. Le son est top, l’occupation des planches optimale et le groupe a « de la gueule ». Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, l’ambiance est aussi au rendez-vous. Nul doute que Revnoir a gagné des fans suite à cette prestation. Mission réussie pour Revnoir, mais aussi pour l’équipe du Cabaret Vert qui est allé (re)pêché là un groupe dont la courbe est résolument ascendante. Leur tournée se dessine d’ailleurs désormais à l’international avec des prestations prévues en Angleterre, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Hongrie, Autriche, République Tchèque et … Belgique, avec un passage ce 25 novembre 2025 au Trix (Anvers). Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Sprints, du garage punk irlandais qui décoiffe.

C’est en 2019 que Colm O’Reilly, Karla Chubb, Jack Callan et Sam McCann concrétisent le projet de créer un groupe. Il faut dire que les trois premiers cités jouent déjà ensemble depuis leurs 10 ans, mais l’idée se concrétise avec un premier single, Pathethic. L’engrenage est lancé. Les singles vont s’enchaîner et un premier EP verra le jour en 2022 mais il faudra attendre 2024 pour découvrir leur premier album : Letter to Self qui reçoit l’éloge des critiques. La voie du succès semble ouverte d’autant que leur tournée connait un réel succès. Alors que tout semble enfin se mettre en place pour que Sprints se faufile parmi les formations en vogue, Colm O’Reilly annonce quitter le navire avec « un désir de se retirer de la performance publique » (sic). Après plusieurs essais, c’est Stephenson qui est retenu comme nouveau guitariste. Une modification finalement non pénalisante puisque Sprints multiplie les concerts en Europe, au Royaume-Unis mais aussi aux Etats-Unis et va sortir ce 26 septembre un deuxième album intitulé « All That Is Over ». Pas encore sorti donc, mais voici comment il est déjà présenté sur le site du band : « All That Is Over est un deuxième album remarquable qui pousse la dynamique du groupe dans un territoire plus riche, en trouvant un nouvel espace et une nouvelle nuance plus dure que jamais. Écrit dans les bus de tournées, dans les contrôles sonores et très en temps réel, c’est un album qui s’inscrit dans le contexte d’une litanie d’atrocités – la guerre à Gaza, les feux de forêt de Los Angeles, le décret de Trump qui s’attaque aux populations transgenres – qui voit SPRINTS y donner l’impression d’une société devenue folle ». Et qui dit nouvel opus, dit tournée promo. Sprints termine donc à peine son tour des salles et festivals qu’il reprendra la route quasi dans la continuité avec un rythme effréné. On dénombre en effet 43 dates d’ici fin 2026 dont une en Belgique, le 11 mars au Botanique. Si le punk bien trempé ne te rebute pas et qu’une belle perf sur scène te fait kiffer, ne cherche pas plus loin, voici un concert fait pour toi. Pour vous faire une idée de ce qui vous attend, voici quelques clichés ramenés du Cabaret Vert où Karla et ses boys ont montré que Dublin n’était pas qu’une destination de vacances remplie de pubs mais aussi le berceau de quelques groupes qui valent le détour. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Kyo aurait-il trouvé le Graal ?

Quelques groupes rock français traversent les époques sans marquer le pas. C’est le cas d’Indochine, qui revient toujours avec quelques nouveautés sous le sapin quand on croit que Nicolas Sirkis est prêt à jeter l’éponge, et Trust. Mais à y réfléchir de plus près, il n’en reste pas tant d’autres. Téléphone s’est scindé, Shaka Ponk a effectué sa tournée d’adieu et Noir Désir ne fait plus partie du paysage depuis 2010. Si l’on se dirige plus dans le versant « métal », on peut citer « Mass Hysteria » et « Lofofora » et quelques autres références du genre, mais dans le rock plus commercial, ou disons, plus apparenté pop, que reste-t-il ? Kyo évidemment. Certains ne le savent peut-être pas mais ce groupe existe depuis 1994, même s’il n’a connu la gloire qu’à partir de 2003 grâce au titre « Le chemin » et à l’album du même nom (NDLR : c’est à ce moment que Pierre Lavandon rejoint ponctuellement le band pour les sessions et tournées). Et pourtant, en 2006, le groupe appuie sur la touche pause afin que chacun puisse s’occuper de projets personnels. Ce qui ne devait être qu’un break temporaire s’éternisera toutefois jusque 2014, faisant craindre à certains fans une fin prématurée. Mais Benoît Poher, Nicolas Chassagne, Florian Dubos et son frère Fabien tiennent leur promesse en sortant l’album « Equilibre » qui marque la renaissance du groupe.   La machine est relancée, avec un musicien supplémentaire pour les sessions et lives, Nicolas Subréchicot. Le groupe ne va plus vraiment lâcher la bride à partir de ce moment-là, enchaînant les concerts, liés ou non à des sorties d’albums. Seule modification notable dans le line-up, Fabien Dubos laisse ses baguettes à Jocelyn Moze à partir de 2018. Avec des titres aussi percutants que « Contact », « Je cours », « le Graal » ou « Dernière danse », Kyo s’est forgé une meute d’adeptes qui attendent avec impatience chacune de ses sorties publiques. Ils étaient donc nombreux à arborer le logo « Kyo » devant la scène de la Place des Arts au festival des Solidarités, d’autant que le groupe a annoncé la sortie de son prochain album, dénommé « Ultraviolent » pour le 31 octobre 2025 et donc l’opportunité de jouer l’un ou l’autre nouveau morceau en public à Namur, comme le prometteur « K17 ». On ne vous cache pas que Kyo reste Kyo, mais le public l’apprécie ainsi. Toutefois la véritable révélation de la soirée fut Benoît Poher. Son timbre, immédiatement reconnaissable, n’a rien perdu de sa capacité à toucher. Mais c’est surtout son engagement scénique qui frappe : plus disponible, plus mobile, il alterne moments de retenue et envolées passionnelles avec une aisance qui donne l’impression d’un chanteur rajeuni. Là où l’on craignait une voix usée par les années, Poher a montré une maîtrise retrouvée — nuances justes, phrasés travaillés — et, surtout, une énergie communicative. Quand il interpelle la foule, le lien se noue instantanément ; quand il se fait plus intime, l’assistance retient son souffle. A l’instar d’Indiana Jones, Kyo semble avoir trouvé son Graal, celui qui assure la jeunesse éternelle. Côté concert, une seule date à l’agenda, ce 19 septembre à Charnay (France), mais avec l’arrivée toute proche de leur nouveau bébé, nul doute qu’une tournée sera rapidement mise sur pieds afin de le présenter à tous. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Mentissa & Héléna à Osaka

Mentissa & Héléna : deux voix, une émotion, et une leçon de discipline — Retour sur une prestation marquante à Osaka C’est avec regret que Confestmag n’a pas pu couvrir sur place la Belgian National Day à l’Expo 2025 d’Osaka (c’est loin aussi ! ,puis il y à l’ avion !) — mais ce qu’on rapporte suffit à faire vibrer. Le 14 septembre, Mentissa et Héléna ont porté haut les couleurs de la Belgique depuis le pavillon national, et plus qu’une performance, c’était un message : celui de l’unité, de la fierté, de l’émotion partagée, mais aussi — choses parfois trop rares — de respect et de discipline exemplaire. L’événement en bref Les voix au centre : Mentissa & Héléna Ce qui a immédiatement frappé — au-delà de leur présence sur scène — ce sont ces voix magnifiques, complémentaires : Ensemble, elles ne font pas que chanter côte à côte : elles se répondent, se soutiennent, s’élèvent en harmonie. Le choix du duo est plus qu’esthétique : il incarne aussi l’unité belge, la cohabitation des régions, des styles, des sensibilités, dans le respect. Le public, le choeur, et des leçons à méditer Un autre élément qui ressort : la discipline du public et la tenue impeccable de la chorale. On ressort de ce genre de performance non seulement touché par l’émotion, mais aussi stimulé : « mais pourquoi ne le faisons-nous pas autant ? » On pourrait apprendre beaucoup de cette écoute, de cette concentration partagée, de cette manière d’honorer la scène, le public, le moment. Ce que cela signifie — au-delà du spectacle Cette prestation est importante pour plusieurs raisons : Mot de conclusion Mentissa et Héléna, ce 14 septembre à Osaka, ne se sont pas contentées de chanter : elles ont représenté, incarné, uni. Avec des voix splendides, une prestance digne, un accompagnement choral remarquable, elles ont offert à la Belgique une image forte : celle d’un pays capable de produire des artistes capables de toucher des cœurs, de franchir les frontières, d’inspirer. Pour nous, amateurs de musique, de live, de culture : cela devrait servir de modèle. Pas nécessairement pour imiter, mais pour viser haut, pour respecter l’art, pour écouter, pour donner le meilleur — même quand personne d’autre ne regarde. Si vous n’avez pas eu la chance de voir la prestation en direct, je vous recommande fortement de regarder la vidéo disponible — elle vaux le détour. Et surtout, gardons tous en tête que derrière chaque grande scène, il y a beaucoup de travail, de discipline… et deux voix magnifiques. Retrouvons avec plaisir Héléna en concert à Forest National les 8 & 9 décembre 2025 pour les chanceux qui ont leur(s) place(s), et les 9 & 10 avril 2026 (il reste des places dépêchez vous !) ici. Pour Mentissa le 15.10.2026 au Cirque Royal ticket ici

Les carrières d’Adé et Christophe Mali s’écrivent désormais au singulier.

Tous deux sont déjà venus à Namur, mais c’était sur le site de la Citadelle, et ils n’étaient, alors, pas seuls en scène mais bien en configuration groupe. Adé nous l’avait joué femme fatale un peu désinvolte en 2018, avec Thérapie Taxi, et ce « Hit sale » un brin provocateur. Christophe avait, lui, accompagné Tryo bien plus tôt encore puisque c’est en 2013 que le groupe qui est à la base de « L’hymne de nos campagnes » ou encore du titre festif « Désolé pour hier soir »  avait rencontré le public belge sur les hauteurs de la capitale wallonne. Désormais, l’une et l’autre ont quitté leur navire pour voguer en solitaire, temporairement ou définitivement. Adélaïde Chabannes de Balsac, plus simplement dénommée Adé, s’est lancée dans la grande aventure solo dès 2022, plusieurs membres du groupe voulant alors s’orienter vers des projets plus personnels. On peut désormais dire que l’auteure-compositrice-interprète et musicienne française a réussi son pari. Son premier album, Et alors ?, a connu un beau succès avec notamment les titres « Tout savoir » et « Q » proposant des clips où Adé apparaissait en cow-girl plus vrai que nature. On notera que plusieurs morceaux ont été composés avec la participation d’Egil Franzén, le batteur du groupe Puggy. Pour ce deuxième album, INSIDE OUT MVMT, Adé a laissé son Stetson au placard et ses santiags à la penderie. Désormais, ce sont des bottines hautes, style ABL, et cheveux gominés qui sont au programme d’un menu résolument plus rock. Adé a muri et cela s’entend dans des titres comme « Forts » ou encore « Dissimule ». Cela se voit aussi avec une décontraction retrouvée sur scène. Elle n’hésitera d’ailleurs pas à venir en bout d’avancée, au plus proche du public, pour signer un autographe à l’une de ses admiratrices en plein milieu du concert. Un souvenir assurément marquant pour l’heureuse festivalière. Pour les retardataires ou tout simplement les fans de l’artiste, sachez qu’elle reviendra en Belgique dès ce 21 novembre à l’Entrepôt (Arlon). Pas libre ce jour-là ? La séance de rattrapage prendra place le 21 janvier 2026 à un jet de pierre de notre frontière, à Lille (Le Splendid). Renseignements et réservation via le site  https://adeofficiel.com/ Notre deuxième comparse du jour, Christophe Petit, dit Christophe Mali (« petit » se dit « mali » en serbo-croate) vient également de se lancer en solo, ou disons, vient de relancer son projet solo puisqu’il avait déjà sorti un album en 2006 sous le titre de « Je vous emmène » avant de retrouver ses comparses de Tryo jusqu’à la fin de la tournée des 25 ans. Il faut dire que Christophe n’est pas « que » le chanteur du groupe, il fait aussi partie intégrante du processus créatif du band. On lui attribue en effet près d’une cinquantaine de titres estampillés Tryo dont « La débandade », « Pomp’Afric », « Ce que l’on s’aime », « Bryan Williamson » (qui avait été interprété à la Citadelle en 2013) ou encore « Désolé pour hier soir ». C’est donc une plume bien aiguisée qui s’est présentée sur les planches des Solidarités 2025 pour défendre son deuxième album personnel, « Humain » sorti en mars. Acteur, musicien, philosophe, auteur, compositeur … Christophe Mali possède tellement de casquettes qu’il n’en porte aucune sur scène si ce n’est peut-être celle de poète troubadour prêt à vous conter les dérives de l’humanité. C’est certes un peu moins enjoué et festif que ses sorties avec son groupe d’attache, mais la présence scénique, la voix à la fois puissante et rassurante, et son sourire bienveillant sont bien au rendez-vous. Vous l’avez manqué ? Et bien là c’est vraiment ennuyant car l’homme se fait désirer et n’a pas rempli beaucoup de lignes sur son carnet de bal. A vrai dire, nous n’avons pas trouvé une ligne concernant une prochaine prestation en Belgique. Sa venue aux Solidarités était en effet une exclusivité. Il vous faudra donc vous consoler en écoutant ses titres chez vous et en appréciant, nous l’espérons, les clichés que nous vous avons ramenés de sa prestation. PS : retrouvez les photos du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

The Avener, la discrétion au service de l’efficacité.

Si le vendredi était résolument rock aux Solidarités avec Sharko, Hollywood Porn Stars, Ghinzu et dEUS, voire pop/rock si l’on s’intéressait plus aux prestations de Sam Sauvage, Charles ou encore Zaho de Sagazan, c’est bien l’électro qui était à l’honneur pour clôturer la première soirée du festival. Pas de David Guetta, Bob Sinclar, Martin Solveig ou de Mosimann à l’horizon mais bien The Avener. Tristan Casara est certes moins « people » que certains de ses confrères (Guetta compte 12 millions de followers sur Instagram, The Avener 50,500 environ), mais il n’en demeure pas moins un artisan incontournable du paysage électro mondial, car oui, The Avener est à la tête de quelques tubes qui trottent en tête comme cette version « retravaillée » de The Fade Out Line de Phoebe Killdeer devenue Fade out Lines. Mais on doit aussi au dj niçois des remixes de Charlie Winston, Lana Del Rey, Bob Dylan, LaMomali… et toutes ses compositions réalisées sous son vrai nom. Sans oublier qu’il a également travaillé sur deux titres de Mylène Farmer, et oui, rien que cela. La question était de savoir si un public venu, de prime abord, pour d’autres styles musicaux allait rester jusqu’au set de The Avener, la prestation débutant à minuit dix. La réponse est oui. La Place des Arts était encore noire de monde pour le show du dj français. Et heureusement, car le spectacle fut au rendez-vous. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

A côté des concerts, il y a…

Les Solidarités se sont imposées, au fil des années, comme le festival estival musical de référence en province de Namur. Il est également cité, régulièrement, comme l’un des événements les plus attendus du sud du pays, pour la qualité de sa programmation, mais aussi pour tout ce qui gravite autour des scènes, à savoir les activités annexes, l’espace urbain, les activités sportives et ludiques pour enfants, la désormais célèbre roue, les espaces partenaires, les débats et rencontres, etc. Le concept, multi facettes, plaît visiblement puisque vous étiez, cette année, 60 000 à fréquenter le site sur les trois jours d’ouverture. Evidemment, pour les têtes d’affiche de la soirée, quand tout ce beau monde se masse devant une scène, ça peut paraître trop, certains ne pouvant obtenir une place donnant une vue imprenable sur le show, mais durant la plus grande partie du temps, la présence de ces activités multiples et variées a permis de réguler assez bien les flux de festivaliers. Nous vous en présentons certaines ici, avec les clichés qui s’y rapportent. Vous pourriez donc bien vous retrouver dans notre galerie ou y reconnaître des connaissances. Aux Solidarités, les enfants ne sont pas oubliés. Certains concerts leur sont d’ailleurs dédiés (on vous a présenté l’excellente prestation de Aldebert dans un article précédent mais il y avait également « Ici Baba » ou encore « Monsieur Nicolas » pour entamer les après-midi). Ces petits êtres sont toutefois bourrés d’énergie et n’apprécient pas toujours rester en place un long moment, ce pourquoi de nombreuses activités sportives ou ludiques ont été mises en place. Cette année, l’ex-footballeur professionnel, et membre des Diables Rouges, Mbo Mpenza était d’ailleurs de la partie avec son staff. Et un champion du monde est venu nous rendre visite, Lilian Thuram, arrière droit de l’équipe de France lors du sacre mondial de 1998 et du succès européen de 2000, mais aussi papa de deux joueurs actifs actuellement dans le Calcio (l’un à l’Inter, l’autre à la Juve) s’est en effet baladé sur le site Ecolys. Au programme de l’espace sport, de l’escalade, du tir à l’arc, une initiation au Teqball, du soccer façon babyfoot géant et du cécirugby (avec les yeux bandés) car le thème de la saison est l’inclusion sous toutes ses formes. Ajoutez à cela un parcours genre accrobranche, une plateforme de saut dans le vide (on vous rassure, il y a un matelas d’air en-dessous), l’indétrônable roue et même une voiture tonneau amenée par la police de Namur, le tout encadré par des professionnels, et vous comprendrez qu’il y avait de quoi occuper les enfants. Après tant d’efforts, un peu de réconfort, avec un goodie ou un vêtement floqué au nom de vos artistes préférés ou du festival ? C’est également possible, mais pas pour tous malheureusement. L’espace marchandising a eu son succès, mais tous les artistes ne viennent pas avec des produits. Qu’à cela ne tienne, juste en face se trouve la tente avec un grand bar et l’espace dénommé La Casa. Pourquoi en parler ici ? Parce que cet espace recèle une toute petite scène où des activités étaient également proposées. C’est notamment là que Fanny Gillard s’est produite avec le concept de Josy and the Pony, que Jug a accueilli ses amis artistes Saule et Doria D, spectateurs attentifs et non stars du moment pour une fois, que Burger et Tortilla nous ont servi un menu acoustique alléchant et que Sarah Cavenaile a envouté l’assistance avec son spectacle construit autour d’une barre de pole dance (Point Barre). Mais il y a aussi eu du karaoké, un blind test, des Dj. Après cette halte improvisée, reprenons  notre chemin vers un espace devenu désormais une place forte du festival, celui dénommé des Arts Urbains. Battle, plateau rap, shows de dance, initiation à la dance mais aussi à l’art du graffiti et dj sets, soit un véritable petit village thématique au sein du site des Solidarités. Victime de son succès, cet espace n’est pas toujours facilement accessible et il n’est pas toujours aisé pour nous, photographes, de vous ramener des clichés de ces activités, du moins durant les périodes de forte affluence mais dès qu’elle le peut, l’équipe d’animation se plie en quatre pour vous rendre service. Voici donc quelques photos prises en début de journée des premiers groupes offrant une démo et de quelques spécialistes des figures qui sont loin d’être des novices en la matière. Au fait, les Solidarités reviendront en 2026 et on connait déjà les dates. Attention, le festival n’occupera plus le dernier week-end d’août mais bien le premier de septembre, les 4, 5 et 6 du mois. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Les Solidarités ont vibré aux sons rocks purement noir – jaune – rouge.

Le festival namurois prône la diversité et l’ouverture d’esprit depuis de nombreuses années. Cela se marque par un mélange de genres musicaux et une offre d’activités pouvant intéresser toute la famille (en musique, mais aussi dans d’autres domaines). Les organisateurs n’ont jamais caché, non plus, leur intention de mettre en avant, tant que possible, des artistes locaux ou tout du moins nationaux. Le jour d’ouverture de l’édition 2025 a répondu à certains de ces critères en proposant une affiche résolument rock qui nous a fait traverser la Belgique de long en large, ou plutôt ici en l’occurrence du sud au nord.  Avec Sharko, originaire d’Arlon, Hollywood Porn Stars, formé à Liège, Ghinzu dont les membres sont issus de Bruxelles et dEus qui représente avec brio Anvers depuis près de 35 ans, nous voici embarqués dans une belle ballade qu’il vaut mieux entamer en musique et non au volant d’une voiture (sinon, vous risqueriez de rencontrer quelques embouteillages en empruntant le trajet décrit ci-dessus).   Quatre groupes belges donc, d’origines géographiques diverses, mais faisant partie intégrante de la grande famille du rock, avec comme autre point commun une expérience non négligeable. Tous ont en effet plus de 20 ans de planches, la palme allant bien évidemment à dEus créé en 1991, mais Sharko est actif depuis 1997, Ghinzu 1999 et le plus jeune étant Hollywood Porn Stars qui a pointé le bout du nez en 2002. Le bébé est donc majeur depuis un certain temps… Vu que nous étions sur place, nous vous avons évidemment ramené quelques clichés de ces prestations qui n’ont pas laissé le public indifférent. Certains groupes se font en effet rares sur les scènes depuis quelques saisons et étaient attendus de pied ferme par les afficionados de la première heure. Le premier à brancher la basse à l’ampli est David Bartholomé, le leader emblématique et fondateur du groupe Sharko. Le poids des années ne semble avoir aucune emprise sur lui. Chaque saison nous le rencontrons sur une ou deux dates et il ne change absolument pas. Accessible, poli, posé, souriant, le chanteur-bassiste-guitariste-claviériste semble avoir trouvé l’équilibre qui lui convient. Et sur les planches, sa complicité avec Olivier Cox (arrivé en 2014) et Guillaume Vierset (depuis 2019) est évidente. Du connu donc, mais avec un petit plus pour cette prestation aux Solidarités, l’arrivée d’un trio de cuivres issu de la région liégeoise qui a permis la reprise d’un titre qui n’était plus joué depuis un certain temps lors des concerts.   Voilà une belle mise en bouche pour les amateurs de rock. D’autant qu’à quelques dizaines de mètres de là, sur la scène P&V, le groupe Hollywood Porn Stars enchaîne dès la fin de la prestation de Sharko. On vous laisse toutefois 5 petites minutes pour effectuer le court déplacement, histoire de ne pas manquer l’entrée du quatuor liégeois. Emmené par le très remuant Anthony Sinatra, le groupe, qui avait connu une longue mise au vert de plusieurs années, retrouve de belles couleurs depuis 2024. Il faut dire que leur chef de file est un hyperactif touche à tout dans le domaine de la musique. Outre HPS, il a créé Piano Club, s’est lancé dans la production musicale, est devenu un auteur-compositeur, interprète et arrangeur musical pour le petit et le grand écran, anime des ateliers de coaching scénique, devient membre de jurys de plusieurs concours et plateformes et s’essaye également ponctuellement derrière les platines (DJ). C’est toutefois bien avec HPS qu’Anthony s’est présenté à Namur, accompagné de Michael Larivière alias Redboy (chant et guitare), Eric Swennen (basse) et un petit nouveau, remplaçant le batteur historique, Benoit Damoiseau. Du réchauffé après tant d’années ? Non, Hollywood Porn Stars vient de sortir deux nouveaux singles dont le petit dernier « Peach Bomb », et puis Micheal et Anthony ont toujours voulu garder leur ligne de conduite à savoir un produit brut, basé sur l’énergie de l’instant car HPS est un groupe formé pour aller au contact du public, sur les planches. On continue notre petite visite du Plat Pays en remontant vers la capitale chère à Ghinzu. Si les fans de HPS ont dû attendre une dizaine d’années pour voir arriver de nouveaux titres dans leur boîte à musique, que dire de ceux de Ghinzu ? Trois albums sont sortis entre 2000 et 2009 puis… c’est une attente insoutenable qui pourrait enfin atteindre son point critique en cette fin d’année. Le retour sur scène du groupe est sans doute le meilleur signal donné depuis longtemps. D’autant que John Stargasm et son band semblent toujours aussi épris du contact avec le public.  Avec Mika « Nagazaki » Hasson, Greg Remy, Tony « Babyface » Poltergeist et Jean Montevideo, le compte est bon, Ghinzu version 5.0 est de retour. Après Bruxelles, nous voici en route vers la Flandre et ici, en l’occurrence, vers Antwerpen, notre port commercial de référence, territoire d’un des groupes les plus attendus du week-end, dEus. Le plus ancien de ceux présentés, mais aussi l’un des premiers, chronologiquement, à avoir pu se faire connaître hors de nos frontières. Entre 1994 et 2012, dEus fut en effet l’un des porte-drapeau de notre nation dans ce domaine musical spécifique. Puis, à l’instar de certains autres bands du jour, le groupe a fait une pause, du moins au niveau des compositions puisque plusieurs concerts sont venus nourrir l’appétit de leur public. Mais il a fallu attendre 2023 pour assister à l’arrivée de « How to Replace It », le 9e opus studio de dEUS. Cette fois, c’est dans la capitale wallonne, à Namur, que nos Anversois ont asséné leurs accords dévastateurs. Tom Barman et Klaas Janzoons, membres fondateurs, étaient évidemment bien au rendez-vous, avec la compo actuelle du groupe, mais un invité spécial s’est également fait remarquer : Stef Kamil Carlens, bassiste originel de dEUS qui s’était retiré en 1996, est en effet venu rejoindre ses anciens comparses sur la scène des Solidarités. C’était décidément une belle soirée de retrouvailles entre potes rockeurs. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos. 

Tout ce qu’elle chante se transforme en or…

« Aimée pour de vrai », « Summer Body », « Mauvais garçon », « Mélatonine »… voici quelques-uns des titres les plus écoutés en streaming mais aussi sur les radios ces derniers mois. Points communs de tous ces morceaux ? Ils sont tous interprétés par Héléna Bailly dont le nom de scène est simplement « Helena ». Elève de la saison 11 de la Star Academy, la concurrente belge (elle est née à Uccle) n’a pourtant pas remporté le trophée de cette célèbre émission française, étant éliminée en demi-finale, mais ce qui aurait pu être considéré comme une défaite n’en n’est nullement une. Depuis sa sortie du château de Dammarie-les-Lys, tout sourit à Helena. Son premier single, « Aimée pour de vrai » a rapidement été classé disque d’or en France, mais aussi sur ses terres d’origine, en Belgique. L’EP qui a suivi, contenant notamment « Summer body » a connu le même sort. Et que dire de « Mauvais garçon » qui ne s’est pas contenté du métal précieux, allant jusqu’au sacre des diamants chez nos voisins du sud ! Vous imaginiez bien qu’avec une telle collection de hits, son premier album « Hélé » allait rencontrer un succès non négligeable au niveau des ventes (rapidement disque d’or, premier en France et en Wallonie, 8e en Flandres). Ce fut le cas, ajoutant ainsi un nouveau tube à la collection avec ce « Mélatonine » qui passe en boucle sur certaines chaînes. En fait, Helena n’est pas la seule ancienne élève de la Star Ac nouvelle génération (l’émission fut arrêtée pendant une dizaine d’années) à affoler les compteurs (Pierre Garnier en est l’exemple le plus parlant), mais soyons un peu chauvins, retrouver une Belge dans le haut des classements nous fait chaud au cœur. Les Solidarités, en tant que festival wallon, se devait donc d’inviter celle qui, en 2024, a raflé la plupart des prix décernés à des chanteurs belges (révélation belge de l’année aux NRJ Music Awards, Belge de l’année, révélation de l’année et personnalité belge aux Ciné-Télé-revue Awards, Clip de l’année pour Summer Body aux Purecharts Awards… ) Helena était attendue à Namur, Helena a répondu aux attentes et a convaincu. Décidément, fidèle au mythe de l’alchimiste médiéval, Helena transforme tout ce qu’elle chante en (disque d’) or. Pour répondre à la demande du public belge, ce n’est pas une, ni deux mais bien quatre dates qui ont été programmées pour ces prochains mois à Forest National. On débute la série dès ces 8 et 9 décembre (mais vous risquez de voir apparaître un message annonçant que le concert est sold-out) puis on la continuera les 09 et 10 avril 2026.  Et oui, il vous faudra peut-être attendre de longs mois, mais le carnet de bal de la princesse semble déjà bien rempli. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

SDM ouvre la porte à son parrain, Booba.

Leonard Saddam Manzambi, alias SDM, a beau avoir un physique qui nous fait étrangement penser à Michaël Jordan (SDM est même 3 cm plus grand que la légende du basket US), c’est plutôt le football qui le faisait rêver, un sport qu’il pratique d’ailleurs encore à l’occasion pour des rencontres caritatives. Ce n’est toutefois pas avec un ballon mais bien un micro que ce jeune rebelle (il aurait, selon certaines sources, passé sa première nuit de garde à vue alors qu’il n’avait encore que 13 ans, pour un vol de scooter, puis aurait arrêté ses études dès la seconde) va se faire une réputation. Le succès ne va toutefois pas lui sourire directement. Il ne porte d’ailleurs pas le même pseudo à ses débuts, à l’âge de 15 ans, se faisant appeler SADAM KADAFI 92. Il s’essaye, se teste, se perfectionne, jusqu’à se faire remarquer 8 ans plus tard, en signant pour un label qu’il va rapidement abandonner au profit de celui de Booba, le rappeur l’ayant remarqué dans certaines compositions dont un duo avec PLK. On peut donc dire que Booba, qui clôturera la soirée sur la même scène juste après le concert de SDM, est un peu son parrain de showbizz. A ce jour, SDM a sorti trois albums : Ocho, Liens du 100 et A la vie à la mort, tous certifiés disques de platine et il multiplie les apparitions et featurings avec les plus grands noms de l’urbain : Booba et PLK, évidemment, ses « potes » du début, mais aussi Koba LaD, Tiakola, Green Montana, Guy2Bezbar, Jul, Rsko, Leto, Werenoi, Bekar, Bushi, Lacrim, Gradur, KeBlack, Rim’K, Cheu-B … La liste est longue et non complète. Tous veulent travailler avec l’interprète de « Bolide allemand », un titre que SDM interpréta au Cabaret Vert, mais en clôture d’une prestation qui n’a pas laissé indifférent les fans du chanteur. Entrée de scène soignée, façon star américaine avec un podium surélevé, des jeux en ombres et lumières, fumigènes à gogo. SDM en impose. Il débute son show avec le titre « Rihanna » puis enchaîne avec « Jeux d’échecs » (perso, un de mes morceaux préféré car l’artiste y pose un flow agressif saccadé qui nous plonge dans un univers pesant qui pourrait servir de trame à une série dramatique) et « Jack Fuego ». SDM a marqué son territoire, le public ne s’y trompe pas. Vous voulez goûter à cet univers aussi ? Le SDM Tour débarque à l’ING Arena de Bruxelles ce 15 novembre 2025 (organisation de #Back In the Dayz). Dépêchez-vous, il n’y aura pas de la place pour tout le monde. SDM vient en effet de remplir 11 zéniths et 2 Accor Arena chez nos voisins français. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Théodora ou Sean Paul, telle est la question …

Le vendredi 15 août, jour férié et de grande affluence au Cabaret Vert (30 000 personnes, soit un sold-out) a vu les festivaliers devoir choisir entre deux artistes qui ne représentent certes pas les mêmes valeurs, ni une même génération, l’un étant beaucoup plus « aguerri » dirons-nous que l’autre, mais qui défendent une musique festive aux accents caribéens. Théodora, l’artiste franco-congolaise qui ne cesse de voir augmenter de manière affolante son fan club depuis quelques mois débutait en effet son show à 21h00 sur la scène Greenfloor, soit vingt minutes à peine après l’entame du set de l’indétrônable Sean Paul et ses 11 millions d’albums vendus, le Jamaïcain se produisant lui sur la scène Zanzibar. J’en vois qui élaborent déjà un plan : dix minutes pour Sean Paul puis on fonce à l’autre scène… Je vous arrête de suite car ce plan n’est pas applicable pour trois raisons. Choisir c’est renoncer annonce une célèbre maxime, et bien dans ce cas, choisir est obligatoire, sinon vous deviez renoncer aux deux spectacles, et cela aurait été dommage vu le niveau. On a donc tenté de faire un petit jeu des forces et faiblesses en présence grâce à un outil désormais utilisé parfois à mauvais escient, l’Intelligence Artificielle (AI). Ici, pas de devoir scolaire à rendre ni d’examen à passer, juste un test pour comparer les artistes en présence, et nous avions fourni des instructions suffisamment claires et strictes pour rester sur les rails du débat de base, consigne obligatoire lorsqu’on manie cet outil.  Théodora, alias « Boss Lady », et Sean Paul : deux figures qui, à première vue, semblent appartenir à des mondes musicaux distincts — et pourtant partagent des points de convergence qui disent beaucoup des dynamiques actuelles de la pop, du dancehall et des musiques urbaines. Sur le plan des forces, Boss Lady impose d’abord une présence scénique et symbolique : elle incarne une posture d’autorité féminine, portée par des textes qui célèbrent l’empowerment, l’indépendance et l’affirmation de soi. Son univers visuel est soigné, pensé pour la performance et le branding ; sa capacité à tisser une identité cohérente entre image, mode et discours lui permet de fédérer une communauté jeune et engagée. Musicalement, elle sait marier mélodie contemporaine et rythmiques urbaines, travaillant souvent des productions qui mettent en avant la texture de sa voix et la force du message. Sean Paul, de son côté, possède la force d’un vétéran qui a su transformer une voix et une culture locales en langage global. Sa signature vocale — syncopée, rythmée, reconnaissable dès la première syllabe — et son sens du phrasé font de lui un interprète capable de convertir les codes du dancehall en tubes internationaux. Sa longévité s’appuie sur une aptitude à collaborer, à s’adapter aux tendances tout en restant fidèle à ses racines jamaïcaines : rythmes syncopés, patois, et groove immédiat qui invite à la danse. L’efficacité de ses refrains et son instinct pour les hits font partie intégrante de son talent. Les différences entre les deux artistes sont nettes. Boss Lady s’appuie souvent sur une construction narrative et un positionnement identitaire : ses morceaux peuvent être des déclarations, des manifestes en format pop/urbain, avec une attention particulière portée à la production visuelle et aux codes du marketing contemporain. Sean Paul, lui, vient d’une tradition de performance orale et de club : son art est d’abord une énergie rythmique, une propulsion physique qui privilégie le mouvement et l’oreille. Là où Boss Lady travaille peut‑être le récit intime et politique, Sean Paul privilégie la célébration, la fête et la transmission d’un vocabulaire culturel précis. Pourtant, leurs points communs sont significatifs. Les deux misent sur la puissance du rythme : chez Boss Lady comme chez Sean Paul, le tempo et la cadence structurent le propos et définissent l’expérience d’écoute. Tous deux savent aussi tirer parti des collaborations et des mixages d’influences — pop, R&B, électronique, dancehall — pour accéder à des publics larges. Enfin, ils partagent une même exigence de performance : scène, clip et présence médiatique sont au cœur de leur pratique, et contribuent à construire une image cohérente et mobilisatrice. En somme, Boss Lady et Sean Paul incarnent deux façons complémentaires de convertir une voix et une identité en force artistique. L’une privilégie le discours, l’esthétique et l’affirmation ; l’autre, la cadence, l’efficacité contagieuse et la transmission d’un héritage culturel. Quand l’une parle pour exister, l’autre fait danser pour rayonner — mais toutes deux maîtrisent l’art de capter et de retenir l’attention dans l’arène musicale contemporaine. Comme vous le voyez, même l’IA est incapable de trancher. Dans pareil cas, ne vous prenez donc pas trop la tête, faites le choix du cœur. Pour notre part, on déteste ce genre de dilemme, on vous rapporte donc des clichés des deux prestations (même si ce ne fut pas évident de trouver un trou de souris pour notre objectif aux abords de la scène occupée par Théodora). Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Eloi mélange les genres au mixeur.

Si c’est avec une reprise personnelle d’un titre de Wejdene (JTM de ouf) qu’Eloi se fait connaître dès 2022, on ne peut pas dire que la Parisienne soit une adepte de ce genre de musique. Et pourtant, Eloi est très éclectique dans ses goûts musicaux, une palette large que l’on retrouve inexorablement dans son travail, qui est, paraît-il, inclassable tellement il est disparate au niveau des influences. On y retrouve de la pop, de la chanson française classique, de l’électro, voire même des accents propres à la new-wave, un flow de rap et un jeu de guitare plutôt orienté rock. En résumé, Eloi brise les barrières de genres, ajoutant ci et là des ingrédients d’un peu tous horizons. Un état d’esprit que l’on retrouve d’ailleurs dans son look. Débardeur sans manches noir, short de boxe noir avec motifs rouges, ceinture à chaînes, bottes style Santiags, manchettes blanches, quelques piercings sur le visage (nez, œil) et une coupe de cheveux faisant inexorablement penser à Lisa Stansfield dans le clip de « All Around the World » (1989). C’est avec « Lovestory_98 » que la chanteuse choisit d’entamer son set, soit un titre de son tout nouvel opus intitulé « Blast. » avant d’enchaîner sur « Call Me » de l’album « Dernier Orage ». Eloïse Leau déborde d’énergie et la communique au public. Voilà une belle entrée en matière pour le reste de la journée. PS : si vous voulez découvrir Eloi par vous-même, elle passera par le Botanique (Orangerie) ce 03 octobre, partageant l’affiche avec une autre jeune artiste qui commence à se faire un nom auprès du grand public, la Namuroise Lovelace. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.