7 février 2026

Le malheur des uns… le bonheur de Revnoir.

Les festivals essayent de boucler leur programmation relativement tôt dans la saison, question d’organisation bien sûr, mais également pour éventuellement attirer des spectateurs qui viendraient pour l’un ou l’autre artiste en particulier. Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu. Au Cabaret Vert, on le sait même peut-être plus encore que dans d’autres événements, quelques grains de sable s’étant glissés dans la mécanique ces dernières saisons avec l’invitation impromptue de pluies abondantes endommageant certaines portions du site (2023 et 2024) ou l’annulation d’une tête d’affiche attendue comme Queens Of the Stone Age (2024) qui sera finalement de la partie cette saison. L’organisation a toujours rebondi, proposant les meilleures solutions possibles. Cette année, les conditions climatiques étaient clémentes à souhait, mais la réactivité de l’équipe a tout de même été testée, encore, avec la défection tardive notamment du groupe américain Upchuck, programmé le 15 août sur la scène Razorback. Trouver un groupe métal de qualité, en quelques heures, pour se produire un jour férié est évidemment un défi de taille, relevé haut la main par l’équipe programmation établie à Charleville-Mézières. L’heureux élu se nomme Revnoir. Un quatuor de metalcore français qui a été formé en septembre 2023. Un groupe très jeune donc, mais constitué de musiciens qui sont loin d’être novices. Trois membres étaient auparavant dans le groupe Merge, tandis que Robin Leneutre était, lui, guitariste pour le groupe Alaska. Leur musique mélange le rock, le métal et la dark electro, créant ainsi un son à la fois lourd et mélodique, peut-on lire dans certaines publications qui relèvent également que leur premier EP, « Revenant », sorti en mai 2024, a été très bien accueilli par le public, le groupe n’ayant pas connu de difficulté à remplir les salles de sa première tournée. Sur scène, Maxime Rodriguez-Medallo, Julien Ho-Tong, Kaz Nakazawa et Robin Leneutre font un job excellent. Le son est top, l’occupation des planches optimale et le groupe a « de la gueule ». Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, l’ambiance est aussi au rendez-vous. Nul doute que Revnoir a gagné des fans suite à cette prestation. Mission réussie pour Revnoir, mais aussi pour l’équipe du Cabaret Vert qui est allé (re)pêché là un groupe dont la courbe est résolument ascendante. Leur tournée se dessine d’ailleurs désormais à l’international avec des prestations prévues en Angleterre, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Hongrie, Autriche, République Tchèque et … Belgique, avec un passage ce 25 novembre 2025 au Trix (Anvers). Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

Le Cabaret Vert en mode Blue a brillé tel le soleil omniprésent sur toute cette édition.

Pour sa 19e édition, le désormais célèbre festival du Grand Est avait choisi le bleu comme couleur représentative. Ne vous inquiétez pas, les valeurs basiques de protection de l’environnement, de recyclage, circuit-court et tout ce qui définit l’essence même de l’événement depuis ses débuts restent d’actualité, mais l’organisation tenait à rappeler que l’eau, représentée ici par la Meuse qui traverse le site d’ailleurs, est aussi un élément essentiel à la vie. Au niveau du site, la team n’a pas effectué de grosses modifications par rapport à l’année dernière, l’entrée et l’emplacement des scènes ayant (presque) pleinement donné satisfaction en 2024. N’oublions pas que l’équipe du Cabaret Vert est soumise à de nombreuses contraintes liées à la protection des espèces végétales et à l’implantation même du secteur. A quoi bon prôner le respect de la nature si c’est pour la …dénaturer. Non, ici, on s’adapte. On fait avec, même si cela limite la capacité d’accueil du public sur un espace précis et qu’il en va de même pour le matériel pouvant être mis en place sur la scène concernée. Les habitués auront deviné que l’on parle ici de la Greenfloor, sorte d’oasis perdu dans un coin de forêt, de l’autre côté du fleuve. Pas de modification de ce côté-là donc, ni sur l’espace principal réservé désormais à Zanzibar, la main stage (qui se trouvait initialement sur l’ancien terrain de rugby). Par contre, Razorback, l’espace métal qui avait pris cher les deux dernières années avec les pluies, promettant un beau bain de boue aux fanas du genre, a été déplacé sur l’ancien stade, soit en lieu et place de la défunte scène Iluminations, passée à la trappe. Ce n’est un secret pour personnes, les festivals doivent se battre pour survivre. La moindre économie est donc la bienvenue. Pour cela, plusieurs solutions. Obtenir un contrat de sponsoring avec des trademarks. Le Cabaret Vert n’en veut pas, préférant donner la priorité aux producteurs du coin. Rogner sur la qualité. Il n’en n’est pas question. Tant d’efforts et d’énergie déployés pour s’ériger en événement référence de la région ne peuvent ainsi être mis aux oubliettes. A Charleville-Mézières, on a préféré diminuer légèrement l’offre, sans toucher aux services ni à la qualité, et ce sans non plus augmenter outre mesure le ticket d’entrée (ce qui était aussi une possibilité). Une scène en moins, sur 4 jours, c’est une économie sur les cachets d’une vingtaine d’artistes, les frais d’accueil de ces personnes et de leur entourage, les frais liés à l’acheminement de tout ce monde, ainsi que tout ce qui est lié au montage, à l’aménagement en son et lumières, au gardiennage et au démontage de cette scène. Certains se plaindront évidemment d’une « offre » moins alléchante en nombre de concerts, mais avec la version actuelle de quatre espaces (Zanzibar, Razorback, Greenfloor et n’oublions pas Zion), il y a de quoi rassasier les plus affamés des amateurs de musique. D’autant que le Cabaret Vert n’est pas qu’un espace dédié aux concerts. Il s’agit d’un festival multi arts. Ainsi, le cinéma (l’Idéal) propose des projections thématiques et les amateurs de BD retrouvent chaque saison leur Eden. Un espace qui leur est entièrement dédié avec 70 auteurs près à dédicacer leurs œuvres, une librairie, une exposition et un service de garde livres. Cela peut paraître anodin pour ceux qui sont braqués sur l’aspect musical du festival, mais soyez assurés que les premiers à faire la file dès le matin se dirigeront en courant vers l’espace BD, sac à dos, voire valises, remplis de planches qui deviendront uniques grâce au dessin, à la dédicace ou au cachet particulier qui sera apposé dessus. Pour y être passé à quelques occasions cette année encore, je peux vous assurer qu’il y avait de quoi ravir les amateurs. Et nous soulignerons également la disponibilité et la bienveillance de tous les auteurs qui malgré la chaleur ambiante de ces jours d’août se sont appliqués bien souvent le sourire aux lèvres. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt nos scènes musicales. Certains avaient peur de perdre du choix avec la disparition de l’espace Illuminations. Et bien voici quelques chiffres pour vous représenter l’offre proposée sur ces 4 jours. 83 groupes musicaux dont 37 issus de l’étranger. On dénombre 16 pays différents. Outre la France, évidemment, on notera la forte colonie britannique (12) mais aussi américaine (4) emmenée notamment par Queens of the Stone Age, Vampire Weekend, Brigitte Calls me Baby et le très attendu Will Smith. Mais des artistes sont venus d’Irlande (3), d’Italie (1), d’Ecosse (2), d’Australie (1), d’Allemagne (2), de Pologne (1), de Jamaïque (3), de Norvège (2), des Pays-Bas (2), du Pays de Galle (1), de Suisse (1), du Brésil (1) et de Belgique, avec la jeune Dina Ayada. Si cela ce n’est pas un voyage autour du monde à moindres frais ! On se demanderait juste où sont nos voisins Luxembourgeois et Espagnols. Nous allons bien évidemment revenir sur certains de ces artistes dans nos articles. J’ai bien dit certains et non tous. Vous comprenez qu’il nous est matériellement impossible de couvrir tous les concerts, certains étant d’ailleurs programmés en même temps ou avec un si léger décalage qu’il n’était pas physiquement possible de courir d’une scène à l’autre. Ce fut d’ailleurs l’un des dilemmes du « week-end » pour certains festivaliers : Théodora ou Sean Paul. La jeune star montante se produisait en effet sur le Greenfloor quelques minutes à peine après l’entame du show de la vedette Jamaïcaine aux plus de 10 millions d’albums vendus. Autre contrainte pour nous, vous commencez à le savoir maintenant, les accès et validations des photos. Pour ces raisons donc, nous occulterons (pas toujours volontairement) certains artistes. Mais on vous rapporte quand même du bon, du très bon. Et pas que dans le connu. Non, l’un des points forts du Cabaret Vert est de nous permettre de découvrir des artistes qui ne se produisent pas (encore) régulièrement dans nos contrées. On saluera aussi la capacité de réaction de l’organisation qui a dû faire face à deux annulations de dernière