7 février 2026

Le Cabaret Vert s’est offert le must du rock US.

Queens of the Stone Age devait être la tête d’affiche de l’édition 2024 du festival du Grand-Est, mais les Californiens ont dû annuler une partie de leur tournée suite à des soucis de santé de leur chanteur. La déception était grande, mais, finalement, temporaire, le mythique groupe qui soufflera sur 30 bougies l’an prochain (bien que le premier titre ne date que de 1998) assurant son engagement le 16 août 2025. Si sa barbe a disparu, Josh Homme est bien là au rendez-vous, visiblement en forme. Chemise rouge à carreaux noirs, type bucheron, à moitié ouverte, jeans serré, le seul membre fondateur encore présent de Queens of the Stone Age, entame le show avec les riffs répétitifs de « No One Knows », l’un des titres du groupe les plus appréciés à travers le monde. Il est en effet loin ce temps où Josh et ses potes de l’époque, Alfredo Hernández, Nick Oliveri et Dave Catching, devaient mettre en place des concerts « pirates » dans le désert, comptant sur la seule alimentation de générateurs d’appoint. Depuis de nombreuses années, le groupe affiche complet lors de ses tours du monde, réservant ses prestations à des salles de renom ou aux plus grands festivals, mais à un rythme effréné. En quelques jours, Queens of The Stone Age a ainsi enchainé 10 prestations en Allemagne, Pays-Bas, France, Irlande, Angleterre et Belgique puisqu’ils étaient au Pukkelpop le lendemain de leur show à Charleville-Mézières. On comprend d’autant mieux pourquoi Josh Homme préférait préserver sa santé à un moment où elle était un peu plus précaire. Qu’à cela ne tienne, Queens of the Stone Age n’a pas levé le pied pour la cause. Josh et ses acolytes du moment, Troy Van Leeuwen, Dean Fertita, Michael Shuman et Jon Theodore, ont en effet offert aux festivaliers un concert plein d’entrain et de ces enchaînements lourds et répétitifs qui entrent inexorablement en tête. Présenté ainsi, cela pourrait paraître rébarbatif, mais ce n’est nullement le cas. Au contraire, même les non adeptes de rock ne mettent pas longtemps à sentir leur corps bouger sur le rythme de ces sons envoûtants. Ce n’est pas pour rien que Queens of The Stone Age reste l’un des groupes les plus prisés des amateurs de concerts. Ecouter un album du groupe, c’est bien. Mais vivre un de ses concerts, c’est une autre dimension. Josh Homme nous offre même, parfois, un petit trait d’humour, comme en fin de ce premier morceau ou il se présente, en français, comme suit « Bonjour, je suis Will Smith… » faisant référence à son compatriote rappeur qui allait se produire le lendemain sur cette même scène. Point de rap, mais du rock, proche par moments du métal le plus doux. Un genre qui fait, semble-t-il, encore recette, de nombreuses dates de cette tournée, y compris celle du 27 octobre 2025 à Anvers, au Queen Elisabeth Hall affichent en effet complet. A vrai dire, mis à part quelques sièges pour une représentation à Las Vegas ou l’un des deux concerts au Mexique, tout est sold-out jusque juin 2026, soit le moment où le groupe se joindra à une autre grosse machine américaine, System Of A Down, pour une tournée européenne où la Belgique ne semble pas au menu. Il y aura, par contre, deux dates au stade de France, le 02 et 04 juillet. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

CABARET VERT : l’intégralité de la programmation musicale dévoilée.

Du bleu, du vert, du rose… Le tableau est complet, les couleurs débordent : la programmation 2025 du Cabaret Vert est désormais pleine et entière. Une quarantaine de nouveaux noms rejoignent la fête, ajoutant autant de sons, d’histoires et d’émotions à la fresque musicale qui se dessinera du 14 au 17 août dans les Ardennes.  Tous nouveaux, hyper chauds. Fidèle à l’esprit du festival, la suite du programme 2025 prévoit son lot d’artistes brûlants attendus le long de la Meuse. Remodelée cet été, la scène Razorback hurlera à la lune avec les shakers rockeurs Fat Dog, aussi remuants que sauvages, et les fulgurances post-punk des néerlandais Tramhaus. Côté dancehall, on affiche complet, propulsé par le boss Sean Paul et le prodige transalpin Kybba. Côté dancefloor, deux figures parmi les plus en vue de la scène électronique actuelle seront de la party à Charleville : le phénomène norvégien Alan Walker, couronné par ses tubes interstellaires (Faded, Alone…), et le surdoué français de la hard techno Trym.  Girls first ! Dans la playlist de l’été ardennais, on trouve aussi une armada d’indie girls bien décidées à dézinguer les citadelles du rock. Dans le sillage de la it-girl Suki Waterhouse, déjà annoncée cet hiver, s’invitent désormais l’adrénaline gouailleuse de Panic Shack, le glam show de CMAT, la sève juvénile californienne de The Linda Lindas, la colère jubilatoire (et contagieuse) des Lambrini Girls, et bien sûr, le rrriot punk de la Brésilienne Karen Dió, étoile montante planétaire du genre. Français, fais ce qu’il te plaît Retour de ce côté de l’océan, avec des personnalités frenchies hors normes qui viendront également assaisonner cette édition 2025. On prend de plein fouet la déflagration Eloi, une Francilienne qui boxe quelque part entre synthpop et électro-punk. On se laisse émouvoir par le performer mercurien Lucky Love. Et l’on suit les yeux fermés Adèle Castillon, dont les déambulations électroniques crèvent l’écran… et le cœur des festivaliers.  Rap en orbite sur le Greenfloor Têtes chercheuses, talents explosifs : le Greenfloor offrira un panorama des rookies rap, grand cru 2025. Citons la trap façon queen pour Le Juiice ou cosmopolite pour Dina Ayada, la new jazz du phéno JRK19, TH avec sa E-TRAP rocailleuse, le caméléon Ajna, l’ovni Jyeuhair, l’uppercut mumble rap de La Mano 1.9 ou encore l’univers sous haute influence rastafari de Jeune Lion. Et pour coopter cette nouvelle génération ? Le patriarche du rap hexagonal, Oxmo Puccino, dont la venue sur le Greenfloor sera forcément incontournable le dimanche, sous vos applaudissements.  L’affiche 2025 au grand complet Ces nouveaux appelés viennent grossir les rangs d’une édition 2025 qui s’annonce spectaculaire, avec 80 artistes dont Booba, MC Solaar, Will Smith, DJ Snake, Jamie xx, The Last Dinner Party, Zaho de Sagazan, Bigflo & Oli, Julien Doré, Idles, Vampire Weekend, Queens of the Stone Age, Landmvrks, Leprous, SDM, Theodora, Sammy Virji, VTSS, Genezio, Ven1, Horsegiirl, Kneecap, Wet Leg.  Audacieux, indépendant et durable depuis 2005 À Charleville-Mézières, les watts font aussi vibrer les bulles. Comme chaque année, le festival célébrera la bande dessinée avec séances de dédicaces, rencontres et remise de la 3ᵉ édition du Prix BD Cabaret Vert. Les passionnés du genre se mêleront aux amateurs de cinéma et de débat dans l’espace L’IDeal, pour une expérience toujours plus libre, curieuse et collective. Enfin, le festival promet de garder son cap éternel : prendre soin du monde autant que de son public. Cette année encore, il proposera aux festivaliers de mieux se déplacer, de consommer local et de produire moins de déchets…  Cabaret 2025 : le compte y est — et il est sacrément bon. Rendez-vous du 14 au 17 août 2025 dans les Ardennes. 

Le Cabaret Vert joue la carte de l’innovation.

En cette période où certains festivals commencent à annoncer les premiers noms de leur line-up 2025, des nouvelles moins réjouissantes fusent ci et là en provenance également du monde de la musique. La pandémie du Covid avait déjà marqué un fameux frein au développement de certains, mais là, les dépôts de bilans et annulations tombent en cascade. L’augmentation des coûts énergétiques, l’explosion du cachet sollicité par beaucoup d’artistes, le retrait de plus en plus marqué des pouvoirs communaux dû à l’austérité ambiante… les causes sont multiples, mais la conséquence est unanime, le calendrier des festivals va s’amincir fortement cet été. Sur quelques jours, nous venons en effet d’apprendre la mise en liquidation de l’ASBL en charge du festival Feelgood à Aywaille, l’annulation définitive de Scène-sur-Sambre, qui avait déjà dû mettre son édition 2024 entre parenthèses, et la fin du festival Essonne en scène car son plus gros support, le département, se doit de restreindre ses dépenses. Et dire que nous n’avons toujours reçu aucune nouvelle de certains autres événements ce qui ne laisse rien augurer de bon ! Heureusement, d’autres festivals comme les Ardentes, La Semo, Les Solidarités, Le Baudet’stival, Werchter Boutique et Rock Werchter, le Pinkpop, les Gens d’Ere … ont d’ores et déjà lancé les invitations pour l’été. Alors que les réveillons n’ont pas encore sonné leur glas, quelques noms ronflants sortent déjà du chapeau de certains organisateurs. Mais la plus grosse surprise vient sans doute de Charleville-Mézières où un certain Will Smith devrait venir clôturer une édition anniversaire (la première du festival date de 2005) que l’équipe du Cabaret Vert concocte avec soins depuis de nombreux mois. Nous avons voulu savoir comment cet événement annuel a, au fil des ans, pris une ampleur telle qu’il est désormais l’une des places fortes des Ardennes capable d’attirer des stars mondiales dans une région pourtant pas si connue hors de nos frontières. C’est le directeur adjoint du festival, Cédric Cheminaud, qui a accepté de répondre à nos questions, et ce malgré un planning assez chargé, car le Cabaret Vert n’est pas qu’un festival se déroulant sur 4 jours en août. C’est aussi toute une équipe oeuvrant au quotidien pour le site occupé à l’année et d’autres événements plus thématiques comme le club Razorback de ces 20 et 21 décembre. Cédric, 2024 a vu de nombreuses modifications apportées au site du festival, avec notamment une entrée pour le public versée de l’autre côté du lac et l’inversion des scènes Illumination et Zanzibar. Quels sont les retours et enseignements de ce nouvel agencement ? « Ce fut effectivement une année charnière car nous avions besoin d’un redéploiement des scènes mais en respectant au mieux l’environnement qui nous a été confié. Nous voulions en effet que ce lac prenne une place importante dans la circulation du public. Globalement, les retours, qu’ils soient du public ou des bénévoles, sont positifs donc je pense que nous avons relevé avec brio l’important défi que nous nous étions imposés.   « Le dimanche fut le point d’orgue avec une affluence record de 32000 spectateurs. Il n’y a eu aucun souci majeur mais nous avons remarqué que certains points pouvaient encore être améliorés, notamment concernant les déplacements entre les scènes. Il faut dire que les éléments météorologiques ne nous ont pas aidés, le samedi ayant fait face à d’importantes averses qui ont endommagé une partie du site. Nous avons tenté d’agir au mieux pour le confort du public mais ce n’était pas encore assez. Nous ne pouvons toutefois plus faire abstraction de la pluie et de la boue en espérant que l’on passe entre les gouttes car ces dernières années nous ont montré que les fortes pluies devaient désormais faire partie intégrante de la réflexion. » Vous avez pourtant toujours mis en œuvre des moyens pour préserver au mieux le site et le public comme en 2023 où vous aviez fait venir de nombreux camions citernes pour pomper l’eau excédentaire avant de placer des bâches en matière biodégradable, et en 2024 des camions ont également tenté de pomper le surplus ou de le couvrir de sciure mais le mal était déjà fait. « Si nous pouvions tout protéger comme en 2023, ce serait simple. Coûteux, certes, mais possible, toutefois, nous devons aussi tenir compte de nombreux paramètres liés aux spécificités de ce site naturel. Il ne nous est pas permis de tout bétonner ou de mettre de la terre ou du sable où l’on veut. Nous allons donc devoir : Concernant les scènes, Zanzibar au centre de la plaine principale est désormais acté ? « Oui, je trouve que la main stage a désormais trouvé sa place. Elle paraît même plus imposante là, trônant sans aucun édifice autour. Par contre, nous ne savions pas trop comment utiliser cette deuxième scène « mixte » qui n’arrivait pas à faire l’unanimité. Nous allons donc fusionner les scènes Razorback et Illuminations afin de créer un espace rock plus conforme au niveau des groupes et des performances proposés. Razorback était bien, et très appréciée des quadras et quinquagénaires notamment, mais elle était trop vite saturée au niveau du public. Il n’y aura donc plus que 4 espaces dont trois thématiques (urbain/rap – dance/reggae/dub – rock/metal) avec un Razorback XXL qui permettra aux métalleux de rencontrer plus d’adhérents encore ». L’entrée côté ville restera de mise aussi ? « C’est clair. A cet endroit, le public est beaucoup plus proche de la gare. Cet emplacement a sans doute contribué à l’essor récent de la mobilité douce avec une montée en puissance de l’utilisation des bus et trains. C’est une franche réussite qui nous encourage à persévérer dans cette voie avec l’aide des pouvoirs publics. Nous sommes dans une région semi-rurale où la voiture est presqu’obligatoire pour se déplacer en temps normaux. Mais avec les offres fournies en termes de services et de prix, beaucoup optent désormais pour laisser leur quatre roues au domicile, ce qui est un peu le but recherché ». Comment un festival comme le Cabaret Vert peut-il proposer chaque année une affiche aussi fournie en quantité et en qualité alors que de nombreux autres