Les rythmes endiablés de Kendji font vibrer Bertrix.

Le concert le plus attendu du samedi au Baudet’stival était indubitablement celui de Kendji Girac, le vainqueur de la troisième édition de The Voice (2014). Dès la sortie de son premier album fin 2014, le chanteur-guitariste aux origines gitanes a imposé son style et son sourire. Il faut dire que la plaque contenait déjà les titres « Color Gitano », « Andalouse », « Conmigo » et « Cool ». Pas mal pour un premier jet. En un peu plus de 10 ans, Kendji a sorti 6 albums studio, mais aussi multiplié les duos et participé à de nombreux événements, s’essayant même avec un succès non négligeable au cinéma. Il est devenu un visage incontournable du PAF (paysage audio-visuel français) et l’un des chefs de file de la chanson française actuelle, grâce notamment à une voix lyrique qu’il n’exploite pas nécessairement dans son registre habituel, mais qui en a étonné plus d’un lors de prestations exceptionnelles comme ses duos avec Florent Pagny ou Andrea Bocelli. Si le début de l’année 2024 lui a valu de faire les unes pour un dérapage dans sa sphère privée, l’homme a su rebondir en sortant « Vivre… », un album certes moins festif que les précédents, mais qui contient notamment les magnifiques morceaux « Si seulement… » et « J’ai changé ». Jeunes et moins jeunes attendaient donc avec impatience le retour du beau brun sur la Place des 3 Fers. Retour car il y avait déjà fait un carton, vous l’imaginez bien, le 12 juillet 2019. Malgré la chaleur torride régnant encore sur le coup de 20h00, Kendji lance son show avec des titres entraînant : « Me Quemo », « Color Gitano » et la reprise de « 1,2,3 – un, dos, tres – cover ». Il n’en fallait pas plus pour se mettre l’assistance dans la poche. Les titres les plus attendus sont réservés pour la clôture de la prestation, mais avec Kendji, il n’y a pas vraiment de moment creux vu le nombre de hits dans sa valise. On vous rassure toutefois, oui, « Les yeux de la mama », « Bella » et « Andalouse » font bien partie de la set-list. Une semaine plus tard, Kendji remettait le couvert à Spa, avec la même énergie et le même succès, mais il faudra désormais attendre le 12 avril 2026 pour le revoir dans nos contrées, pour son concert à Forest National. Vous n’êtes pas libres ce jour-là ! Ou les places ont déjà toutes trouvé preneurs ? Une seconde date est à l’agenda, le 06 juin, au même endroit. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Edouard Van Praet marque les esprits de la journée inaugurale.

La toute première à ouvrir les hostilités du Baudet’stival 2025 est la Bruxelloise Clélia, vendredi sur le coup de 17h00. Lauréate de la Draft 2024, l’artiste qui mêle pop, R’n’B et électro sur fond de paroles françaises vient avec un beau bagage puisqu’elle était aux Ardentes voici un an tout juste. Ses textes sont fouillés et réalistes. L’artiste en est l’auteure. Elle aborde d’ailleurs des sujets qui lui tiennent à cœur comme ce « TDA » (trouble de l’attention) qui perturbe parfois son quotidien. Sensibilité, second degré et originalité sont les termes les plus utilisés pour définir le carnet d’écriture de la chanteuse. Caliméro est un autre titre qui aurait pu être révélateur, mais l’artiste n’est pas si discrète sur les planches. Elle se permet même une petite frivolité gustative avec une gaufre noyée de crème fraiche. Un bel entremet pour ce début de festival. Le temps de filer sur la scène principale que prend place le groupe Lightnin’bug, un collectif créé en 1997. Et oui, il y a déjà 28 ans que ces musiciens distillent au public leur amour pour le blues typique de la région de Chicago, une passion ramenée d’Outre Atlantique par Greg Janicki. Avec Didier « Bidon » Tonneau et Phil Pahaut, Greg a sorti 3 albums, le quatrième devant voir le jour très prochainement. Quelques touches US, du bon blues posé et le soleil omniprésent, on se croirait en vacances. A quelques encablures, LN Heart, auteure-compositrice-interprète belge mêlant pop-rock, folk, soul et influences classiques, s’installe derrière son clavier. Lorine baigne dans la musique depuis très longtemps puisque son papa, bassiste de son groupe, est lui-même musicien. Rapidement Lorine s’oriente vers le piano, obtenant son diplôme à l’académie Marcel Désiron d’Amay. Et oui, LN Heart est originaire de la région liégeoise. Très calme et posée sur scène, elle propose un mélange de pop, rock et même de classique dans ses compositions, mais attention, ne vous fiez pas aux apparences, sa voix est puissante et pourrait rivaliser avec des consoeurs bien plus aguerries, comme vous pourrez l’entendre dans ses derniers titres, « About Last Night » et « Colours ». Arrive alors sur scène un artiste complètement hors format, sorte d’ovni musical à classer entre Arno et Philippe Katerine pour son décalage et ses libertés artistiques. Cet artiste se nomme Edouard Van Praet. Pantalon noir, blouse noire et lunettes…noires, on pourrait presque lui attribuer une fonction d’employé de pompes funèbres par la sobriété de son look, mais son attitude tranche fondamentalement avec ce classicisme. Il se déhanche tel un lombric sous méthadone, se roule au sol, vient taquiner ses compères de scène en ôtant ses lunettes et en multipliant les grimaces. Inclassable par son physique, il l’est tout autant par ses influences musicales. Bercé très jeune au rock et à la musique classique, il se passionne ensuite pour le rap, le métal et les rythmes électroniques. Comme vous le voyez, on balaye large. Côté références, on lui reconnait du Léonard Cohen, du Bowie, un soupçon des Doors et même du Feu !Chatterton. C’est très particulier, et à réserver à des oreilles averties car certains textes sont crus, mais visuellement, il donne le change. Certains adorent, d’autres détestent. Rares sont ceux qui restent indifférents. On délaisse alors le rock psychédélique issu de l’album « Mascarades » pour rejoindre la scène découverte où Jirino (alias Jordan Dauvin) aiguise son flow. La belle aventure débute courant 2021. Jordan écrit alors quelques textes dans sa chambre. Ses parents jouent le rôle de spectateurs test et le produit proposé semble leur plaire. Jordan franchit alors le pas en postant quelques compos sur les réseaux sociaux. Si les premiers artistes qui l’ont influencé étaient les frérots Bigflo et Oli, la plume de Jordan s’est écartée du style des Toulousains pour devenir plus acide et virulente. Bien que peu habitué aux planches (il a juste rencontré un peu de public à son école et à l’Entrepôt à Arlon), Jirino ne tremble ni du corps, ni de la voix pour ce premier festival. Son expérience face au public, il l’a eue. Et visiblement il l’a appréciée. Prochain step ? « vivre de la musique ». Il a le phrasé, le débit, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne chôme pas au niveau de la production. Le voici déjà avec 3 albums (Nova, Misère et HS7) et une vingtaine de titres dans la besace. Beaucoup plus d’expérience, mais finalement un seul album de plus dans la discographie de Lemon straw. Ce titre en anglais évoque une paille et un citron. « Cette paille que Giani Sabia (Chanteur) servait quand il vivait à New York et travaillait dans un bar. Quand il ne chantait pas quelques reprises dans le métro ou en rue. Là-bas, il enchaine les petits boulots pour payer son loyer : barman, livreur de fleurs & baby-sitter pour un couple de new-yorkais… Lemon fait référence à John Lennon ; “mon boulot de baby-sitter se trouvait d’ailleurs à quelques pas du lieu où il fut assassiné.” » relate le média Team 4 Action. Un nom évocateur pour un groupe dont l’idée a donc germé à partir des States et plus particulièrement de la Grosse Pomme. Au fil des ans et des albums, la composition du groupe va évoluer, Boris Iori et Giani Sabia étant les seuls membres fondateurs toujours présents mais l’esprit du band reste inaltérable depuis maintenant 15 ans (si l’on considère la sortie du 1er album comme « naissance » officielle de leur rencontre avec le public). Leur nouvel opus sous le bras, le groupe tournera assez bien en cette deuxième partie d’année. On les retrouvera d’ailleurs dès ce 25 juillet aux Les Gens d’Ere. Ils monteront ensuite à la capitale (la Belge cette fois) pour un concert Place du Grand Sablon le 15 août avant d’égayer les allées du célèbre Domaine viticole du Chant d’Eole le 28 août. Le public est désormais plus nombreux sur le site. Certains vont naturellement tenter de trouver la meilleure place possible pour le groupe le plus attendu de la soirée,
Naevi et Nicolas Dieu voient double au Baudet’stival.

L’histoire de Naevi débute en mai 2019, dans les ruelles de la cité universitaires de Louvain-la-Neuve. Florian et Amaury lancent l’idée de monter un groupe de rock en français. William les rejoint rapidement en tant que bassiste mais aussi arrangeur. Cette première vie, in utero, du groupe prend fin à l’aube de 2022 lorsque Pablo et Bastien viennent insuffler une nouvelle énergie au groupe en basculant notamment vers de l’hyperrock (mélange de styles avec de l’électro sur une base rock). Mais au fait, que signifie Naevi ? Sur internet, on tombe directement sur les termes « naevi mélanocytaires » ou naevus qui sont des troubles dermatologiques qui se présentent sous la forme de grains de beauté. Samedi, sur le coup de 17h30, Naevi était le dernier groupe à entrer en lice pour le concept « Tremplin » du festival qui voit, depuis quelques saisons maintenant, des artistes moins connus ou débutants se produire sur la scène annexe avec comme rêve ultime de sortir vainqueur(s) aux yeux du jury pour obtenir le graal, le droit de se produire le dimanche en ouverture de la scène principale sur la place des 3 Fers. L’affaire n’était pas dans le sac car la concurrence fur rude avec les cinq autres artistes participants, mais le quintet n’a pas compté ses efforts pour montrer ce dont il était capable. Déjà vainqueurs du trophée des jeunes talents du Brabant Wallon en 2022, les cinq rockeurs ont une nouvelle fois fait mouche, remportant le « contest » leur ouvrant les portes d’une seconde prestation, de 45 minutes cette fois (la prestation du samedi n’en comptant que 30) sur leur première scène principale. Dimanche donc, rendez-vous avec Naevi dès 14h45 (et non 18h39, du nom de leur premier EP). La scène est beaucoup plus grande, plus haute aussi. Les premiers rangs, déjà occupés par les afficionados de Gims et Vitaa, ne verront sans doute pas bien les musiciens les plus en retrait, mais l’énergie est bien là. « Evidemment » résonne comme une ouverture idéale pour cette journée qui attend 9700 personnes. Avec deux prestations lors du week-end, Naevi se place comme le groupe ayant le plus profité du festival, d’autant que les cinq amis ont foulé les deux scènes. Ils ne sont pourtant pas les seuls à avoir multiplié les séances de plaisir auditif au Baudet édition 2025 puisque Louis Jassogne a affuté ses baguettes derrière Essyla avant de courir sur l’autre scène pour accompagner Bob Doug. Un exercice qui lui a valu un démontage / remontage sportif de sa batterie. C’est à ce moment qu’un musicien se demande pourquoi il n’a pas opté pour la flûte à bec… Les plus attentifs, mais aussi les plus courageux, puisque l’on va aborder ici des chanteur/musiciens s’étant produits en clôture du vendredi et en ouverture du dimanche, auront aussi remarqué un trio intégré dans deux groupes. Ces formations sont « Oh mon Dieu » et « Mister Cover ». Les personnes concernées ? Le claviériste, le bassiste et Dieu himself ! Nicolas Dieu est en effet le chanteur historique et emblématique du groupe de reprise le plus festif de Wallonie, mais aussi la voûte de « Oh mon Dieu », un projet qui lui tient à cœur car il peut y proposer ses compositions originales en français. Vendredi, vous imaginez bien que Nico, Simona, Christophe et tous les musiciens ont mis le feu à la place bertrigeoise avec leurs reprises endiablées. Dimanche, l’ambiance était beaucoup plus feutrée pour la prestation de « Oh mon Dieu » sur la scène bis. A cette occasion, le groupe a pu notamment présenter « La vague scélérate », le premier titre extrait de son deuxième album. Celui-ci, peaufiné depuis près de deux ans, sortira tout prochainement dans les bacs. Petite particularité de ce concert intimiste : le groupe est venu à la rencontre du public, descendant dans l’assistance pour les derniers morceaux. Cette configuration nous a donc permis de voir Nicolas, guitare à la main, au centre d’un cercle de festivaliers captivés. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
L’opération séduction de Puggy est réussie.

Voici une vingtaine d’années, Matthew Irons et Romain Descampe, deux étudiants étrangers (l’un Anglais, l’autre Français) en musique à Anvers se trouvent suffisamment d’affinités pour créer un groupe que rejoint rapidement Egil Franzen (Suède), un batteur avec qui Romain avait déjà joué précédemment. Depuis, cinq albums ont vu le jour, et le sixième est bouclé (confirmé par Matthew). Il sortira sous peu, probablement en octobre. Pourtant, en 2017, on a bien cru à la fin du groupe, Matthew intégrant un siège de juré dans l’émission The Voice Belgique, mais surtout aucun titre n’étant plus produit jusque 2023. La « retraite » publique du groupe aura donc duré 6 ans. Depuis, Puggy a repris le chemin des planches, avec son répertoire habituel, mais surtout l’excellent « Never give up » qui laisse augurer d’un nouvel opus d’une qualité au moins équivalente aux albums précédents. En 2024, l’opération séduction, ou promotion, a pris son envol, avec des apparitions dans plusieurs festivals (dont les Solidarités) et salles de concerts (AB, OM …). Les échéances principales s’approchant à grands pas (nouvel album et concerts à l’Olympia et à Forest National), le trio ne ménage pas ses efforts en multipliant les apparitions (on les verra encore aux Les Gens d’Ere, à Ronquières dans les quinze prochains jours). Un tel calendrier doit peser, moralement, mais aussi physiquement, et pourtant le groupe fut d’une disponibilité à toute épreuve lors de son passage à Bertrix. Interviews radio et presse écrite, séance photo, rencontre avec les fans … les trois gaillards étaient sur tous les fronts avec un sourire communicatif (ce ne fut pas le cas de tous les artistes, croyez-nous !) Restait à tenir son rang sur scène, mais nous n’avions pas trop d’appréhensions à ce niveau, ayant déjà assisté à la prestation du groupe aux Francos de Esch. Comme attendu, Puggy a assuré, proposant son rock mélodieux qui trotte inexorablement en tête tout en entretenant un dialogue ouvert avec un public conquis. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
La Chill zone, la bonne idée 2025 du Baudet’stival.

Un festival, cela s’imagine, se construit, s’adapte au fil du temps en fonction du lieu mis à disposition (Les Ardentes et les Solidarités ont dû déménager ces dernières années), des moyens qui y sont alloués mais aussi des attentes du public. A Bertrix, on était déjà dans le bon à de nombreux niveaux puisque l’on ne doit pas nécessairement s’inquiéter outre mesure des conditions climatiques variables (les scènes sont construites sur du sol en béton, et le public ne se retrouve pas non plus les pieds dans la boue), que le village dispose de nombreux emplacements de stationnement (en rues, mais aussi avec plusieurs parkings publics à distance raisonnable), que les PMR ne sont pas oubliés (plateforme surélevée accessible aux fauteuils roulants en face de la main stage, parkings à proximité immédiate du site, entrée dédiée…) et que la plupart des besoins peuvent être rencontrés (toilettes en suffisance à divers endroits, plusieurs bars et foodtrucks). Vous avez même le choix entre prendre place devant une des scènes ou alterner au gré de vos attentes, ce dernier scénario n’étant juste plus vraiment possible lors des pics d’affluence comme ce fut le cas dimanche soir entre les prestations de Vitaa et de Gims. Depuis cette édition 2025, une troisième option s’offre même à vous grâce à la mise en place d’une « Chill zone ». Certains connaissent déjà le terme pour avoir fréquenté un tel endroit dans certains lieux de vacances ou d’autres festivals, mais ce n’est pas le cas de tous. La traduction des termes anglais donne une « zone de refroidissement ». En pratique, pas de frigo, ni même de climatisation, et encore moins de décor faisant penser à l’Antarctique, mais un espace un peu à l’écart, ombragé (grâce à une immense tente khaïma), avec une musique d’ambiance « lounge ». Située dans la cour de l’école (entre l’entrée PMR et la scène principale), la chill zone propose donc une alternative « reposante » où l’on peut s’asseoir pour siroter un cocktail sur fond d’airs planants. L’idée est top, mais fut victime de son succès. Il n’y avait en effet pas place pour tous au niveau des bancs. Il faut dire que le « drinktruck » d’une célèbre marque de sodas avait de quoi ravir les gosiers des amateurs, qu’ils apprécient l’alcool ou non (des versions non alcoolisées étaient aussi au programme). Assurément un concept à garder pour les éditions prochaines. Le seul bémol relevé, et je me permets de le relayer car plusieurs personnes en parlaient ouvertement, l’accompagnement musical de ce genre d’endroits doit être adapté. Du jazz et du lounge oui, mais pas du rap agressif où les insultes s’alignent à foison, de grâce. Quoi qu’il en soit, cette innovation made in 2025 montre que le Baudet se modernise et pense au confort de ses clients. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Bertrix a vibré durant tout le week-end.

Nous sommes loin des balbutiements du festival, lors de sa 1er édition en 2012. Au total 7500 personnes étaient venues écouter notamment Hooverphonic, mais aussi Jali, Suarez et Noa Moon. A ce moment, le festival se déroulait sur deux jours après les Francos de Spa. Dès 2013, l’organisation Bertrigeoise passait à 3 jours de concerts, à la mi-juillet cette fois. Au menu, Bastian Baker, Axelle Red, La Fouine mais aussi Machiavel et un groupe toujours bien présent dans le paysage des nuits belges, Mister Cover (dont nous reparlons très bientôt puisque le groupe participait à cette édition 2025). Aux manettes, un administrateur enthousiaste déjà bien ancré dans la politique puisqu’il était échevin du commerce. Son nom, Mathieu Rossignol. Depuis, le festival a grandi, en termes de capacité d’accueil, en termes d’organisation, et en renommée, devenant l’événement musical référence du sud du pays. Pour cette 12e édition, le festival a fait place comble, surtout le dimanche où le chiffre record de 9700 spectateurs fut atteint. Pas évident de se frayer un chemin dans une telle foule, car on était, il est vrai, un peu à l’étroit, tel un banc de sardines dans sa boite métallique. Mais les organisateurs ont besoin de cela pour pouvoir sortir la tête de l’eau, car oui les temps sont durs pour tous, y compris les festivals de musique. Heureusement, le Baudet’stival peut compter sur des partenaires (sponsors) fidèles, des bénévoles volontaires, un soutien politique non dissimulé (et oui, Mathieu Rossignol est désormais bourgmestre de l’entité), et un public réceptif. La soirée du vendredi a rencontré un peu moins de succès populaire, et le plus gros de la foule est arrivé relativement tard samedi, mais au final, ce sont plus de 20 000 personnes qui ont profité des sons d’un Baudet’stival 25 où certains s’interrogeaient sur l’opportunité d’effectuer le déplacement, soulevant une affiche moins « ronflante » que lors de certaines éditions précédentes. L’arrivée en masse du public, le temps radieux (parfois même un peu trop chaud) et la qualité des prestations proposées permet de tirer un bilan plus que positif, le Baudet’stival 2025 fut une très bonne cuvée, au point que la suivante est déjà sur les rails. Impossible de vous résumer ici un week-end aussi chargé en émotions et en images. Nous aurons besoin de beaucoup de place pour les clichés et de nombreuses lignes pour vous décrire, tant bien que mal, les prestations et anecdotes de la cuvée 25. Autant dire que le festival va se décliner en de nombreux articles qui vont vous être livrés très prochainement sur Confestmag. Vous étiez présents et vous voulez revivre cet événement, vous avez peut-être même votre portrait dans nos galeries, parmi les artistes, ou vous l’avez manqué et vous aimeriez justement pouvoir vous imprégner de l’ambiance… ne zappez pas, vous êtes au bon endroit. Ce n’est pas parce que d’autres festivals sont prêts à remettre le couvert, eux aussi, que la page est tournée. On peut déjà vous annoncer qu’il y aura des photos de (presque) tous les artistes. Nous avons en effet besoin d’un peu de sommeil, comme beaucoup, donc certaines prestations de fin de soirée sont passées à la trappe, désolé pour les DJ concernés, mais nous avons pu tirer le portrait de tous vos chouchous, y compris Vitaa, Kendji, Puggy, Aime Simon, Eddy de Pretto et Gims. Au total 15 des 17 artistes de la scène principale (sponsorisée by Mini et Bilia) et 16 des 17 artistes de la scène « Construisons demain » vont venir remplir les pages de notre webzine. On se retrouve donc très vite. Et n’oubliez que vous pouvez également retrouver nos clichés sur la page FB – ReMarck photos (après parution sur le webzine).
Dimanche à LaSeMo : une clôture en apothéose

Le dimanche, jour du seigneur dit-on… mais à LaSemo, c’est surtout celui des dieux de la musique. Et en cette ultime journée, les âmes allaient vibrer fort, très fort, au rythme d’émotions brutes et de concerts inoubliables. À peine le temps de franchir les portes du festival que les derniers accords de Crocodile Dundish s’envolent déjà. La plaine du Château est noire de monde, et pour capturer quelques clichés, il faut slalomer à travers une foule compacte — l’espace photographe, hélas, devenu impraticable. Qu’importe. À quelques pas de là, Gustave Brass Band, originaire de Gembloux, donne de la voix (et surtout des cuivres). Inspirés par des références comme Meute, Too Many Zooz ou encore Lucky Chops, ces musiciens belges mêlent jazz, rock, électro et rap dans un tourbillon festif qui fait taper du pied, même à distance. Quelques plans capturés pour le TikTok de Fanie (confestmag3), et on file déjà vers la Guinguette. Monsieur Nicolas ou l’art d’enchanter les enfants (et les grands) Place à la magie avec Monsieur Nicolas, véritable héros des tout-petits, qui propose un spectacle coloré et interactif autour du personnage de Monsieur Non-Non. Porté par des bulles de savon géantes, des histoires peuplées de monstres, de dinosaures et de princesses, le concert invite à chanter, danser, rugir et rêver. Un moment suspendu dans le temps, partagé avec un public familial conquis. Noé Preszow : la chanson rock dans toute sa sincérité Direction la Prairie pour retrouver Noé Preszow (à prononcer Prèchov, on le rappelle !). Après un premier album prometteur, son second opus sorti en janvier confirme sa stature d’étoile montante de la chanson rock francophone. Présent sur toutes les scènes, de la Cigale à l’Olympia, Noé a offert à LaSemo un set puissant, rock, sincère, empreint d’émotion, digne de ses prestations au Botanique ou à Forest National. Une montée en puissance maîtrisée, sans fioritures, avec une proximité qui touche. Les Ogres de Barback x La Rue Ketanou : quand deux mondes se rencontrent Retour sur la plaine du Château pour une collaboration exceptionnelle : Les Ogres de Barback et La Rue Ketanou unissent leurs forces dans un concert humaniste et enflammé. Les rythmes se croisent, les voix se répondent, les pieds dansent. Les fans de chanson réaliste et de musiques festives y trouvent leur bonheur dans un spectacle vivant et fédérateur. Le cruel choix entre Coline Blf et Vendredi sur Mer Comme souvent dans les festivals, les horaires se chevauchent. D’un côté, Coline Blf, pépite namuroise de la bedroom pop francophone ; de l’autre, Vendredi Sur Mer, sirène suisse à la poésie sensuelle et visuelle. Difficile de choisir… alors on s’imprègne de deux ambiances.Coline, solaire et engagée, raconte ses mélancolies pop et son écologie du quotidien avec douceur et intelligence.Charline Mignot, alias Vendredi Sur Mer, elle, enveloppe la plaine dans des draps blancs et des rêveries électroniques — décor minimal, effet maximal. Son public est conquis. Santa : la diva électrisante du festival Et puis il y a Santa. L’attente est longue, les fans sont là depuis des heures, mais quelle claque. Dès les premières secondes, suspendue tête en bas dans les airs, bras écartés comme le T à l’envers entre le le « n » & le « a », Santa donne le ton. Show millimétré, pyrotechnie, piano volant, reprise hallucinante de Johnny Hallyday… Tout y est.L’ex-chanteuse de Hyphen Hyphen, désormais étoile solo de la néo-variété, livre un concert d’une intensité rare, aussi visuel que vocal. Elle descend dans le public saluer les enfants, elle vibre avec nous, elle nous prend au cœur. Pour nous, pour Fanie et moi, c’est LE coup de cœur absolu du week-end. Et visiblement, nous ne sommes pas les seuls : le public est unanime. Acid Arab et Zar Electrik : la transe comme dernier souffle L’émotion redescend doucement. On s’offre une pause en douceur mais pleine d’énergie avec Acid Arab, pionniers de l’électro-orientale française, qui emmènent la plaine dans un voyage entre beats et traditions.Puis, dernier détour par la Guinguette pour savourer les derniers instants de Zar Electrik. Leurs rythmes gnaouis, subsahariens, mystiques, emportent le corps et l’esprit. Un ultime blind test pour se défier une dernière fois… et une dernière boisson pour claquer nos « pépettes » restantes. MC Solaar : l’adieu magistral 22h30. Il fait nuit, mais la scène s’illumine pour l’un des monuments du rap français : MC Solaar. Accompagné de Bambi Cruz, de la chanteuse Linda et d’une équipe de musiciens chevronnés, Claude M’Barali déroule ses classiques.« Qui sème le vent récolte le tempo », « Bouge de là », « Victime de la mode », « Cinéma »… le public, toutes générations confondues, chante chaque mot. Il glisse aussi ses titres plus récents comme « Dingue » et « Maître de Cérémonie », avant un rappel de trois morceaux qui prolonge la magie jusqu’à minuit passé.Un final somptueux, à l’image d’un festival qui aura tenu toutes ses promesses. En réponse à un article que j’ai lu, mais dont j’ai oublié le nom du magazine ou journal : Il y avait du « Belge » et du bon « Belge ». Les dernières photos d’ambiance Merci LaSemo ! Trois jours de musique, de partages, de découvertes, d’amitiés, d’émotions. Cette 18e édition fut lumineuse, intense, joyeuse, pleine de surprises. Une réussite saluée par les festivaliers comme par les organisateurs. Avec plus de 50.000 festivaliers et quatre journées pleines de nouveautés, le festival continue de s’améliorer en écoutant son public. Le tout sous une météo bénie, qui a permis à chacun de respirer, danser, rêver. LaSeMo 2025 s’achève en beauté, et déjà on a hâte d’y revenir. Merci à tous les artistes, aux bénévoles, aux festivaliers.Et merci à Feu Chatterton, Mika, Charles, Santa, Colline BLF, Noé Presow, à MC Solaar… Et à tous ceux qui nous ont fait danser, chanter, vibrer. On a aimé. On reviendra. À noter pour ne pas rater la prochaine édition : Les tickets pour LaSemo 2026 sont déjà en vente ! Et en attendant l’été prochain :Cet hiver, la magie continue avec « Le Cabaret Secret », un tout nouveau
Samedi à LaSemo : batteries faibles mais ambiance survoltée

Confestmag a poursuivi sa mission au front du Festival LaSemo ce samedi, armé de son appareil photo, d’un stylo (virtuel) et… de beaucoup de sueur. Car oui, votre serviteur s’est élancé sur le terrain tel un soldat motivé, prêt à capturer les premiers concerts… avant de réaliser qu’il avait oublié ses cartouches. Traduisez : les batteries de l’appareil photo, restées bien au chaud sur leur socle de charge. On a vu plus efficace comme opération commando. Retour express à la base (maison), sprint héroïque entre les stands et les poussettes, et me voilà de nouveau sur le champ de bataille, appareil rechargé et objectif prêt à dégainer sur COLT, ce duo belgo-pop qu’on ne présente plus. Ex-Coline & Toitoine, désormais entourés d’un mini-ensemble de cuivres, ils ont littéralement fait danser le public comme un seul homme. Electro-pop, sourires et ferveur collective : LaSemo avait démarré fort. Fanie aux stories, moi dans la sueur Ma coéquipière Fanie, elle, poursuivait sa mission de résumer le festival en deux minutes chrono sur Instagram et TikTok. On débute tout juste ce terrain social, alors un peu d’indulgence pour la jeune pousse, mais beaucoup d’énergie et d’envie pour vous faire vivre LaSemo de l’intérieur ! À la Guinguette, l’ambiance se veut résolument familiale avec Antoine Armedan, artiste local très aimé. Des enfants accrochés aux barrières comme à un manège, un public chantant à l’unisson, et ce petit accent « belgitude » qu’on adore. Ce troubadour à vélo (tournée zéro carbone, s’il vous plaît !) mérite vos oreilles et vos playlists. Tambour, chaises et coups de cœur Direction la Prairie pour découvrir Tambour Tambour, le projet collaboratif fou et poétique de Barcella, Ordœuvre et Syrano. Entre slam, humanité et fougue, les trois artistes ont même invité le public… sur des chaises. Oui oui. Et l’émotion était au rendez-vous. Retour éclair à la Guinguette pour un blind test digne des plus grandes récréations wallonnes. Bière à flot, bonne humeur au top, et toujours cette belle énergie collective. Petite pause culinaire dans un stand grec (oui, les pépètes du festival s’évaporent plus vite qu’une pression au soleil), puis direction Warhaus. Warhaus, Uwase, Ochoa : la playlist voyageuse Maarten Devoldere alias Warhaus nous a offert un concert à la hauteur de sa réputation : feutré, intense, presque mystique. Un moment suspendu dans le tumulte des food trucks et des familles en file indienne pour un gyros, un plat exotique, des pâtes… La douce surprise suivante s’appelle Uwase. Indie pop bruxelloise servie par une énergie tranquille, entourée d’une batteuse déchaînée et d’une guitariste bien ancrée. Un trio qui nous a doucement soufflé dans les oreilles comme une brise fraîche dans la fournaise. Changement radical de décor à la Prairie avec le cowboy cubain Eliades Ochoa. Boléros, guajiras et sones traditionnels ont fait valser le public dans une ambiance délicieusement rétro. Les palmiers virtuels étaient de sortie. Une glace, une chenille, et du rock bien affûté Pause glace à la Fleur de Lait (venue de Wépion, c’est dire le sérieux de l’affaire), puis… retour à la Guinguette pour le blind test le plus fou de Belgique : entre chenilles improvisées et un dj déchainé qui hurle du Dalida ou du Cloclo, on atteint un sommet de convivialité. Mais place aux choses sérieuses avec Ghinzu, le couteau suisse du rock belge. Scène pleine, riffs tranchants, et fans en transe venus fêter les 20 ans de l’album Blow. Le groupe n’a rien perdu de son tranchant — et ce n’est pas une métaphore gratuite. Le Burger qui vous fait fondre (sans frites) Petite honte personnelle : je ne connaissais pas Alex Burger, mais je ne l’oublierai plus. Cet amoureux de country-rock a charmé la Guinguette avec sa voix rugueuse et son énergie généreuse. Le genre d’artiste pour qui on reste debout, sourire aux lèvres, à la tombée du jour. Et pour clore ce marathon musical : Irène Drésel, reine électro aux bouquets fleuris et aux beats puissants. Une scénographie soignée, un son qui tape sans brutaliser, et un public conquis pour ce dernier souffle d’une journée bien remplie. Ah oui désolé pour Parov Stelar, mais la prairie était plus proche de la maison et le bon sens demandait un repos mérité. En route pour le dimanche ! Les pieds sont lourds, les bras cramés, les cartes SD pleines et les coeurs légers. Le samedi fut riche, éclaté, émouvant et parfois transpirant, mais c’est bien pour ça qu’on aime LaSemo. On vous prépare déjà le résumé du dimanche… s’il nous reste encore un peu d’énergie. En attendant, pour les images et la vibe :📱 TikTok & Instagram → Confestmag3 pour Tik-tok & Confestmag pour Instagram🌐 Toutes infos pratiques : www.LaSeMo.be Quelques photos d’ambiance
LaSemo 2025 : une première journée pleine de surprises, de feu et de guinguette !

Textes et photos Braeckman Fabian Confestmag a chaussé ses baskets de festival pour couvrir LaSemo ce week-end du 11 au 13 juillet, à Enghien. Oui, on y est, entre pelouses, guinguettes, scènes fleuries, ambiance bucolique et artistes qui font vibrer les arbres (et nos tympans). Jeudi soir : l’échauffement nostalgiqueAvant de plonger dans le vif du son, le jeudi a permis aux campeurs et aux fans invétérés de sosies (Johnny, Claude François, Annie Cordy… que des légendes !) de s’échauffer vocalement. Le Jardin d’Hiver proposait quant à lui un florilège de mini-spectacles de rue et autres animations décalées. Mention spéciale au « bivouac du journalisme » : parce que parler d’info, c’est aussi en faire… au calme, sous une tente. Vendredi : les choses sérieuses commencentPour cette première journée officielle, ma fidèle assistante Fanie et moi-même avons posé nos valises créatives entre la Guinguette, la Scène de la Prairie et celle, majestueuse, du Château. Tandis que Fanie capturait l’instant pour nos réseaux (Instagram & TikTok @Confestmag), je me chargeais de couvrir photographiquement les concerts et l’ambiance. Et on n’a pas été déçus. NKEY : la claque soul-hip-hop du jourPremière belle découverte : NKEY, jeune artiste belgo-haïtienne, nous a pris par surprise à la Guinguette. Des textes sincères, des influences variées – soul, RnB, jazz, hip-hop – et une vraie aisance scénique. Lauréate de Liège’s Got Talent et accompagnée par le Studio des Variétés, elle a montré qu’elle n’était pas là pour faire de la figuration. Ben Mazué : savane, slam et douceur inattendueDirection la scène du Château, transformée en jungle de plantes vertes pour accueillir Ben Mazué. J’avoue : je m’attendais à tout, sauf à lui. Mais la surprise fut douce. Ce poète-scène, prix SACEM des découvertes en 2006, nous a offert un concert touchant, profond, et magnifiquement orchestré. Décor « savanesque », chœurs à l’abri des palmiers, public conquis. À surveiller sur les autres festivals de l’été. Lovelace vs Charles : un duel horaire cruelPetit regret du jour : ne pas avoir pu entendre Lovelace, la voix délicate du duo avec Saule (« Petit Cœur »). Pourquoi ? Parce qu’en face, Charles (aka Charlotte Foret, voisine de Braine-le-Château et ex-gagnante de The Voice Belgique) montait sur la Scène de la Prairie. Résultat : la plaine s’est vidée d’un côté pour se remplir instantanément de l’autre. Charles a offert un show électrisant, et le public n’a pas boudé son plaisir. Message à l’orga : l’an prochain, un meilleur créneau pour Lovelace ? Merci pour elle. Feu! Chatterton : le coup de foudre poétiqueRetour derrière le Château pour mon éternel coup de cœur : Feu! Chatterton. Mélange brûlant de rock, poésie et fièvre scénique, le groupe français mené par Arnaud Teboul a transporté le public. Chaque riff, chaque geste, chaque mot était savamment posé. Même les abeilles semblaient danser. Ce concert fut un moment suspendu dans le temps, de ceux qu’on garde longtemps dans le cœur. TUKAN : le groove bruxellois en pleine formeSur la Scène de la Prairie, les amateurs de sons analogiques et puissants ont été servis avec TUKAN. Ce quatuor bruxellois propose une fusion jazzy-électro inspirée de Tortoise ou BadBadNotGood. Le public a été happé dans un groove envoûtant. Une vraie claque sonore. The Haze : la Guinguette en ébullitionRetour à la Guinguette pour The Haze, duo explosif composé du producteur Maximilian De Vos et de la chanteuse-flûtiste Stéphanie Bertrand. Entre fond jazz, passion hip-hop et une envie viscérale de faire danser la foule : pari réussi. La Guinguette était bouillante, et ce n’était pas juste à cause des bières. Mika : la popstar fait fondre la plaineIl arrive avec un léger retard, mais on lui pardonne tout. Mika, star interplanétaire et roi du « feel-good », débarque en ange scintillant. Hits en rafale, énergie contagieuse, déhanchés assumés, tenues qui tombent une à une : le public est en feu, mais les fontaines d’eau et de bière veillent. Un gros cachet pour une grosse prestation : Mika clôture cette première journée avec panache. À suivre…Deux jours de festival encore au programme, et si le reste est à l’image de ce vendredi, on va manquer de superlatifs. Les autres photos arrivent bientôt, et nous, on repart en immersion pour ne rien rater de la suite. Rendez-vous sur www.LaSemo.be pour les infos pratiques, et sur les réseaux de @Confestmag, pour tik-tok c’est Confestmag3 pour vivre le festival en temps (presque) réel. Photos d’ambiance vendredi
Le Belgofest enchante un public conquis.

Pour sa première édition, le futur ex nouveau festival ayant pris la place de l’Inc’Rock a visé juste en alignant un line-up 100% national. Côté assistance, on était certes loin de l’affluence de Werchter ou des Ardentes, mais le public qui avait opté pour l’infrastructure bien plus cosy d’Incourt ne l’a pas regretté. Deux scènes à dimensions humaines (comprenez qu’il ne fallait pas une lance téléscopique comme à Liège pour voir les planches du premier rang), des artistes généreux et communicatifs, une mise en place à la hauteur (pas de files interminables à l’entrée, des parkings proches, des bénévoles souriants et de bonne volonté…), tout ou presque était réuni pour fêter l’anniversaire de l’organisation locale. On notera juste quelques percées d’une pluie à peine gênante, mais pas répulsive non plus. Et puis cette petite pilule difficile à avaler, celle de l’adieu car le concept a beau avoir ravi les personnes présentes, le contexte économique actuel n’est pas vraiment au beau fixe pour les festivals de moyenne importance. Du coup, cette première était aussi… une dernière. Un one shoot donc, mais qui a fait mouche, grâce notamment à un ambianceur hors pair, Dj Didjé, alias Oli Soquette, qui n’est autre que le chanteur du groupe les Gauff’ que beaucoup connaissent pour les titres aux noms révélateurs de « Vamos à Salou », « Les courses akora », « Helle » ou encore « Toutes des wasses ». Au fait, pour les nostalgiques, mais aussi pour ceux qui aimeraient passer un bon moment de fous rires et de karaoké déjanté, le groupe effectuera sa tournée d’adieu en 2026. Ce 05 juillet, ce n’est toutefois pas avec Willy, Patrick, Pol et Marcel qu’Olivier avait effectué le déplacement dans le BW, loin des travées de Sclessin, mais bien seul avec son maillot des Diables, son short coupé façon maison, et sa casquette empruntée aux cyclistes de l’immédiat après-guerre. Au programme, un set exclusivement composé d’artistes du plat pays, non pas mixé méthode scratch Benny B (non, cela c’était pour clôturer la session, avec Daddy K), mais accompagné de quelques commentaires et anecdotes façon Georges Lang à la sauce liégeoise. Dans la set-list tricolore, Annie Cordy, Adamo, Confetti’s, mais aussi Sandra Kim, la seule à nous avoir ramené le trophée de l’Eurovision, le Grand Jojo, Lou Deprijk, Machiavel, Frédéric François, Claude Barzotti ou encore Ubaldo et sa valse des boulangers. Il faut dire que la Belgique compte beaucoup de talents au kilomètre carré, sans pour autant se prendre le chou. On a beau se trouver dans le BW, on peut la faire la fête comme partout ailleurs, chenille comprise. Enfin, on appelle plutôt cela une farandole ici. Les plus jeunes apprécient, les nettement moins jeunes aussi d’ailleurs… C’est donc un public déjà bien chaud qui se déplace de quelques pas à peine pour aller prendre place face à l’autre scène, celle qui verra l’envoutante Typh Barrow sortir enfin de la tanière qu’elle occupe depuis quelques mois. La chanteuse s’est en effet montrée très discrète depuis un certain temps, mais elle dispose de la meilleure des circonstances atténuantes puisqu’elle peaufine son prochain opus. Du coup, c’est dans une composition pour le moins épurée, Typh étant seule derrière son piano, que la Bruxelloise propose un extrait de son répertoire. C’est un peu moins enjoué qu’à son habitude, normal vu le contexte expliqué, mais tout aussi mélodieux et efficace. Sourire désarmant, jeu virtuose, voix posée, Typh fait planer ses mélodies à travers les airs comme si elle n’avait jamais cessé de répéter cette scène. Même sur les morceaux des autres, ces covers qui ont participé à la reconnaissance, il est vrai, Typh Barrow frappe juste. Cette fois, c’est l’incontournable slow des Eagles qui devient son doudou de la soirée. Enfin, pas vraiment de la soirée car la chanteuse/pianiste livre en aparté que ce morceau a rapidement fait partie de ses préférés car parmi les paroles figure le prénom Tiffany. Début calme de cet « Hôtel California » qui va inexorablement bercer dans l’univers jazzy cher à mademoiselle Barrow. Nous sommes rassurés, Typh a toujours ce grain caractéristique et cette douce folie d’interprétation qui font la différence. L’assistance est subjuguée. Il n’en faut pas plus pour qu’elle reprenne en chœur les refrains les plus marquants comme celui de « Taboo » ou du planant « Aloha ». Il faut en profiter car elle se fera rare encore un petit temps, celui qui la sépare de la sortie de ce nouvel album qu’elle défendra sur scène, mais pas avant la saison prochaine, vous vous en doutez. Moment complice, exquis, où le temps se pose l’espace d’une seconde. Mais toute bonne chose a une fin, comme cette prestation qui mène toutefois à une autre forme de musique, plus pop, plus rock même, celle du groupe Suarez. Marc Pinilla se montre taquin dès la balance. Il faut dire que le Montois est l’un des artistes qui a gardé le plus de connexions avec son public, ce qui le place dans le groupe de tête des chouchous de l’assistance. Avec ses acolytes habituels, Maxim, Pata, David et l’incontournable Dada, reconnaissable à sa chevelure proéminente, il fait mouche à chaque sortie, et celle-ci ne va pas déroger à la règle. Même dame nature montre son intérêt pour le show, en arrosant l’assistance de quelques gouttes dès les premières notes. Une alerte qui aura juste l’intérêt d’attirer l’attention du chanteur qui va donner de sa personne en descendant de scène pour aller jouer sur l’esplanade, au sein d’une foule aussi admirative qu’étonnée. Et oui, Marc n’hésite pas à mouiller le maillot. Il sortira d’ailleurs des planches en sueurs, montrant qu’artiste de variété n’est pas une profession de tout repos. Suarez a beau tarder à sortir un nouvel album (la dernière version studio, Vivant, date de 2020), ses airs les plus connus restent dans les têtes, comme on peut l’entendre lors de la reprise des refrains. Et puis, tant qu’on y est, le groupe en profite pour glisser ci et là ses dernières compositions originales, les singles « La vie devant » et « Amours chiennes ». C’est frais, léger, dansant … c’est
Retour sur Rock en Scène 2024, un cru divin.

Photos et texte Melanie Lhote Envoyée spéciale Melanie Lhote photographe pour Confestmag. Archive Aout Été 2024. Je me présente pour photographier cette édition, qui sera aussi mon premier Rock en Seine. Un festival rempli de riches découvertes musicale connues et moins connues, qui m’a plus d’une fois fait rêver avec une affiche toujours des plus alléchantes.Cette fois, non seulement j’allais à Rock en Seine, mais surtout avec dans ma besace, mes appareils photos pour immortaliser tout ça ! Je foule donc l’espace Rock en Seine, facilement accessible depuis Paris centre & sa banlieue en RER et métros, le lieu est correctement desservi et le tout très bien organisé. Ce festival est une aubaine pour les Parisiens, c’est une évidence, mais pas que ! Venir de province est tout aussi tentant, et la bonne gestion des lieux en fait un festival fiable qui propose toujours de belles affiches. Cet été là, munie d’un pass photo sans accès crash barrière, j’ai choisi de… faire des choix ! Afin d’être correctement placée pour certains artistes et groupes pour me donner la possibilité d’avoir le type de photos que j’espérais. J’ai donc aussi fait des sacrifices pour d’autres artistes qui m’interessaient également. Il faut dire qu’on a envie d’aller faire trainer ses oreilles et ses yeux un peu partout. Le premier jour commence fort avec un public porteur de petites marguerites blanches & de noeuds dans les cheveux, des lunettes en formes de coeur. Pas de doute sur le public, Lana Del Rey foulera bientôt cette scène ce soir. Les gens sont heureux, pressés, en ébullition. Rori ouvrira le festival, la jeune Belge saura emporter le public, c’était émouvant de la voir se produire sur la grande scène, qui ne semblait pas trop grande pour la jeune artiste. La Belgique aura tapé fort dès l’ouverture, avec une présence scénique et une musique allant dans l’énergie espérée. S’en suivra Pomme, qui est une artiste qui m’a toujours énormément touché, avec sa voix incroyable, au timbre si doux qu’elle manie des aigus aux graves avec précision, et à l’univers poétique & mélancolique. Le décor était planté, un paysage de champignons dans lequel la douce sorcière vient nous partager les peines de l’âme et en profite pour porter des messages forts. Lana Del Rey s’avance, acclamée telle une déesse. Elle proposera un show abouti, avec des danseurs, des chorégraphies, une scénographie, à la hauteur de l’espérance des fans, dont certains étaient présents depuis la veille au soir afin d’être au plus près de leur idole. Il était difficile de sortir des photos au milieu d’une foule en ébullition. Et ça n’est pas la seule fois ou la tâche m’aura été compliquée ahah ! Le lendemain, je sais que je pars découvrir un groupe qui avait retenu mon attention à l’Eurovision, dont l’ampleur prise au fil du temps n’a fait que grandir. Ma curiosité à vif, c’est encore au niveau de la grande scène que j’ai passé ma journée. Last Dinner Party que je ne connaissais pas du tout aura été une belle surprise musicale tout en étant interessantes à photographier. Cette journée commença sous les meilleurs auspices. Un ami m’avait chaleureusement parlé de The Hives, pour leur jeu de scène incroyable.. et il avait absolument raison! L’ambiance était festive, les artistes ne tenaient pas en place, je n’ai pas compté le nombre de jumps, jambes en l’air ou de micros volants lors de ce concert, le tout dans un rock entrainant. Je crois qu’ils correspondent en tout points à ce qu’on peut imaginer aller découvrir lors d’un festival de Rock. Maneskin sont quand à eux une tornade d’énergie, d’un autre type de rock, plus gras et plus osé, sans limites. Ça sent la fougue, la liberté, et ça envoi du lourd. Tant musicalement que visuellement parlant, aucun doute, nous sommes bien face à un ovni du rock actuel, qu’ils savent assumer et représenter. De nombreux fans ont pu clore le concert sur scène avec les artistes, dans une danse générale autour des musiciens… Je revenais tellement ravie d’avoir enfin découvert Maneskin, et en ayant tellement hâte de travailler mes photos..! Le 23 aura été une journée ou je suis d’avantage allée me promener afin de profiter de ce qu’offrait le festival en terme de nourriture et d’activités ludiques en supplément des concerts. Je me suis faite maquiller, j’ai été couverte de tatouages, de paillettes, j’ai pu prendre des photos souvenirs ici et là (avec moi dessus ahah), pédaler sur un vélo pour blinder mon propre smoothie, jouer à des jeux pour obtenir des cadeaux (bonbons, sac banane jaune flashy, mediator, éventail…Malheureusement je n’ai pas gagné les billets d’avion !!); m’adonner à un playback avec une simulation de mise en scène comme si j’étais en studio avec guitare et micro… Honnêtement j’ai passé une super journée. Ce jour là les groupes m’intéressaient moins mais je ne me suis pas ennuyée une seconde pour autant tellement le festival est riche d’activités disponibles (et gratuites!). Et encore ! Je n’ai pas eu le temps de faire du toboggan ni de passer au relooking. Dommage ^^ .Les frites, les mochis étaient délicieux, et de nombreux stands donnaient très envie. Il est également possible de passer la journée à manger tout types de bonnes choses, les plus gourmands (et gourmets!) seront conquis.J’ai terminé ce 23 par Fred Again, de loin mais j’étais tout de même satisfaite. Le nombre de batteries et le jeu des musiciens étaient sidérants. Je n’ai pas été déçue par l’expérience live et la découverte. Le public était, comme toujours, absorbé et joyeux. Après une journée plutôt off musicalement parlant, et qui fera un peu office de pause durant ce marathon de concerts (et de photos!), me voilà qui entâme la journée du 24. Avec The Kills, The Offspring, et Massive Attack annoncés sur la grande scène, je savais à nouveau ou j’allais passer la journée. J’attendais les groupes de pieds fermes, absolument excitée. Quelque peu surprise cependant par les pogos lors de The Offspring, je pense avoir avoir manqué de recul
De Toulouse à Esch-sur-Alzette, mais avec un crochet par Mexico.

Claude Nougaro l’a chantée avec tant de poésie, cette ville rose d’où proviennent les frérots Ordonnez, Florian et Olivio, plus connus sous le patronyme de Bigflo et Oli. Cette place forte de la chanson française (JP Mader, Art Mengo, Ringo ou encore Pauline Ester en sont issus également), c’est bien sûr Toulouse. C’est donc un petit accent du Sud-Ouest qui débarqua sur les hauteurs de Esch avec le show toujours attendu de ce duo qui égaye les ondes depuis maintenant une dizaine d’années. Et oui, c’est en 2015 que Bigflo et Oli sortent leur premier album, « La Cour des grands ». Depuis lors, ils collectionnent les récompenses (dont 6 NRJ Music Awards) et les reconnaissances du public (disques d’or, de diamant, de platine…), mais ont aussi obtenu une décoration très prisée, la distinction de Chevaliers de l’ordre des Arts et des Lettres. Leurs paroles sont en effet travaillées, racontant des histoires de la vie quotidienne dans lesquelles beaucoup se reconnaissent, loin donc du flux d’insanités balancé par certains rappeurs « new generation ». Leur énergie, leur flow, et toutes ces petites attentions qu’ils accordent à leur public ont encore frappé au bon endroit, celui qui nous emmène hors des tracas de ce quotidien poétisé juste assez pour nous permettre d’y voir les rayons de soleil nécessaires sans fondre sous une chaleur torride. Et pourtant, les frèrots vont nous emmener jusqu’à Mexico, une mégalopole où la pollution atteint des sommets, et où l’astre solaire tape très (trop) fort parfois. Les billets d’avion ne sont pas inclus, mais le rythme de ce « Mexico en janvier », la dernière composition en date, fait presqu’illusion. Sans quitter le territoire luxembourgeois, le public a vibré et s’est offert une parenthèse dorée. N’est-ce pas là le but recherché par les festivaliers ? L’escapade vous tente ? Il faudra alors vous procurer un sésame pour le Dour festival, seule date belge de cette tournée d’été (19 juillet) ou faire un saut de puce jusqu’à la frontière française vu que le 14 août, Bigflo et Oli seront au Cabaret Vert (Charleville-Mézières) Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.