Onze longues années c’est le temps qu’il aura fallu à Tom Barman pour sortir du placard son groupe de légende « Deus », et à un certain moment on a même pensé que l’avant-dernier album en date, « Following Sea » avait donné des idées à nos compatriotes et qu’ils avaient fini par prendre le large pour de bon, même si le silence radio ne fut pas vraiment de mise vu qu’en 2014, le groupe sortait le compilation « Selected Songs », avant de repartir 5 années plus tard en tournée afin de commémorer comme il se doit les 20 ans de l’album de légende « The Ideal Crash », renfermant le morceau culte « Instant Street ».

« Must Have Been New » est par conséquent le single qui marque le retour du groupe, avec également un nouvel opus sous les bras « How to replace it « , et dès les premières notes on retrouve la marque de fabrique de ce que le groupe anversois sait faire de mieux, avec bien entendu cette voix éraillée de Tom Barman qui est propre à Deus et qui en a fait sa marque de fabrique, de sorte que l’auditeur a la sensation de ne pas avoir été déconnecté de son groupe favori depuis tant d’années, avec également une belle surprise à la clé, vu que cette fois c’est bien certifié, ce nouvel album marque également le retour du guitariste Mauro Pawlowski après que ce dernier l’ait quitté en 2017, et bien entendu il sera de retour sur scène pour l’occasion vu qu’il a participé activement à l’ébauche du nouvel effort musical de Deus. Pour expliquer ce long silence, Deus évoque le fait que les deux précédents albums s’étaient enchaînés assez rapidement, de sorte que le chanteur leader avait envie de quitter temporairement cette grosse machine que constitue Deus pour revenir avec d’autres projets qui ne demandent pas la mise en chantier d’une artillerie lourde, et il est fort possible que sans le savoir vous avez pu glisser dans vos playlists des morceaux fleurant bons le jazz que l’on doit au génie de Taxiwars et que Tom Barman est également le leader de ce groupe qui ne va pas se dissoudre que du contraire avec le retour sur le devant de la scène de Deus, et qui jusqu’ici à signé trois albums à savoir Taxiwars, Fever et Artificial Horizon, sans oublier également le projet « Magnus », auquel Tom Barman a également participé. Il ne faut cependant pas croire que Tom Barman est le seul fautif dans l’histoire qui est à l’origine d’une si longue absence car le batteur Stéphane Misseghers s’est également lancé dans la production d’une multitude d’albums dont Stake, Critical Method et Absynthe Minded.

L’envie de revenir avec Deus est tout simplement revenue avec le ras-le-bol du groupe de s’épancher sur la même Setlist performée depuis des années et il était donc plus que temps de redonner une forte impulsion à l’envie de créer, avec l’objectif de revenir avec un son plus cru et des petites imperfection que l’on ne gommerait surtout pas au mixage, et pour rechercher l’inspiration Tom Barman s’est livré avec ses musiciens à des Jams Sessions au cours desquelles l’improvisation est de mise afin de trouver des débuts de pistes de travail, avec un retour à ses débuts pour Tom Barman qui a amené sur la table une bonne partie du contenu à donner à ce nouvel album, et pour les musiciens il suffisait simplement de se greffer dessus pour suite voulue. Si cette organisation bien huilée laisserait à penser qu’il s’agit d’un enregistrement sans douleur, ce n’est pas vraiment le cas car au moment de revenir aux affaires avec Deus, Tom Barman traversait un épisode ombrageux dans sa vie personnelle marquée par une rupture douloureuse, un fil rouge que l’on retrouve aussi pour l’album phare The Ideal Crash sauf qu’au moment de la création de ce dernier, Tom Barman était plus jeune et par conséquent il avait mieux vécu sa séparation amoureuse, ce qui n’est pas le cas ici vu que cette dernière a laissé chez lui de profondes traces indélébiles.

Tout comme le précédent opus, on trouve sur le dernier en date une chanson en français qui s’intitule « Le Blues Polaire », un morceau qui a demandé pas mal de sessions de travail car Tom Barman est un grand perfectionniste et il ne voulait pas refaire un « Quatre Mains » bis, qui est en fait la chanson qui ouvrait l’album « Following Sea », et en plus il trouvait que cela sonnait un peu trop Gainsbarre et même si l’on peut rendre hommage à l’un des génies de la chanson francophone, pas besoin pour cela de l’imiter. Pour inclure une chanson en néerlandais dans un album, voire enregistrer tout un disque dans la seconde langue nationale du pays, le groupe ne se sent pas encore prêt, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y songe pas.

Dépouillé de nouvelles idées artistiques comme celles consistant à ajouter des arrangements symphoniques, marqué par une légèreté, une frivolité, du rythme et de la spontanéité avec l’idée conductrice de ne pas refaire deux fois le même album, fidèle à son identité d’origine et à sa propre personnalité, leur permettant par conséquent de conserver une fan base, Deus revient avec l’un des meilleurs albums de ce début d’année et marque ainsi son retour réussi, pour ne pas dire gagnant, prouvant ainsi que la place au sein de la chanson made in Belgium est bien méritée et surtout reste assurée.

CHRISTOPHE COCU (237)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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