Thiéfaine, le géographe du vide ! :

Thiéfaine, le géographe du vide ! :

On peut avoir vendu quatre millions d’albums et prendre son temps pour ciseler de nouveaux textes à la manière de Félix-Hubert Thiéfaine qui revient en ce 8 octobre avec un nouvel album « Géographie du vide » renfermant des textes qui ont été ébauchés voici déjà cinq à six ans à l’occasion de la tournée « Vixi Tour », mais il faut dire aussi que l’artiste est un assoiffé de tournées vu qu’il n’hésite pas à s’embarquer comme ce fut le cas pour la dernière en date pendant deux années de sa vie, en ayant le génie de renouveler ce qu’il va présenter à son public pour éviter de refaire la même chose à chaque fois, tout en trouvant encore le temps d’aller mixer trois albums live, tout en accouchant de deux albums studios, « Suppléments de mensonges », que les Victoires de la Musique vont couronner d’un succès retentissant et « Stratégie de l’inespoir », alors dans ces conditions pas étonnant que l’artiste ne revienne qu’en ce 8 octobre avec du matériel sonore neuf, lui qui dès l’âge de 18 ans avait pris le pari de se lancer dans l’écriture, tout en n’ayant jamais nourri son esprit de grands classiques littéraires lorsqu’il était encore étudiant, laissant au temps au temps de rattraper les années de perdition, tout en s’acharnant à meubler à nouveau son esprit de saines lectures qui ne cesseront jamais de l’inspirer. Ses propres compositions, il n’ose les imaginer même si ce n’est pas toujours chose aisée, sans une part de théâtralité et de goût pour la peinture, avec cette volonté incommensurable de décrire le beau mais pas dans une forme conventionnelle telle on pourrait l’entendre, mais surtout à travers une quête de vérité et d’originalité, se refusant à tout immobilisme. A travers ce nouvel album, les plus fidèles de l’artiste constateront également que l’aspect de la sonorité accompagnant ses nouveaux textes s’est à nouveau élargi et que cette géographie du vide fait écho au vide, à l’absence, aux abysses, aux chaos et aux cendres d’un monde perdu, certes pas très réjouissant si on se contente de lire ce papier, mais si riche intellectuellement et bénéfique pour l’esprit si on prend le temps de s’y attarder car c’est tout ce qui fait finalement le succès d’une chanson, à savoir sa visibilité sur la longueur et son aptitude à durer dans le temps et à enivrer nos sens. Bref, Thiéfaire demeure un grand poète du siècle dernier et de ce siècle, qu’il faut avoir lu et écouté.

CHRISTOPHE COCU (425)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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