Tears For Fears, les meilleurs ennemis ! :

Roland Orzabal et Curt Smith du groupe Tears for Fears à Paris le 17 fevrier 2022

Roland Orzabal et Curt Smith du groupe Tears for Fears à Paris le 17 fevrier 2022

Sans avoir fait exprès de coller de si prêt à la triste actualité du moment qui pousse l’URSS a entrer dans une guerre avec l’Ukraine, risquant ainsi de faire plonger le monde aux portes d’un nouveau conflit international, le groupe Tears for Fears (Des larmes pour les peurs), fait ainsi son grand retour après 18 longues années d’absence et une panoplie de querelles intempestives qui heureusement furent moins préjudiciables par rapport à ce que nous connaissons actuellement, car après les années Covid, voici l’année Twist again à Moscou, qui nous promet à nouveau 12 mois de folle ambiance. Formé de Roland Orzabal et Curt Smith, Tears for Fears est un des tandems les plus prestigieux de la pop synthétique ayant marqué toute une génération au sein des années 80’s, qui finira par sortir trois albums de référence qui font encore les beaux jours de l’édition musicale actuellement à savoir The Hunting, Songs from the Big Chair et The Seeds of love, avec des singles qu’ils vont aligner à la pelle au sommet des charts tels que Shout, Advice for the young at heart, Everybody wants to rule the world, The Seeds of Love, Mad World repris par Mylène Farmer en personne à l’occasion de sa tournée de 2013,bref le projet Tears for Fears est le plus beau des projets que l’on croit en orbite pour de longues années, mais c’était sans compter sur les conflits qui s’étendent entre Orzabal et Smith qui vont commencer à pencher lourd dans la balance et transformer le beau rêve en véritable bombe à retardement de sorte qu’Orzabal est même accusé d’avoir un comportement dominant envers son compatriote de tandem, Smith qui décidé dès lors de quitter le groupe après une tournée mondiale engrangée par le dernier album « The Seeds of Love », qui pour l’occasion porte on ne peut plus mal son titre car pour les deux artistes qui se lancent des « je t’aime, moi non plus « , et jouent au jeu du chat et de la souris, il n’est plus question de semer des graines d’amour, mais de se retirer sur la pointe des pieds, en laissant pour seul os à ronger au public, un best-of retraçant les courts mais brillants épisodes de leur carrière, avec un inédit Tears roll down, qui lui aussi veut tout dire, les larmes coulent !. On croit dès lors le concept Tears for Fears englouti avec la disparition du duo, mais c’est sans compter sur Orzabal qui décide de relancer l’affaire en reprenant seul la destinée du groupe, tandis que Curt Smith se lance dans des projets en solo. Dans sa quête de relancer le concept « Tears for Fears » en solo, Orzabal produira deux ans après la séparation du groupe, l’album « Elemental » suivi en 1995 d’un album concept, Raoul and the King of Spain, mais la sauce éprouve de grandes difficultés à s’émulsifier et il va falloir attendre les années 2000 pour qu’Orzabal et Smith finissent pas reprendre les techniques de négociation pour enfin revenir au tandem de départ, et il faudra patienter quatre longues années par la suite pour assister enfin à la sortie d’Everybody loves a Happy Ending, tout le monde aime une fin heureuse, preuve que le groupe n’a pas perdu son sens de l’humour, en dépit des conflits qui ont pu l’animer ces dernières années. Depuis se succèdent les compilations : Mad World the Collection, Everybody wants to rule the world : the collection, Rule the World : the greatest, bref pas très original au niveau des titres mais cela a au moins le mérite de faire redécouvrir et/ou découvrir ce que le duo de choc représente pour la pop anglaise, sans parler que leurs trois albums emblématiques vont avoir droit à des rééditions améliorées de superbes contenus. Avec toutes ces bonnes nouvelles qui se ramassent à la pelle, on croit enfin que le groupe est reparti comme à l’époque de ses heures glorieuses et heureuses, mais le succès du dernier album en commun est plus qu’anonyme et il faudra très vite lui trouver un successeur deux ans plus tard, mais l’acharnement des deux frères ennemis de la britpop à très vite retrouver les clés d’un tube à sortir va très vite enrayer la machine et le groupe décide d’arrêter les frais et cette fois la mort du cygne semble plus proche que jamais. Un après, Orzabal vit un drame personnel des suites de la disparition de sa compagne mais il s’est promis de poursuivre à nouveau l’aventure Tears for Fears en son nom propre et de tenter de sortir de nouvelles choses, tout en gardant à l’esprit de poursuivre en outre une carrière scénique, et du côté des relations avec Smith, là en revanche c’est toujours pareil, et à cet instant précis il faut bien commencer à se faire à l’idée que le projet Tears for Fears ne tiendra que par le concept en solo, et/ou disparaîtra de sa propre mort, car en 2019 le groupe qui s’était promis de tenter de se revoir à l’occasion de concerts qu’il aurait pu donner notamment en France, s’enfonce encore dans l’affrontement et la guerre semble être désormais bien entamée. Pourtant en musique, les miracles existent toujours et il faudra attendre des XXèmes retrouvailles entre le tandem qui nous surprend même à recomposer des morceaux acoustiques sans la pression des débuts, et nous concoctent un No Small Thing, qui deviendra dès le 7 octobre 2021, l’hymne d’une reformation inattendue, de laquelle bien entendu il ne faut plus attendre une superproduction de machines à tubes dès débuts, car les thèmes abordés dans ce nouvel opus « The Tipping Point », sont très sombres et ne seront jamais diffusés dans le plus beau cabaret du monde », et s’inspirent bien entendu du drame qu’à vécu Orzabal voici 5 ans entre autre, mais après tout peut importe , l’important c’est que le plaisir soit bien présent de retrouver Orzabal et Smith, dans une démarche d’écoute différente et plus profonde en souhaitant que cette fois la pacification soit enfin au rendez-vous pour de longues années encore pour que le tandem puisse raisonner encore longtemps dans nos vies !. Gageons que ce nouvel album (Point de chute), n’en soit pas une et qu’il solidifie au contraire les bases solides et inspirantes d’un brillant passé qui peut conduire à un bel avenir.

CHRISTOPHE COCU (542)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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