Simple Minds, vise en plein coeur ! :

Seuls rescapés de la formation de base, c’est en grande partie en Sicile et ce pour des questions liées à la pandémie, que Jim Kerr et Charlie Burchill ont mis la touche finale à leur dernier album « Direction of the Heart », qui a été produit avec la complicité de grands noms tels que Andy Wright (Massive Attack, Echo and The Bunnymen) et Gavin Goldberg (Simply Red, KT Tunstall). Pour le groupe, il était temps de coucher sur papier de nouveaux textes et ce quatre longues années après le succès considérable de leur avant-dernier opus « Walk Between Worlds », une évidence rendue possible également en raison du Covid-19 qui a empêché le groupe d’honorer l’ensemble des scènes qu’il s’était promis de fouler à l’occasion des 40 ans de Simple Minds, même si au cours de l’été dernier une tournée européenne a pu se mettre en place, qui a démarré en Allemagne, avec une bonne surprise à la clé vu que pour l’occasion le groupe avait lancé sur scène un nouveau titre « Vision Thing », qui reste bien dans la veine de tout ce que Simple Minds a pu proposer au public au cours des dernières années qui on ne se l’explique pas , n’ont pas toujours été couronnées du même succès qu’auparavant avec carrément un creux de la vague dans la décennie 1990/2000, une désaffection qui ne s’est pourtant jamais ressentie au sein de notre plat pays, vu que la Belgique a toujours continué à soutenir Simple Minds dans les bons comme les mauvais moments, un peu à l’image d’Indochine lorsque le groupe avait été lâché par de nombreux médias de leur propre pays, avant de revenir en force et remettre tout le monde d’accord avec l’album Paradize. Après les succès plus que d’estime des albums « Neapolis », « Neon Lights », « Cry » et « Black and White 050505 », il faudra attendre 2009 et l’album « Graffiti Soul », pour que le groupe retrouve enfin sa renommée de jadis, grâce notamment au single « Rockets », qui contribuera à positionner l’album dans les plus hautes sphères du hit-parade britannique, un score que Simple Minds n’avait plus atteint depuis la sortie de l’album « Good News From The Next World », qui remontait déjà à 1995. « Destination of The Heart », qui sort en ce mois d’Octobre est de très bonne facture et devrait contribuer à poursuivre la remise en selle du groupe, avec deux autres singles et futurs hits en puissance que sont « First You Jump » et « Act of Love », qui viennent renforcer le succès tonitruant de « Vision Thing », un single tout en puissance et savamment enlevé en dépit du but qu’il poursuit, vu qu’à la base il s’agit d’un titre hommage au père de Jim Kerr disparu en 2019. C’est d’ailleurs en passant pas mal de temps à son chevet, que Jim Kerr s’est retrouvé à Glasgow et plus particulièrement dans son quartier d’enfance qui a vu naître les débuts de Simple Minds, et c’est sans doute pour cela que l’on retrouve sur ce nouvel effort musical du groupe, la verve énergétique des débuts de sorte que l’on a l’impression à l’écoute du nouvel album que l’on assiste véritablement à la conception d’un « New Goldream 2.0 ». Outre l’hommage à un proche disparu, le groupe reste bien ancré dans son époque et parle de sujets tels que la crise climatique, le manque de communication, les murs qui se dressent tout en parvenant à enregistrer le titre « Act of Love », qui ouvrait l’ensemble des concerts donnés à Glasgow en 1977, mais qui étrangement n’avait jamais trouvé sa place sur un support physique de Simple Minds, mais comme Charlie Burchill adorait la mélodie, il n’en fallait pas plus pour décider le groupe a enfin franchir le pas avec des paroles qui ont été revues et corrigées vu qu’au départ il s’agissait surtout pour Simple Minds de déclarer son amour au groupe qu’il représentait, à la musique qu’il jouait, à une vie trépidante d’artiste qu’il menait, mais un bon paquet d’années après et même si le premier couplet a été conservé, il s’agit surtout d’une constatation de tout ce qui a déjà été dit ici plus haut, à savoir que l’on a beau avoir connu tous les succès et la meilleure réputation qu’il soit, un beau jour on peut tomber en état de disgrâce et se retrouver plus bas qu’à terre, et ce ne sont pas les années galère que le groupe a connu depuis 1995, qui viendront démentir la réactualisation de ce titre. Pour son retour, Simple Minds s’offre également un guest précieux en la personne de Ron Mael, l’une des moitiés du groupe Sparks qui vient rehausser de ses vocalises, le sublime « Human Traffic ». Avec de nouvelles compositions tubesques à la clé, Simple Minds démontre que les années eighties continuent à asseoir leur toute puissance et ce ne sont pas les retours programmés de Depeche Mode et de U2 en 2023 et la tournée sold-out des Cure et un retour imminent sur support physique, qui viendront démentir cet état de fait, même si une bonne réputation acquise de longue date ne fait pas tout. En résumé, on peut dire que « Direction of The Heart », est l’album à acquérir afin de passer de superbes vacances de Toussaint rallongées pour la première fois en Belgique.

CHRISTOPHE COCU (670)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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