L’Odyssée champignonnesque de Bjork ! :

Avec Fossora qui sort ces jours ci, Bjork met enfin un terme à un long break musical, mais nous avait quand même donné un avant-goût de son nouvel album, grâce aux singles Atopos, Ovule et Ancestress, un album que l’autrice décrit elle-même comme un champignon qui repose sur deux piliers principaux à savoir la clarinette basse et des basses lourdes incluant des rythmes apparentés à de la techno rapide. Pour celles et ceux qui se demandent encore l’origine du titre de l’album, il faut savoir que Fossora découle du latin Fossor qui signifie personne qui fouit, fouille, excave, chercher dans la terre, pour résumer celle qui creuse et on peut dire que toute la carrière de Bjork a été inspirée par de maintes recherches car non-seulement les albums de Bjork ne ressemblent à aucun autre, mais en plus l’artiste n’a jamais recherché la facilité avec la même envie de brouiller les pistes à chaque fois, tout en déroutant son public. Son inspiration pour ce dixième album serait à trouver dans les champignons, quand on vous disait que Bjork est à ranger définitivement dans la catégorie des artistes surréalistes et inclassables. Ceci étant dit l’album n’est pas que culinaire, vu que c’est également l’occasion pour l’artiste de rendre hommage à sa mère disparue en 2018, par le biais des deux titres que sont Ancestress et Her Mother’s House, tout en surfant sur la vague de la continuité de l’album précédent « Utopia », même si Bjork décrit Fossora comme une oeuvre plus terrestre. Pour faire la fête aux champignons, l’artiste a bien su s’entourer, vu qu’elle est accompagnée de ses enfants, qu’elle propose des duos en compagnie de Serpentwithfeet et Emilie Nicolas, sans oublier la chorale de Cornucopia , et au niveau de l’habillage musical, Bjork s’est offerte les services du Siggi String Quartet Ensemble, sans oublie la percussionniste Soraya Nayyar. En ce qui concerne la conception de l’album, le procédé est similaire aux oeuvres précédentes avec toujours cette idée de démarrer par un sentiment qu’elle va développer peu à eu en son. Pour Fossora, l’idée de départ était l’arrivée sur terre de la chanteuse tout en s’enfonçant les pieds dans la terre, sa façon de concevoir sa vie en plein confinement, identique à celle de 7 milliards de personnes qui n’ont pas manqué de prendre racine en restant des jours et des mois, isolées chez elle. Au niveau de l’écoute de cet album, il ne se fait pas facilement d’emblée car depuis 2OOO, ce qui compte pour elle c’est le concept et forcément la recherche d’une structure classique symbolisée pat un couplet et un refrain. Par contre au niveau de l’inspiration on est toujours en plein cycle de vitalité avec la présence de mutations musicales qui engendrent une poussée d’émotions qui vont communier tout autant le fracas de la modernité, mais aussi avec les éléments. Résolument naturaliste, cet album sera le moyen idéal de faire le vide après les dernières années de stress que nous avons connues , avec des bruits de paysages islandais, des corps comme les sons buccaux. Fidèle à son inspiration pour la musique ethnique du Pakistan et de des chants folkloriques, Bjork plonge son inspiration aux quatre coins du monde et ce dans toutes les époques.

CHRISTOPHE COCU (670)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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