Lavilliers fait des bulles sous un si grand soleil ! :

Lavilliers fait des bulles sous un si grand soleil ! :

Non à la grande différence de Gims et de Vianney, Bernard Lavilliers n’a pas été recruté par les équipes de France 2, pour apposer sa voix sur le générique d’un célèbre feuilleton d’avant-soirée, c’est tout simplement le titre qu’il a choisi de donner à son album, car oui un sous un soleil énorme n’est pas un pied de nez à la météo qui nous a tant fait défaut cet été, mais c’est surtout comme à son habitude, une oeuvre solaire aux rayons qui fait du bien, avortée comme de coutume des suites d’un long voyage et cette fois c’est Buenos Aires qui a été désignée comme ville témoins de nouveaux tubes en devenir car là-bas on aime la musique à pas d’heures et généralement on ne sort pas de son lit à peine la soirée entamée pour aller se plaindre du bruit des sons qui jaillissent et rien qu’à entendre le nouveau single, « le coeur du monde », on sent le Bernard toujours inspiré avec des textes incisifs et inspirés, de fait qu’en l’espace d’un single il parvient à résumer ce pense tout haut Greta, mais aussi tout ce qu’il aura fallu faire mais ce qui n’a pas été fait lors de la dernière Cop 26, oui Lavilliers demeure un journaliste dans l’âme qui capte les instants aussi instantanément que notre photographe Fabian Braeckman, lorsqu’il laisse rôder ses appareils photos dans toutes les salles de Belgique, pour vous ramener le meilleur de l’image et du son. Plus en phase avec son époque et son époque que jamais, Lavilliers en l’espace d’un titre se fait un petit plaisir en reprenant Bob Dylan, dans sa version francophone de « Who killed Davey Moore ? », un diamant de 1963 évoquant un match de boxe qui vire à la tragédie et sur le ring, il embarque avec lui Eric Cantona, acteur et footballeur que l’on ne présente plus, Gaëtan Roussel, leader de Louise Attaque et chanteur solo à ses heures dont nous vous avions relaté son nouvel album cette année, Izia la fille de feu Jacques Higelin, chanteuse et actrice, sans oublier Hervé la nouvelle sensation française dont vous a parlé en reportage et images, Fabian Braeckman, voici peu avant d’être lui-même rattrapé par les brillants résultats mérités d’Hugues Aufray dont nous profitons de l’occasion pour remercier les fans de liker les publications que nous lui accordons. Après avoir dédié un titre à notre bonne vieille Tcharlerwhouah sur l’album précédent, Bernard Lavilliers rend cette fois hommage à sa ville natale « Saint-Etienne », avec le sublime « Je tiens d’elle », titre pour lequel il se fend d’une nouvelle collaboration avec Terrenoire, un groupe électro-pop, pas étonnant lorsque l’on sait l’homme ouvert et curieux à un ensemble de courants musicaux et qu’il n’a jamais hésité à mettre en valeur les talents d’aujourd’hui sur bon nombre de ses disques, dont Feu Chatterton. Non seulement, cette chanson palpe un brillant témoignage de la ville qui a vu l’artiste naître, mais constitue un bien bel hommage à sa propre mère qui au final lui a mis un pied à l’étrier en matière musicale. Comme c’est de coutume depuis la période du confinement, l’artiste rend hommage à l’ensemble du personnel soignant qui se sont penchés sur son berceau d’artiste, quand il a été victime de pépins de santé, mais on vous rassure rien à voir avec cette crasse pandémique qui nous occupe depuis trop longtemps, n’empêche que « L’ailleurs », est une superbe chanson hommage à ces corps de métier tout en relatant une expérience de vie plus personnelle. D’un trait brillant et incisif, il ne manque non plus comme à chaque fois d’épingler des sujets d’actualité chers à son coeur, comme l’inflation qui touche l’Argentine avec « Les Portenos sont fatigués », les conseillers qui oeuvrent dans l’ombre et qui squattent les plus hauts sommets de l’Etat (Beautiful Days), la Corruption, une chanson qui boucle la boucle entamée en 1975, avec « Les aventures extraordinaires d’un billet de banque ». Bref, l’homme ne change pas et campe la résistance face à ce qui gangrène le monde tout en composant pour la première fois un album dans des conditions qui ne sont pas les siennes habituelles car commencé en 2019 à Buenos Aires, l’artiste a été contraint trois mois après de prendre la poudre d’escampette pour les raisons que l’on sait et de peaufiner son album à distance avec la technologie embarquée, mais on n’y perd pas au change car on retrouve la gouaille toujours au top de Lavilliers sous des musiques latinos chaloupées, parsemées de moments plus intimistes où le piano s’en donne à coeur joie, bref un excellent cru 2021 !.

CHRISTOPHE COCU (458)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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