Keren Ann, la femme orchestre ! :

Keren Ann après un premier opus, « la biographie de Luka Philipsen » qu’elle co-signe avec Benjamin Biolay, va contribuer avec son mentor à relancer la carrière d’Henry Salvador ou du moins à l’orienter vers de nouvelles vibrations musicales, comme vont le démontrer les 4 titres contenus dans l’album « Chambre avec vue » et ce fameux « Jardin d’hiver », qui reste désormais sur toutes les lèvres et qui va prouver au plus grand nombre que Salvador n’est pas le comique troupier de service que l’on veut bien uniquement cantonner au dur métier de faire rire ses contemporains, mais qu’il est aussi un grand interprète sensible apte à prêter la voix sur de beaux textes comme ceux cousus sur mesure par le tandem Biolay/Keren Ann. Le public ne s’y trompe pas et les professionnels non plus, à tel point que le Salvador nouveau cru est encensé par ses pairs et obtient même une victoire de la musique, et comme il faut battre le fer tant qu’il est chaud Salvador profitant de l’engouement renaissant dont il bénéficie à l’époque, refait appel à Keren Ann pour « Ma Chère et tendre », qui reste bien sur les traces que veut désormais se fixer Salvador qui opte désormais pour l’émotion qu’il véhicule à travers de bons et beaux textes en lieu et place de faire étouffer le public de son rire reconnaissable entre mille. Le succès retrouve de Salvador profite également à Keren Ann qui voit du coup, la carrière de son premier opus se relancer, tandis qu’elle est invitée à prendre part aux tournées de M et de Suzanne Vega, avant de se produire toute seule comme une grande sur les scènes du Bataclan et de l’Européen, trouvant encore le temps de rendre hommage à l’auteur talentueux qu’était Brassens, accompagnée du groupe Tanger sur le titre « il n’y a pas d’amour heureux », bref l’année 2000 reste un moment plus que marquant pour l’artiste qui explose littéralement alors que sa rencontre avec Biolay remonte déjà à 1998, époque à laquelle Karen Ann avait commencé sa carrière en qualité de violoniste attitrée de Biolay.

En 2002, comme on ne change pas une équipe qui gagne, Keren Ann et Biolay se remettent à l’ouvrage pour donner naissance à ce second effort musical que constitue « la disparition ». Avec 55.000 exemplaires vendus, on peut clairement admettre que ce deuxième essai est véritablement transformé aves des titres marquants tels que « Au coin du monde » et « Ailleurs ». Un an plus tard, Keren Ann se voit d’ailleurs être désignée en vue d’une nomination aux Victoires de la Musique, mais doit s’effacer au profit de Linda Lemay, grande triomphatrice de l’année.

Deux ans plus tard, l’artiste publie « Not going anywhere », et pour la première fois de sa carrière, opère un virage à 360 en se tournant vers la langue de Shakespeare, adaptant ainsi 4 titres de l’album précédent en anglais, une nouvelle orientation qui semble ne pas dérouter le public qui fera s’écouler ce troisième opus à 35.000 exemplaires, avec une fois de plus un nouveau ticket offert pour les Victoires de la Musique, avec cette fois Carla Bruni qui viendra jouer les empêcheuses de gagner en rond. A l’automne de la même année, l’artiste publie l’album « Nolita », qui fait référence au North Little Italy de New-York, mais cette fois sans son comparse Biolay, qui dénote très certainement une forme d’ombrage dans leur bonne relation, avec cette fois un semi-échec au rendez-vous, pour une oeuvre qui s’écoulera seulement à 25.000 exemplaires.

Il faudra attendre 2007 pour que l’artiste retrouve enfin la route du succès avec un single « Lay Your Head Down », et un album résolument plus rock and roll, qui flirtera avec les 35.000 exemplaires vendus, et qui remettra Keren Ann en piste avec les Victoires de la Musique en 2008, même si à cet instant encore, elle repart bredouille et rejoindra bien malgré elle, la tribune des artistes maudits qui s’en vont toujours les mains vides.

En 2011, le parcours se poursuit avec l’opus « l’album 101 », qui n’a rien à voir avec le concert mythique de Depeche Mode, avec une artiste qui se met légèrement en danger musicalement, tout comme sur l’opus suivant « You’re gonnat get love », conçu après sa maternité, qui lui paraîtra en 2016. Trois ans après, Keren Ann sortira l’album « Bleue », un opus qui renoue avec la langue de Molière dont la mélancolie est le moteur. En ce printemps 2022 et un parcours déjà bien rempli, l’artiste fait un beau cadeau à son public en sortant « Keren Ann and quatuor Debussy, un album best-of à travers lequel elle revisite ses plus grands succès dont l’incontournable jardin d’hiver, en mode classique. De quoi redécouvrir l’artiste d’une agréable manière voire de la découvrir tout simplement !.

CHRISTOPHE COCU (542)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

Veuillez vous connecter pour laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :