Grand Corps Malade déjà de retour en formule trio ! :

Encore présent voici peu aux dernières Francofolies de Spa, afin de défendre son album « Mesdames », qui comme la majorité de sa discographie a reçu un grand plébiscite de la part du public, Grand Corps Malade que l’on ne semble plus arrêter, partagé entre littérature, cinéma, et musique est déjà de retour avec l’album « Ephémère », une nouvelle oeuvre musicale qu’il a voulu cette fois en trio et après avoir laissé une large place aux femmes dans le cadre de son avant-dernier album, il a tenu cette fois à mettre en valeur deux autres artistes masculins que son Ben Mazué et Gaël Faye, qui l’ont rejoint pour un album dont les thèmes principaux sont l’enfance, l’engagement et le monde musical, avec même un clin d’oeil à Benjamin Biolay. C’est Grand Corps Malade lui même qui a lancé ce projet en précisant bien à ses frères de plume comme il aime ainsi les nommer, qu’il avait l’envie folle de les réunir afin de composer des textes, avec la particularité de faire ce que l’on veut, à un moment où on a choisi de faire, bref de casser tout simplement les codes liés à l’enregistrement d’un nouvel album. Amis dans la vie même s’ils sont « concurrents », lorsqu’il s’agit de se disputer un trophée à l’occasion des Victoires de la Musique, le tout bien évidemment dans un esprit de camaraderie et bon enfant, Ben Mazué et Gaël Faye n’ont pas mis beaucoup de temps afin d’accepter le défit lancé par leur compagnon de route Grand Corps Malade et tout ce petit monde a fini par se retrouver dans un studio qui porte le nom « La Fabrique » et qui a déjà vu enregistrer en son seing de grandes pointures comme Nick Cave, Jacques Higelin, Radiohead ou encore Morrissey. Même libérés des contraintes habituelles, les trois compères ont relevé le défi de chanter à trois voix et à six mains à partir des musiques concoctées par les compositeurs Guillaume Poncelet et Mosimann, le tout dans un espace de liberté le plus large possible où le temps semble suspendu car ici plus question de songer à la famille, aux sorties d’albums, aux tournées et aux tracas du quotidien, on s’inscrit vraiment dans une parenthèse où l’on laisse libre espace à toute forme de créativité entre potes qui se connaissent plus que bien vu que Grand Corps Malade a rencontré Gaël Faye sur la scène Slam du café Teranga sis Place de Clichy, voilà déjà 18 longues années, tandis que la rencontre avec Ben Mazué s’est faite une bonne dizaine d’années après. Leurs points communs, nous n’aurions pas assez de deux mains pour les compter, mais on peut citer une tranche d’âge commune, le goût des voyages, l’amour des mots, l’envie d’écrire leurs propres textes et c’est donc ce qu’ils ont pu faire à l’occasion d’un enregistrement aussi imprévu que particulier, vu que les trois artistes sont arrivés les mains dans les poches, sans avoir rien préparé auparavant. Seuls, nos trois mousquetaires ne l’étaient pas vraiment car pour que cette aventure unique se déroule sans encombres, il fallait tout de même à leur côté une équipe de musiciens, un ingénieur du son, un auteur de bande dessinée afin d’illustrer le livret du disque, une dessinatrice et un cuisinier pour assurer l’intendance censée remplir les ventes affamés par le temps passé à créer de nouveaux tubes. Même si ici on parle de trois icônes qui sont de gros vendeurs d’albums et qui ressortent la fleur au fusil lorsqu’il s’agit d’aller récupérer des Victoires de la Musique, dès qu’ils démarrent un nouveau projet, c’est comme s’ils franchissaient un cap pour la première fois, et on peut dire qu’ils ont le don de tout remettre sur le tapis et leur carrière en jeu, pour avancer on ne peut plus vite dans l’esprit de la création, et semble maîtriser l’art paradoxal de tomber toujours d’accord, même dans leurs désaccords. Vu que l’objectif de cette réunion entre potes était de faire fi de leur propre existence pour ne donner que le meilleur d’eux-mêmes et ce en toute décompression, c’est tout naturellement qu’est venu l’idée du premier single, « On a pris le temps », un rendez-vous avec eux-mêmes qui ont permis aux trois auteurs de faire le point sur leur vie respective d’artistes. Viennent alors les souvenirs d’enfance chroniqués à travers le titre « Sous mes paupières », pour un piano-voix des plus minimalistes. Après la campagne électorale récente qui a encore réussi à diviser la France, on parle également dans cet album de la complexité d’un artiste à s’engager , un sujet qui par ailleurs continue à diviser les artistes. Non-dépourvus d’humour, les trois amis mettent même à l’honneur leur confrère Benjamin Biolay dans une chanson qu’il faut voir sous le signe de l’humour, car après leur défaite subite en 2021 lorsqu’ils se sont fait ravir leurs plus beaux trophées par Benjamin Biolay qui a véritablement tracé la route avec son Grand-Prix, ils ont imaginé une fiction sonore à travers laquelle se dessine l’enlèvement de ce grand artiste, qui bien entendu a bien pris la chose en leur transmettant même un petit vocal, pour bien montrer qu’il n’était pas rancunier. Qu’il soit entouré d’une bande de femmes et/ou de mecs, Grand Corps Malade confirme s’il le fallait encore qu’il reste l’un des grands poètes de ce siècle et ce nouvel opus écrit à six mains, trouvera sa juste place dans la collection de vos oeuvre de ce Grand Homme de la chanson.

CHRISTOPHE COCU (670)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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