George Ezra, l’artiste en or ! :

Plus trop habitués à voyager en raison des conditions sanitaires déplorables, les mélomanes ne se souviennent plus forcément de l’année 2014, qui avait transformé Budapest en un single tubesque qui servit de carte de visite à George Ezra, afin de nous proposer son tout premier album, Wanted on voyage », après avoir été propulsé par la BBC sur le devant de la scène, à l’occasion de la soirée d’introduction du Festival de Glastonbury en 2013. Après deux albums qui ont flirté avec la tête des charts au Royaume-Uni, c’est au tour de son 3ème bébé musical de faire son apparition dans les meilleures nurseries. Conscient qu’il a la chance de faire un métier qu’il aime, l’artiste est tout aussi clairvoyant sur le fait que la pandémie qu’il vient de traverser lui a remis les idées en place et qu’il ne se considère plus comme un artiste recherchant à faire le tube à tout prix, et que la célébrité n’est pas le but ultime d’une vie qu’il veut simple et tranquille, et qu’il préfère faire les choses au gré de ses envies et peu importe si le succès commercial n’est pas au rendez-vous, ce qui ne devrait pas être le cas à l’écoute des titres Green Green Grass ou encore Manila, qui flirtent avec l’intensité et la profondeur tubesques des singles Budapest et Shotgun que l’on retrouve sur les albums précédents, et une fois de plus l’artiste semble bien parti pour renouer avec le succès avec des sources d’inspirations tirées de choses écrites dans ses carnets et/ou journaux par le passé, car ici plus question de voyager, pandémie oblige avec pour seul décor, un appartement londonien. En évoquant le contenu de ce nouvel effort musical, on peut le définir comme s’articulant autour de deux parties, l’une teintée de fête et revêtant un caractère solaire, tandis que l’autre est plus intimiste avec une bonne dose de ballades, ce qui n’est pas plus mal pour l’été où vient le temps de la relaxation. Comme la plupart des personnes confinées, George Ezra s’est livré à une véritable introspection tout en évoquant le fait que ce troisième album boucle la fin d’un cycle, et qu’avec la trentaine qui s’affirme il est fort probable que George Ezra s’apprête à envisager la suite de sa carrière de façon différente et que même si la préoccupation du moment est de défendre un album résolument pop, rien ne dit qu’il fera cela toute sa carrière et aura très certainement envie d’emmener son public vers d’autres terrains de jeux musicaux, et même si ce qu’il propose dans le futur ne revêt pas un aspect aussi tubesque par rapport à ce qu’il a l’habitude de nous faire entendre, ce ne sera pas le plus important pour l’artiste car l’expérience en matière de musique, peut se vivre autrement. Fidèle à sa volonté de se pencher de son côté sur ses propres créations, George Ezra ne pratique pas sur ce nouvel opus, l’art du duo et reste pour le moment sur l’expérience vécue avec le groupe First Aid Kit, car au final il n’a pas maints amis au sein de l’industrie musicale , et ne croit d’ailleurs pas à celles évoquées par d’autres et que s’ils s’associent ensemble le temps d’une chanson, c’est surtout par le simple fait qu’elle aura plus de teneur et par conséquent de succès, si elle est interprétée par un artiste plutôt qu’un autre, venant ainsi servir la création d’un autre sans que cela n’aille plus loin. Débarrassé par le poids du succès qui avait entaché son bonheur au moment de composer son second album « Staying at Tamara’s », George Ezra se sent beaucoup plus à l’aise avec son être du moment, et actuellement il confirme que pour lui le succès commercial n’est pas le but premier recherché, et ne semble pas attaché à tout faire pour percer aux Etats-Unis, de peur d’avoir l’impression d’avoir donné beaucoup pour percer, alors qu’il y a tellement d’autres choses à accomplir, et pour ce qui est de l’Europe, George Ezra en 8 années, a bénéficié de temps pour creuser des sillons, tout en admettant que la France reste un marché musical peut aisé à acquérir, mais il n’en n’a cure car pour lui le plus important et c’est ce qu’il nomme par ailleurs sa ruée vers l’or en référence à son dernier opus, ce sont les choses que l’on fait, les endroits que l’on visite et les gens dont on a besoin. Belle philosophie pour un album qui se veut lumineux !

CHRISTOPHE COCU (588)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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