Coup de foudre en un éclair pour Zaho De Sagazan ! :

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Crédit photo : Emma Picq

Jusqu’ici lorsque l’on évoquait le nom de « De Sagazan », c’est surtout à Olivier que l’on songeait, le célèbre artiste, peintre et sculpteur français originaire du Congo, qui a collaboré avec Mylène Farmer en 2012, qui sortait à l’époque l’album « Monkey Me », le dernier album à l’heure actuelle du tandem Farmer/Boutonnat avec un single locomotive « A l’ombre », réalisé lui-aussi par Laurent Boutonnat, avec la collaboration d’Olivier De Sagazan qui a proposé à Mylène Farmer de relever un défi qui consistait à se recouvrir le visage avec de l’argile et des pigments colorés afin de donner vie à d’autres visages qui n’avaient rien à voir avec la beauté de Mylène Farmer et que l’on n’aurait pas aimé rencontrer en Belgique, au moment où les rues sont de moins en moins éclairées, restrictions budgétaires niveau énergie, oblige.

En 2023, c’est surtout sa fille Zaho qui va faire parler d’elle grâce à son tout premier album « La Symphonie des Eclairs » qui vient de sortir, et qui est déjà en train de devenir à l’âge de 23 ans, la révélation pop de la nouvelle scène française avec un son qui se reconnaît entre mille grâce à un mood électro des plus froids avec une écriture intimiste qui touche très souvent à l’universalité également, avec un album qui doit son titre à la délivrance que l’artiste a pu connaître lorsqu’elle s’est rendue à l’évidence que tout ce qu’elle détestait en elle dont le fait qu’elle était de la race des hypersensibles, était en fait sa véritable force. Pas cadenassée du tout par ses parents qui ne lui ont jamais interdit de s’exprimer par le biais de la chanson, Zaho De Sagazan est en train de foudroyer le paysage de la chanson française en 13 éclairs immortalisés par 13 titres qui font d’elle une véritable révélation et qui la range au même rang que Clara Luciani pour ne citer elle, quand elle a commencé sa carrière, et cette affirmation on a pu la mettre à l’appui sans craintes par le biais de l’écoute de 3 titres que sont « Suffisamment », « Tristesse » et « Les Dormantes », tous sublimés par une voix rauque et des ambiances électros à la Kraftwerk, même si c’est à Barbara que sa mère qui exerce le métier d’institutrice, a commencé à l’initier et ce fut un véritable coup de foudre pour Zaho subjuguée par le fait que Barbara pouvait résumer en très peu de termes, une vague d’émotions de la plus haute importance, et puis il y a ce fameux piano désaccordé laissé par l’une de ses soeurs au moment de son départ du gai logis, sur lequel elle tente de reprendre « Can’t pretend » de Tom Odell dont elle est subjuguée par la musique, et au contact de l’instrument elle ressentira vite que qqchse d’exceptionnel est en train de se passer, de sorte qu’elle va passer de plus en plus de temps dans une pièce dépourvue de chauffage, avec la certitude de n’être dérangée par personne et surtout la possibilité de se chercher niveau vocal et d’expérimenter son univers avec un père qui l’encourage à percer par le travail et une mère qui non-contente de la familiariser avec la musique, va lui apprendre également les belles valeurs de la vie.

Gonflée à bloc et bien déterminée à réussir, l’obsession de Zaho De Sagazan sera désormais de mettre des mots sur ses musiques, et d’en faire des histoires et étant née avec les moyens de communication modernes, c’est grâce à ces derniers qu’elle va faire découvrir à ses proches ce dont elle est capable et reçoit de très bons retours et le temps passant ses compositions touchent de plus en plus de monde et commence même à être repérée par des pointures qui lui accorderont pour certains le droit d’assurer leurs premières parties et c’est ainsi qu’elle va bénéficier de coups de pouces de la part d’Hervé, de Stromae pour ne citer qu’eux, mais ce sera la rencontre avec Pierre Cheguillaume et Alexis Delong du groupe « Inuït » qui va être déterminante, avec un malentendu dès le départ car cataloguée comme faiseuse de musique pop, Zaho De Sagazan leur avouera qu’en fait ce qu’elle préfère ce sont les bandes originales de films d’horreurs, et qu’en finalité ce qu’elle écoute le plus au quotidien ce sont des productions russes ou allemandes en conséquence, et qu’au niveau de la chanson française, le fait d’en parler lors d’entretiens, ne signifie pas en fait qu’il s’agit de sa véritable came.

Des contradictions, l’artiste avoue en être pleine et avoue avoir toujours frôlé l’hypersensibilité, ce qui ne veut pas dire que son premier album est un concentré d’égocentrisme car d’expériences personnelles, elle arrive toujours à en dégager une forme d’universalité, un point commun qu’elle partage avec Mylène Farmer, qui d’un ressenti personnel parvient à écrire un texte qui va aussi parler à l’humanité dans la globalité de sa composante et c’est déjà la marque des Grands Artistes. Comme nous sommes en plein week-end de Pâques, il n’est pas encore trop tard pour accompagner votre repas de fête et vos envies de chocolat, d’un cadeau qui vaut son pesant d’or et qui ne laissera pas insensible la personne qui aura la chance de se l’être vu offrir.

CHRISTOPHE COCU (98)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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