Angèle ne nous vend pas du Brol ! :

Angèle ne nous vend pas du Brol ! :

Après avoir écoulé les exemplaires de son premier album « Brol » à profusion, avoir battu les records de ventes des disques d’Or au profit du Télévie, avoir fait des incursions dans les albums de Dua Lippa et de Philippe Catherine, avoir été mise à l’honneur dans deux biographies ce qui est très rare pour une jeune artiste, avoir été la muse de Chanel, Angèle passe l’examen du second album avec « 1995 », en référence à sa date de naissance, une façon de faire similaire à celle d’Adèle qui donne à l’ensemble de ses albums des références inspirées par son âge et de son vécu à un instant T de sa vie, et d’Angèle on peut dire qu’elle a déjà une vie bien chargée faite de hauts et de bas à l’image de la pochette de son dernier opus où peut la voir sur des montagnes russes, en plein roller coaster qui démontre que la vie peut être constituée de grands huit vertigineux comme de grandes roues qui demeurent immobilisées et confèrent le vertige, après avoir été actionnées au gré du vent. Prévu normalement pour une sortie en date du 10 décembre, le second opus d’Angèle a été gracieusement offert à son public une bonne semaine à l’avance grâce aux plateformes musicales et un anniversaire qu’elle a fête en compagnie de son public à l’aide d’Instagram, elle qui fut contrainte de s’isoler, victime à son tour de ce brol de Covid, l’occasion pour elle de communiquer avec ses afficionados tout en leur faisant découvrir les titres d’un second album qui est toujours une épreuve du feu, lorsque l’on a été confronté à un succès fulgurant en aussi peu de temps. La principale différence entre « Brol » et « 1995 », c’est que l’inspiration est ici plus personnelle qu’auparavant, là où le premier opus était une sorte de patchwork inspiré par des sujets qui font l’actualité de tous les jours. En guise de single apéritif, Angèle revisite sa bonne ville de Bruxelles qu’elle a pris le temps de redécouvrir en raison d’un confinement forcé où comme pas mal de gens l’isolement qu’elle a vécu, s’est transformé en une véritable introspection et un retour sur son moi, lui permettant un retour aux sources vers les choses simples que l’on a toujours pris plaisir à chérie comme ici un amour immodéré pour la Capitale qui a vu naître l’artiste avec en cerise sur le gâteau, un message politique des plus limpides qui démontre que tout comme bon citoyen qui se respecte, qu’Angèle ne serait pas favorable à une dissolution du plat pays, et que bien souvent ce sont certains politiciens qui voudraient semer la zizanie entre les habitants qui eux s’entendent très souvent comme larrons en foire, et puis comme elle le dit si bien elle est née Van Laeken, de quoi être doublement plus fière de sa Belgique, oh mère chérie. Pour fêter dignement la sortie de ce second opus, Angèle a opté pour s’entourer d’un guest unique mais quel guest, vu qu’il s’agit de Damso, l’enfant terrible du Rap made in Belgium, qui lui avait offert ses premières occasions de se produire sur une scène en alimentant des avant-premières, ce qui ne fut pas toujours une partie de plaisir comme le démontre le documentaire publié récemment par Netflix qui nous dévoile une Angèle en toute intimité qui n’a pas cherché à tricher et à s’ouvrir envers son public comme jamais. Sur le second opus d’Angèle, le duo se retrouve donc sur « Démons », une chanson qui nous indique que l’on peut avoir connu le succès et être aimé, ce n’est pas cela qui nous empêche d’avoir des peurs, des angoisses et des doutes qui hantent nos vies, un deuxième extrait de l’album qui démontre bien la volonté introspective d’Angèle sur ce second effort musical. Ce second album bien qu’étant plus centré sur l’artiste, ne se détache pas véritablement du premier en mettant toujours en avant des sujets de société et ici c’est Tempête qui vient boucler la boucle tissée par Balance ton quoi, et après la génération Me Too en pleine révolte face au monde des agresseurs sexuels de tout bord qui pourrissent entre autre le milieu culturel, ce sont ici les femmes battues qui sont mises en lumière, une chanson un poil gémellaire à celle qui étant présente sur le second album de Stromäe, « Ta fête ». Un des titres des plus émouvants de cet album est très certainement « Tempête », qui relate la récente rupture entre Angèle et sa compagne Marie, en accusant Cyril Hanouna de Touche pas à mon poste de lui avoir volé son coming-out en dévoilant à son public la Une d’un magazine tapageur, un moment difficile pour Angèle qui comme pour la Communauté LGBT, éprouve des difficultés à dévoiler au grand jour son amour pour une personne de même sexe, par peur des réactions violentes et débiles que cela peut parfois provoquer, et ce n’est pas contrairement ce que l’on pourrait croire plus facile quand on est connu, que du contraire c’est souvent bien pire. Avec « On s’habitue », Angèle poursuit sur le thème de la rupture et à la perte de ce que l’on aime, tout en évoquant à travers une sorte de journal intime les premières fois avec à chaque fois leur signification dans une vie. De la Covid et de l’isolement qu’elle nous procure, il en est également question à travers « Plus de sens », contrebalancé par « Profite », une invitation au carpe diem du moment car on ne sait jamais de quoi les lendemains peuvent être faits. En toute honnêteté, Angèle angoissait de captiver moins de monde avec ce second album plus personnel, mais elle n’a pas démérité car l’ensemble risque de la rendre encore plus sympathique, abordable et franche à nos yeux, car finalement une grande partie d’un public attend une dose minimum d’intimité couchée sur papier par rapport à l’artiste apprécié et sur le plan musical, tout le monde va s’y retrouver car à l’exception de certains titres, on garde le cap musical du premier album, avec une volonté de changer tout en restant soi. Bref, Angèle ne nous fait pas du Brol pour la suite de ses aventures musicales et laisse entrevoir un avenir prometteur qui fait qu’elle sera une fois de plus, la Reine ce soir !.

CHRISTOPHE COCU (486)

Auteur ConFestMag
Président du fan club officiel de Mylène Farmer Belgique

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